Metal Gear Solid : The phantom pain
un article de Maëva Borg
Plutôt que de parler du dernier jeu/premier jeu indépendant d’Hideo Kojima, Death Stranding, pourquoi ne pas parler de son dernier jeu en en tant que game designer chez Konami ?
Metal Gear Solid a marqué plusieurs générations, et Kojima est l’un des premiers à évoquer la scénarisation dans le jeu vidéo. Reprenant les mêmes codes visuels qu’au cinéma, il a imposé depuis 1987, un nouveau standard en termes de « prise de vue » de l'action dans les jeux vidéos.
The Phantom Pain se déroule après métal gear après Metal Gear Solid : Ground Zeroes, et avant Metal Gear premier du nom. Dans le premier jeu, vous interprétez le « gentil » Snake, Solid Snake1 et dans le cinquième, vous interprétez le papa Snake, aka Big Boss, ce qui permet d’agrémenter l’histoire de la saga d’un autre point de vue, et de mieux connaître ses ennemis du premier jeu. Ils sont en effet nombreux, et leurs histoires ne sont pas développées.
1984, au petit matin, réveil à l’hôpital de Chypre, point de vue subjectif. On aperçoit deux infirmières2 , puis retour à l’écran noir après administation d’un produit. Ellipse, un docteur lui annonce le contexte : Nous sommes donc en 1984, nous incarnons Big Boss, mercenaire légendaire, sorti d’un coma de 9 ans. Il est bien sur très recherché. Le docteur souhaitait lui faire un peu de chirurgie pour une nouvelle vie, mais, manque de chance, l’hopital est pris en otage par les amis de Big Boss et une équipe ennemie. Le docteur est tué. Quelle surprise. Alors qu’il n’est plus qu’une légende tombée dans l’oubli, Big Boss est donc bien déterminé à faire son come-back viril, de se venger de la mort de ses hommes, de ses camarades, et de la destruction de sa Mother Base par l’agence Cipher. Rien que ça.
Mais n’est-ce pas plutôt une vendetta souhaitée de son ami
Miller ? Après un coma de 9 ans, les co-équipiers sont apparement là pour rafraichir la mémoire de Big Boss et de lui rappeler son rôle dans la Mother Base, chef de la base, comme son surnom peut l’indiquer. En plus de la Mother Base, située dans les philippines, Big Boss a inventé Diamond dogs, société militaire privée. Elle aussi a disparu pendant les 9 ans d’absence.
L’intrigue se déroule à Chypre, en Afganistan puis en Afrique Centrale. Début des années 80 d’un point de vue géopolitique, il y a l’invasion de l’ l’Afghanistan par l’URSS, bouleversant alors le cours de la guerre froide.
Après remise en forme et repris ses esprits, Big Boss est envoyé par Ocelot, ancien ennemi de longue date, pour libérer Kazuhira Miller, son partenaire. Miller est entre les mains des forces soviétiques, ayant investi les terres afganes.
Ce qui peut être nouveau dans la saga ici est le monde ouvert, mais scénarisé. Sous l’apparence d’une possibilité de liberté via le monde ouvert, Ocelot est là pour vous rappeler à l’ordre de vos missions afin de reconquérir le monde. Le début peut-être similaire aux Red Dead Redemption, puisque le personnage se déplace à cheval. Il est néanmoins possible de piloter des véhicules terrestres (jeep, chars), seulement après avoir avancé dans l’histoire. La modernité se mérite avec Kojima !
Afin de reconstituer les Diamond Dogs, le joueur peut utiliser le système « Fulton » apparu dans Portable OPS ; cela consiste à poser un harnais avec un ballon auto-gonflant sur un objet ou à un personnage quelconque (ennemi, animal...) qui sera emporté jusqu’à la base après quelques instants. Il peut aussi rencontrer des chèvres qu’il peut envoyer à la Mother Base, à la demande d’une ONG dans le but de les extraire des zones de combat. Côté écolo d’Hidéo, beaucoup plus présent dans Death Stranding.
Le game play est sinon similaire au premier : effectuer des missions sans y être repéré. Il faut donc repérer en amont, marquer des emplacements ou des ennemis, puis effectuer une entrée par effraction, tout en ayant la possiblité d’utiliser les tactiques d’espionnage, et bien evidemment, la cultissme boîte en carton, accessoire de discression ultime face aux ennemis plutôt crétins. Mieux : on peut maintenant coller des photos sur son carton pour distraire les ennemis. Par exemple un colonel pour que le soldat se mette au garde à vous, ou une fille en bikini pour qu’il relâche sa vigilance. Bien evidemment.
La notion du temps est également intéressante dans le jeu : Il y a un cycle jour/nuit et des événements météorologiques dynamiques sont également présents. Ayant souvent des tempêtes de sable en Orient, cela est donc un avantage pour le joueur pour mieux s’infiltrer. Le cycle jour/nuit affecte également les ennemis : si le joueur infiltre un camp, les ennemis ne sont pas tous en uniforme ou en patrouille, il est donc préférable d’effectuer une infiltration de nuit, plutôt que de jour. Si un ennemi découvre le joueur par exemple, le jeu passe au ralenti pendant quelques secondes, le temps que le joueur le neutralise. Les missions comprenant un prisonnier est aussi limité à deux jours, sous pretexte qu’un prisonnier, après avoir été interrogé, torturé, il s’avère inutile, et sera donc tué.
En cinq opus, l’intrigue tourne autour d’une arme de destruction massive, le Metal Gear3. Entre réalisme et science-fiction, avec une pincée d’éléments fansasques et humoristiques, cela n’empêche pas d’aborder des sujets très serieux tel que la politique, les hautes technologies ou relations humaines.
La saga affiche donc un message ouvertement pacifiste, anti-militariste et anti-nucléaire.
Ne serait-ce pas d’actualité ?
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1 Solid Snake a un jumeau, Liquid Snake. Tout est une question de matière ici.
2 Des infirmières plutôt sexy bien sûr. On remarquera également l’absence du rôle des femmes dans cette saga,entre les mères porteuses de futurs soldats ou peut-être Meryl, premièrement connue pour avoir un joli postérieur.
3 Un char bipède avec une capacité de frappe nucléaire.
















