Tormented Souls 2 â Le retour de Caroline Walker
https://www.youtube.com/watch?v=kZgvoQ5UChg
Verdict rapide
đčïž Jeu : Tormented Souls 2
đ§âđ» DĂ©veloppeur : Dual Effect
đą Ăditeur : PQube
đź Plateformes : PC, PS5, Xbox Series
â±ïž DurĂ©e de vie : 12â18 h
đ Genre : Survival Horror old-school (vraiment old-school)
đŹ Verdict express : Une lettre dâamour aux survival horror de la vieille Ă©cole⊠mais aussi une lettre dâinsulte adressĂ©e Ă votre patience.
Caroline Walker revient⊠et lâenfer aussi
Caroline Walker pensait en avoir fini avec les horreurs du premier Tormented Souls. Spoiler : elle avait tort. Quelques annĂ©es plus tard, la voilĂ de nouveau plongĂ©e dans un cauchemar, cette fois dans un couvent chilien nommĂ© Villa Hess, un lieu oĂč mĂȘme les chaises semblent animĂ©es de mauvaises intentions.
Le studio Dual Effect, fan assumé de Silent Hill et Resident Evil période PS1, a décidé de remettre le couvert avec une suite plus grande, plus vicieuse, plus punitive. DÚs les premiÚres minutes, on comprend que le jeu ne cherche pas à séduire un public large. Non. Le jeu veut faire souffrir. Et il y arrive trÚs bien.
Inspirations assumées, douleurs garanties
Le réalisateur du jeu a dit un jour :
âSilent Hill, câest Citizen Kane du jeu vidĂ©o.â
On ne sait pas si câest exagĂ©rĂ©, mais ce qui est sĂ»r, câest que Tormented Souls 2 respire la nostalgie des survival horror Ă camĂ©ras fixes, Ă©nigmes tordues et gameplay en bois noble. Dual Effect ne modernise pas : il ressuscite, quitte Ă ramener avec la crĂ©ature dâanciennes douleurs quâon pensait enterrĂ©es.
Oui, câest volontaire. Oui, ça pique.
Villa Hess : ambiance couvent, mais version démoniaque
Lâhistoire dĂ©marre dans un lieu censĂ© offrir sĂ©curitĂ© et rĂ©confort : un couvent isolĂ© oĂč Caroline veut faire soigner sa petite sĆur Anna. Un endroit calme. Pieux. Propre. Enfin⊠jusquâĂ ce quâelle se rĂ©veille et dĂ©couvre que tout a virĂ© Ă lâenfer sur terre.
Couloirs sombres. Fresques oppressantes. Religieuses gĂ©antes avec des marteaux qui feraient rougir Thor. Et des sons⊠des sons quâon nâaurait jamais dĂ» entendre.
Lâhistoire nâest pas le point fort du jeu â elle tient sur un Post-it et nâa pas peur des clichĂ©s â mais elle sert son objectif : justifier une virĂ©e sous adrĂ©naline constante.
Une lampe, du noir, et la mort en embuscade
Le concept le plus génial (et le plus sadique) du jeu :
đ„ Caroline ne peut pas survivre dans le noir.
Au bout de quelques secondes : đ.
Elle doit donc garder en main un briquet, dont la lumiĂšre est⊠disons-le⊠aussi puissante quâune veilleuse IKEA.
ProblĂšme : Quand elle tient le briquet, elle ne peut pas tenir une arme. Donc : lumiĂšre = survie, mais lumiĂšre = pas dâattaque.
RĂ©sultat ? Un gameplay basĂ© sur un Ă©quilibre malsain entre :  âJe veux voir oĂč je vaisâ  âJe veux rester vivantâ  âJe nâai plus de munitions, pourquoi jâai jouĂ© à ça ?â
Câest brillant. Câest cruel. Câest Tormented Souls 2.
Sauvegardes limitées : préparez-vous à tout refaire
Comme dans Resident Evil sur PlayStation 1 : âïž Sauvegardes limitĂ©es âïž Points dâenregistrement rares âïž Ressources ultra limitĂ©es âïž Aucun checkpoint en difficultĂ© normale
En clair : Si vous mourrez â et vous allez mourir â vous recommencerez des pans entiers du jeu.
Câest frustrant, punitif, rĂ©tro⊠et Ă©trangement satisfaisant.
Mais gare Ă ceux qui abusent des bandes dâenregistrement : au bout dâun moment, il nây en a plus. Et lĂ , câest le vrai survival horror.
Caméras fixes, angles malsains : un hommage viscéral
Dual Effect maĂźtrise parfaitement lâart de la camĂ©ra fixe qui vous trahit au pire moment : â angles morts, â zooms inquiĂ©tants, â silhouettes dans les ombres, â changements soudains de perspective en pleine fuite.
Câest une mise en scĂšne rĂ©tro, mais diablement efficace. Ă plusieurs reprises, on ressent cette sensation rare : le malaise physique, celui qui faisait la force des premiers Resident Evil.
Gameplay : du bois massif, mais assumé
Impossible de ne pas parler des commandes. Caroline bouge comme si elle avait des vertĂšbres en option,son inventaire nâa jamais entendu parler dâergonomie, et la camĂ©ra adore vous piĂ©ger en changeant lâorientation en pleine course.
Mais le plus fou, câest que câest volontaire. Le jeu veut vous mettre en difficultĂ©. Pas par mĂ©chancetĂ©. Juste par fidĂ©litĂ© Ă un genre disparu.
Si vous jouez pour le confort : fuyez. Si vous jouez pour revivre les traumatismes de 1999 : bienvenue.
Les puzzles : du gĂ©nial au âmais comment jâĂ©tais censĂ© deviner ça ?â
Les Ă©nigmes alternent entre : âïž excellentes trouvailles basĂ©es sur lâobservation, les comptines, les symboles âïž puzzles logiques mais retors âïž moments oĂč vous vous dites ânon mais lĂ , câest de la torture volontaireâ
Lâutilisation logique dâobjets (comme briser un cadenas avec votre marteau) ajoute une petite touche dâinnovation agrĂ©able.
Mais certains puzzles sont tellement cryptiques quâils pourraient ĂȘtre classĂ©s secrets militaires.
Monstres, design et son : votre sommeil est condamné
Villa Hess regorge dâabominations : des silhouettes tordues, des crĂ©atures religieuses, des hurlements impossibles Ă localiserâŠ
Le sound design est impressionnant : bruits métalliques, chuchotements, cris lointains, et surtout ce silence⊠ce silence qui fait plus peur que tout le reste.
Visuellement, câest glauque, malsain, inspirĂ©. On sent la passion du studio pour les horreurs âtrop dĂ©rangeantes pour un jeu AAAâ.
Un trip puissant⊠mais épuisant
Tormented Souls 2 est long, peut-ĂȘtre trop long. Et entre la difficultĂ©, la gestion des ressources, les morts injustes, on termine lâaventure vidĂ©, secouĂ©, mais assez fier dâavoir survĂ©cu.
Câest un jeu qui ne transige jamais, qui nâessaie pas de plaire, et qui assume totalement son hĂ©ritage old-school extrĂȘme.
Pas pour tout le monde. Pas destiné au grand public. Mais pour ceux qui aiment le genre ? Une vraie pépite.













