La vérité est que l'opposition est avant tout le parti de l'étranger et qu'elle a volé au secours du protectorat américain menacé.
L'OTAN est, en effet, l'instrument du protectorat amĂ©ricain sur l'Europe occidentale, puisqu'il a pour objet d'intĂ©grer les armĂ©es europĂ©ennes dans l'armĂ©e des Ătats-Unis, et, par voie de consĂ©quence, de rendre les gouvernements de ces pays dĂ©pendants du gouvernement de Washington.
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Mais il y a en France des partis et des hommes qui prĂ©fĂšrent le protectorat Ă l'alliance. Il en Ă©tait dĂ©jĂ ainsi en 1940 : les hommes de Vichy, qui estimaient irrĂ©mĂ©diables la dĂ©faite et la dĂ©chĂ©ance de la France, acceptĂšrent le protectorat de la puissance allemande. Ă la mĂȘme Ă©poque, des Français qui voulaient continuer continuer la lutte, et dont Jean Monnet est le plus illustre exemple, prĂ©fĂ©raient s'enrĂŽler au dĂ©partement d'Ătat plutĂŽt que de se joindre Ă la France libre. Un peu plus tard, lors de la LibĂ©ration, certains eussent trouvĂ© normal et dĂ©sirable que la France fĂ»t placĂ©e sous l'administration directe de l'A.M.G.O.T. Les mĂȘmes, en 1945, estimaient lĂ©gitime qu'Ă Yalta les deux grands se fussent partagĂ© le protectorat de l'Europe et se scandalisaient de ce que de Gaulle refusĂąt de se rendre Ă l'invitation qu'au retour de son voyage Roosevelt lui adressait, de venir ratifier Ă Alger l'acte qu'il venait de signer avec Staline.
C'est la mĂȘme famille d'hommes qui, aujourd'hui, se dresse contre nous. Ils continuent de trouver la France trop petite et trop faible pour tenir sur ses jambes. Ils veulent que, pour sa dĂ©fense, elle s'en remette Ă de plus puissants et que, pour son avenir, elle fasse confiance Ă la sagesse et Ă la bontĂ© des supergrands.
RenĂ© Capitant, in Ăcrits politiques 1960-1970, âLe protectorat amĂ©ricainâ (22 Avril 1966), p.209, Ă©d. Flammarion, collec. Textes politiques (1971)