Journal de la revanche pornographique Jour 1 StĂ©phanie, notre cheffe, a dĂ©jĂ rangĂ© sa bilig (appelĂ© aussi Krampouz dans les cercles dâinitiĂ©s). La soirĂ©e crĂȘpe touche Ă sa fin, nous voilĂ repus et contents. La journĂ©e a Ă©tĂ©, telle une galette complĂšte, dense et savoureuse. Ăa fait du bien dâĂȘtre rĂ©uni Ă plusieurs pour Ă©crire, Ă©couter, faire et dĂ©faire jusquâĂ ce qu'une petite lueur de vie apparaisse entre deux ratures. Jâai luttĂ© comme un beau diable ce matin dĂšs la premiĂšre contrainte dâĂ©criture; une liste de mots contenant le son "cha" fut Ă©tablie collegialement, soigneusement Ă©chevelĂ©e. Ă la fin de cette liste jâavais dĂ©jĂ les mains moites. Nous avions une heure pour nous lancer le dĂ©fi dâune chanson sans rimes et sans mĂ©trique paire prĂ©-Ă©tablie par les conventions des tribuneaux de la chanson rĂ©aliste de 1789. Mc Ignatus activa son chrono. Au bout dâune heure, tout le monde Ă©tait prĂšs Ă dĂ©clamer son texte avec panache. Quand ce fut mon tour, jâannonçai direct que jâavais Ă©crit que de la merde, Thierry et Alexis mâont alors chacun chopĂ© par les Ă©paules, ouvert la porte et jetĂ© dans la piscine. Comme elle Ă©tait couverte, jâai ricochĂ© deux fois, finissant ma trajectoire dans les cerisiers du Japon, au fond du jardin. Le message Ă©tait subtilement passĂ©. Qui suis je pour me juger ? Je suis revenu lire mon texte,en faisant lâeffort de bien respirer entre chaque phrase, effectivement chacun mâavoua que câĂ©tait un peu merdique, alors jâai lachĂ© 20⏠dans le pot commun qui servira Ă acheter une nouvel Ă©cran dâordinateur Ă Ignatus. Ă peine remis de mes Ă©motions qu'un nouveau dĂ©fi nous Ă©tait lancĂ©. Ăcrire une fausse vraie biographie en une heure, ceux qui rĂ©ussiraient auraient un bon repas chaud, les autres, le Ep de trois cafĂ©s gourmands pour se sustenter. Je me suis mis Ă gratter comme un ouf. Lâodeur du Dahl que prĂ©parait StĂ©phanie me donnait envie dâen dĂ©coudre. Au final, Ignatus nous appela tous pour dĂ©jeuner, câĂ©tait une blague la privation, on lirait les textes aprĂšs. Heureusement pour moi. Jâavais tout juste eu le temps dâĂ©crire un refrain dans lequel jâexpliquais ma passion pour les cerfs. CâĂ©tait tout. Fatalement, le moment de lire son texte devant les autres arriva trop rapidement aprĂšs le gĂąteau au chocolat, mon ode sur cerfman, l'ĂȘtre mi homme mi cerf, ne rencontra pas le succĂšs que je lui avais prĂ©dictĂ©. Heureusement dâautres personnes avait Ă©crit des chansons plus consistantes. On passa alors Ă lâĂ©preuve des duos. Cela consiste Ă crĂ©er des groupes de deux personnes, pour mettre en musique un texte Ă©crit le matin mĂȘme. Mc Ignatus nous imposa donc un binome sans coup fĂ©rir, jâĂ©tais avec Thierry, lâhomme qui Ă©crit plus vite que son nombre. Entre anciens havrais, le courant passa instantanĂ©ment. Celui ci me proposa sa chanson sur les chars Dâassaut. Une mĂ©lodie Blitzkrieg me vint. On essaya et miracle, ça fonctionnait plutĂŽt bien. Vers 19h, Ignatus nous rassembla dans le salon, il avait prĂ©vu un apĂ©ro ou chaque binome devait jouer sa chanson. Sâil entendait une fausse note, nous devions finir notre verre de 8.6 cul sec. Au bout de 20 minutes, on avait fini le 10 packs et les fausses notes nâĂ©taient plus un problĂšme. On a bien rigolĂ©. Aujourdâhui, nous allons continuer Ă Ă©crire, car on est encore loin du compte, pour cela Ignatus a prĂ©vu une ballade en poney Ă Nantes, afin de souder lâĂ©quipe et trouver lâinspi dans le crin dâanimal au galop. Bisous. Foray












