Faut-il enchaßner les bornes en entraßnement pour réussir un trail long ?
Certains coureurs sont tentĂ©s dâaugmenter fortement les charges kilomĂ©triques pour pouvoir rĂ©ussir leur dĂ©fi : terminer leur ultra. Est-ce bien raisonnable ?
Lorsque lâon sâentraĂźne peu, on pourrait ĂȘtre tentĂ© de faire beaucoup de kilomĂštres sur les quelques sorties hebdomadaires. Cela peut engendrer des blessures, des carences en minĂ©raux, et une fatigue Ă©norme. Pas le pied pour progresserâŠ
Un trail long, ce nâest pas « juste » un 100K (par exemple). Câest plutĂŽt une aventure de 10, 14, 20h de course, de course-marche ou mĂȘme de rando-course⊠La difficultĂ© de la course ne rĂ©side pas seulement dans les 100 bornes mais bien dans lâenchaĂźnement des cĂŽtes, des descentes, du terrain glissant ou rocailleux. La mĂ©tĂ©o sera Ă©galement dĂ©terminante sur la difficultĂ© de la course.
Tout cela impliquera des grosses variations de rythme et de sollicitations.
Quand on nâa pas beaucoup le temps, les petites sĂ©ances de renforcement musculaire seront efficaces Ă raison de 10-15 minutes, 2 ou 3 fois par semaine. Vous pourrez travailler les membres infĂ©rieurs mais Ă©galement la sangle abdominale et le dos. Le haut du corps est Ă ne pas nĂ©gliger. Quand on se retrouve Ă deux sur un single trackâŠles Ă©paules sont importantesâŠ
Plusieurs mĂ©thodes existent. Avec ballons, Ă©lastiques, poids⊠Mais si vous nâavez pas envie dâavoir trop de matĂ©riel chez vous, un petit tapis fera parfaitement lâaffaire pour des centaines dâexercices « amusants ».
Concernant la longue sortie hebdomadaire, il faut ĂȘtre prudent et ne pas se lancer aveuglĂ©ment dans des sorties de 3-4h. Il vaut mieux augmenter trĂšs progressivement la durĂ©e et au-delĂ de 2-3h, jouer avec de lâentraĂźnement croisĂ© (cfr article prĂ©cĂ©dent) qui sera nettement moins traumatisant que de la course. Vous alternerez une pĂ©riode de progression (2 Ă 4 semaines en fonction de votre niveau) avec des pĂ©riodes de rĂ©cupĂ©ration (5 Ă 8 jours), histoire de ne pas ĂȘtre grillĂ© aprĂšs 8 semaines dâentraĂźnement.
Pour lâultra, quelques longues sorties en rando-course seront utiles. Mais attention, pas dâexcĂšs Ă ce niveau. Vous partirez alors pour une demi-journĂ©e, voire un peu plus, en trottant, marchant dans les cĂŽtes et en cherchant en maximum de dĂ©nivelĂ© dans votre coin. Câest le moment pour tester de nouvelles traces, pour un maximum de plaisir. Et câest lors de ces sorties que vous finaliserez votre « plan hydratation et nutrition » et testerez votre matĂ©riel pour Ă©viter toute mauvaise surprise de frottements, cisaillements,âŠ
Placer des petits week-ends chocs, plus important au niveau du volume (et qui feront office de stage) seront bénéfiques.
En 2012, Cocks montre que chez les sĂ©dentaires, 90 minutes de travail/semaine en HIIT (interval training Ă haute intensitĂ©) ou SIT (sprint interval training) est aussi bĂ©nĂ©fique que 5 sĂ©ances dâendurance hebdomadaires. Le HIIT est une mĂ©thode dâentraĂźnement Ă intensitĂ© trĂšs Ă©levĂ©e, pendant des laps de temps relativement court. A mĂȘme temps de travail, cette mĂ©thode favorise une meilleure rĂ©ponse hormonale et cardio-vasculaire. DâaprĂšs une trĂšs rĂ©cente Ă©tude de Vesterinen (2015), il est plus efficace de travailler en HIIT quâen volume pur. On peut trouver dĂ©jĂ Ă©normĂ©ment dâexemples de ce type dâentraĂźnement sur le net mais un programme individuel, en fonction de ses paramĂštres personnels, sera nĂ©cessaire pour ne pas faire nâimporte quoi, risquer de se blesser, ou stagner dans sa progression.
Il peut ĂȘtre intĂ©ressant de placer une sĂ©ance « ludico-hard » de ce type de temps en temps.
En conclusion, il nâest pas nĂ©cessaire de devenir boulimique en kilomĂštres. Par contre, il sera essentiel de bien planifier sa saison, sa progression et surtout, ses moments de rĂ©cupĂ©ration. On nâoubliera pas, lors des quelques sorties rando-courses, de checker les petits dĂ©tails qui deviennent sources de gros problĂšmes sur un ultra : le ravitaillement et le matĂ©riel.