Bruissement
Des musiques actuelles, du son, qui rentre dedans nous, donnent une cadence, une harmonie, un unisson. Dedans, de l’un.e à l’autre ça circule, ça fait jaillir par un mouvement commun, un regard, une vibration, un élan, des larmes, un rire profond, enfantin. C’est comme des canaux qui s’ouvrent, la source jaillit, l’humanité du dedans bien contenue jusqu’ici s’immisce, suinte, glisse. Chacun navigant ses canaux, parallèles, parfois se mêlent.
Les corps sont malaxés constamment pas le travail de l’humanité, la communauté, la circulation organique du vivant. Il y a des vases communiquant. Ils se remplissent, se déversent. Il y a aussi des eaux calmes, limpides. Il y a des eaux gelés, des eaux stagnantes, un peu, encore, tout de même. On se refait, à chaque instant, on se défait, avec ce que l’on était et ce que l’on est maintenant au travers des autres.
Des rencontres avec l’infini, à travers soi.
Il y a autre chose. Il y a le sel de la vie. Les sens vont plus loin, plus profond.
Enfin, mon monde existe aussi pour les autres.
Je regarde les confiances et les présences se mouvoir, denses. Elles se croisent et tissent dans tous les espaces.
Personne ne me regarde.
Personne ne me regarde avec les yeux, ni autrement d’ailleurs. Je suis une présence immobile au milieu des manipulations. La tendresse est palpable dans l’écho des souffles.
Je m’efface. Je n’ai pas besoin d’être remarquée. Je fais partie. Je laisse le courant m’emporter. Je suis saine et sauve.
---
BodyWeather Workshop
Larret en Mouvement (24)
Juin 2026














