META CABANE
Β« Les cabanes ne nous abritent que pour mieux nous exposer au monde, Γ la nature qui nous entoure, mais aussi Γ notre nature, enfin celle que nous pensons Γͺtre la nΓ΄tre en tout casΒΉ. Β» Ce que nous propose le collectif ROND POINT nβest pas une cabane. Ou pas seulement. MΓͺme si lβintΓ©rieur et lβextΓ©rieur sβΓ©changent en permanence, mΓͺme si sa taille rΓ©duite Γ©voque une petite construction prΓ©caire. Ce nβest pas non plus un bivouac. Mais on pourrait presque sβy lover pour quelques heures. Peut-Γͺtre mΓͺme y trouver refuge pour une nuit entiΓ¨re. Ce nβest pas un lit-clos. Pourtant, la cavitΓ© intΓ©rieure rappelle lβespace anthropomorphe de ce mobilier rural invitant au sommeil en position assise. Ce nβest pas une roulotte. Γ moins que lβon y ajoute des roues. Ce nβest pas un belvΓ©dΓ¨re. On peut toutefois sβy adosser pour contempler le paysage naturel de VΓ©drines Saint Loup et de son Γ©tang. Ce nβest pas un cocon, une coquille ou toute autre fossilisation dβune enveloppe. Alors est-ce un abri ? Est-ce une cachette ? Une aire de jeu ? Une sculpture ? Peut-Γͺtre un peu de tout cela Γ la fois. Lβinstallation de Florian Chevillard et Joris Favennec, fondateurs du collectif ROND POINT, dΓ©joue les certitudes, se dΓ©robe Γ une dΓ©finition trop arrΓͺtΓ©e, trop limitante. Le terme de micro-architecture pourrait convenir, mais il Γ©nonce surtout une Γ©chelle, et nβengage ni des usages, ni un imaginaire. En y regardant de plus prΓ¨s, le dispositif semble familier, il rappelle lβΓ©cosystΓ¨me dans lequel il est installΓ©. Les structures, les motifs ou les systΓ¨mes sont empruntΓ©s Γ la ferme AllΓ¨gre de Loubaresse. Le lichen, rΓ©coltΓ© depuis des siΓ¨cles en Margeride pour la parfumerie, semble aussi vouloir intΓ©grer la structure dans le milieu. La volumΓ©trie des constructions environnantes en granit se retrouve Γ©galement dans la silhouette gΓ©nΓ©rale. Le collectif Rond Point a adoptΓ© une approche vernaculaire, en collectant les savoir-faire, formes et structures issues du territoire et de son histoire. Mais la rΓ©fΓ©rence principale se situe dans les fascinants abris de bergers mobiles que lβon trouvait en Margeride lorsque le pastoralisme amenait les bergers Γ la transhumance. Il sβagissait de petites constructions sur roues que le berger poussait Γ chaque dΓ©placement des moutons dont la garde lui avait Γ©tΓ© confiΓ©e. Γ lβintΓ©rieur, une Γ©troite niche servait de lit, dβarmoire et de garde-manger. AuprΓ¨s de leur mΓ©ta-cabane, reviviscence des roulottes de bergers cantalous, le collectif Rond Point nous invite Γ la contemplation et Γ laisser place Γ notre imaginaire, dans un lieu oΓΉ lβesprit et le corps font halte. Γ vous de dΓ©terminer la nature de lβexpΓ©rience que vous voulez vivre ici. Saurez-vous laisser le paysage vous traverser ? Parviendrez-vous Γ faire Γ©ponge avec le milieu ? Quelle histoire du passΓ©, du prΓ©sent ou du futur de la Margeride vous raconterez-vous ? Texte de Caroline Bougourd 1. TIBERGHIEN, Gilles A., De la nΓ©cessitΓ© des cabanes, Bayard, 2019, pp. 29-30.
















