Interview PEECAD – Thibault
 Le 4 décembre 2013, s’est tenue à Paris au Paradis Latin, la 10ème édition du « Prix des ingénieurs de l’année » organisé par l’Usine Nouvelle et Industrie & Technologies. Au cours de cette soirée, tu as reçu le prix « Début prometteur » pour ton rôle au sein du projet PEECAD.
  Je suppose que tu as été très heureux de recevoir ce prix ?
 Oui bien sûr ! C’était une grosse surprise, je ne m’y attendais pas, l’équipe et le jury ont su garder un gros suspens jusqu’à la fin. Je n’y ai pas cru tout de suite car Arthur venait tout juste de remporter le prix étudiant et je me suis dit qu’ils ne pouvaient pas récompenser deux fois l’ESTACA. Mais si ! Une grande joie et une immense fierté pour toutes celles et tous ceux qui ont bossé sur ce projet. C’était une grande et belle fête.
  Tout d’abord, parle-nous de toi, tes études et désirs de carrière ?
 Je suis rentré à l’ESTACA en 2008, juste après mon Baccalauréat. J’ai choisi la filière aéronautique car c’est avant tout une passion. Le 14 décembre prochain je serai diplômé en tant qu’ingénieur aéronautique avec une spécialisation en maintenance et exploitation aérienne. Mon souhait à l’heure actuelle est de débuter dans une petite société avec des possibilités d’évolutions vers des postes de management dans le domaine aéronautique. C’est ce que je vais faire dès le 9 décembre prochain, date à laquelle j’intègre une start-up innovante dans un domaine qui me tient particulièrement à cœur. Je souhaite pouvoir continuer ce que j’ai commencé à découvrir avec PEECAD, à savoir prendre des responsabilités, conduire un projet aéronautique à fort impact sociétal, environnemental et avec un fort degré d’innovation. Vous allez halluciner de voir ce qui va voler d’ici quelques années !
  Lors de cette remise de prix, la question « Comment voyez-vous le métier d’ingénieur dans 10 ans ? » a été posée aux membres du jury,  si tu avais été à leur place, qu’aurais-tu répondu ?
 Il est très difficile de répondre à une telle question car je ne connais le monde de l’ingénierie que depuis peu de temps et je n’en connais pas encore toutes les facettes. Ce qui est certain pour moi, c’est que l’ingénieur d’aujourd’hui doit savoir s’adapter à toutes les situations. Pour moi, un ingénieur est avant tout capable de comprendre l’environnement complexe dans lequel il évolue et sait s’y intégrer rapidement, en apportant ses connaissances techniques comme base à la résolution des problèmes. Les technologies évoluant de manière extrêmement rapide, et les processus et méthodes se développant sans cesse, l’ingénieur de demain devra être capable de s’adapter à ces évolutions et d’y contribuer en gardant un esprit éthique accru.
   Comment t’es venue cette passion pour l’aéronautique mais aussi pour le monde du dirigeable ?
 La passion aéronautique m’est venue de ma famille. A la base, je ne connaissais pas beaucoup les technologies liées aux dirigeables, c’est grâce à PEECAD que j’ai réellement découvert cet aéronef, le degré d’innovation potentielle qu’il représente et ses capacités hors normes pour notre avenir. J’ai par la suite eu la chance de faire un stage au sein d’une entreprise du milieu et la vue des vols en dirigeable m’a époustouflé. Ce type d’aéronef est majestueux, silencieux, respectueux de la nature. C’est un spectacle superbe que de voler en dirigeable !
 Explique-nous ton rôle au sein du projet PEECAD. N’a-t-il pas été difficile de concilier gestion d’un projet et vie scolaire/étudiante ?
 Tout d’abord, j’ai rejoint le projet en Septembre 2011 et j’ai commencé par définir l’architecture globale de l’aéronef, en se basant sur l’existant et une étude de benchmarking qui nous a pris près de 6 mois. Ensuite nous avons mis en place une véritable gouvernance projet et remporté dans la foulée une première marque de reconnaissance avec le prix spécial du jury du concours génération développement durable. Par la suite, mon rôle a été de dimensionner la nacelle et de mettre en place sa production avec le CFA. Globalement, mon activité a été de gérer les différentes équipes techniques.
Il est vrai que concilier le projet PEECAD ainsi que la vie scolaire, et extra-scolaire n’est pas évident. L’avantage que nous avons à l’ESTACA est que l’école souhaite nous laisser de large plage de temps pour nous consacrer à cette activité et les professeurs sont très compréhensifs et souples quant à notre présence en cours. Je mentirais si je disais que je me souviens de tous les cours de 4ème année…
  A propos du projet, pourquoi vouloir créer un dirigeable solaire qui plus est drone ?
 A la base, nous souhaitions simplement donner du concret à nos études théoriques. Puis l’idée du dirigeable est arrivée car il y avait beaucoup de choses à apporter à cet aéronef mythique. Ensuite, nous avons trouvé une mission, la prévention des feux de forêts. L’idée était donc de monter un projet industriel, avec un réel intérêt commercial. Le souhait d’apporter un autopilote se justifie par les possibilités qu’apporte une telle révolution. Il nous paraissait très intéressant de proposer un drone de ce gabarit, qui plus est munis d’une motorisation et d’une alimentation 100% propre. Au final, le produit proposé répond à un besoin clairement énoncé et représente un projet industriel à portée citoyenne, respectueux de l’environnement.
  Que t’a apporté la gestion d’un projet comme celui-ci ?
 Incontestablement une grande confiance en moi. Plus jeune c’était un grand frein pour moi et ça ne l’est plus. Outre la découverte des technologies modernes et plus anciennes sur le dirigeable, ce projet m’a permis de me faire un réseau conséquent dans le monde du dirigeable, du drone et de l’énergie solaire. C’est grâce à PEECAD que j’ai trouvé l’un de mes stages ainsi que mon premier emploi. Enfin et surtout, PEECAD est une aventure étudiante et humaine et je me suis fait des amis pour la vie.
  Merci d’avoir pris du temps pour cette interview et bonne continuation dans ton brillant début de carrière !
Crédit photo: Valentin Offner