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Une Mexicaine, un sportif, un noir, un chinois, une vieille dingue, une Marocaine et une fille aux cheveux blancs entrent dans une laverie...
Cette blague nâa pas de chute. Et mon point de chute fut une crĂȘperie quelques heures aprĂšs les Ă©vĂ©nements. DâoĂč la photo. Je nâavais plus de photo de laverie en stock.
Samedi aprĂšs-midi de dĂ©but septembre. Il y a 10 jours que je me suis installĂ©e Ă Paris, et je commence Ă devoir ressortir des vĂȘtements douteux du fond de mon Ă©tagĂšre. Toutes les tenues sobres que je porte au travail ont atterri dans ma paniĂšre Ă linge. Il est temps que je me rĂ©signe Ă me rendre Ă la laverie, au risque de perdre ma couverture de fille bien comme il faut dimanche matin. Mon dĂ©but de journĂ©e a consistĂ© en un dĂ©bat avec moi-mĂȘme sur lâimportance ou non dâembrasser les gens avec qui on sâadonne Ă diverses activitĂ©s charnelles. Je nâarrive pas Ă me dĂ©faire de lâidĂ©e quâil nây a que les prostituĂ©es quâon nâembrasse pas. Ou les gens que lâon trouve repoussants mais que lâon nâa pas la force de repousser. Que ce soit pour une raison ou pour lâautre, mon estime de moi-mĂȘme vacille et je fais le chemin jusquâau lavomatic les sourcils froncĂ©s. Ă cause de mes questionnements philosophiques, mais aussi parce que câest, quand mĂȘme, une sacrĂ©e corvĂ©e, quand on a toujours eu accĂšs Ă une machine Ă laver... Tant pis, jâĂ©couterai de la musique et jâai un livre dans mon tĂ©lĂ©phone. GuĂšre enchantĂ©e, jâentre dans lâendroit redoutĂ© au mĂȘme moment quâune petite brune qui a visiblement lâair aussi heureuse que moi dâĂȘtre lĂ . Un vague bonjour, et jâenfourne mon sac de linge dans une machine, mets ma lessive dans le compartiment rĂ©servĂ© Ă cet effet et me dirige vers le terminal de paiement. Et merde. JâĂ©tais persuadĂ©e dâavoir retirĂ© de lâargent hier, mais il nâen est rien. Je me retourne vers lâautre usagĂšre et lui demande Ă toute vitesse si elle peut surveiller mon linge le temps que jâaille retirer de lâargent Ă cĂŽtĂ©. Elle me fait les gros yeux, et dĂ©clare en articulant chaque syllabe : âEncore une fois, je ne comprends pas trĂšs bien le françaisâ. Je ne saisis pas bien le âencore une foisâ, mais lui rĂ©pĂšte toutefois ma requĂȘte Ă grand renfort de mime ridicule. Elle me lance un regard lĂ©gĂšrement exaspĂ©rĂ© mais accepte gentiment. Quand je reviens, elle se dĂ©bat avec des draps prĂšs dâun des gros modĂšles de lave-linge. Je lui donne un coup de main pour dĂ©chiffrer les indications de fonctionnement de la laverie, quâelle juge bien trop compliquĂ©es pour rien. TrĂšs français, ça. Une fois ma machine lancĂ©e, je mâassois sur un banc au fond de la piĂšce, contre les sĂšche-linge dont la moitiĂ© affichent âhors serviceâ, et remonte mon casque audio sur mes oreilles, pour une durĂ©e prĂ©visionnelle de 46 minutes de lavage. Je ne sais plus si jâai Ă©coutĂ© ne serait-ce quâune chanson en entier avant que le spectacle ne dĂ©marre. Sur fond de MylĂšne Farmer ft Sting, je vois lâĂ©trangĂšre pester et sâĂ©nerver contre le terminal de paiement. JâĂ©teins la musique, me lĂšve et la rejoins. Lâappareil a avalĂ© ses piĂšces sans les prendre en compte et ne veut pas les lui rendre. Nos efforts conjoints parviennent Ă lui faire recracher les deux tiers de la somme sans aucune logique apparente. Je lui conseille dâessayer de transfĂ©rer son linge dans une plus petite machine et de rĂ©essayer, mais il en rĂ©sulte la disparition de 4⏠supplĂ©mentaires. Jâapprends au dĂ©tour de nos aventures que ma comparse est Mexicaine, quâelle vient faire son master Ă Paris, et quâelle est lĂ parce quâelle ânâaime pas la toute petite machine de son appartementâ. Plus tard, elle me dira quâau Mexique elle nâa jamais lavĂ© son linge, quâelle avait quelquâun pour le faire Ă sa place. Comme la cuisine. Une femme Ă©trange pĂ©nĂštre soudain dans la laverie. Elle nâa pas de sac de vĂȘtements, une coupe de cheveux douteuse et porte des ballerines abĂźmĂ©es quâelle ne cesse de remettre en place Ă deux mains. Lâair de tout savoir, elle nous regarde de haut et me demande dâun ton agacĂ© si je sais lire le français et si jâai appelĂ© le numĂ©ro dâurgence. Oui, deux fois. Jâai laissĂ© deux messages sur le rĂ©pondeur qui mâa accueillie directement Ă lâautre bout du fil. La vieille ahurie nous tient la jambe en dĂ©bitant un tas dâinepties sur notre incapacitĂ© Ă faire fonctionner les machines. Elle finit par partir, convaincue de notre faiblesse dâesprit, et je traduis piteusement lâĂ©change Ă la Mexicaine, qui sâen amuse. Je reprends ma place sur mon banc pendant quâelle part faire les yeux doux au barman dâen face pour se laver les mains, quâelle a pleines de lessive. On a chacune une fournĂ©e de linge qui tourne, rescapĂ©es des caprices du terminal de paiement. Un homme, de haute stature, Ă lâallure et au look sportifs entre un peu plus tard dans la laverie. Je le prĂ©viens dâemblĂ©e quâune panne gĂ©nĂ©rale est en cours. Lâair hagard, il enregistre lâinformation mais tourne dans la blanchisserie cinq bonnes minutes, sans rien faire, avant de se dĂ©cider Ă aller voir ailleurs. Plus tard, un jeune homme noir vient transfĂ©rer son linge dâune machine Ă un sĂ©choir. JâhĂ©site Ă le prĂ©venir, mais suis curieuse de savoir si les sĂšche-linge fonctionnent. Je le laisse donc insĂ©rer ses piĂšces, en culpabilisant un peu, mais câest âpour la scienceâ. Fatalement, le problĂšme se rĂ©pĂšte. Je lui explique la situation, et il appuie vigoureusement sur le bouton âretour monnaieâ quâon viole rĂ©guliĂšrement depuis une demi heure. Chance du dĂ©butant ou geste expert, il parvient Ă obtenir plus dâargent quâil nâen avait introduit dans lâengin. Grand prince, il tend le surplus Ă ma Mexicaine dont le bilan Ă©tait toujours nĂ©gatif. Sa gentillesse me surprend un peu et mâarrache un sourire. MalgrĂ© tout, la situation mâamuse et je me retiens pĂ©niblement de lâexprimer par respect de mes partenaires de galĂšre. On discute tous les trois quand un asiatique fait son entrĂ©e dans le théùtre de nos dĂ©boires. Lui aussi vient sĂ©cher son linge. Lui aussi affiche un air hĂ©bĂ©tĂ© quand on lui annonce que ça ne va pas ĂȘtre possible. La propension des gens Ă avoir un temps de latence si important pour des questions si anodines me rend un peu perplexe. Ils perdent pied trĂšs vite... Je remercie la vie de mâavoir assez malmenĂ©e pour mâavoir appris Ă rebondir en un instant. Cependant, le temps de rĂ©flexion de ce dernier protagoniste nâaura pas Ă©tĂ© vain. Peu aprĂšs que lâhomme noir nous ait quittĂ©s, lâasiatique nous propose soudainement, avec un fort accent et un faible français, de nous guider jusquâĂ une autre laverie, quand nos cycles de lavage seront terminĂ©s. Son regard est humble et il nâest pas difficile de deviner quâil a du prendre son courage Ă deux mains pour vaincre sa timiditĂ© et formuler cette phrase. JâĂ©tais persuadĂ©e que je ne croiserais que des zombies Ă Paris, mais chaque jour sâattĂšle Ă me prouver que la capitale est pleine dâhumanitĂ©. Mon cĆur se rĂ©chauffe au fil de la journĂ©e. Et ce nâest pas fini. Dix minutes plus tard, notre drĂŽle de troupe quitte la laverie et nous rejoignons en file indienne celle dâun concurrent, Ă quelques minutes. En sortant de chez moi, je nâavais pas lâintention de sĂ©cher mon linge. Jâai un Ă©tendoir (pardon, un tancarville - le correcteur orthographique de tumblr ne connaĂźt pas le mot, tiens donc...-) et je comptais lây entreposer. Mais je nâai pas envie de quitter mes compagnons dans leurs aventures et change mes plans. La blanchisserie oĂč lâon atterrit est toute petite, et son propriĂ©taire est dans les lieux, en train de nettoyer ses appareils. Il me dira plus tard quâil est lĂ tous les jours, toute la journĂ©e. Ăa paye, puisque tout fonctionne trĂšs bien. Il discute avec une habituĂ©e, une Marocaine trĂšs expressive qui raconte comme son fils, doux comme un agneau Ă la maison, âse bat dans des cages, un sport interdit en Franceâ. Elle me touche, comme tous les autres aujourdâhui. Jâaime la libertĂ© de ses propos, la tendresse de ses paroles. Le patron nous aime bien, je crois. Il sort une boĂźte en mĂ©tal et nous offre ses âbiscuits faits maison. AllĂ©gĂ©s en sucre! Amande abricotâ. Leur goĂ»t en soi nâa rien dâexceptionnel, mais ils bĂ©nĂ©ficient de la saveur puissante de la gĂ©nĂ©rositĂ© qui les a conduits Ă nos bouches. Mon linge est vite sec, et je sens que nos pĂ©ripĂ©ties arrivent Ă leur terme. Hier, Ă table, je faisais part Ă mes collĂšgues de mon espagnol dĂ©clinant, faute de pratique. Aujourdâhui me sert une partenaire sur un plateau. Câest mon tour dâĂȘtre courageuse, et de demander Ă la Mexicaine si ça lui dirait quâon se revoit. La rĂ©action de Paulina est plus quâenthousiaste et elle insiste sur le fait quâil faut quâelle me paye un verre, dĂšs ce soir. Finalement, je lui ai fait manger des crĂȘpes. Mais câest une autre histoire, pour demain.
J'ai d'abord vu sa nuque. ExtrĂȘmement pĂąle et parsemĂ©e de tĂąches. Alors que j'Ă©tais prise d'une drĂŽle de fascination pour ce morceau de peau, elle a passĂ© la main dans son cou pour en balayer une mĂšche qui s'Ă©chappait de son chignon. Un chignon assez gros, Ă l'arrondi parfait, entourĂ© par son excĂ©dent de cheveux maintenu par de multiples Ă©pingles. âDĂ©tachĂ©s, ses cheveux doivent ĂȘtre trĂšs longsâ, me suis-je prise Ă penser. En rĂ©ponse Ă mon interrogation muette, elle a retirĂ© les pinces une Ă une, puis l'Ă©lastique, puis⊠Le bun qui permettait Ă sa coiffure d'ĂȘtre si gonflĂ©e. Tricheuse. Je fantasmais doucement de voir tes cheveux dĂ©gringoler dans ton dos, et voilĂ qu'ils dĂ©passent Ă peine tes Ă©paules. Tant pis. J'ai reportĂ© mon attention sur son visage, aux yeux bleus perçants et Ă la peau dâalbĂątre couverte du spectre dâune acnĂ© passĂ©e. MalgrĂ© ça, je la trouve trĂšs jolie. Elle a vite rĂ©uni sa criniĂšre en un nouveau chignon bien plus lĂąche. Quel intĂ©rĂȘt ? Est-ce qu'elle revient d'un rendez-vous, ne ressent plus le besoin d'ĂȘtre tirĂ©e Ă quatre Ă©pingles, et sâautorise enfin Ă respirer ? Est-ce que câest le visage quâelle affiche au travail quâelle vient dâabandonner ? Je ne parviens pas Ă la quitter des yeux. Quand elle se lĂšve pour descendre, comme par miracle Ă la mĂȘme station que moi, mon regard s'attarde sur son corps Ă©lancĂ© et je marque un arrĂȘt avant de me souvenir que je dois moi aussi sortir de la rame. Je ne sais pas vraiment si câest elle que je suis ou les panneaux qui mĂšnent jusquâĂ la deuxiĂšme ligne de mĂ©tro que je dois emprunter. La mĂȘme quâelle, semble t-il. Lâescalator est en panne et je fixe ses fesses malgrĂ© moi, alors quâelle gravit les marches sous mon nez. Elle presse le pas et quelque chose dans sa dĂ©marche me dit quâelle est agacĂ©e. Une fois sur le quai, elle se hĂąte jusquâĂ son extrĂ©mitĂ©, loin de tout ĂȘtre humain. JâhĂ©site, puis dĂ©cide dâarrĂȘter lĂ cette Ă©trange poursuite. Une fois assise, deux minutes plus tard, elle traĂźne encore dans mes pensĂ©es. Et une fois arrivĂ©e Ă ma destination finale, je ne peux mâempĂȘcher de la chercher du regard au fond du train. Elle a disparu.

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Ce soir jâai allumĂ© une bougie que je conservais prĂ©cieusement intacte depuis 6 ans. Elle mâa suivie lors de 3 dĂ©mĂ©nagements, jamais Ă©garĂ©e, jamais consumĂ©e. Et tout Ă lâheure, au dĂ©tour du dĂ©ballage dâun carton, elle Ă©tait lĂ , bleue nuit et recouverte de son couvercle dâargent... Sans le moindre instant de rĂ©flexion, je lâai posĂ©e sur ma table de nuit, suis allĂ©e chercher un briquet et ai mis le feu Ă la mĂšche. Pour la premiĂšre fois de ma vie, jâai dĂ©couvert les effluves quâelle dĂ©gage. Le reflet parfait de la flamme sur la cire liquide brĂ»lante me fascine et je nâarrive pas Ă me rĂ©soudre Ă lâĂ©teindre. Câest amusant, dâailleurs. Le reflet est plus net que la flamme elle-mĂȘme... Je ne suis pas sĂ»re de ce que cette bougie reprĂ©sente. Elle faisait partie du coffret dâun parfum que jâaimais beaucoup, ce qui prĂ©sageait donc une odeur dĂ©licieuse... Jâen attendais tellement, peut-ĂȘtre, que je me la rĂ©servais pour un grand jour et lâĂ©conomisais. Aujourdâhui, jâai rangĂ© des rĂ©sidus de soirĂ©e, organisĂ© un peu plus mon appartement et fait du shopping dans ma rue qui mâenchante. Rien de spĂ©cial. Si ce nâest la fragrance de souvenirs qui embaume dĂ©sormais mon intĂ©rieur... âFéérieâ, de Van Cleef & Arpels. Je me demande ce quâon peut tirer de lâĂ©volution des choix de parfum des gens. Je suis sĂ»re que câest rĂ©vĂ©lateur. Je suis bien placĂ©e pour le savoir, jâai deux parfums. Un pour les gens qui mâimportent, et un juste histoire de sentir bon.
Minuit onze. Le sol tremble. Minuit dix-sept. Le sol tremble encore. Dâici quelques jours, la ligne de mĂ©tro qui sâagite sous mon immeuble me bercera. Du moins, en cette premiĂšre nuit parisienne, je lâespĂšre.
23h31, mon nouveau voisin dâen face conseille un ami sur sa vie sexuelle par tĂ©lĂ©phone. Jâaurais pu participer Ă la conversation tellement sa voix porte clairement jusquâĂ mon lit. Ă la place, jâai pris mon air le plus innocent, ouvert la fenĂȘtre et lui ai fait remarquer dâune voix mal assurĂ©e quâ âIl y a de lâĂ©choâ. Il a rougi, souri, levĂ© le pouce et reculĂ© gauchement dans le brouillard de son appartement. Et voilĂ , je suis gĂȘnĂ©e moi aussi. Je prends comme une dĂ©faite dâavoir dĂ» intervenir. De ne pas avoir supportĂ© ce paramĂštre de mes nouvelles conditions de vie. On se croisera bientĂŽt sur le pallier, il aura honte, jâaurai lâair fier alors que mes pensĂ©es seront bien plus embarrassĂ©es que lui.
Jâai menti. Ce nâest pas ma premiĂšre nuit, jâai dĂ©mĂ©nagĂ© hier. Et fui le domicile Ă la premiĂšre proposition de sortie venue. Puis jâai Ă©vitĂ© dây rentrer, en recevant une nouvelle proposition. Je me suis retrouvĂ©e dans un espace-temps parallĂšle, je crois. Une rue totalement sombre de la âville lumiĂšreâ et un de ses habitants plus quâaccueillant qui me tend un verre de sirop de citron avant mĂȘme de me faire monter. Et sâinquiĂšte dâavoir ratĂ© son effet parce que je ne trouve rien de mieux Ă lui dire que âavec du vrai citron, ce serait mieuxâ. Jâai du mal avec les gestes gentils, je nâai pas lâhabitude. Du coup tous ceux qui ont suivi ont reçu le mĂȘme genre de rĂ©action. Ăa, ou une hĂ©sitation soutenue Ă Â âabuser de son hospitalitĂ©â. Jâaurais aimĂ© lui dire, moi, que sa façon dâĂȘtre est exceptionnelle et que sa confiance en lui exacerbĂ©e est presque justifiĂ©e. Que son sourire est une belle chose mais que ses yeux communiquent encore mieux ce qui lui traverse lâesprit. Que son crĂąne qui sonne creux est pourtant bien rempli. Quâil a de quoi garder la tĂȘte haute et quâil ne doit rien changer (si ce nâest apprendre Ă dire non). Que, vraiment, câest impossible de lui souhaiter autre chose que de rĂ©cupĂ©rer son bonheur, parce quâil ne mĂ©rite que ça. Et que quand-mĂȘme, une autre part plus Ă©goĂŻste de moi aurait voulu lui dire âĂ bientĂŽtâ plutĂŽt que de se rĂ©signer avant mĂȘme de passer la porte. Bonne chance.
Bonjour Paris. Continue Ă me dĂ©contenancer comme tu lâas fait en 24 heures. Tu me rends perplexe et mâembarrasse, mais je crois que jâapprĂ©cie. Je suis Ă lâimage de mon appartement : vĂ©tuste, sans lumiĂšre au plafond, secouĂ© en permanence mais Ă un carrefour qui fourmille de promesses.
Par pitiĂ©, ne âmonte pas Ă Panameâ
Au lycĂ©e, et les quelques annĂ©es qui ont suivi, je me suis fĂąchĂ©e plusieurs fois avec des amis qui voulaient Ă tout prix âtrouver un taf Ă Panameâ. Jâavais souvent lâoccasion dây aller, et lâidĂ©e quâils veuillent sây installer mâatterrait.  Ils ne comprenaient pas ma dĂ©sapprobation, et pensaient sans doute que je voulais conserver ma supĂ©rioritĂ© de fille âqui connaĂźt bien la capitaleâ.  Que nenni. Mon dĂ©samour pour la ville lumiĂšre qui fait tant rĂȘver provinciaux et Ă©trangers est bien rĂ©el. Cette citĂ© bouffe lâhumanitĂ© des gens.
Ce soir, un samedi, jâai pris le mĂ©tro puis le RER pour rentrer. Entre 23 heures et minuit, au milieu des zombies. Les gens baissent tous les yeux, clignent Ă peine des paupiĂšres et leurs visages expriment peu de choses. Le pli se prend vite et je mâadapte aux us et coutumes locaux. Mais jâai souvent durant mes trajets un sursaut de conscience, et je dĂ©cide sciemment dâobserver le âpaysageâ, donc les usagers. Sans insistance, sans fixer quiconque en particulier. Mais je les vois et enregistre leur existence dans mon esprit. Parfois, lâun dâeux croise mon regard. Presque Ă chaque fois, ils se figent, surpris... puis mĂ©fiants. âQue fait cette fille ? Elle ne paye pas de mine comme ça, mais maintenant que jây pense, elle est un peu louche. Quel mĂ©fait va t-elle donc commettre Ă mon Ă©gard ? Elle me dĂ©visage, câest sĂ»r, je suis sa prochaine victime. Vite, il faut que je dĂ©tourne les yeux, elle nâest peut ĂȘtre pas encore dĂ©cidĂ©e et mieux vaut que je ne me fasse pas plus remarquer !â
Ce climat de suspicion mâĂ©touffe et mâattriste. Pauvre de vous, quels prĂ©jugĂ©s avez- vous dâenfoncĂ©s dans le crĂąne ? Quand avez-vous commencĂ© Ă craindre le regard de votre prochain ? Si vous prĂȘtiez vraiment attention au mien, vous nây trouveriez que curiositĂ© polie et intĂ©rĂȘt latent. Modeste part dâhumanitĂ© Ă laquelle je tiens.
Ăchec et rĂ©demption
C'est fou, la puissance des sentiments amoureux. Comme une lampe de cent millions de watts braquĂ©e dans vos yeux, qui vous aveugle et vous prive de toute capacitĂ© de jugement. Ăa vous fait construire des palais de cristal dans votre tĂȘte, dont chaque piĂšce reflĂšte un Ă©niĂšme fantasme dont l'acteur principal est l'objet de votre Ă©moi. Il a beau vous avoir econduite, rien n'y fait, vous continuez d'arpenter votre chĂąteau, y ajoutant des flĂšches acĂ©rĂ©es Ă l'architecture pĂ©rilleuse, de plus en plus abracadabrante. Et puis un jour votre pyramide Ă©tincelante ne respecte plus les lois de la physique, vous vous en rendez compte et vous prenez peur. Il ne reste plus qu'Ă dĂ©truire votre Ćuvre avant qu'elle ne s'Ă©croule et vous emporte avec elle. La tĂąche peut s'avĂ©rer ardue. Votre crĂ©ation fantaisiste cristallise tous vos espoirs, qu'il faut trouver le moyen d'annihiler. Et finalement, parfois le destin fait bien les choses. Il suffit de se reconnecter Ă la rĂ©alitĂ© et constater que votre aimĂ© a commencĂ© Ă construire une maison de plain pied avec quelqu'un d'autre, classique mais solide, et qu'il n'a que faire de votre sens artistique de la dĂ©mesure. Votre joli palace devient tout Ă coup hideux et ridicule avant d'Ă©clater, et vous ne savez plus oĂč vous cacher. En pleine vue. C'est la meilleure solution. Avec un sourire, c'est encore mieux. L'air est plus frais en dehors de feu votre palais de sentiments macĂ©rĂ©s.
Alors que je savourais la ligne de basse d'un morceau tout juste dĂ©couvert, en marchant dans la rue, je me suis souvenue pour la centiĂšme fois a quel point j'aime les sons graves. Rien ne m'apaise plus, rien ne rĂ©sonne plus profondement en moi. Je sais, c'est une loi de la physique. Mais mĂȘme. Fatalement, je me suis rappelĂ© combien sa voix grave me faisait frissonner, combien son timbre m'envoutait. Je suis tombĂ©e amoureuse de la voix de basse qu'il utilise pour raconter ce qui lui tient a coeur, aprĂšs ĂȘtre tombĂ©e amoureuse de son regard. Avant de tomber tout court. Mais dans cette rue, perdue dans ma mĂ©lancolie, je me suis aussi rendu compte que j'ai perdu le souvenir de sa voix. Impossible de l'entendre dans ma tĂȘte. Je le revois me dire qu'il m'aime pour la premiĂšre fois, de façon trĂšs prĂ©cise. Mais de sa bouche, aucun son ne sort. Ma cervelle a beau travailler a toute vitesse pour retrouver sa frĂ©quence, elle s'en approche mais rien ne correspond vraiment. Je ne sais qu'en penser. Peut ĂȘtre que mon esprit sournois, qui projette des visions utopiques dans tous mes rĂȘves, a finalement dĂ©cidĂ© de m'Ă©pargner des souffrances supplĂ©mentaires. Impossible de l'imaginer me rassurer ou me crier son dĂ©samour. Je ne peux me construire de fantaisie sciemment. Mais les mauvais rĂȘves m'assaillent toujours. Et l'odeur de son parfum perdure, ne se dĂ©tache pas de mes narines. Elle s'y accroche, comme un relent putride passĂ© par le mauvais conduit. Cette fragrance Ă©picĂ©e et sucrĂ©e qui m'enivrait me monte dĂ©sormais a la tĂȘte.

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Ă lâaube du troisiĂšme jour
On a grimpĂ© les marches des trois Ă©tages qui mĂšnent Ă son appartement. Lui, moi et derriĂšre, les autres invitĂ©s de la soirĂ©e. Il nâĂ©tait pas enchantĂ© que je sois la premiĂšre Ă le suivre. Moi, je nâavais pas la moindre idĂ©e de ce que je faisais lĂ .. AttirĂ©e comme un aimant, câest bien la seule explication. La nuit avait commencĂ© ailleurs, et je nâavais pas croisĂ© son regard une seule fois. Pas la force. JusquâĂ ce quâil glisse la grosse clĂ© cuivrĂ©e dans sa serrure et se tourne vers moi avant dâouvrir sa porte.Â
Et pour la deuxiĂšme fois, la magie opĂšre alors que ses yeux verts et jaunes et bleus et marrons et merveilleux se verrouillent dans les miens. Dans un mĂȘme Ă©lan, nous nous enlaçons, nous nous embrassons. Impossible de dire de qui vient lâinitiative, et ça nâa pas dâimportance. Nous ne sommes quâun et rien nâexiste autour. Les autres qui sâimpatientent dans lâescalier ne reprĂ©sentent rien.
âCe qui compte, câest toi et moi.â
Et puis je me suis rĂ©veillĂ©e. Et mon cĆur sâest brisĂ© une nouvelle fois, sans que jâaie rien demandĂ©. Je ne suis pas quelquâun qui rĂȘve. Du moins, je ne me souviens presque que de mes cauchemars, et quand je mâen extirpe je mâaccroche Ă la rĂ©alitĂ© et Ă©vite Ă tout prix de me rendormir. Cette fois ci, jâai maudit mon rĂ©veil comme rarement dans ma vie. Ce nâest pas que jâaurais voulu rester coincĂ©e dans ce rĂȘve. PlutĂŽt quâil nâait jamais pris place dans mon crĂąne. Je mâen sortais bien jusque lĂ , avec ma tĂȘte dans le sable et mes fausses convictions que tout va de mieux en mieux pour moi. Pas une larme nâa coulĂ© depuis bien.. 3 jours. Aujourdâhui je vacille.Â
âMon cĆur te crie je tâaime, Ă chaque fois quâil batâ Plus je mâenfonce... et plus mes rĂ©fĂ©rences musicales suivent le mouvement.
Sur les dents
âFuturoscope. Valentin. Valentin. Valentin. Coup de foudre. Hellfest. Je suis passĂ© chez Sosh.â
J'ai entendu tout ça aujourd'hui, et j'ai serré les dents. Je les ai serrées fort. Et j'ai ravalé ma bile entre mes dents serrées.
J'ai pleuré en silence aujourd'hui, et j'ai serré les dents. Je les ai serrées fort. Et j'ai ravalé mes sanglots entre mes dents serrées.
J'ai failli tout envoyer valser aujourd'hui, et j'ai serré les dents. Je les ai serrées fort. Et j'ai ravalé ma faiblesse entre mes dents serrées.
Il y avait un Ă©norme cĆur dessinĂ© Ă l'extĂ©rieur de la vitre de mon train du retour. Je ne pouvais rien faire pour l'effacer. Il fallait regarder Ă travers le gros cĆur pour calmer mon cĆur gros en fixant l'horizon. Mes trajets du jour m'ont redonnĂ© une leçon de self contrĂŽle. Et puis j'ai poussĂ© la porte de chez moi, et tout repris dans les dents.
Les yeux rivés sur les étoiles de mon plafond Mon coeur nauséeux tangue, mon ùme est agitée De l'eau de mer emplit peu à peu mes oreilles.
(via https://www.youtube.com/watch?v=Q0QBzX7zZBw)
Help, I have done it again I have been here many times before Hurt myself again today And the worst part is there's no one else to blame
Ăcouter des trucs. Ăcrire des trucs. Me vider la tĂȘte. La remplir dâautre chose. Aller de lâavant. Si je mâenferme dans ma douleur, rien de bon ne ressurgira. Mon seul devoir, câest de mâautoriser Ă ĂȘtre heureuse. Jâai utilisĂ© mon coup de fil Ă un ami, et il mâa dit âJe pense que toi et moi on a besoin de drame dans nos viesâ. Charmant nâest-ce pas ? Jâai pas envie putain, putain, putain. Câest pas ça mon idĂ©al. Je ne veux pas non plus que ce soit mon destin. On mâa rabĂąchĂ© toute ma vie que les chiens ne font pas des chats et que je reproduirais les schĂ©mas de ma famille. Quels exemples est-ce que jâai eus ?
Puis jâai pas envie de stigmatiser mon ascendance non plus. Je devrais raconter autre chose que ma vie.
Je devrais dormir. Il est 21h23 (belle heure), et je devrais dormir, pour me rĂ©veiller dans 2 heures et aller au cinĂ©ma. Je me suis couchĂ©e, sur le ventre, et j'ai tente d'ecraser cette horrible boule qui s'est installĂ©e dans mon estomac ce midi. J'ai beau appuyer contre le matelas, rien n'y fait... Elle est la, bouge un peu de temps en temps, ronronne, et m'handicape. J'Ă©tais handicapĂ©e avant, cela dit. C'est bien parce que je suis handicapĂ©e, de base, qu'elle a eu l'occasion de se rĂ©installer. A cause de cette maladie insidieuse qui me pousse a saboter tout ce qui pourrait me rendre heureuse. Il faut dire que je ne l'avais pas vu venir, cette fois, la tentative du destin pour amĂ©liorer mon quotidien. Le fourbe me l'a balance a la tronche, du genre "demerde toi !". Sans mode d'emploi, sans prĂ©parer le terrain. Comme si j'allais y croire, accepter le fait accompli ! Non monsieur, moi je vais d'abord tenter de dĂ©molir ce dĂ©but d'espoir par tous les moyens possibles, et s'il tient encore debout aprĂšs, je lui laisserai peut-ĂȘtre une chance. Mais y a que les scorpions et les cafards qui rĂ©sistent aux bombes nuclĂ©aires. Et moi j'avais affaire a... Je ne sais pas. Une sorte d'alter ego, en beaucoup plus grand, avec des yeux plus vifs, constellĂ©s d'un milliard d'univers. Je n'aime pas specialement fixer les gens dans les yeux indefiniment. J'aime me plonger dans ceux la. Je ne dois plus compter la dessus. Mon bulldozer a fait son oeuvre. Je dois attendre ma sentence, et je suis absolument nulle a ce jeu la. Attendre. S'il reste un espoir, je vais le faire sauter en beaute. Chaque heure qui passe, la saloperie de boule au creux de mes entrailles me suggere une nouvelle idee stupide. "Dis lui qu'il te manque !" "Dis lui a quel point tu as peur !" "Dis lui que tu sais que tout est perdu !" "Va te pointer devant chez lui, peut-etre qu'il sera touche de l'attention !" "Poste un tas de trucs depressifs sur facebook pour qu'il voit comme tu es mal." "Poste un tas de trucs super gais pour lui montrer que tu vis tout ca super sereinement !" TA GUEULE MARION. Tu viens de recevoir un "Je ne crois plus en grand chose". Eteins.

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âEt si par mĂ©garde un jour tu mâaimes, surtout tu me le dis pas
- Et si je te le dis dans un an, tu fuis ?
- Non.
- Ne me dis jamais je tâaime pour ma part, mĂȘme dans un an.â
Je suis une naufragĂ©e des sentiments, et sâil est une chose que je dĂ©teste, ce sont mes trajets en train les dimanches et jours fĂ©riĂ©s. Exit les business man en costume, bonjour les couples niaiseux qui montent Ă âPanameâ passer du temps en amoureux. Et quâon se papouille dans le TGV, et quâon se bave dessus, et quâon se lance des regards de mĂ©rous. Vraiment, ça me file la gerbe. ZĂ©ro jalousie derriĂšre. Je sais juste que vous allez vous casser la gueule. Dilapidez vite vos dĂ©monstrations dâaffection gluantes et ne gardez rien que du mĂ©pris pour plus tard. Câest drĂŽle parce quâil y a un peu moins dâun an jâai passĂ© quelques jours Ă Paris avec mon amoureux. Le clichĂ© ne mâa pas Ă©chappĂ© Ă ce moment lĂ non plus et la gĂȘne nâest jamais vraiment partie. Jâai eu lâimpression de jouer au parfait petit couple, de rentrer dans un rĂŽle mignon qui ne me correspondra jamais. Je sais maintenant que je nâai jamais Ă©tĂ© complĂštement dingue de lui, et jâai peur pour lâavenir. Est-ce que je le serai Ă nouveau un jour ? Est-ce que je vais trouver quelquâun de compatible avec mes humeurs ? Avec le paradoxe abyssal entre ma tendresse physique et mon incapacitĂ© Ă exprimer des sentiments ? Est-ce que je les ressens, dâailleurs ? Je nâen ai plus la moindre idĂ©e. Chaque geste tendre qui Ă©mane de quelquâun envers moi me brise le coeur, et pas dâune bonne façon. Tout mon ĂȘtre les rejette. Et je creuse et je creuse dans ma tĂȘte, et je ne trouve pas de raison. Je pourrais me dire que câest parce que je suis convaincue que je ne le mĂ©rite pas, mais mon estime de moi nâest pas si terrible. Alors rien, mon corps mâenvoie des signaux mais je nâai rien pour les dĂ©coder.
Et puis jâai divaguĂ©, putain. Je voulais dire que je dĂ©teste aussi les gens du dimanche soir, ceux qui se sĂ©parent sur le quai et donnent lâimpression de devoir faire un deuil Ă chaque fois, toutes les semaines. Monter dans son wagon le dimanche soir revient Ă slalomer entre des couples Ă©plorĂ©s, et jâen suis presque Ă mâexcuser de devoir les sĂ©parer le temps de passer la porte, pendant quâils tentent de ne faire quâun et quâil en rĂ©sulte une masse immonde. Et puis merde je suis de mauvaise humeur maintenant, et je ne finirai jamais cette rĂ©flexion.
Ăa fait plus de deux ans que je nâai rien Ă©crit ici. Ni nulle part. Ah si, jâai envoyĂ© des lettres. Câest bien, les lettres. Câest plus tangible quâune page web, ça laisse une trace si on le dĂ©cide, mais ça peut tout aussi bien disparaĂźtre. Une fois brĂ»lĂ©e, pfiut. Plus rien dans le cache ou dans les fichiers de la NSA. Du coup, voilĂ . Quelques personnes, sâils ne les ont pas dĂ©chiquetĂ©es ou faites manger Ă leurs chiens, possĂšdent des preuves de mon humanitĂ© qui datent de ces deux derniĂšres annĂ©es. JâespĂšre quâils ont conscience de la raretĂ© de la chose et quâils la chĂ©rissent un minimum. Enfin je mâen fiche... peut ĂȘtre. Ces lettres ont toutes eu pour but de me dĂ©lester de quelque chose. Pas de raison de mây accrocher. Merci au revoir, pas dâadresse dâexpĂ©diteur Ă qui envoyer une rĂ©clamation. Câest lĂąche, maintenant que jây pense. Mais est-ce que ça lâest plus que de sâĂ©pancher sur un blog dont 3 personnes et demi connaissent lâexistence ?
Jâai un drĂŽle de bilan Ă faire de ces deux ans. Rien de reluisant, jâen ai peur. Jâai quintuplĂ© mes âexpĂ©riencesâ durant ce laps de temps, au cours duquel figure cependant une relation abstinente de 6 mois. Câest risible. Pas la relation - jâai suffisamment essayĂ©- , mais lâensemble. Je fais tout Ă lâenvers. Câest drĂŽle.
Et puis, hier, Elle mâa dit : âAllez, vas y, il est temps que tâarrĂȘtes tout ça, câest pas toi.â Peut ĂȘtre quâelle sait qui je suis, Elle. Moi, je lui demandais juste quelle sensation ça fait dâembrasser un garçon avec un piercing Ă la langue. Depuis, jâai eu lâoccasion de constater que notre avis sur la chose diffĂšre totalement. Câest con, elle Ă©tait anodine, cette question. Mais je suis contente de lâavoir posĂ©e. Surtout, dâavoir eu envie de le faire. Quâelle mâait trottĂ© dans la tĂȘte pendant 3 jours. Dâavoir rongĂ© mon frein avant dâaller chercher ma propre rĂ©ponse. Y a que comme ça que ça peut fonctionner. Me prĂ©senter les choses sur un plateau ça ne marche pas. Du tout. Pardon.
Du coup tant pis si jâentraĂźne quelquâun dâautre dans ma frustration, mais jâen ai besoin pour avancer. Jâai lâenvie dâavoir envie. Quâon rallume ma vie.
Jâai oubliĂ© mes rĂȘves et les mercis.