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oozey mess

if i look back, i am lost
almost home

â

ellievsbear
Sweet Seals For You, Always
RMH
One Nice Bug Per Day

he wasn't even looking at me and he found me
noise dept.
Monterey Bay Aquarium
sheepfilms
Misplaced Lens Cap
AnasAbdin
$LAYYYTER

ç„æ„ / Permanent Vacation

pixel skylines

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@florevasseur
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Big Mother Productions
En ce 11 septembre 2018, une part de moi a 17 ans, l'ùge des premiers amours et des grandes embardées. En ce jour anniversaire de ces heures de ténÚbres, je vous annonce la création de BIG MOTHER PRODUCTIONS, mon nouvel outil pour créer et produire du contenu à impact sociétal fort. Des livres, des films, des conférences. Les miens et j'espÚre vite les vÎtres. C'est une tentative d'affranchissement, comme à 17 ans, loin de la "chaine de valeur" habituelle de la production de contenu qui n'existe qu'à travers le travail des auteurs et sa confiscation. Toutes ces années, il y eu quelques miracles, des désastres aussi. Je n'oublie pas que cela a souvent démarré dans la joie. Mais voilà , j'en ai soupé.
BIG MOTHER PRODUCTIONS c'est une tentative d'élaborer un nouveau récit de l'avenir, dégagé de l'idéologie de l'homme blanc qui nous emporte dans cette terrible marche vers l'extinction. C'est une tentative de résistance contre ce BIG BROTHER qui déjà nous détermine et façonne nos enfants à sa main. C'est la volonté de rappeler que la part d'enfance justement en nous est un trésor, car c'est le foyer de l'appétit pour la vie et du bon sens, attaqués chaque jour. De la créativité et de la joie.
Pour les prĂ©server, j'aligne ici mon artisanat, l'Ă©criture, avec le rĂŽle qui me dĂ©termine le plus. Cela n'exclut personne. Nous l'avons tous. Les plus incroyables mĂšres qu'il m'ait Ă©tĂ© donnĂ© de croiser sont ces hommes qui, conscients de leurs limites, ont choisi de tout donner pour nous Ă©lever. C'est un Ă©tat d'esprit, une Ă©nergie pour produire, un parti pris de libertĂ©, une dĂ©claration d'amour, en ce 11 septembre 2018, Ă 17 ans donc, Ă la vie et Ă celles et ceux qui dĂ©jĂ me soutiennent et/ou comptent pour et sur moi. C'est une entreprise, soit aussi, une aventure en commun, dont l'unique ambition, posĂ©e dans son pacte, mĂȘme si Ă ce jour cela n'a aucune autre valeur que celle immense que je lui attribue, est de faire oeuvre utile. Merci Ă celles et ceux qui dĂ©jĂ , depuis quelques mois, m'aident et me portent : c'est bon d'avoir des bonnes mĂšres autour de soi. Et comme on a 17 ans, on a aussi ouvert un compte Instagram A bientĂŽt pour des premiers projets qui, je l'espĂšre, vous porteront autant que moi.
MEETING SNOWDEN PREMIERES IN THE US
Thanks to the United Nations Film Festival where our film will premiere in the US, weâre thrilled to announce the following events next week in San Francisco area:
OCT 24 at 6PM: Pre-screening and Q&A at PARISOMA in San Francisco
OCT 26 at 6PM: Pre-screening and Q&A at IDEAN in Palo Alto
OCT 28 at 8PM: US PREMIERE and Q&A with Larry Lessig at STANFORD
And here is the first review of the film in the US :
http://www.sfgate.com/movies/article/UNAFF-film-festival-focuses-on-democracy-human-12287923.php
TAZ* de lâannĂ©e :  TEDxVaugirardRoad
On sâĂ©tait pourtant entrainé⊠Mais dans la sĂ©rie triple back flip carpĂ© avec arrivĂ©e sur les deux pieds, je me souviendrais de ce moment lĂ .
Reconnaissance Ă©ternelle pour StĂ©phane Roger de mâavoir tendu la main et de ne lâavoir jamais lĂąchĂ©e.
Reconnaissance Ă©ternelle pour toutes celles et ceux autour de toi StĂ©phane qui mâont aidĂ©e, mais aussi mes compagnons de cordĂ©e ce soir-lĂ , les autres intervenants et nos mains enlacĂ©es, dans le noir, quand il fallait y aller.
Reconnaissance Ă©ternelle pour cette vie qui me balance parfois dans les cordes et sur la route, qui mâenvoient des trĂ©sors, des maitres, des idĂ©es. Et beaucoup des alliĂ©(e)s.
Reconnaissance Ă©ternelle pour cet auditoire merveilleux qui mâa suivie et soutenue de ses rires, regards et de ses larmes, parait-il.
Une personne encore plus chĂšre Ă mon coeur Ă©tait dans la salle et m'a dit : "tu t'es surprise toi-mĂȘme".
C'est la magie de ce lieu, de ce moment et de celles et ceux qui les ont créés.
Une sorte de prise non de pouvoir, mais de liberté. Bon été à vous.
Et aussi, pour aller plus loin :
- les amis de TEDxVaugirardRoad
- les autres interventions de la soirée du 12 juin
- Mon documentaire sur Larry Lessig
- Mon article sur Birgitta Jonsdottir
- Des informations sur mon film, Meeting Snowden
* TAZ = Zone dâautonomie Temporaire. LĂ oĂč nous en sommes, ou le texte Ă lire cet Ă©tĂ© : https://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_autonome_temporaire
MEETING SNOWDEN - the premiere in Paris
Was it the glass of wine I had before, the air conditioning gone mad, Remiâs music that caught my heart, your gazes stolen by the shots, their words everywhere ? During the Premiere of MEETING SNOWDEN on the Max Linder huge screen, I started to shiver.
In the audience, a blend of my worlds, family, friends for life, my many partners in crime. I saw the little girl, the student, the lover, the woman, the author, the citizen, the sister, the friend, the traitor, the mother. As the sun in Moscow was rising on the screen, I tried to collect my thoughts for the little speech I was supposed to deliver at the end of the film. Some words on their words. Alone by the back of the packed cinema, I could not get my arm to obey nor my hand to hold the pen. There was no way I could control anything anymore. The film was there, on screen. So I looked again this story unfold. As I had a thousand times without me intervening really.
The end credits ran too fast, taking away the name of all those that crafted this piece of work with me. The lights came back. And then I saw your many faces, shaken, as I was after the filming, and in your eyes, a little star, a light, a thank you. I got that I was the body the idea had chosen to materialize itself, to pass along. Capturing this conversation between these three bigger-than- life characters was an adventure I can not even start to describe. My part is done. But the trip is just beginning.
THE FILM WILL AIR ON ARTE ON JUNE 15
Larry Lessig and Birgitta Jonsdottir on stage,
greeted by a standing ovation,
before a debate with the audience (with Pascale FaugĂšre - amazing translator)
Many thanks to Julie Perris and Paul Rozenberg (my producers), Alain le Diberder, Kay Mezeberg and Marco Nassivera (Arte), who commissionned the film. In the picture below, Benedicte Jeannerod - Human Right Watch, and Cecile Coudriou - Amnesty International, two partners for the premiere, Julie Perris and Marco Nassivera (hosts for the night).
Est-ce ce verre de vin avant le dĂ©but de la premiĂšre, la climatisation de la salle, la musique qui part et mâattrape les tripes, vos regards happĂ©s par lâimage, leurs mots partout ? Pendant la premiĂšre de MEETING SNOWDEN sur lâĂ©norme Ă©cran du Max Linder, jâai commencĂ© Ă trembler.
Dans la salle, il y avait presque tous mes mondes, ma famille, mes ami(e)s de toujours, mes partenaires de jeu, de lâĂ©dition, de lâactivisme politique. Jâai vu la petite fille, lâĂ©tudiante, lâamoureuse, la femme, lâauteure, la citoyenne, la soeur, lâamie, la traitre, la mĂšre. Toutes mes vies. Dans le noir, Ă©clairĂ©e par Moscou, jâai voulu prendre quelques notes pour ma petite intervention aprĂšs le film. Quelques mots sur leurs mots. Seule au fond de la salle presque pleine, je nâai jamais pu reprendre le contrĂŽle de ma main. Alors jâai lĂąchĂ© lâidĂ©e de contrĂŽler quoi que ce soit. Le film Ă©tait lĂ . Et jâai regardĂ©, pour la milliĂšme fois, cette histoire se raconter sans que jâintervienne vraiment. Le gĂ©nĂ©rique a dĂ©filĂ©, emportant trop vite le nom de celles et ceux sans lesquels tout cela nâaurait Ă©tĂ© que le rĂȘve dâune enfant gĂątĂ©e. Et alors vous avez applaudi. Jâai vu vos visages un peu sonnĂ©s, comme moi aprĂšs ce tournage, et au fond de vos regards, une Ă©tincelle, une larme ou un merci. Et jâai compris que jâavais fait mon travail. Que jâĂ©tais ce corps dans lequel cette idĂ©e Ă©tait venue se loger pour se matĂ©rialiser, passer. Capturer ce moment, cette rencontre entre ces trois personnages plus grands que la vie, Edward Snowden, Larry Lessig and Birgitta Jonsdottir Ă©tait une aventure bouleversante. Pour un tas de raisons, jâai lâimpression que le voyage ne fait que dĂ©marrer. A trĂšs vite pour dâautres projections, discussions, dĂ©bats et surtout la diffusion le 15 juin 2016 sur ARTE. Merci Ă Julie Perris pour cette soirĂ©e. Merci Ă vous qui Ă©tiez lĂ et mâavez signifiĂ© par vos mots et gestes, bienveillance, amitiĂ©s et tendresses. #biggerthanlife

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Moscow, December 2016
With Birgitta Jonsdottir and Larry Lessig. The most intense day of filming of my life is about to end. Itâs -12°C and I do not want to leave. Yet someone is missing in this street. Citizen Four is no longer with us, But he will be everywhere in our film. MEETING SNOWDEN Coming soon on Arte #thisiswhatdemocracylookslike
Moscou dĂ©cembre 2016, Avec Birgitta Jonsdottir et Lessig2016. On vient de finir une journĂ©e totalement folle de tournage. Il fait -12°C, il est minuit et je nâai aucune envie que cela sâarrĂȘte. Dans cette rue, il manque lâun de nos personnages. Citizen Four n'est plus avec nous, Mais il sera partout dans notre film. MEETING SNOWDEN BientĂŽt sur Arte. #cequilrestedeladĂ©mocratie
Ce quâil faut comprendre, entendre et attendre du rĂ©sultat de lâĂ©lection amĂ©ricaine: Lâanalyse de Larry Lessig
âA lâinvitation du théùtre dâAnnecy, le professeur Larry Lessig Ă©tait Ă mes cotĂ©s sur scĂšne le jeudi 10 novembre .
Deux jours aprĂšs le rĂ©sultat dâune campagne Ă©lĂ©ctorale triste Ă sombrer, lâanalyse de ce professeur de droit, de cet activiste anti-corruption et de ce candidat Ă la primaire dĂ©boutĂ© par son propre parti (les DĂ©mocrates) fut prĂ©cieuse.Â
La salle, hyper recueillie, sâest animĂ©e au moment des questions. Je nâai jamais vu une telle forĂȘt de bras levĂ©s. CâĂ©tait beau et ingĂ©rable, une Ă©norme leçon pour moi. Nous sommes plus que jamais inquiets, Ă vifs, peu enclins Ă nous Ă©couter. Et pourtant...
Le dĂ©bat fut prĂ©cĂ©dĂ© de la projection du film que je lui avais consacrĂ©, avec Laurent Besançon, pour Arte et les confĂ©rences TED, il y a un peu plus dâun an, alors que Larry Lessig se prĂ©sentait aux primaires. Le film a terriblement vieilli. Câest une vraie douleur que de le regarder. Trump, avec son art de la manipulation de la colĂšre contre le systĂšme, les algos, des âechos chambersâ et des Ă©pouvantails, nous a totalement ringardisĂ©.Â
Voici le dĂ©bat (vous pouvez passer jusquâĂ la 55Ăšme minute si vous connaissez le travail de Larry Lessig et/ou avez dĂ©jĂ vu le film) :
Melati et Isabel Wijsen en France
A lâoccasion de la diffusion sur ARTE de mon documentaire sur leur action et parcours, Ă lâinvitation Bonlieu ScĂšne Nationale, Isabel et Melati sont venues de Bali en France.
Ensemble, nous avons en fait tenu quatre événements (projection-débat) en deux jours, deux au théùtre (avec 300 enfants puis 300 adultes),
Une session dans un collĂšge Ă Feyzin, (lâune des villes les plus polluĂ©es de France), avec six classes de 6eme et 5eme,
et une session à Lyon 6eme, mélangeant parents et enfants.
Voici le lien vers la session de Questions & Reponses entre Melati, Isabel et la salle, Ă Annecy :
http://livestream.com/accounts/7158120/events/4481400/player?width=560&height=315&autoPlay=true&mute=false
RĂ©aliser ces films fut magique, les partager, dans les villes, avec des enfants surtout, dans un théùtre ou une salle communale, Ă©norme. Jâen ai perdu ma voix pendant 4 bons jours. Autour de moi, des instituteurs utilisent la version courte dans le cadre du programme d'instruction civique et morale (ou pas dâailleurs). Câest un bonheur de voir un travail, une fois lĂąchĂ©, suivre sa route. Merci Annecy, Fatiha, Marie, AngĂ©lique, Florence, Salvatore, RenĂ© et bien sur Melati, Isabel et leurs parents
Et si les enfants changeaient le monde ? Mon nouveau doc pour Arte
Vous ĂȘtes entourĂ©s enfants ? Ne savez pas toujours quoi leur raconter sur notre monde ? Comment leur donner envie de s'y plaire, de s'y rĂ©aliser ? Moi aussi. Du coup, j'ai fait un premier documentaire (la suite des TEDStories), deux en fait, pour eux, pour nous sur Melati et Isabel Wijsen, deux jeunes filles indonĂ©siennes qui ont convaincu leur gouvernement d'interdire les sacs plastiques sur leur ile, paradis ravagĂ© par le plastique et le changement climatique.
DerriĂšre la plage, les belles couleurs de Bali, la rage. Ce film porte sur ce quâil reste de dignitĂ© en chacun de nous, ce qui veux vivre malgrĂ© tout. Câest un film sur et pour les enfants, les nĂŽtres et ceux qui demeurent en nous.
Lâanalyse de leur action Ă travers Bye Bye Plastic Bags est un prĂ©texte pour comprendre ce qui les anime, les façonne : une Ă©thique personnelle, une Ă©cole Ă rebours des notres, la Green School :
Je ne pensais pas faire ce film. Il sâest imposĂ©. Au delĂ du fait quâil sâagit de mon premier travail comme rĂ©alisatrice Ă part entiĂšre, jâai appris comme jamais. Avec cette sĂ©rie documentaire, depuis 2 ans, jâai interviewĂ© certains des plus gros cerveaux de la planĂšte. Personne ne mâa bluffĂ© comme Isabel et Melati, mais aussi John Hardy, le fondateur autodidacte de leur Ă©cole.
Et si pour changer le monde, il fallait changer nos enfants, la façon dont nous les éduquons, les considérons ? #nerfdelaguerre #finduregnedelhommeblanc
Mille mercis à Arte, les conférences TED, Manu Royer & David Martin pour leurs images magnifiques, Julie, AdÚle, Camille pour leur calme et professionnalisme, Halida la meilleure fixeuse du monde et à ceux qui m'ont mise sur ce chemin, mon fils de 6 ans et mon ami pour toujours Bruno.
Human - Le film
Il y a deux ans et demi, je suis entrĂ©e dans une cabine Agecco, sur un dock, dans le sud de Paris. Deux jeunes filles mâont demandĂ© de regarder la camĂ©ra et de rĂ©pondre Ă leurs questions. Je suis sortie lessivĂ©e au bout dâune heure trente. Et puis jâai oubliĂ©. Comme les deux milles personnes qui ont participĂ© Ă ce film. Voici ce, quâavec leur rĂ©alisateur Yann Arthus Bertrand, elles ont retenu (version sous titrĂ©e en portugais, impossible de trouver la version sous-titrĂ©e en anglais, publiĂ©e initialement)

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La Cura - Cadeau du ciel
Jâai rencontrĂ© Salvatore Iaconesci et sa compagne Oriana il y a trois ans Ă la confĂ©rence TED. Salvatore Ă©tait venu prĂ©senter LA CURA, sa tentative de prise de contrĂŽle du traitement de sa maladie, sa tumeur au cerveau. En hackeur, il avait rĂ©cupĂ©rĂ© son dossier, plongĂ© dans les donnĂ©es mĂ©dicales, demandĂ© de lâaide, sur Internet, pour les comprendre, les mettre en ordre. Des milliers de personnes lui avaient repondu. Salvatore avait saisi la bĂȘte. Il sâĂ©tait appropriĂ© sa cure. Jâai eu la chance de faire son portrait pour Le Monde. Trois plus tard, Salvatore et Oriana, en superbe forme, sont Ă Paris au Festival Futur en Seine. Ils ont fait un livre de leur aventure et mâont demandĂ© de modĂ©rer leur session. Câest un formidable cadeau. RDV samedi 11/06 Ă la GaitĂ© Lyrique vers 15h pour une plongĂ©e dans cette histoire, dĂ©mente, de hack, de rage et de vie.
Pour sâinscrire : http://www.futur-en-seine.paris/programme/keynote-la-cura
Et lâarticle est ici :
En Bande Organisée en Corée
En Bande Organisée, mon 3Úme roman, paraitra en Coréen. Quelle magnifique couverture ! Occupy Wall Street revisté par le design coréen. Merci les Editions des Equateurs pour ce nouveau voyage ...
En bande Organisée, my third novel, is about to be published in South Korea. What an artwork ! Occupy meets great korean design. Many thanks to my Publisher. Books are trips that never end.
La reine de glace - XXI
Punk, anarchiste et hackeuse, Birgitta Jonsdottir est en Islande la « petite souris qui rugit ». Au pays des vikings, la sĆur de Lisbeth Salander pourrait devenir Premier ministre.
... et cela nâa jamas Ă©tĂ© aussi vrai.
En ce mois dâavril 2016, les #PanamaLeaks prĂ©cipitent lâhistoire de ce micro-pays en rĂ©vĂ©lant au monde lâincurie de son Ă©lite dirigeante, revenue au pouvoir en 2013. En dĂ©but de semaine (donc avant les rĂ©vĂ©lations du PanamaLeaks), les pirates Ă©taient crĂ©ditĂ©s de 42% des intentions de vote. Les PanamaLeaks âbossentâ pour eux. Pour comprendre lâimportance toute stratĂ©gique de ce micro pays, sa libertĂ© rare (autonomie monĂ©taire, indĂ©pendance Ă©nergĂ©tique, population ultra Ă©duquĂ©e) ; pour comprendre les idĂ©es des pirates (sur la dĂ©mocratie, la libertĂ© dâexpression, la protection de la nature, lâEurope) ; pour connaitre Birgitta, Future PremiĂšre Ministre potentielle et Ă travers elle, un pays qui ne fait rien comme personne, voici lâintĂ©gralitĂ© de mon reportage publiĂ© en Janvier par la revue XXI. LâIslande est ce petit pays dans lequel rien nâarrive. JusquâĂ ce que tout y arrive.
(Une version internationale de ce reportage est accessible sur Backchannel)
En ce matin du 7 octobre 2008, les Islandais se rĂ©veillent abasourdis. Ils ne savent pas si les supermarchĂ©s ont pu ĂȘtre rĂ©approvisionnĂ©s. Depuis le dĂ©but de lâannĂ©e, la Couronne islandaise a chutĂ© de moitiĂ© face Ă lâeuro. Les prix ont flambĂ© comme le montant de leurs emprunts contractĂ©s dans lâeuphorie du boom. La consommation en berne, les entreprises locales ont fermĂ©. Les banques du pays se sont Ă©croulĂ©es. En pleine dĂ©bĂącle, le gouvernement a Ă©tĂ© sommĂ© de choisir : lĂącher les banques ou lĂącher la population ?
La rĂ©ponse est tombĂ©e en direct Ă la tĂ©lĂ©vision la veille. Blafard, le Premier ministre Geir Haarde a dĂ©crĂ©tĂ© une loi dâurgence instaurant la prise de contrĂŽle immĂ©diate du systĂšme bancaire par lâEtat et la protection des comptes des Islandais. « Que Dieu nous bĂ©nisse », lance-t-il. Pour la premiĂšre fois depuis vingt-cinq ans, un pays dâEurope occidentale sollicite lâaide du FMI. Les Islandais sont coupĂ©s du monde.
Quatre jours plus tard, un petit groupe se rassemble sur le square dâAusturvöllur, face Ă lâentrĂ©e du Parlement. BientĂŽt septuagĂ©naire mais fringuant, le parolier Hordar Torfasson appelle Ă la dĂ©mission des dĂ©putĂ©s. Un porte-voix Ă la main, il est un peu seul. Un gardien lui demande de faire moins de bruit pour ne pas dĂ©ranger le travail des parlementaires. Hordar sâen va dans un sourire. Et revient le lendemain, avec des casseroles, des cuillĂšres en bois et une femme qui peut lâaider Ă faire du bruit.
PoĂšte, Ă©ditrice, activiste, Birgitta Jonsdottir est en Islande la rabat-joie de service. Immense, brune, elle parle fort et vrai. Elle bouillonne dâidĂ©es neuves. Elle nâappartient Ă aucun monde, ne cherche pas Ă sĂ©duire et Ă lâexpĂ©rience des manifestations et des sit-ins.
Une féline blessée
Sa voix cassĂ©e par la nicotine et les cris passĂ©s garde une intonation enfantine qui tance et chante en mĂȘme temps. Physique, fĂ©line, elle a tout de lâanimal blessĂ© : « Je suis une punk, jâai lâhabitude quâon ne mâaime pas ».
Les Islandais portent un masque impassible, le visage de Birgitta laisse entrevoir ses batailles. FĂ©minine, elle veille Ă ses accessoires, sa coiffure, ses boucles dâoreille⊠Chez elle, rien nâest gratuit : le corps est message. Sa silhouette est voutĂ©e par les Ă©preuves, sa dĂ©marche heurtĂ©e par des problĂšmes de dos. Ses mains sont faites, ses traits fins, ses yeux immenses et sincĂšres dâun bleu minĂ©ral. Depuis des annĂ©es, elle hurle dans le dĂ©sert. Pour se faire entendre, elle utilise les poĂšmes, lâInternet, la peinture, les performances artistiques, lâactivisme. Anarchiste, elle a dĂ©testĂ© le « miracle » islandais : « Tout sâĂ©tait aseptisĂ©. Jâai bien cru que mon pays allait devenir le Luxembourg ».
Pendant que politiques et citoyens se goinfraient de prĂȘts toxiques, pendant que les mĂ©dias regardaient ailleurs, Birgitta sâest engagĂ©e aux cotĂ©s de zadistes pour bloquer lâinstallation dâusines de transformation dâaluminium. « A lâĂ©poque, personne ne voulait mettre en doute les fondements du miracle Ă©conomique. Moi, jâai choisi dâĂȘtre pauvre, et par chance jâai toujours Ă©tĂ© fauchĂ©e ».  ». Elle nâempĂȘcha rien. Elle fut aussi assez seule alors quâelle plantait chaque matin son piquet pour le Tibet devant lâambassade de Chine.
Lâeffondrement du pays crĂ©e une brĂšche inespĂ©rĂ©e. « La sociĂ©tĂ© Ă©crase vos comportements les plus personnels. Les crises libĂšrent une Ă©nergie particuliĂšre. Câest lâoccasion de changer. Ou pas ». Câest la dĂ©bĂącle, Birgitta jubile. Câest le chaos, Birgitta va lâorganiser.
PassĂ© le choc du 6 octobre 2008, la parole se libĂšre. Dans le pays, quelque chose sâanime, sâallume. Les Islandais se retrouvent dans les clubs de couture, aux concerts, aux bains thermaux. Cela fait douze siĂšcles quâils survivent sur leur Ăźle glacĂ©e. Ils sont 320 000, comme une grande famille. Leur pays est le plus heureux au monde. Ils ont lâoptimisme chevillĂ© au corps. PiquĂ©s Ă vifs par leur dĂ©bĂącle, ils veulent reconquĂ©rir leur histoire, devenir la boĂźte de PĂ©tri dâune dĂ©mocratie en crise.
Au pied du parlement, ils sont de plus en plus nombreux Ă taper sur des casseroles avec leurs cuillĂšres en bois. Chaque samedi, traĂźnant son grand corps de descendante cherokee, Birgitta les rejoint. Elle gagne mal sa vie avec la crĂ©ation de sites internet. Elle sâoccupe de son dernier fils qui prĂ©sente des signes dâautisme. Mais elle embrasse la rĂ©bellion, prend la parole, coordonne les manifestations. La quarantaine passĂ©e, lâancienne punk a roulĂ© sa bosse. Elle pense vite, paie de sa personne. Ses combats font autoritĂ©.
Dâoctobre Ă mars, les manifestants occupent la rue. Cela nâest arrivĂ© quâen 1947, quand les GIâs ont dĂ©barquĂ©. Avec lâhiver, ils chantent, dansent et hurlent pour se rĂ©chauffer. Sans violence, ils triomphent. Le gouvernement, les dĂ©putĂ©s et le patron de la Banque Centrale dĂ©missionnent en bloc. Le Premier ministre finit avec des Ćufs en pleine face. Le chef de lâEtat annonce des Ă©lections anticipĂ©es. Le pays a deux mois.
Les petits partis se multiplient, les grandes familles se terrent. Birgitta fonde the Civic Movement, une organisation politique Ă©phĂ©mĂšre au budget de 1.500 euros. « On se dĂ©testait tous, mais cela nâa durĂ© que le temps de la campagne. Trop courte pour sâengueuler vraiment. Mon fils avait des problĂšmes, je ne voulais pas me prĂ©senter. Mais il nây avait pas assez de femmes sur notre liste, alors je mây suis collĂ©e ».
Une Ăźle trĂšs rock and roll
Le Civic Movement rĂ©colte 7,2% des voix. Birgitta est Ă©lue dĂ©putĂ©e : « CâĂ©tait comme appartenir Ă une Ă©quipe de foot qui vient de gagner le championnat ». LâAssemblĂ©e sâouvre aux amateurs. Sortie de nulle part, Birgitta nâa aucune expĂ©rience politique. Aux premiĂšres loges, elle fait feu de tout bois : « Je suis intuitive et colĂ©rique. Jâai beaucoup dâĂ©nergie, pas beaucoup de temps ».
Le pays veut apprendre de ses erreurs. Lâancienne magistrate franco-norvĂ©gienne, Eva Joly, prend la direction dâune commission dâenquĂȘte sur « les crimes Ă©conomiques ». Elle pointe les erreurs politiques, lâaveuglement des media, leur dĂ©pendance aux capitaux privĂ©s et lâimmaturitĂ© gĂ©nĂ©rale. Trois banquiers sont condamnĂ©s par la Cour de Justice Ă cinq ans et demi de prison pour manipulations de marchĂ© et dĂ©lits dâinitiĂ©s. Lâancien Premier ministre est reconnu coupable de nĂ©gligence.
De nouvelles figures Ă©mergent. Le comĂ©dien anarchiste Jon Gnarr se prĂ©sente Ă la mairie de Reykjavik. Par lâabsurde, il moque ses adversaires en promettant dâinstaller un Disneyland dans la capitale. Sa campagne est une blague, la population lâĂ©lit. LâIslande devient trĂšs rock and roll. Lady Gaga veut son selfie.
La situation reste difficile. Avec la dĂ©route des banques, et plus particuliĂšrement celle dâIcesave, une banque en ligne qui a ponctionnĂ© les Ă©pargnants anglais de 2,7 milliards dâeuros, la Grande-Bretagne presse lâIslande de payer. Câest techniquement impossible. Furieux, le Premier ministre britannique Gordon Brown place le pays sur la liste des Etats terroristes et gĂšle ses avoirs Ă la City.
Neuf cents cinquante citoyens sont tirĂ©s au sort pour dĂ©finir les grands principes dâune nouvelle Constitution. Des experts transforment cette matiĂšre en 700 pages de recommandations. Une AssemblĂ©e constituante de vingt-cinq Ă©lus - des avocats, des chanteurs, des hommes au foyer, de toute gĂ©nĂ©ration - rĂ©dige par consensus un texte.
Cette aventure embarque le pays. Sur Internet, chacun peut consulter et intervenir sur ses dispositions quant Ă la sĂ©paration des pouvoirs, la transparence, lâaccĂšs Ă lâinformation, la protection de la nature comme bien commun. Les sessions se concluent en chanson. Quatre mois plus tard, la nouvelle Constitution est adoptĂ©e Ă 67% par referendum. Câest une pĂ©riode ahurissante dâinitiatives et dâaffranchissement. Birgitta en est.
Quand elle nâest pas au Parlement, elle rejoint ses tribus : les artistes, les anarchistes et les militants de lâInternet libre. DĂšs son arrivĂ©e sur lâĂźle, le web sâest imposĂ©. Annulant distance et ocĂ©an, il relie les Islandais au monde. Ils en sont fans.
LâIslande est le lieu oĂč il faut ĂȘtre. En 2009, Julian Assange dĂ©barque en Islande et terrain conquis. Il cherche un refuge pour les serveurs de Wikileaks, chargĂ©s de documents explosifs et lance lâidĂ©e de faire du pays lâĂ©quivalent dâun paradis fiscal pour la libertĂ© dâexpression. En coulisse, Birgitta bondit. DĂ©fenseuse des libertĂ©s et codeuse, elle voit lĂ le moyen de donner au pays une raison dâĂȘtre sur lâĂ©chiquier mondial. LâĂźle dispose de dĂ©serts (72% du territoire) pour accueillir des bataillons de serveurs, dâair glacĂ© pour les refroidir et de gĂ©othermie pour les alimenter quasi-gratuitement. Le pays pourrait aussi offrir une protection juridique aux sonneurs dâalerte.
La dĂ©putĂ©e propose Ă Assange de concrĂ©tiser son idĂ©e. FlattĂ©, il sâinstalle Ă Reykjavik avec plusieurs volontaires. Birgitta soumet leurs recherches aux autoritĂ©s. Le gouvernement sâengage, au travers dâune rĂ©solution, lâIceland Modern Media Initiative (IMMI), Ă faire de lâIslande un Ă©den de la libertĂ© numĂ©rique..
Agent double
Quelques mois plus tard, dans un cafĂ© en face du Parlement, Assange lui montre les premiĂšres images du viseur dâun dâhĂ©licoptĂšre amĂ©ricain tirant Ă vue sur des civils irakiens. HorrifiĂ©e, la dĂ©putĂ©e aide Ă son tour le « hacker ». Elle lui trouve une planque et contribue au montage du documentaire Collateral murder, une bombe pour le gouvernement amĂ©ricain. A sa diffusion, cinq mois plus tard, Assange est projetĂ© en pleine lumiĂšre. Volontaire de Wikileaks, Birgitta devient la parlementaire islandaise la plus connue, et se retrouve avec une enquĂȘte du FBI sur le dos.
La nuit, elle travaille sur les cĂąbles diplomatiques qui horrifient Washington et ses alliĂ©s. Le jour, la dĂ©putĂ©e se rend aux rĂ©unions de lâOtan avec un autocollant WikiLeaks sur son ordinateur. Elle joue de son statut dâagent double. Sa position de dĂ©putĂ©e  la protĂšge et lui donne accĂšs aux antichambres du pouvoir. Sa proximitĂ© avec lâunderground de lâinternet lui fait gagner en efficacitĂ© et connaissance : « Pour aboutir Ă la meilleure dĂ©cision, il suffit dâaccĂ©der aux plus grands cerveaux possibles. Internet permet cela. Moi je suis une parfaite imposteur, je ne connais rien ».
Avec ses relations dangereuses, sa franchise brutale et ses idĂ©es iconoclastes, Birgitta veut dĂ©caper la politique comme la chanteuse Björk a dĂ©capĂ© la pop music. Mais son pays se heurte aux lois de la gravité : « A partir de 2009, nous avions une opportunitĂ© en or. Mais nous nous sommes dispersĂ©s. Nous avons voulu nous attaquer Ă trop de problĂšmes. Du coup, on nâa rien fait vraiment ». Les effets des dĂ©cisions sont longs Ă venir. LâĂ©nergie nĂ©e de la crise se dissipe. La population se lasse, le fatalisme gagne.
En 2013, Birgitta se prĂ©sente aux lĂ©gislatives sous la banniĂšre du Parti Pirate quâelle importe en Islande. Réélue avec deux colistiers, elle fait face aux partis traditionnels qui bloquent le processus constitutionnel. Ils reprennent les vieilles recettes et sâen tirent Ă merveille. Devenu premier producteur mondial dâĂ©lectricitĂ© par habitant, le pays renoue avec la croissance, jugule le chĂŽmage et rembourse avant lâheure lâaide octroyĂ©e en 2008 par le FMI, Ă©patĂ©.
Ce succĂšs masque une rĂ©alitĂ© plus complexe. De nombreux habitants ont Ă©migrĂ© et ceux qui restent cumulent plusieurs emplois. Le pays est endettĂ© Ă hauteur de 100 milliards dâeuros, les capitaux Ă©trangers sont bloquĂ©s pour stabiliser la monnaie, le systĂšme de santĂ© est taillĂ© en piĂšces. Eva Joly repart. RincĂ© par trois annĂ©es de mandat, le maire anarchiste de Reykjavik fuit aux Etats-Unis.
Pas rebelle, hackeuse
Birgitta incarne ce quâil reste de la rĂ©volution des casseroles. Lâexercice du pouvoir lâabĂźme : « Il faut ĂȘtre impermĂ©able ». Sa solitude la radicalise : « Je suis le moustique dans la tente, je les empĂȘche de sâendormir ».
Tenace, elle applique les principes de son parti Pirate : pas de chef, pas de personnification. Elle est capitaine, mais sans titre ni privilĂšge. Elle vote au Parlement selon les consignes des internautes, sâinclinant devant lâavis majoritaire recueilli sur Internet.
Avec seulement trois dĂ©putĂ©s, son parti Pirate est aujourdâhui crĂ©ditĂ© de 38% des intentions de vote aux prochaines lĂ©gislatives, plus que les deux partis traditionnels rĂ©unis. « Les gens en ont ras-le-bol », dit-elle lucide. Elle pourrait devenir Premier ministre. Ses grands yeux roulent en arriĂšre : « Câest mon pire cauchemar ».
Birgitta nâest pas rebelle, mais hackeuse. RĂąler ou dĂ©noncer ne lui suffit pas. Elle veut une dĂ©mocratie qui fonctionne Ă nouveau. Lâexercice du pouvoir est Ă ses yeux un prix Ă payer. Elle nâacceptera le poste que si elle a « les mains libres ». Son plan dâaction est radical : appliquer la nouvelle Constitution, mettre en Ćuvre lâIMMI, la loi sur la libertĂ© dâexpression, lancer un dĂ©bat « digne de ce nom sur notre adhĂ©sion Ă lâEurope », auditionner les ministĂšres. Et dĂ©missionner aprĂšs six mois : pour repasser par les urnes avec une feuille de route en main.
Un autocollant « NSA recording device » (« EnregistrĂ© par la NSA ») barre le capot de son ordinateur : « Je me fiche que les AmĂ©ricains mâĂ©coutent. JâespĂšre mĂȘme quâils le font et que cela les fera changer dâavis ». Agitant sa montre connectĂ©e, ce mouchard par excellence qui dĂ©tonne dans sa panoplie de bracelets ethniques, lâenfant terrible sâexcuse : « Je me suis laissĂ©e sĂ©duire, je nâai pas pu rĂ©sister. La consommation, câest comme la cocaĂŻne. Tu veux toujours plus. Et moi, je suis un vrai mec, jâadore les gadgets ».
Elle ressemble Ă Lisbeth Salander, lâhĂ©roĂŻne de Millenium : mĂȘme hargne, mĂȘme Ă©nergie, mĂȘme ĂąpretĂ©. Sa famille, dit-elle, Ă©tait « dysfonctionnelle » : « Jâai dĂ©veloppĂ© des antennes et appris Ă rĂ©sister Ă tout, comme un super-cafard. Ma capacitĂ© Ă mâexprimer en public, je ne lâai pas acquise dans les livres ou Ă lâĂ©cole. Je la dois aux alcooliques anonymes ».
Comme lâhĂ©roĂŻne de Millenium, Birgitta est dĂ©jĂ tombĂ©e tellement bas quâelle nâaurait pas du remonter. Elle a trouvĂ© son chemin dans le chaos. Elle a eu mille vies, perdu autant de batailles et presque tous les siens. Elle a baroudĂ© au grĂ© des amours, des poĂšmes et des projets. Elle a un cotĂ© troubadour, guerriĂšre aussi. « Cela me flatte que lâon me compare Ă Lisbeth Salander mais, heureusement pour moi, je nâai pas eu son passé ». Le doute est permis. « Jâai toujours Ă©tĂ© le vilain petit canard ».
Son pÚre, « capitaine des poissons »
RescapĂ©e dâune enfance viking, version Dickens, elle naĂźt de lâunion dâune troubadour de 19 ans avec un homme « persuadĂ© de travailler pour le KGB ». Le pĂšre abandonne femme et enfant. Birgitta et sa mĂšre atterrissent dans le minuscule port de ĂorlĂĄkshöfn. Sa mĂšre y rencontre un pĂȘcheur. A 4 ans, Birgitta dĂ©cide dâavoir pour pĂšre ce « capitaine des poissons » et demande Ă sa mĂšre de lâĂ©pouser. Le jeune couple a un fils. « Câest lĂ , Ă 5 ans, que je deviens maman pour la premiĂšre fois », raconte-t-elle.
Sa mĂšre « tourne à travers le pays ». Birgitta sâoccupe de son petit frĂšre. Une vie « comme un arrĂȘt de bus » : « Un tas de gens passaient chez nous : des clochards, des touristes, ou des intellectuels ». Soumise Ă tous les vents, Birgitta tombe en lecture : « Je lisais le matin avant dâaller Ă lâĂ©cole. A la rĂ©crĂ©ation, jâĂ©changeais les cartes de bibliothĂšque. A 10 ans, jâavais descendu le stock du village ».
La gamine passe les vacances chez ses grands-parents maternels Ă Hveragerdi, Ă une heure au sud-est de la capitale. Les sources dâeaux chaudes abondent le long de la riviĂšre qui se dĂ©verse en cascades. Dans cet univers féérique, la jeune fille parle aux pierres comme dâautres parlent aux poupĂ©es. Elle sâĂ©merveille des histoires que lui raconte sa grand-mĂšre sur les petits peuples cachĂ©s. Chez ses grands-parents, musiciens et lettrĂ©s, elle dĂ©couvre Orwell et Laxness, le prix Nobel de littĂ©rature islandais. Les livres, dit-elle, sont ses « seuls amis ».
Elle a une dizaine dâannĂ©es quand la mort dĂ©boule : ses grands-parents dâabord, des amis ensuite, et sa tante et son mari qui disparaissent brutalement : « Leur voiture a Ă©tĂ© retrouvĂ©e plus tard, elle avait glissĂ© sur la route gelĂ©e et ils Ă©taient tombĂ©s Ă lâeau ».
Autour dâelle, la vie est grignotĂ©e par le vent, la glace, lâalcool, les Elfes, la dĂ©pression. Elle fait une premiĂšre tentative de suicide. Ses parents divorcent. Birgitta et son petit frĂšre sont sĂ©parĂ©s. Elle suit sa mĂšre Ă Reykjavik. Dans leur minuscule appartement, elle subit son alcoolisme, ses va-et-vient sordides. « Câest lĂ que jâai appris Ă sentir une atmosphĂšre, savoir sâil faut que je reste dans une piĂšce ou pas. Encore maintenant, en politique je me sers de cette expĂ©rience. En entrant quelque part, je sais tout de suite sâil y a du danger. Câest comme un sixiĂšme sens. ». Birgitta se cherche un cadre, supplie sa mĂšre de lâenvoyer en pension. « Le plus loin possible ».
A 11 ans, elle fume. A 12 ans, elle dĂ©couvre lâalcool. A 13 ans, elle trouve son premier job dans une Ă©picerie : « il y avait du monde tout le temps et jâadorais ça. Je me suis rendue compte quâĂȘtre active me faisait du bien. Il fallait que je me tienne occupĂ©e pour ne pas ĂȘtre prĂ©occupĂ©e ». En ville, elle traine avec des punks, le devient : « Ils vivent plus fort que les autres parce que la rĂ©alitĂ© leur est insupportable ». Les fĂȘlures sont des portes dâentrĂ©e, des points de connexion. Birgitta a toujours du mal Ă se « connecter avec ceux qui nâont pas souffert : les politiques, les banquiers, les riches⊠».
La punk Ă©coute Crass en boucle, Broken English de Marianne Faithful. Elle dĂ©couvre les anarchistes et essaie toutes sortes de pilules : « JâĂ©tais tellement accro quâen plein hiver, avec quelques ados du pensionnat, je filais en stop jusqu'Ă Reykjavik pour trainer avec les punks ». Elle y croise une fois son pĂšre biologique. Elle fait une overdose, se choisit un autre pensionnat, au milieu de lâile : « Tous les punks sây retrouvaient, câĂ©tait lâendroit oĂč il fallait ĂȘtre ».
Elle rencontre son premier amour Jon Gnarr, le futur maire de Reykjavik. Ensemble Ă quinze ans. Ils se droguent, lisent les anarchistes, rĂȘvent dâouvrir lâantenne islandaise de Greenpeace, de devenir acteurs, crĂ©ent une premiĂšre piĂšce de théùtre. « On a quittĂ© lâĂ©cole Ă 16 ans. On a essayĂ© de sâinstaller Ă Reykjavik. Ca nâa pas marchĂ©. Par la suite, on nâa pas vraiment entretenu notre relation », reconnaĂźt-elle.
« Il fallait que je sois un roc »
Rebelle et paumĂ©e, elle ne sait que faire dâelle-mĂȘme. Elle noie son chagrin Ă Hveragerdi, chez ses grands-parents. « Avec le recul, jâai de la peine pour eux, jâĂ©tais immaitrisable ». Elle frĂ©quente le club de théùtre du village. Une visite est organisĂ©e au Parlement, elle refuse dây entrer : « Jâai Ă©crit pendant cette visite mon premier poĂšme, ââBlack Roseââ ». Sa mĂšre fait publier sa prose et lâadapte en chansons. Elle vient dâĂ©pouser un homme de dix ans son cadet. Birgitta nâa que 9 ans dâĂ©cart avec son nouveau beau-pĂšre.
Ecrire lâaccapare : « Jâai passĂ© des annĂ©es Ă tenter de faire publier mes poĂšmes ». La punk butte sur les regards et les dĂ©sirs des autres : « JâĂ©tais hyper timide, avec une estime de moi totalement inexistante ». Mettre en scĂšne ses textes devient plus important que les voir publiĂ©s : « Je me suis rebellĂ©e contre ce monde, alors jâai commencĂ© Ă peindre ».
A dix sept ans, lâennui. Elle prend un bateau pour la SuĂšde. « Quand tu vis sur une Ăźle, il faut la quitter ». Elle retrouve pour NoĂ«l, retrouve son pĂšre choisi, le « capitaine des poissons » : « Il a dĂ©posĂ© les cadeaux, et sâest absentĂ©. Nous lâavons attendu pour diner ». La famille lance lâalerte. Sa voiture est retrouvĂ©e prĂšs dâune riviĂšre, avec ses affaires. « Il Ă©tait le meilleur pĂȘcheur du village, mais il sâĂ©tait blessĂ© au dos et son activitĂ© avait pĂ©riclitĂ©. Il avait refusĂ© de sâendetter et vendu son bateau. Je nâavais jamais vu quâil souffrait tant ». Pour se rĂ©chauffer, elle Ă©crit Warm Water.
« JusquâĂ son suicide, jâĂ©tais sĂ»re de mourir avant 25 ans. Il Ă©tait mon roc. A partir de lĂ , jâai vu que je nâavais plus le choix : il fallait que je sois un roc pour moi-mĂȘme ». Birgitta sâenfuit Ă Londres oĂč elle Ă©conomise pour se payer une Ă©cole dâart. Elle rend visite Ă sa mĂšre au Danemark, la trouve en plein chaos dâun nouveau divorce : « Jâai voulu mâoccuper dâelle et pendant neuf mois, je nâai parlĂ© Ă personne dâautre. Jâai commencĂ© Ă Ă©crire pour comprendre pourquoi jâĂ©tais aussi autodestructrice ».
A haute voix avant de sâendormir, elle se rĂ©cite Lâart dâaimer dâEric Fhrömm « pour me convaincre de mâaimer un peu ». Elle tente de sauver sa mĂšre, puis renonce. Elle rentre au pays et publie son premier recueil de poĂ©sie Ă 22 ans. Au dĂ©tour dâune interview, elle rencontre Charles, photographe, et tombe amoureuse. Ils ont un fils, sâenvolent pour la Virginie, passent un an sur les routes en caravane : « Câest trĂšs commode quand tu allaites. Et puis, jâai du sang cherokee, je me suis sentie chez moi en AmĂ©rique ».
Punk devenue mÚre, elle multiplie les petits boulots, vend des aspirateurs dans la banlieue de Philadelphie. Charles, épileptique, prend de plus en plus de médicaments. Ils croisent un gourou de secte qui tente de les séparer : « Nous étions si influençables ». Le couple rentre à Reykjavik, divorce.
Birgitta se lance dans un deuxiĂšme livre, rencontre un autre amour, veut divorcer. Charles lui laisse ses affaires et une lettre avant de disparaĂźtre. Leur fils a deux ans. Elle vit dans lâincertitude totale, voit des fantĂŽmes et des signes de Charles partout. « Ma tante voyante mâavait prĂ©dit quâun touriste trouverait les os de Charles cinq ans aprĂšs sa disparition. Câest ce qui est arrivé : il avait choisi un endroit sublime pour disparaĂźtre ». En photographe.
LâĂ©criture la déçoit, la peinture ne la nourrit pas. Elle veut faire passer ses idĂ©es, ĂȘtre entendue et vue. Elle a besoin dâun porte-voix. Adolescente, les ordinateurs Ă©taient pour elle « le diable incarné ». Elle sâen achĂšte un « juste pour jouer avec les typos, mettre en forme mes poĂšmes ». Une porte sâentrouvre.
Sâaffranchir des pesanteurs
Internet dĂ©barque en Islande en raz-de-marĂ©e. Le secteur embauche Ă tour de bras. En 1995, Birgitta trouve un poste dâassistante chez un fournisseur dâaccĂšs local. Elle range des dossiers et, Ă son habitude, en fait trop. Le patron la remarque. Elle se targue de son expĂ©rience dans la vente dâaspirateurs. Il lui confie la gestion des Ă©quipes de vendeurs de publicitĂ©.
Elle tombe sur une erreur dans le code dâune banniĂšre publicitaire et demande aux dĂ©veloppeurs de rĂ©gler le problĂšme. Ils sont dĂ©bordĂ©s. Birgitta sây colle, plonge les mains dans le chaos des lignes de code.
Apprenant seule Ă programmer ses pages, elle sâaffranchit des pesanteurs dans le cyberespace. Comme Lisbeth Salander, Internet la dĂ©livre. Elle publie en se passant dâĂ©diteur, dĂ©couvre des pairs et Ă©change avec des milliers de personnes. Elle se livre ; lie sa vie, ses drames, ses textes ; créée et Ă©change sans gagner un sou ; mixe art, poĂ©sie, graphisme, musique, politique, confessions et idĂ©es. Sa maitrise du code la tire de sa solitude, lui offre un gagne-pain.
Birgitta devient entrepreneur, dĂ©veloppeuse de sites. « Un boulot parfait quand tu es mĂšre cĂ©libataire : tu peux le faire de ta cuisine ». Elle crĂ©e un festival de poĂ©sie retransmis en ligne et en direct dans tout le pays. Lâaffaire pĂ©riclite, ses Ă©conomies fondent. Peu importe. « Jâai vu le trafic arriver de partout sur la bande passante, câĂ©tait trĂšs beau ». Elle nâa plus besoin de voyager, Internet est son voyage. En 1998, elle dĂ©die un poĂšme Ă la toile A country without borders.
Elle se remet Ă Ă©crire, traduit les autres. Birgitta se raccroche aux mots, aux branches, sâapaise. Sa mĂšre va mieux, puis sâĂ©teint dâun cancer. « A lâĂ©poque, jâĂ©tais Ă lâĂ©tape 9 du programme des alcooliques anonymes, celle oĂč vous devez apprendre Ă pardonner », dit Birgitta.
Quâelle les ait Ă©crits, traduits ou publiĂ©s, ses poĂšmes, livres, dessins, photos sont ses trĂ©sors, comme le portrait de Charles son premier mari quâelle Ă©voque tout le temps. « Jâaimerais pouvoir remercier les fantĂŽmes de ma vie dâavoir changĂ© ma perspective et de mâavoir appris Ă tenir Ă la vie ».
Dans ses cimetiĂšres, Birgitta place aussi Internet, devenu espace marchand et industrie : « Cela me consterne de voir combien les gens sont passifs. Internet nâa dâintĂ©rĂȘt quâen tant quâoutil pour amĂ©liorer la vie ».
« Maintenant je sais »
Elle revient au papier, publie la premiĂšre anthologie de poĂ©sie sur le 11 septembre et, dans la mĂȘme veine, The book of hope. Lâimprimeur rate la couverture, le distributeur ne fait pas son boulot, lâopĂ©ration la ruine. « Jâai du vendre mon logement, mais ces deux livres sont Ă la bibliothĂšque de la Maison Blanche. Jâai reçu une lettre signĂ©e de George Bush. Hallucinant non ? »Â
Sa mĂąchoire se ferme. Elle dĂ©teste Bush et sa rĂ©action aux attaques terroristes du 11 septembre. Elle lui doit sa naissance en politique, son passage Ă lâacte. ArmĂ©e de ses poĂšmes et de ses rĂ©seaux, elle saisit toutes les occasions pour dire sa colĂšre contre la guerre et lâapathie gĂ©nĂ©rale.
Les mots, lui ont dit quâelle existait, Internet quâelle appartenait au monde, la crise quâelle avait un rĂŽle Ă jouer, la politique quâil fallait tout changer. Elle est prĂȘte. « Souvent, je me suis demandĂ©e pourquoi je souffrais tant. Maintenant, je sais ». Elle a apprivoisĂ© sa trajectoire, elle vise le beau. La punk a survĂ©cu Ă la normalitĂ©, câest elle le roc. « En matiĂšre de mort, je suis ceinture noire ».
LâaccĂšs possible au pouvoir approche. On la dit naĂŻve. « Câest bien ainsi », sourit-elle, peau dure, cĆur chaud, rage intacte. « Ma grand-mĂšre mâa tirĂ© les cartes du tarot. Je suis le fou. En fait, il faut toujours jouer la carte du fou ».
La naïveté, comme seul choix possible.
@Flore Vasseur pour La revue XXI - Janvier 2016
TEDStories : Et si le prochain Einstein était africain ?
Et si le prochain Einstein Ă©tait Africain ? Et si la prochaine grande dĂ©couverte scientifique venait d'une Ă©quipe basĂ©e Ă Nairobi ou Ă GomĂ© ? Qu'est ce que cela changerait pour l'Afrique ? Pour la Science ? Pour le Monde ? Pourquoi cela nous parait-il improbable aujourd'hui ? Au nom de quoi ? Câest le thĂšme de lâĂ©pisode TEDStories, la sĂ©rie documentaire que jâai créée pour Arte et les confĂ©rences TED, diffusĂ© en janvier 2016 et disponible ici :
Cet Ă©pisode porte sur lâitinĂ©raire et les idĂ©es dde Neil Turok, l'un des plus grands cosmologues vivants. De Cambridge Ă Princeton, ses recherches sur le Big Bang font de lui un futur Prix Nobel. Le fondateur de Blackberry lui a rĂ©cemment confiĂ© la direction du Perimeter Institute, au Canada, nec plus ultra de la recherche en mathĂ©matiques appliquĂ©es. Sa conviction : les mathĂ©matiques aident Ă expliquer la vie, comprendre qui nous sommes, Ă nous dĂ©velopper en tant qu'espĂšce. A survivre. DerriĂšre les concepts et la thĂ©orie, des questions existentielles et abyssales. Une somme de pourquoi et de comment qui ramĂšnent toujours Ă la question de l'origine.
Neil Turok n'a jamais oubliĂ© la sienne : celle d'un enfant sud-africain Ă©levĂ© au rythme du combat contre l'apartheid et pour l'Ă©galitĂ© des noirs. A travers ses parents, il a connu l'activisme politique, la clandestinitĂ©, l'exil, lâengagement.
Aujourd'hui, il a un pied au Canada dans son institut futuriste, un pied au Cap en Afrique du Sud, chez AIMS, l'école de mathématiques qu'il a créé il y a douze ans.
Elle accueille les plus beaux cerveaux du continent pour un an et un cursus hors nome leur ouvrant la porte des professeurs et des formations les plus prestigieuses au monde. Il le sait comme personne : le continent recÚle de cerveaux brillants au potentiel inexploité. L'Afrique, son développement doit leur appartenir.
Pour cet épisode, nous sommes allés interviewer Neil Turok au Perimeter Institute au Canada. Puis au Cap en Afrique du Sud, rencontrer étudiants et professeurs.
Mille mercis aux étudiants : Omowunmi ISIAFADE, Yae Olatundji GABA,, Comfort MINTAH, Nneka Ozioma UMEORAH, Ephifania GEZA, Muhammad Aziz VALIALLAH, Omowunmi Isafiade, Trust Chibawara, Fatima Yusuf HUSSEIN, Esmie TCHEZA, David NIYUKURI, `
Merci aux professeurs : Anthony Scopatz et David Aschmann et staff de lâĂ©cole : Barry Greene, Jan GROENWALD et Yasmin HANKEL et Linda CAMARA.
Merci Ă Pascal Fuchs pour son son toujours parfait, Ă Cyrille Renaux et Manu Royer pour leuss images Ă tomber, Sofia Saa pour lâorga et la coordination des tournages et Laurent Besançon pour avoir tenu bon Ă la rĂ©al.
Merci enfin à Neil Turok et à son papa Ben qui nous a tant et tout expliqué. Quelle histoire et quelle famille !
La Reine des Glaces
Mon long reportage sur Birgitta Jonsdottir, sa vie de punk, poĂšte, hackeuse, mĂšre courage, dĂ©putĂ©e, et lâIslande est paru dans la revue XXI (en kiosque et librairie, numĂ©ro 33).
A travers le portrait de celle qui pourrait bien devenir la prochaine PremiĂšre ministre de ce pays bĂ©ni des dieux, jâai enfin pu aller voir par moi-mĂȘme ce quâil en Ă©tait vraiment des expĂ©rimentations souvent gĂ©niales (mais gelĂ©es pour la plupart) des Islandais quant aux procĂšs de banquiers, la rĂ©-Ă©criture de la constitution, la libertĂ© dâexpression, la dĂ©mocratie liquide et les pirates.
Sur son site, la revue XXI publie un extrait et les coulisses du reportage.
http://www.revue21.fr/tous_les_numeros#n-33_la-reine-des-glaces
Merci Ă Patrick de Saint ExupĂ©ry, la revue XXI et Ă Birgitta pour leur confiance et Ă Juliette BarbanĂšgre pour les illustrations.Â

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15/12 : Q&A EN DIRECT AVEC LARRY LESSIG
CALLING LESSIG ! Demain Mardi 15 dĂ©cembre Ă la Gaite Lyrique Ă 18h45, diffusion de mon documentaire sur Larry Lessig suivie, Ă partir de 19h45 dâune sessionde Q&A avec le professeur Larry Lessig, crĂ©ateur des Creative Commons, professeur de droit et dâĂ©thique Ă Harvard, militant de lâinternet libre, remontĂ© Ă bloc contre lâinfluence de lâargent en politique et candidat Ă©phĂ©mĂšre Ă lâĂ©lection prĂ©sidentielle
Ce sera lâoccasion de lâinterroger sur les leçons de sa candidature avortĂ©e, ses prochaines idĂ©es pour sortir lâargent de la machine politique, ce quâil voit venir. EntrĂ©e libre et gratuite, Ă la GaitĂ© Lyrique. #europeanlab.com
http://europeanlab.com/winterforum/programmation/la-valeur-de-la-democratie/
TEDStories : José Miguel Sokoloff : La publicité comme arme de paix
Nous sommes soumis à 3000 messages publicitaires... par jour. Autant d'injonctions à consommer, à nous conformer. Et si la publicité servait à autre chose ? Et si nous utilisions sa puissance pour restaurer la paix ?
C'est le thĂšme du 3Ăšme Ă©pisode de TEDStories, "ma" sĂ©rie de documentaires créée en partenariat avec Arte et TED. Pour cet Ă©pisode, nous sommes allĂ©s Ă la rencontre de JosĂ© Miguel Sokoloff et son Ă©quipe, publicitaires basĂ©s Ă Bogota. Il y a 7 ans, le ministĂšre de la dĂ©fense leur a demandĂ© de lâaider Ă dĂ©mobiliser les soldats Farcs.
                                                                                         Juan Pablo Garcia
Ils ont éclairé la jungle à Noël, fait chanter les mamans, témoigner les anciens guerilleros d'helicoptÚres. En signifiant la vie, ils ont remporté de vraies victoires et contribué, en 7 ans, à la démobilisation de 17 000 FARCs.
                                                                                              Mothers Campaign
Et si la Colombie Ă©tait en avance sur nous?  Et si la stratĂ©gie mise en place pour dĂ©sarmer les guerrillas lĂ bas pouvait nous aider Ă mieux rĂ©agir aux actions des groupes extrĂȘmistes ici ? Et si la communication, terrible arme de guerre, pouvait devenir un formidable outil de la paix ?
J'ai rarement eu autant de plaisir Ă travailler sur un film, diffusĂ© dans sa version courte ce dimanche 13/12 Ă 13h sur Arte. La version longue (52 minutes) sera diffusĂ©e dans lâhiver. J'espĂšre que ces films donneront matiĂšre Ă de belles discussions et peut-ĂȘtre actions. Pour moi, ils reprĂ©sentent dĂ©jĂ une grande aventure.
Merci Ă Greg Hopf pour la co-rĂ©al, Manu Royer pour les images, Cesar Salazar pour le son, Juan Pablo Garcia pour nous avoir guidĂ©s, Khaled pour le montage, Paul, Loic et HĂ©loise pour le graphisme, Yann pour lâingĂ© son, Margot Moizillon pour la prod sur place, Julie Perris, Adele Dumour, Florian Lobstein, Camille Crouzat pour la prod Ă Paris et bien sur TED et Arte.
Plus dâinfo sur le site dâArte : http://info.arte.tv/fr/jose-miguel-sokoloff-la-publicite-pour-la-paix