Je viens de finir Banlieusards. Alors, j’me suis dit, il faut que j’en parle.Â
Quel scĂ©nario. Vraiment, quel scĂ©nario. Il y a de ces Ă©crits qui nous touchent et puis il y en a d’autres qu’on comprend. Et pour moi, c’était les deux. Il y a une prose chez Kery James qui me parle et m’habite depuis toujours. Je devais avoir 6 ans la première fois qu’on m’a parlĂ© de lui, mon frère Ă©tait fan. Et j’ai suivi. Il comprenait le monde dans lequel j’avais grandi. Ce monde, pleins d’handicaps. Ce monde de banlieue qui ne me donnait que des dilemmes.Â
J’ai grandi trop rebeu pour certains et pas assez pour d’autres. J’ai grandi trop musulmane pour certains et pas assez pour d’autres. A force de chercher un Ă©quilibre, j’ai fini par abandonner. J’ai finir par incarner ma personne et mes diffĂ©rences. Un amour pour la religion et le théâtre. Un amour pour l’AlgĂ©rie et pour la littĂ©rature. Un amour pour la banlieue et le 5ème arrondissement de Paris. Un amour pour chaque chose.Â
Il n’empĂŞche que je m’en prends plein la gueule, toujours aujourd’hui. Que j’suis pas assez pour tous. Mais en soit, c’est parce que je suis un peu de tout, et c’est bien mieux.Â
A prĂ©sent, je suis prof en lycĂ©e. J’ai eu mon master Ă 22 ans, j’ai ma voiture, ma vie. Et p’tain quel choc, mĂŞme moi j’y crois pas. La banlieue m’a bercĂ©. Elle m’a appris. Elle m’a gardĂ©. Et Paris m’a grandi.Â
Je dis toujours à mes élèves qu’il nous faut être tolérant et solidaire. Car seule l’unité peut faire avancer. Et certes, la violence, la haine, l’ignorance sont toujours présents. Je le vis. Mais on est plus forts ensemble, non ?
Enfin, merci Kery James et LeĂŻla Sy pour ce film.