Il est une chose, un vĆu de tant dâannĂ©es,
Sans lequel vivre mâest impensable en vĂ©ritĂ©
Un rĂȘve craint, que je nâose effleurer,
Par peur du dĂ©sespoir quâil pourrait rĂ©vĂ©ler.
Cette chose, câest lâamour, le vrai, le sincĂšre,
Celui dont lâabsence glace la chair.
Pourquoi cette peur me hante-t-elle sans trĂȘve,
Sinon parce quâautrefois, jây ai perdu mes rĂȘves ?
On mâavait fait croire Ă lâamour vĂ©ritable,
Et, faible dâestime, je me crus invulnĂ©rable,
Séduite par des mots doux, des promesses légÚres,
Et des caresses Ă lâĂąme, faussement sincĂšres.
Quand tout sâeffondra, la douleur me fit songer
Ă ce que je voulais vraiment aimer.
Et dans ce trouble, je pris la plume,
Pour livrer mon cĆur au clair de lune.
Ce rĂ©cit, câest mon Ăąme mise Ă nue,
Un cri vers celui, peut-ĂȘtre inconnu,
Qui saura un jour, par-delĂ le temps,
Lire ces mots, les comprendre, doucement.
Je vous les confie, mais sachez, mes amis,
Quâun ĂȘtre aura sur vous ce sursis :
Entre ses doigts, il tiendra ces lignes,
Et mâentendra les lui lire, divines.
Mon amour⊠lâamour, pour moi, câest toi,
Tout ce que tu incarnes, tout ce que je crois.
Je le sens, je le vis, sans détour :
Tu mâes apparu, et tout devint amour.
Ces papillons, messagers de mon Ăąme,
Ne mâeffraient plus, mais mâenflamment.
Ils me murmurent que tu es vérité,
Amour venu frapper à ma destinée.
Si ton cĆur rĂ©pond, câest pour toujours â
Sans temps ni raison, source de mes jours.
Le destin fut plus fort que la crainte,
Et mon bonheur prit ton étreinte.
Ton regard Ă©claire mon ciel dâazur,
Ta lumiĂšre guide nos pas, si purs.
Pour toi, pour moi, tout devient miroir,
OĂč nos Ăąmes dansent dans le noir.
Tu chéris mes qualités, mes défauts,
Et dans ton Ćil, point dâĂ©cho faux.
Tes promesses, tes gestes, ta voix sincĂšre,
Apaisent lâenfant blessĂ© que je suis, naguĂšre.
Chaque instant, chaque éclat de toi,
Comble mon ĂȘtre dâune douce foi.
Tu veux apprendre mes peines, mes fiĂšvres,
Et soigner les maux dont tu nâes point le liĂšvre.
Tu écoutes mes lectures infinies,
Mes débats, mes songes, mes folies.
Tu regardes maintes fois mes films aimés,
Et partages mes arts avec sincérité.
Tu souris de mes étranges manies,
TantÎt amusé, tantÎt attendri.
Et tant de choses encore, que mille vies
Ne suffiraient Ă dire leur harmonie.
Avec toi, je puis ĂȘtre entiĂšre,
MĂȘme quand je ne mâaime guĂšre.
Tu portes pour deux notre amour fragile,
Et rends le tumulte plus docile.
MĂȘme dans lâorage, nulle peur ne mâassaille,
Car ton amour, seul, me défend, me travaille.
Tu me lâas dit, tu me lâas prouvĂ©,
Et je nâai plus besoin de douter.
Oui, accuse-moi dâaimer trop fort,
Dâavoir gardĂ© lâardeur des corps.
Mais cet excĂšs, sâil est folie,
Est doux crime que nos cĆurs bĂ©nissent.
Et peut-ĂȘtre songes-tu, lecteur ou toi,
Que ce rĂ©cit nâa point de foi.
Mais je tâassure, tout cela est vrai â
Mon cĆur nâinvente que ce quâil sait.
Je ne tâai pas rencontrĂ©, et tu me manques dĂ©jĂ ,
Toi, rĂȘve dâĂąme, que le sort peindra.
Du haut de mes dix-huit années, je te dédie ces mots,
Comme un serment murmurĂ© sous lâĂ©cho.
Mon amour⊠mon tendre et doux mystÚre,
Ne tarde point Ă franchir la terre.
Et prends lâĂ©ternitĂ© pour tâen aller,
Lorsque prĂšs de moi tu viendras demeurer.
JusquâĂ ce que la mort nous sĂ©pare enfin,
Pour le pire, pour le bien, pour le divin.
Je tâattends, je reste, sous lâĂ©toile amie,
Je tâaimais, je tâaimerai, et attends de tâaimer Ă lâinfini.
Amber.A















