Puisque tout passe
   JusquâĂ nos nuits blanches.
   Se taisent à jamais les poÚmes
   Quand le souffle dâun ailleurs me glace.
   Sâarrachent les feuilles de leurs branches
   Si violemment
   AmÚrement
   Dans lâĂ©cho de nos parfaits je tâaime
   Que le temps entache patiemment.
   Mais de tout ceci
     Je n'y puis rien.
Quand Vénus de ses lÚvres ouvertes
Attise sur de lointains chemins
Les feux éperdus qui se dénudent,
Sans savoir pourquoi,
Face au froid désert des multitudes,
Les amants ici ne disent rien.
Cruelle est la misĂšre des mains
Pour ceux qui regardent
Aveugles, lâinaccessible Ă©toile
Qui jamais ne soulĂšve son voile.
Dans la conque oĂč les roses offertes
Sâouvrent aux plus belles cruautĂ©s,
Leur brasier se noie par lassitude.
Sans savoir pourquoi,
Du bas-ventre encore chaud du sud,
Leurs baisers ici ne disent rien.
Mortelle est lâĂ©phĂ©mĂšre beautĂ©
Quâune pluie blafarde
Jette en proie Ă lâindicible Ă©toile
Qui jamais ne soulĂšve son voile.
  Puisque tout passe
  Jusquâau son des voix
  Il mâest toujours autant difficile
  Aux souvenirs vivants qui mâenlacent
  De vieillir dans ce jardin sans toi
  Si inégalable
  Irremplaçable
  Le murmure des fleurs immobiles
  Rend ce lieu charmant insupportable.
  Mais de tout ceci
  Je n'y puis rien.
Lorsque allongé je suis dans mon lit,
Enlacé au velours de mes draps,
Vénus doucement sur ma nuit passe.
Sans savoir pourquoi,
Ă sa lueur je vois une impasse
Et mon cĆur orphelin ne dit rien.
Sâefface la douceur de tes bras
Sur ma peau hagarde
Toi qui fus lâirrĂ©sistible Ă©toile
Qui par amour souleva son voile.
Ardemment au déclin de ma vie
Lâastre du berger luit bien plus fort.
Je vole au firmament sa lumiĂšre.
Sans savoir pourquoi,
Je sais la mort comme ultime guerre
Quand le ciel vacille et puis sâĂ©teint.
Faut-il crier encore et encore
Pour que tu regardes
Sâallumer chaque nuit mon Ă©toile
Et que lâamour puisse ĂŽter son voile ?
  Face Ă lâespace
  Tout me semble étrange.
  Je suis Ă lâaube de quelque chose,
  Dâun devenir qui me terrasse.
  Suis-je celui qui a vu un ange ?
  Sublime espérance
  De mon enfance.
  Que vienne à moi la métamorphose
  Comme une ultime délivrance.
  Et de tout ceci,
  Je nâen pense rien.
Lorsque par ma fenĂȘtre entrâouverte
LâĂ©clat de VĂ©nus pĂ©nĂštre enfin
Mon ùme fléchit
Et se dénude.
Sans savoir pourquoi,
Face Ă lâĂ©tat de bĂ©atitude
Ma colĂšre ici
Ne dit plus rien.
Et de tout ceci je n'y puis rien.
Et de tout ceci,
Je n'y puis rien.
đ· [ #artist ] © Caryn Drexl