LibertĂ©, ĂgalitĂ©, FraternitĂ©.
LibertĂ©, ĂgalitĂ©, FraternitĂ©. Devise de la RĂ©publique. EmblĂšme de notre pays. Aucun d'entre eux ne peut aller sans les autres.
Et pourtant, l'emphase est souvent nettement plus marquĂ© sur lâĂgalitĂ© que sur aucun des deux autres concepts. La FraternitĂ© n'est que rarement invoquĂ© mais la LibertĂ© est quand Ă elle quasiment occultĂ© du discours Public.
 Il faut rĂ©glementer, interdire, contrĂŽler. LâĂtat et le LĂ©gislateur n'ont de cesse d'intervenir sur tous les sujets. Chaque norme est une chaĂźne supplĂ©mentaire, certaines sont Ă©videmment nĂ©cessaires mais lorsque le citoyen doit interagir avec 400 000 normes, les rĂšgles de vies deviennent particuliĂšrement complexes...
On a bon ton de critiquer le « Paternalisme » de certains industriels de la fin du XIX Ăšme siĂšcle en nĂ©gligeant de considĂ©rer que lâĂtat n'a de cesse de faire la mĂȘme chose.
Des multiples lois sur les « chiens dangereux » (qu'il est impĂ©ratif de refaire Ă chaque lĂ©gislature...) jusqu'aux tentatives d'empĂȘcher les citoyens adultes et responsables de choisir leurs systĂšmes d'assurance santĂ©, l'Etat agit Ă tous les niveaux pour « le plus grand bien » de ses administrĂ©s.
En retirant un maximum d'autonomie au citoyen, en l'infantilisant, on peut d'ailleurs se demander si ce dernier a toujours sa qualité de peuple souverain...
LâĂtat et le lĂ©gislateur doivent ĂȘtre au service du citoyen, pas leurs maĂźtres.
La liberté est le premier principe fondateur de la République, celui pour laquelle tant de sang a coulé. Aujourd'hui je m'interroge: qu'arrive t il à la liberté dans notre pays ?
Par exemple, qu'en est il de la libertĂ© d'expression quand dĂšs qu'un propos choque, il devient urgent de l'interdire avant mĂȘme qu'il ne soit prononcĂ© alors mĂȘme que s'ils jouent avec les limites ils ne franchissent pas la limite? Sommes nous dans «minority report»? Nous avons des juges, des procureurs, nous n'avons pas besoin que les journalistes ou les ministres s'improvisent en tribunaux de salut publique.
Les USA ont beaucoup de dĂ©fauts mais je pense profondĂ©ment que la libertĂ© d'expression ne peut souffrir de limites au nom d'une « vĂ©ritĂ© incontestable ». La vĂ©ritĂ© n'a qu'une seule force, celle d'ĂȘtre vrai, vouloir la « protĂ©ger » ne fait que l'affaiblir en crĂ©ant un effet loupe sur ceux qui souhaiterait l'obscurcir et donc Ă propager plus encore leurs thĂšses.
Il est beaucoup plus efficace de les laisser se couvrir de ridicules seuls face Ă la vĂ©ritĂ© que d'en faire des martyrs. L'exemple type est le cas de ce suprĂ©maciste blanc qui a dĂ©couvert Ă la tĂ©lĂ©vision qu'il avait des ancĂȘtres africains... :http://www.dailymotion.com/video/x176s86_un-supremaciste-raciste-blanc-avec-des-origines-africaine-ahahah_tv
En France, ce principe s'applique directement à Dieudonné et ses « quenelles » que l'agitation médiatique et politique n'a fait que rendre bien plus populaire qu'il ne l'était déjà en lui donnant une aura supplémentaire de martyr.
Ses propos sont provoquant, choquants, tout ce que vous voudrez, mais la libertĂ© d'expression ne doit pas ĂȘtre le jouet du politique car sinon, qu'adviendra t il le jour ou ce ne seront pas les mĂȘmes qui seront au pouvoir ? Les pseudos « voltairiens » qui ne cessent de rĂ©pĂ©ter « je ne suis pas d'accord mais âŠ. » sont les premiers Ă s'indigner, ce qui est lĂ©gitime, mais aussi Ă vouloir interdire les propos, ce qui est en revanche beaucoup plus problĂ©matique.
( Il y a d'ailleurs eu un excellent billet sur le sujet chez Odieuxconnard http://odieuxconnard.wordpress.com/2014/01/02/commencer-lannee-du-bon-pied-au-cul/ )
S'il appelle à la violence, à l'agression des biens ou personnes, alors la loi s'appliquera et qu'on dépassera le cadre de l'opinion, mais je refuse de croire que je vis dans un pays ou l'on peut faire de la prison pour des idées, aussi malvenues ou erronées soient elles !
Ce qui arrive à la liberté d'expression s'applique à de nombreux autres exemples :
Qu'en est il de la liberté d'un citoyen dont plus de la moitié du travail part à la collectivité ?
Sous l'Ancien Régime et son systÚme « confiscatoire », il suffisait de 18 jours de travail pour payer ses impÎts contre plus de 6 mois aujourd'hui.
Qu'en est il de la libertĂ© d'un citoyen Ă qui lâĂtat souhaite interdire de choisir son systĂšme de santĂ© conformĂ©ment au droit EuropĂ©en au motif que ce n'est « pas bon pour lui »? (Au passage, vous apprendrez que si en France 29 % ont dĂ©jĂ renoncĂ© Ă des soins pour raisons financiĂšres, aux USA, ce chiffre est de 25 %, et seulement 6 % au Royaume Unis... http://www.csa.eu/multimedia/data/etudes/etudes/etu20110600-les-soins-de-sante-en-europe-et-aux-etats-unis.pdf )
La liste pourrait continuer encore et encore: le poids des normes Ă©touffe la libertĂ© des citoyens.Â
Plus encore, par le coĂ»t induit par ces milliers de normes plus ou moins paternalistes,  l'Etat lui mĂȘme s'est volontairement enchaĂźnĂ©! En effet, qu'en est il de la libertĂ© d'un Etat qui doit 2000 milliards de dettes Ă ses crĂ©anciers? quelle marge de manĆuvre a t il encore pour faire face comme aujourd'hui Ă une crise mondiale?
Il est aujourd'hui urgent de rappeler l'importance de la libertĂ© comme fondement de la RĂ©publique. Toute norme, toute limite devrait ĂȘtre posĂ©e avec la plus extrĂȘme des prĂ©cautions et on peut douter de la prudence d'un lĂ©gislateur aux 400 000 normes.
Sans liberté, point d'égalité ni de fraternité alors Vive la Liberté!
Jean Dumant
















