6 ans avec un Pervers Narcissique
Depuis quelques semaines, je parviens Ă mettre les bons mots sur les rĂ©cents Ă©vĂšnements que j'ai vĂ©cus. Mes cauchemars Ă©taient (et le sont encore) moins pires que la rĂ©alitĂ©. Ce que j'ai dĂ©couvert lors de mon retour en France, fut un immense choc mental. Je ne pensais pas une seule seconde me retrouver dans une situation pareille. Pour moi, cela nâarrivait quâaux « faibles ». Je suis parti Ă©tudier un an dans un pays Ă©tranger et je ne mâattendais pas Ă devoir mener une enquĂȘte qui allait conduire Ă ma destruction lors de mon retour.
âMais tu n'as que ce que tu mĂ©rites aprĂšs tout ! T'as fouillĂ© ! C'est pas bien de fouillĂ© ! Il a bien fait de te rendre cocuâ â La mĂšre du PN
Je ne m'attarderais pas sur mes découvertes. C'est trop douloureux, trop frais⊠Je n'en délivrerais que les mots clefs, ils sont largement suffisant pour comprendre:
- Courses poursuites dans Lyon
- Mails découverts sur son adresse officielle + une autre adresse factice
- RĂ©servations pour 2 personnes sur Airbnb dans toute la France (Paris, Lyon, SĂšteâŠ)
- RĂ©servations de billets de train dans toute la France (Paris, Lyon, SĂšteâŠ)
- Ticket de caisse d'un bar à chicha de 18⏠effectué sur Lyon le 17 Mars à 1h25 du matin
- Photos de vacances d'une fille Ă SĂšte
- Photos des papiers d'identité d'une russe
- Appel téléphonique avec la russe
- Confirmation de la relation
- DĂ©couverte de lâinscription sur Tinder et Femmes-cougars.comâŠ
âJe dis rien ma vie moi. Tout ce que je peux dire, c'est que vous avez fait  bon travail de FSB (dĂ©tective en Russe)â elle rit â La Russe
Suite Ă ces dĂ©couvertes, je regarde nos 6 ans de relation avec effroi. Le bilan est sans appel : J'ai vĂ©cu 6 ans avec un pervers narcissique, limite atteint de mythomanie et de schizophrĂ©nie. Tout prend du sens, dans le mauvais sens. Je nâai pas tout dĂ©couvert, en revanche, jâen ai assez compris. Quand on s'est rencontrĂ©, il Ă©tait scĂ©nariste. J'ai jouĂ© le rĂŽle de la marionnette et lui du magicien (ironique quand on connait mon passĂ© professionnel ET qu'on se souvient du court-mĂ©trage quâavait rĂ©alisĂ© son ex quĂ©bĂ©coise Ă la suite de leur rupture!). Il travaille Ă lâarmĂ©e Ă prĂ©sent. Dans les services secrets soi disant. Je ne pensais pas percer Ă jour James Bond. MalgrĂ© les preuves que jâai trouvĂ©s, il inventait un nouveau mensonge pour essayer de sâen sortir.
âJe ne t'ai pas menti, je t'ai simplement rien ditâ â Le PN
Il m'a façonnĂ© Ă son image: Je n'Ă©tais jamais assez mince (il voulait que jâatteigne 55kg), jamais assez fĂ©minine, jamais assez instruite (« Il y a des choses que tu devrais connaĂźtre »)⊠Puis lorsque je le prenais mal, c'Ă©tait moi qui n'avait pas le sens de l'humour : âOn ne peut jamais rire avec toi, tu dramatises toujours tout !â. Chaque fin de soirĂ©es passĂ©es avec ses amis ou les miens, j'avais le droit Ă une liste de choses Ă corriger : âne boit plus comme tu l'as fait, ça me fout la honteâ, âils profitent de ta gĂ©nĂ©rositĂ©, ne les voient plusâ⊠En parallĂšle, il a sĂ©duit mon entourage en commençant par mon pĂšre, ma mĂšre, mes sĆurs, mes amis, (il s'est montrĂ© trĂšs serviable, mĂȘme auprĂšs des siens d'ailleurs), puis mon oncle et ma tante (ses prĂ©cieux joyaux qui lui permettrait d'atteindre son objectif pro plus rapidement : Il veut travailler dans la police et devait apprendre le russe pour se faire, dâoĂč sa coucherie avec la russe pour apprendre la langue.)
« Le langage est son arme, plus redoutable peut-ĂȘtre que les violences physiques » â Simone Korff-Sausse
Il se faisait toujours draguĂ© et ne se cachait pas de me le dire. Il me disait de ne pas m'inquiĂ©ter. Je ne m'inquiĂ©tais pas. âCe ne sont que des amies! T'es jalouse! Et puis je m'en fous de mon exâ. Une fois, nous nous sommes rendu dans un restaurant Ă Macon oĂč il mâavait racontĂ© toutes ses conquĂȘtes passĂ©es. Il Ă©tait fier.
« Avec mon ex, ça a toujours Ă©tĂ© fusionnel. Je serais prĂȘt Ă te quitter pour retourner avec elle » â Le PN lors des premiers mois de notre relation.
Il y a un mois jour pour jour, je me faisais une joie de retrouver les miens et hĂąte de le revoir afin de concrĂ©tiser tous les projets qu'il m'avait fait miroité⊠Avant de rentrer, il m'a menacĂ© de me quitter Ă la suite d'une de mes crises de jalousie annuelles : Il allait boire un verre avec une russe (une autre, pas sa prof, une autre qu'il avait rencontrĂ© 5 ans auparavant). Il la fait, il m'a quittĂ© puis est revenu sur sa dĂ©cision pour un âbreakâ car il avait besoin de temps⊠Ăa faisait un an que j'Ă©tais partit pour la NorvĂšge. Du temps, il en a eu. Il n'a pas cessĂ© de me menacer. Il voulait que je rĂ©flĂ©chisse, il voulait que je change, il voulait me « punir » de qui jâĂ©tais car selon lui j'avais les pires dĂ©fauts de la terre : le dĂ©faitisme, le pessimisme, la jalousie, le tĂ©lĂ©phone⊠Il est vrai, j'ai Ă©tĂ© chiante. J'en voulais toujours plus : je voulais toujours l'avoir au bout du fil, je voulais toujours avoir de ses nouvelles, je voulais toujours qu'il me rassure sur qui j'Ă©tais, je voulais toujours qu'il m'apaise Ă cause du stress de mes examens et du choix de ma carriĂšre⊠Quand jâĂ©tais avec lui, jâĂ©tais bien !
« Et ensuite je te fouterai la paix. Tu veux plus de moi. Tu ne mâaimes plus. Ok je vais pas tâemmerder mĂȘme si je t aime. Sache un truc, fait moi pas des coups bas. Tu viendras pas chialer le jour ou tâauras un mec de merde et que tu me regretteras, crois moi. Jamais plus tâauras un mec comme ça. Pense s y bien. (âŠ) Ciao gamine ! » â Le PN au moment de ma fuite.
Mais je n'Ă©tais pas amoureuse de cet homme. On n'aime pas un pervers narcissique, on aime son illusion. Il n'y a pas d'amour. Un PN ne sait pas aimer. Il n'a pas conscience de l'amour. Il aime par intĂ©rĂȘt. Il m'a aimĂ© par intĂ©rĂȘt : Il a vu la belle maison de mes parents, le statut professionnel prestigieux de mon oncle et ma tante, vu que je faisais tout pour me plier Ă ses critĂšres physiques⊠Lors dâun nouvel an avec ses amis, il a fiĂšrement dĂ©crĂ©tĂ© dans la voiture que je conduisais, quâil Ă©tait fier de moi car jâavais Ă©tĂ© la plus belle de la soirĂ©e. CâĂ©tait une soirĂ©e dĂ©guisĂ©e et il mâavait dit que toutes les filles sâhabillaient « en sexy » et que je devais en faire de mĂȘme. Je voulais me dĂ©guiser en arbitre, mais il a prĂ©fĂ©rĂ© le costume dâange dĂ©chu avec un corset pour souligner ma taille. J'Ă©tais sa couverture sociale. Je me suis fait opĂ©rĂ©e des yeux car il ne supportait plus mes lunettes. La russe a des lunettes. Il ne cessait de se comparer Ă ses amis. Ses âvraisâ soit disant. âQuand il sera mĂ©decin, il gagnera beaucoup, mais moi j'ai amassĂ© bien plus d'argent que lui au moment oĂč je te parleâ, âIl s'achĂšte toujours des voitures minables, moi je vais investir dans une voiture que personne n'a car je suis un originalâ, « Il passe son temps Ă voyager mais vit encore chez ses parents ! », « Si tu devient grosse comme elle, je te quitte »âŠ
« Depuis quâil est Ă lâarmĂ©e, il nâa eu que ça en tĂȘte : du blĂ©, du blĂ© et du blé ! » â La sĆur du PN
Il ne cessait de me rĂ©pĂ©ter que lui il Ă©tait âpopulaireâ, qu'il Ă©tait âaimĂ©â et qu'il avait des amis dans toute la France contrairement Ă moi. Oui, c'est vrai. J'ai peu d'amis. Mais ils me suffisent. Je n'ai pas besoin d'en avoir beaucoup. Ce sont des vrais amis Ă qui je dis tout. Lui ne se confie Ă personne. C'est une personne seul et vide, sans valeurs, adulĂ© par ses parents et ses relations sans amour.
âAh bah si tu veux du prolĂ©tariat, tu vas Ă Palavas-les-Flots, ça c'est sĂ»r !â â Le PN, deux ans avant son escapade amoureuse Ă SĂšte avec la russe.
Pendant 6 ans, il m'a donnĂ© des miettes me faisant miroiter le gĂąteau qu'il n'avait pas. Si je n'ai pas eu ce gĂąteau, c'est Ă cause de moi. Il m'a confiĂ© que je n'avais pas Ă©tĂ© assez chiante et que c'Ă©tait la raison pour laquelle il m'avait trompĂ©. En effet, il aimait bien quand jâĂ©tais derriĂšre lui, sans arrĂȘt Ă lui rĂ©pĂ©ter de ne pas fumer, de lier ses paroles Ă des actes, de lui rappeler de ne pas ĂȘtre trop radin avec moi⊠Mais c'est justement ce qu'il me reprochait au moment de ses menaces de sĂ©paration : ât'es trop chiante, j'en ai marre qu'on s'appelle tout le temps, t'es accro au tĂ©lĂ©phoneâ. Depuis le dĂ©but j'Ă©tais accro Ă lui. J'Ă©tais dĂ©pendante affective de lui et non amoureuse. C'est le premier homme qui m'a portĂ© l'attention que je voulais. Je ne sais pas ce quâest lâamour. Nous avions les mĂȘmes centres d'intĂ©rĂȘts, les mĂȘmes points communs, les mĂȘmes projets⊠et pourtant il a attendu des annĂ©es avant de rĂ©vĂ©lĂ© son cotĂ© Hyde.
âJe vais tuer ce cotĂ© Hyde de moi. Je vais enlever ce masque que tu n'aimes pas et faire taire mes dĂ©monsâ â Le PN
Je sais qu'il trouvera une autre victime car il mâa dĂ©jĂ oubliĂ© dans la culotte russe. Cela ne sera peut-ĂȘtre pas la russe dâailleurs, car elle se fiche Ă©perdument de lui selon ses dires (elle est polygame, mais musulmane sur Facebook⊠Ce qui, Ă mon sens, est contradictoire je crois). Elle lui ressemble : maquillĂ©e, maquillĂ©e et maquillĂ©e⊠Son apparence est son pouvoir. Elle obtient des hommes ce qu'elle veut. Il lui a tout offert. Les hĂŽtels, la chicha⊠tout. Le PN attache une grande importance Ă son apparence physique, toujours impeccable, toujours parfait. Tout est dans le paraitre. Avec moi, il ne souriait jamais car il n'y avait personnes d'autres Ă qui plaire.
âTu ne comprends pas ! Moi je suis sans arrĂȘt en quĂȘte de la perfection !â â Le PN
Ă prĂ©sent, il m'insulte. Puis s'excuse, Puis dit m'aimer. Et m'insulte Ă nouveau⊠âPauvre fille!â, âT'es qu'une gamine!â, « Câest toi la folle ! ». Il sâest enfermĂ© dans un schĂ©ma narratif auquel jâai mis fin. Je souhaite Ă prĂ©sent faire mon deuil. Je pense ĂȘtre sur le chemin de la guĂ©rison car jâen parle beaucoup autour de moi. La parole, quand elle nâest pas perverse, est libĂ©ratrice. Jâai identifiĂ© les raisons pour laquelle jâavais attirĂ© quelquâun dâaussi malveillant. Tout le monde peut ĂȘtre victime dâun PN et seul les personnes ayant Ă©tĂ© victime dâun PN sont capables dâidentifier un PN. Un PN peut mettre des annĂ©es Ă se dĂ©clarer, 6 ans dans mon cas. Avant de le bloquer il a confirmer : « Jâai quand mĂȘme rĂ©ussi Ă tenir 6 ans ! »
« Câest un beau parleur mon fils ! » â Le pĂšre du PN. Tout sourire de mâannoncer ça lors de mon premier diner dans leur famille.
Ă prĂ©sent, je mâen veux dâavoir Ă©tĂ© aussi naĂŻve et immature. JâĂ©tais en quĂȘte de plaire Ă quelquâun, je voulais Ă tout prix recevoir de lâamour, des compliments⊠Je me suis montrĂ©e trop altruiste, trop gentille, trop gĂ©nĂ©reuse, trop dĂ©vouĂ©e, trop empathique⊠ « Le pauvre ses parents divorcent et sont violent lâun envers lâautre. » me disais-je. Je me rends compte que nos points communs Ă©taient finalement assez banale. Il y avait beaucoup de diffĂ©rences entre nous. Je suis une femme des montagnes NorvĂ©gienne et lui un homme des bars Ă chicha des quartiers GuillotiĂšre. Je me suis montrĂ©e protectrice et rassurante, comme une mĂšre. Un PN ne connaĂźt pas son identitĂ© Ă cause de lâĂ©ducation quâil a reçu, Ă cause dâune mĂšre qui ne lui a donnĂ© aucune limite. Il avait le droit de se droguer, dâen faire pousser et dâen vendre. Le PN dont je vous parle est policier Ă prĂ©sent.
âDe toute façon, tu ne retrouveras jamais quelqu'un dâaussi bien que moiâ â Le PN
GrĂące Ă cette expĂ©rience, je mâestime un peu plus. Je me trouve plus forte, plus intelligente aussi. Jâai Ă©coutĂ© mon instinct (ou mon ange gardien⊠si câĂ©tait toi alors merci) qui mâa guidĂ© sur les pistes de la trahison. Je suis heureuse dâavoir dĂ©couvert toutes ces choses, heureuse dâavoir « fouiller » madame ! Heureuse de ne pas ĂȘtre comme vous : seule et avachie dans une maison vide dâamour. Heureuse dâavoir fait preuve de sang froid et de discernement, heureuse de ne pas avoir plongĂ© dans la folie (si je nâen avais pas autant parlĂ© autour de moi, jâaurais succombĂ© Ă la psychose), heureuse de savoir qui je suis, heureuse de mon Ă©ducation (certes, imparfaite, mais aux valeurs si prĂ©cieuse et rare), heureuse que cela soit tombĂ© sur moi (je nâaurais pas supportĂ© quâune de mes amies soit victime de ce chantage) et heureuse de tâavoir rencontrĂ©. Toi. Mon Pervers Narcissique. « Les choses arrivent pour une raison » t-ai-je toujours dit. Et bien je tire les leçons de ce que tu mâas fait vivre. Â
« Je nâai plus des cornes sur la tĂȘte Ă cette heure, mais des bois comme le renne ! » â Moi
Des bons moments avec toi, il y en a eu. Ils Ă©taient si rares et prĂ©cieux⊠Les larmes roulent le long de mon ĂȘtre. Mon souffle est coupĂ© quand je revois ces images⊠Tous ces flashs de mensonges. Je les retrouve dans mes cauchemars, en moins pire⊠En voulant cachĂ© ta personnalitĂ©, tu as tout gĂąchĂ©. Tous ces Ă©vĂšnements mâont coupĂ© le souffle. Je trouverais mon oxygĂšne ailleurs. Loin. Loin de toi. Petit Ă petit, lâamour que je pensais te porter deviendra de plus en plus vague⊠comme le fut tes paroles, vagues et flous. Les lames glacĂ©es que tu mâas enfoncĂ©es dans le cĆur finiront pas fondre le long de mon corps pour ne devenir quâune flaque dâeau dans laquelle je pataugerais. Jâai peur de faire face au monde sans toi. Jâai peur de ne plus avoir mon repĂšre, mon pilier qui Ă©tait toi. Mais tu es mort. Lâillusion dont jâĂ©tais amoureuse est morte. JâĂ©tais amoureuse de ton masque, de Docteur Jekyll. Mais celui que tu es rĂ©ellement, ce Mr Hyde comme tu dis, je ne lâaimais pas. Tu es mort, ton illusion est morte. Ma parole est dâor tandis que la tienne est dorĂ©e : Quand on gratte un peu, on se rend compte de ton imposture.
« Tuez-le, il sâen fout. Humiliez-le, il en crĂšve »