Fanfic PendraniĂšvre : Le Coeur a ses Raisons... Chapitre 6
Bonjour à toutes et tous !!
Je sais jâai tardĂ© Ă poster ce nouveau chapitre mais grĂące Ă @ladychoco je me suis mis un bon coup de pied aux fesses ! Et le voilĂ Â đ
JâespĂšre quâil vous plaira, jâai hĂąte de lire vos commentaires.
Bonne lecture.
Chapitre 6 : La Réalisation
Arthur Pendragon nâĂ©tait pas connu pour ĂȘtre un homme patient. Que ce soit pour attendre des nouvelles de son ex-femme, ou pour tolĂ©rer le nombre incalculable dâabrutis Ă©tant venus demander sa main Ă LĂ©odagan, câĂ©tait tout bonnement pareil. Le Roi de Bretagne avait les nerfs Ă vifs. Une semaine sans aucune nouvelle, pas une lettre pas un mot⊠Il pensait que GueniĂšvre aurait au moins pris la peine de rassurer ses parents⊠Cela dit, cela ne devrait pas le surprendre puisquâelle ne les avait mĂȘme pas informĂ©s de son dĂ©part. Alors, quand Angharad vint le voir pour lui dire quâelle avait des nouvelles, il se dit quâil Ă©tait bien bĂȘte de ne pas avoir pensĂ© Ă elle plus tĂŽt.
_ Le seigneur Perceval mâa envoyĂ© une lettre, dit-elle, la porte de la chambre du Roi juste ouverte.
_ Entrez !
_ Il dit quâil se trouve chez la tante de Madame âŠ
_ La sĆur de LĂ©odagan ?
_ Il semblerait⊠Le seigneur Perceval ne sait pas Ă©crire, câest lâoncle de Madame qui lâa aidĂ© Ă la faire⊠Je doute que Madame soit au courant de cette initiativeâŠ
_ Vous avez sans doute raison⊠Elle sait que si elle révélait sa position, tous ces idiots qui frappent ici depuis quatre jours iraient directement la voir.
_ Et en quoi cela dérange Monsieur que Madame ait des prétendants ?
Arthur lança un regard noir Ă Angharad. La jeune femme avait toujours eu la langue bien pendue, il ne devrait pas en ĂȘtre surpris. Pour autant, il nâavait pas de conseil Ă recevoir dâune femme mĂȘme pas foutue de faire comprendre ses sentiments Ă Perceval. Il prĂ©fĂ©ra donc ignorer sa question et la congĂ©dia sans mĂ©nagement.
_ Monsieur devrait bien rĂ©flĂ©chir⊠car sâil veut rĂ©cupĂ©rer Madame, il ferait mieux de le faire pour les bonnes raisons et pas simplement parce que dâautres hommes se sont, eux, aperçus que Madame Ă©tait digne dâĂȘtre aimĂ©e et non trompĂ©e et humiliĂ©e Ă longueur de temps.
La servante prit alors ses jambes Ă son cou, nâattendant pas la rĂ©ponse du roi. Elle savait quâelle avait dĂ©passĂ© les bornes mais il fallait quâil comprenne quâil ne pouvait plus jouer comme il le faisait⊠Sâil voulait vraiment refaire de GueniĂšvre sa reine, elle devait sâassurer que les choses seraient diffĂ©rentes pour sa maĂźtresse. Elle ne devait pas revenir si le Roi comptait ne rien changer Ă son comportement.
-o-
CâĂ©tait difficile Ă admettre mais Angharad avait raison. Le Duc dâArmorique Ă©tait venu rencontrer LĂ©odagan afin de lui demander la main de GueniĂšvre. Un de plus ou un de moins, aprĂšs tout quelle importance, son ex-beau-pĂšre les avaient pratiquement tous fait fuir. Seulement, cette fois, LĂ©odagan avait reçu poliment le jeune homme dâenviron trente ans. Grand, des cheveux chĂątains et des yeux verts, il aurait pu charmer nâimporte quelle dame du royaume. Toutefois, ce nâĂ©tait pas nâimporte quelle dame du royaume quâil voulait courtiser mais bel et bien lâancienne Reine⊠et cela faisait du mal Ă Arthur de le reconnaĂźtre mais il Ă©tait un parti tout Ă fait convenable. Le roi de CarmĂ©lide devait ĂȘtre du mĂȘme avis car il avait reçu le prĂ©tendant avec une politesse quâil ne lui connaissait pas⊠En effet, attirĂ© par lâappĂąt du gain et par lâidĂ©e dâemmerder royalement Arthur, LĂ©odagan avait pris soin dâĂ©couter attentivement la demande de ce duc bien sous tous rapports. Ne rester maintenant quâĂ savoir oĂč se cachait GueniĂšvre⊠Une information quâArthur dĂ©cida finalement de garder pour luiâŠ
AprĂšs tout, nâavait-il pas le droit de faire comme bon lui semblait ? Il Ă©tait le Roi non dâun chien ! Câest alors quâau dĂ©tour dâun couloir dĂ©sert, il entendit une conversation des plus instructives :
_ Elle est enfin partie, nous devons en tirer avantage ! chuchotait Démétra, face aux autres maßtresses du Roi.
_ On est bien dâaccord mais maintenant que câest fait qui serait en droit de prendre sa place ? demanda Aelys sur le mĂȘme ton.
_ Nous avons ĆuvrĂ© pendant trop longtemps pour exacerber tous ses dĂ©fauts auprĂšs du Roi ! Il nous faut agir sans perdre de temps ! Pour ma part, je suis celle ayant Ă©tĂ© avec le Roi le plus longtemps donc je suis la miâŠ
_ Attendez un instant ! Pourquoi devriez-vous passer en priorité ?
_ Câest vrai ça ! Si vous Ă©tiez vraiment aussi forte que vous le prĂ©tendez le Roi nâaurait jamais pris dâautres maĂźtresses aprĂšs tout ! sâexclama fermement Tumet, soutenant sa sĆur.
_ Je ne vous permets pas ! Et puis, je nâen ai rien Ă faire de votre avis ! Je suis persuadĂ©e de gagner et puisque vous ne voulez pas lâadmettre, lorsque je serais Reine jâaurais le pouvoir de me dĂ©barrasser de chacune dâentre vous !
_ Comme lâancienne Reine vous voulez dire ? demanda sarcastiquement AzĂ©nor, sous le ricanement des autres pintades de mes deux.
_ Non pas comme lâancienne Reine puisque nous avons fait tout ce que nous pouvions pour que jamais il ne la touche ! Nous avons eu de la chance quâelle soit conne comme une chaise et que lui prĂ©fĂšre notre compagnie Ă la sienne ! On a juste eu Ă maintenir la situation en lâĂ©tat⊠Mais quand je serais Reine, je mâassurerai quâil reste bien dans mon lit comme jâai toujours su le faire malgrĂ© votre prĂ©sence Ă toutes !
Sur ces derniĂšres paroles, DĂ©mĂ©tra sâĂ©loigna de ses « amies », passant juste Ă cĂŽtĂ© dâArthur sans le voirâŠ
_ Va falloir la jouer serrĂ©e⊠On ne peut pas la laisser faireâŠ
_ Arthur aura toujours besoin de maĂźtresses, mĂȘme si elle arrive Ă ses fins. Elle est bien trop sĂ»re dâelle ! Rien ne dit quâelle gagnera cette guerreâŠ
_ Jâai entendu dire quâArthur voulait rĂ©cupĂ©rer GueniĂšvreâŠ
_ Pfff⊠Alors ça, je nây crois pas une seule seconde ! Elle lâa toujours dĂ©goĂ»té ! Cela nâaurait aucun sens quâil veuille la rĂ©cupĂ©rer !
Tour Ă tour, elles acquiescĂšrent. Sachant pertinemment que, de toute maniĂšre, elles avaient tout fait pour entretenir ce dĂ©goĂ»t.Â
_ Et bien mesdames, que la meilleure gagne !
-o-
En retournant Ă sa chambre, Arthur Ă©tait mortifiĂ©. Comment avait-il pu sâenticher de toutes ses hypocrites, sournoises et mesquines ? Des opportunistes, voilĂ tout ce quâelles Ă©taient ! Il savait que quand dâautres auraient menĂ© la vie impossible Ă ses maĂźtresses, GueniĂšvre nâavait eu envers elles que de la bienveillance⊠Jamais elle nâavait mal parlĂ© de ou Ă ses maĂźtresses⊠Elle aurait Ă©tĂ© en droit de le faire⊠Mais elle ne leur avait offert que de la gentillesse et en retour elle nâavait le droit quâĂ leur hypocrisie et leurs moqueriesâŠ
Non, il ne pouvait pas tolĂ©rer cela. Il nâavait pas besoin de ça, dâelles dans sa vie. Elles se croyaient indispensables et irremplaçables. Il comptait bien leur montrer quâil nây avait quâune seule personne dans ce cas : celle qui Ă©tait dĂ©jĂ partie.
Angharad avait raison. Sâil voulait rĂ©cupĂ©rer sa femme, il fallait le faire pour les bonnes raisons et il devait procĂ©der Ă certains changements afin de mĂ©riter son retour. Il devait tout dâabord se poser toutes les bonnes questions. La premiĂšre : que voulait-il de GueniĂšvre Ă prĂ©sent ? Sa prĂ©sence, sa gentillesse, sa comprĂ©hension⊠Il y avait autre chose mais il nâĂ©tait pas prĂȘt⊠Ătait-il seulement capable de lâaimerâŠ
La deuxiĂšme : Ă©tait-il en mesure de renoncer Ă la promesse faite Ă Aconia ? Voulait-il faire Ă©voluer sa relation avec GueniĂšvre et lui accorder enfin la seule chose quâelle avait jamais voulu ? Aimerait-il avoir un hĂ©ritier avec elle ?
Il se souvenait parfaitement des mots quâelle avait prononcĂ© avant de partir : « Je ne peux plus accepter dâĂȘtre humiliĂ©e jour aprĂšs jour, annĂ©e aprĂšs annĂ©e en sachant que jamais vous ne mâaimerez comme moi je vous aime. »
Les choses avaient-elles Ă©voluĂ©es pour lui ? Ătait-il rĂ©ellement sĂ»r de pouvoir et vouloir changer son comportement ne serait-ce que vis-Ă -vis dâelle ?
Ses paroles rĂ©sonnaient dans sa tĂȘte depuis plus de six jours maintenant : « Jâai besoin dâĂȘtre aimĂ©e mais aussi dâaimer en retour ! ».
Il ne pouvait pas changer du jour au lendemain. Il le savait mais pouvait-il fournir des efforts et considĂ©rer cette femme pour ce quâelle Ă©tait : un trĂ©sor prĂ©cieux et inestimable, la seule personne de tout ce foutu pays Ă nâavoir jamais voulu profiter de son statut et Ă avoir fait lâerreur de tomber amoureuse de lâhomme et non du Roi quâil est ?
La rĂ©alisation le frappa alors aussi soudainement quâun Ă©clair. La rĂ©ponse Ă toutes ces questions Ă©tait dĂ©finitivement bien trop simple : Oui. Car elle en valait la peine. Elle mĂ©ritait quâil se batte pour elle comme il aurait toujours dĂ» le faire dĂ©s le premier jour. Ce ne serait certainement pas facile. Il devrait se jeter corps et Ăąme dans la bataille mais il Ă©tait prĂȘt. Il la voulait, la dĂ©sirait mais surtout souhaitait lâaimer comme il aurait toujours dĂ» lâaimer.
-o-
Le lendemain, Arthur convoqua chacune de ses maĂźtresses dans la salle du trĂŽne. Sâil voulait prouver sa dĂ©termination, autant commencer par cela. Il avait conviĂ© LĂ©odagan, SĂ©li, Bohort, Karadoc et MĂ©vanwi Ă assister au spectacle quâil allait donner, ceci dans un seul et unique but : faire comprendre Ă chacun que sa dĂ©cision Ă©tait sincĂšre mais surtout irrĂ©vocable.
DĂ©mĂ©tra, AĂ©lis, AzĂ©nor, Tumet et Azilis entrĂšrent ensemble dans la salle. Elles arboraient toutes un grand sourire qui ravie Arthur. En effet, afin de leur donner la leçon quâelles mĂ©ritaient, il avait fait en sorte que les personnes ayant Ă©tĂ© les prĂ©venir leur fassent miroiter une nouvelle de la plus haute importance pour chacune dâentre elles.
_ Bien. Je pense quâil est inutile de vous faire patienter plus longtemps. Je vous ai fait venir afin de vous annoncer une nouvelle de la plus haute importance. Jâai pris une grande dĂ©cision.
Les cinq femmes le regardaient avec un immense intĂ©rĂȘt et une impatience Ă peine contenue, tandis que les autres personnes conviĂ©es se demandaient dans quelle merde le Roi allait-il les mettre ce coup-ci.
_ Je souhaite ardemment que⊠Toutes les cinq⊠Vous vous cassiez dâici en vitesse !
Dire quâils Ă©taient surpris serait un doux euphĂ©misme.
_ Mais Sire⊠Je ne comprâŠ
_ Vous nâavez absolument pas besoin de comprendre DĂ©mĂ©tra ! Jâai simplement dĂ©cidĂ© que la comĂ©die avait assez durĂ©e. Vous nâĂȘtes pas Ă votre place ici. Vous ne lâavez jamais Ă©tĂ© et ne le serez jamais. Il est grand temps que je cesse de repousser la seule et unique femme digne de siĂ©ger Ă mes cĂŽtĂ©s. Jâen profite pour demander solennellement au roi et Ă la reine de CarmĂ©lide la main de leur fille. Et pour que ce soit bien clair, si par malheur GueniĂšvre dĂ©cide de refuser ma requĂȘte, ce dont elle aurait tout Ă fait le droit, je ne veux aucune autre femme. Ce sera GueniĂšvre de CarmĂ©lide ou personne. Je tiens Ă ce que tous soient au courant, je nâaccepterai aucune autre proposition de mariage. Maintenant, je ne le rĂ©pĂšterai pas une autre fois : cassez-vous et ne revenez pas !
Sous les regards mĂ©dusĂ©s de toutes les personnes conviĂ©es, le Roi Arthur Pendragon se leva de son trĂŽne et sortit de la salle les laissant comme des glands. Les anciennes maĂźtresses nâen menaient pas large et se demandaient comment elles avaient pu en arriver là ⊠Elles nâavaient pas vu venir ce retournement de situation. Personne ne lâavait vu, pas mĂȘme MĂ©vanwi qui tĂąchait de se faire aussi discrĂšte que possible. Elle ne lâavait pas cru lorsquâil disait vouloir rĂ©cupĂ©rer sa femme⊠Elle allait certainement regretter la lettre quâelle avait envoyĂ©e Ă peine deux jours auparavantâŠ
Au moins, les choses étaient on ne peut plus claires.
Seule une servante sâĂ©tant cachĂ©e dans un renfoncement de la piĂšce esquissa un fin sourire. Angharad Ă©tait enfin rassurĂ©e. Il avait enfin compris⊠Il restait maintenant Ă la convaincre elleâŠ









