Aujourdâhui, on ne sâengage plus. Câest inutile. Comme ils disent : « 1 de perdu, 10 de retrouvĂ©s. » Et ça nâa jamais Ă©tĂ© plus vrai ! Aujourdâhui, câest aussi facile de se commander un ĂȘtre humain sur Tinder , Facebook que dâla bouffe au resto chinois.
Notre intimitĂ© est devenue une sĂ©rie dâĂ©moticĂŽne. On considĂšre quâun petit texto veut tout dire, plus de jeu, plus de sĂ©duction. Le romantisme est mort. On devrait peut-ĂȘtre le rĂ©inventer. LĂącher notre portable une demi-seconde, histoire de pouvoir se regarder dans les yeux. Ah non, notification.
On a trop de choix, on passe trop de temps Ă Ă©valuer les options. On est prĂȘt Ă ignorer un filet mignon de peur de rater le caviar. On croit que câest bien dâavoir le choix. En rĂ©alitĂ©, on ne sait mĂȘme plus ce que ça fait dâĂȘtre satisfait. Lâamour est devenu un produit de consommation quâon utilise et quâon jette, toujours Ă la recherche de quelque chose de mieux.
On voudrait tout faire, tout voir, tout vivre. On peut voyager en quelques clics, faire le tour de la terre en quelques images. On peut regarder et envier la vie des autres. Voir oĂč lâon nâira pas, et regarder vivre ces gens que lâon ne connaitra jamais. Et puis on dĂ©prime, et on sâen veut de dĂ©primer.
MalgrĂ© tout on rentre dans la danse. Alors, on sort nos plus beaux sourires pour la photo de profil Facebook et nos plus beaux dĂ©lires de vacances sur Snapchat. On se tagg sur les images de soirĂ©e, on veut montrer quâon est beau, quâon est libre et puis surtout quâon est HEUREUX, alors quâen vĂ©ritĂ© on se sent enchainĂ© Ă notre routine tout au fond notre lit ou caler dans cette chaise dâordinateur!
On a peur du temps qui passe, et on fait tout pour le retenir. En vrai, on se rend bien compte quâil nous file entre les doigts. Et ça fait mal. On sort nos portables pour enregistrer ce concert quâon oublie dâĂ©couter en live. On repasse avec nostalgie des musiques car lâon voudrait revivre ces fragments de nos souvenirs.
Lâamour devient affection qui devient amitiĂ©. On ne sâattache mĂȘme plus, on crĂ©er des relations Ă durĂ©e limitĂ©e, des « sex-friends ». Alors quâen vrai, on nâest mĂȘme plus des amis. Puis on se sĂ©pare, bien entendu. Car notre couple nâest pas assez bien, et notre vie pas assez parfaite. On se dit quâil y a probablement mieux ailleurs.
Et on recommence. Match. Un message « Salut ». Sourire. Conversation banale. « Tu fais quoi dans la vie ». CafĂ©. CinĂ©ma. IntimitĂ©. Et câest reparti pour un tour.
Sauf quâĂ un moment on en a marre. Marre de faire semblant. Marre de faire croire que tout va bien pour des gens quâon ne connait mĂȘme pas et quâon nâa jamais vraiment apprĂ©ciĂ©s. Alors on accepte de souffrir et mĂȘme de pleurer. Finalement ces larmes ne font pas si mal et nous ne sommes pas si faibles.
Alors on dĂ©cide de rĂ©apprendre Ă aimer et Ă ĂȘtre aimer. On aime les petits dĂ©fauts qui rendent les autres sincĂšres. On se redĂ©couvre. On accepte la critique car elle est bienveillante. Lâautre nâest plus un concurrent mais devient notre alliĂ©. On se serre les coudes, et on dessert les poings. On dĂ©cide tous ensemble dâarrĂȘter de faire semblant.
Nous vivons dans une génération ou nous devons toujours porter nos masques, nous devons tous bien jouer notre rÎle comme le font les acteurs de théùtre.
Si nous voulons nous en sortir dans ce champs de bataille qu'est l'amour, soyons nous mĂȘme n'ayons pas peur de nos sentiments, ressentis ou mĂȘme du regard d'autrui, apprenons a aimer vĂ©ritablement pour ne pas regretter un jour de ne pas avoir âessayĂ©ââŠ
Avoir peur n'est pas une mauvaise choses mais s'empĂȘcher de vivre a cause d'un Ă©go qui nous rĂ©pĂšte sans cesse âattentionâ ne servira seulement a obtenir peine, solitude et perte de confiance en soiâŠ
Les héros font de leur égo un serviteur de leurs ùmes, les faibles font de leur égo un refuge, une fuite, un paravent de la vie, un champ d'interdit.