CIELO ABIERTO a Etiemble
Montaba un caballo por campo celeste y me iba afondando en fuegos del día. Todo me era franco, sin entender iba; más era navío antes que caballo; más era deseo antes que navío; era tal caballo como no se ven: testa de corcel, capa de delirio, viento que relincha tendiéndose vasto. Y yo cabalgaba haciendo señales: «Seguid mi camino, conmigo venid, mis buenos amigos, serena es la vía, abierto está el cielo. ¿Más quién así habló? Me pierdo de vista en tal altitud —¿no me discernís?—, yo soy aquél que hablaba hace nada, ¿pero soy yo quien ahora mismo habla? ¿y vosotros también, sois también los mismos? Uno a otro cancela, mudando en ascenso».
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PLEIN CIEL à Etiemble
J'avais un cheval Dans un champ de ciel Et je m'enfonçais Dans le jour ardent. Rien ne m'arrêtait J'allais sans savoir, C'était un navire Plutôt qu'un cheval, C'était un désir Plutôt qu'un navire, C'était un cheval Comme on n'en voit pas, Tête de coursier, Robe de délire, Un vent qui hennit En se répandant. Je montais toujours Et faisais des signes : « Suivez mon chemin, Vous pouvez venir, Mes meilleurs amis, La route est sereine, Le ciel est ouvert. Mais qui parle ainsi ? Je me perds de vue Dans cette altitude, Me distinguez-vous, Je suis celui qui Parlait tout à l'heure, Suis-je encore celui Qui parle à présent, Vous-mêmes, amis, Êtes-vous les mêmes ? L'un efface l'autre Et change en montant ».
Jules Supervielle
di-versión©ochoislas
















