Problème du contemporain
Etre contemporain c’est dĂ©jĂ ĂŞtre en  manière  en dehors de son temps au sens ou celui qui est , et vit  avec  son temps garde toujours un rapport d’hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© avec lui. L’ère du temps n’est alors que saisissable a postĂ©riori ou ante mortem, Ă travers le truchement hermĂ©neutique de l’histoire. Celui qui est, dans son effectivitĂ©, sa concrĂ©tude , le  contemporain, qui vit en son temps  ne fait que l’éprouver et s’épuiser dans toutes ces modes, et mode d’être.  L’impossibilitĂ© d’arraisonner, voir d’imputer  un sens univoque , universel et commun Ă son Ă©poque tient au fait que celle-ci  a Ă©tĂ© vĂ©cu sous son caractère  informe, variant et pluriforme. Â
A peine le contemporain se serait exprimer sur cette Ă©poque Ă laquelle il mène son observation participante, ou en terme hĂ©gĂ©lien, son observation raisonnante, Ă peine  cette observation se retrouverait Ă mal , dans une obsolescence prĂ©significative, ou pire,  se verrait contredit par les autres voix qui se rĂ©clamerait, Ă titre Ă©gal , de cette contemporanĂ©itĂ©. Alors existerait-il vĂ©ritablement, quelque chose comme une contemporanĂ©itĂ© ?  une convergence  des pluralitĂ©s de voix ou voies interprĂ©tatives ?Â
Le caractère apodictique :
 Etre contemporain c’est  être “con-” ,”cum-” , avec son temps , non pas dans l’idĂ©e d’une reconversion ou retranscription temporelle mais  l’idĂ©e d’une filiale.  le substantiel temporel se retrouverait dans la chair significative , qui viendrait combler la lacunaritĂ© abstraite d’une conception abstraite et objective, d’un rĂ©el temporel et non pas une rĂ©alitĂ© temporelle.Â
La difficultĂ© d’une praxis qui soit conforme  avec un temps, une temporalitĂ©, est liĂ© au fait qu’un universel intemporel, ou plutĂ´t atemporel, s’exprimerait Ă travers  les volontĂ©s, particuliers participant et partageant (scindant) le temps, entendu comme totalitĂ© abstraite.Â
 Etre effectivement en son temps impliquerait qu’on use des pratiques institutionnelles et conventionnelles de ce temps -ci et non se retrancher de celle-ci dans une attitude critique, analytique.Â
Cependant, être en son temps n’est pas vivre en son temps au sens ou être dans une temporalité n’est pas partager nécessairement les valeurs qui y sont véhiculés, ou encore ordre significatif de cette temporalité.  (l’on pourrait même penser la temporalité, comme réalité temporelle, dans le temps entendu comme totalité abstraite)
 Ainsi, nous citerons, comme nous citerons un Ă©pĂ®tre biblique, Nietzsche,dans Par-delĂ bien et mal,  épitre 212: “ J’ai de plus en plus le sentiment que le philosophe pour ĂŞtre nĂ©cessairement un homme du demain et de l’après -demain, s’est toujours trouvĂ© et devait se trouver en contradiction avec son aujourd’hui. Jusqu'Ă prĂ©sent tous ces extraordinaires promoteurs de  l’homme que l’on appelle philosophes et qui se sentent eux-mĂŞmes rarement amis de la sagesse, mais plutĂ´t bouffons dĂ©plaisants et points d’interrogations dangereux, ont trouvĂ© leur tâche, leur dure tâche non voulue inĂ©luctable, mais finalement la grandeur de leur tâche dans le fait d’être la mauvaise conscience de leur temps. “Â
 Ainsi l’une des autres problématiques serait de penser  une contemporanéité  qui serait en réalité avant garde...