Soyons Ă©goĂŻste pour ĂȘtre heureux ensemble
Jâai grandi avec un modĂšle dâun couple fusionnel, oĂč lâidentitĂ© de deux ĂȘtre se confond pour ne former quâune seule et mĂȘme identitĂ©, celle du couple. Ătre bien sans lâautre est alors inconcevable : le couple est heureux ou ne lâest pas. Tu nâas pas le droit dâĂȘtre heureux sans moi. Pourquoi ? Parce que nous ne formons plus quâun et si tu es heureux sans moi, cela signifie que je suis inutile Ă toi.
Difficile de ne pas reproduire ce modĂšle. Je me suis oubliĂ©e, enfermĂ©e dans une vie Ă deux oĂč faire quoi que ce soit sans lâautre, me culpabilisait.
InĂ©vitablement, sans le dire, sans le reprocher, tu le fais ressentir et lâautre adopte ce mode de pensĂ©es. A force de sâoublier, on perd notre propre identité :  la rupture est alors la seule façon de se retrouver.
Ătre Ă©goĂŻste et penser Ă soi sâavĂšre nĂ©cessaire : ĂȘtre bien avec soi pour ĂȘtre bien ensemble. Cela ne veut pas dire que lâautre ne nous rend pas heureux. Au contraire, il nous rend encore plus heureux. Nous sommes chacun maĂźtre de notre propre bonheur, le partenaire Ă©tant la cerise sur le gĂąteau.
LâĂ©preuve pour moi, câest de ne pas reproduire ce schĂ©ma. En avoir conscience est le premier pas. Mais dans ma tĂȘte câest Koh-Lanta.
Jâai tendance Ă ne pas Ă©couter mes envies, pour rĂ©pondre aux envies de lâautre. Enfin pour rĂ©pondre Ă ce que je crois ĂȘtre les envies de lâautre.
Du coup je me prive de faire ou de ne pas faire, de dire mais surtout de ne pas dire (aaah, le super pouvoir de la somatisation) pensant que cela rendra lâautre heureux. Sauf que lui nâest pas au courant que pour faire tel ou tel chose, je me force dans lâoptique de lui faire plaisir. Et inconsciemment je vais lui reprocher ce que je me suis interdite de faire ou de pas faire pour rĂ©pondre Ă ce que je crois ĂȘtre ce quâil dĂ©sirait.
As-tu saisi le quart du tiers de la moitié du paragraphe précédent ????
Bref, du coup tu rumines, tu boudes, tu somatises. Câest lourd, câest chiant, câest pesant, tu te fais du mal, tâen tiens lâautre pour responsable alors que tu es la seule Ă tâĂȘtre foutue dans ce bordel Ă©motionnel (la grossiĂšretĂ© de mes propos nâa de pair que lâĂ©nervement quâelle gĂ©nĂšre).
Abandonner ce schĂ©ma de vie, câest comme demander Ă un enfant dâabandonner son doudou. Câest doux, ça pue, mais câest surtout effrayant car lâhabitude rassure, le changement effraie.
En adoptant une approche scientifique basĂ©e sur lâobservation empirique de relations passĂ©es tu en viens Ă la conclusion quâen continuant comme ça, câest lâĂ©chec assurĂ©.
Quand tu as trouvĂ© quelquâun de bien, avec qui tu peux construire une relation solide, fondĂ©e sur des bases saines, tu te dis que oui ça vaut le coup de changer. Alors, de temps en temps, tu fais un cĂąlin Ă ton doudou, pour te rassurer, pour te rĂ©conforter, puis tu le laisses sur le bas cĂŽtĂ©.
Parce que tu le veux ! Tu la veux cette belle histoire fondĂ©e sur la confiance, le respect de tes envies, le respect de ses envie, sans les anticiper, juste les accepter comme lui les accepte. Et accepter que le « non », nâest pas un rejet.
Ce nâest pas plus compliquĂ©.
Et mĂȘme si pour moi ça lâest, la persĂ©vĂ©rance nâest-elle pas mĂšre de rĂ©ussite ? Qui sais ?
Moi mĂȘme je le sais ...














