L'ancien abattoir se dresse avec deux visages, deux âmes aux atmosphères contrastées.
Le premier, au rez-de-chaussée, est celui que tous les Capistes connaissent. Il s'ouvre sur la route qui relie Audierne à Pont-Croix, révélant le centre technique, les pompiers, la brocante aux accents des années 70 et ATP Armor. Les camions y font halte pour livrer et charger les bières de la Pinte du Raz, utilisant encore les quais jadis dédiés à la logistique de la viande.
Le second, au rez-de-jardin, est plus secret, moins entretenu. Il se tourne vers un sentier discret, où les oiseaux nichent à l'abri des regards. Ce chemin conduit au Youtar, à la lagune du Goyen. La façade, craquelée et envahie par les hautes herbes et les plantes grimpantes, témoigne de son abandon depuis plusieurs décennies. Depuis deux ans, les côteaux de Lanéon, une association viticole, se sont installés sous un bail précaire. Les cellules juxtaposées servent également de stockage pour le service Nature du centre technique voisin. Là, sur les anciennes paillasses carrelées où l'on façonnait autrefois des saucissons, s'amoncellent des tas de bûches et des bouts de clôtures.
C’est dans une de ces cellules à la double hauteur, reliant les deux visages de l’abattoir, que s'est décidée la restitution de ces six semaines de résidence. Les réflexions collectives, les recherches de terrain, les débats passionnés autour de la gouvernance d’un futur lieu dédié aux entreprises nourricières du Cap Sizun y ont trouvé un écho. Un lieu où l’alimentation tisse une synergie entre nature et économie, entre terre et humanité.











