Encourager la ténacité chez l’enfant surdoué
Les parents d’un petit Adam de 2 ans m’ont récemment demandé conseil. A deux ans, leur fils sait lire des mots simples de 2 à 4 lettres majuscules, il sait écrire son nom en tenant correctement le stylo, il reconnaît et nomme des formes complexes, compte jusqu’à 10 dans 5 langues, connaît le nom des animaux, bref, a beaucoup de traits d’un enfant surdoué !
Ils sont à la fois ravis de découvrir toutes ces dispositions et inquiets quant à la meilleure façon d’élever leur enfant : comment s’assurer de le stimuler, de nourrir son intelligence sans en faire un singe savant, sans le sur-stimuler ou oublier qu’il n’a que deux ans ?
Parmi les différentes recommandations que j’ai partagées avec eux (et que je partagerai avec vous aussi au fil de ce blog !), voici celle qui me semble la plus importante : l’aider à développer sa ténacité.
 Pourquoi travailler la ténacité en priorité ?
Les enfants surdoués ont des facilités dans de nombreux domaines et sont habitués à réussir sans efforts là où d’autres enfants doivent passer plus de temps, mettre plus d’énergie ou encore aller chercher des ressources extérieures.
Lorsqu’ils sont confrontés à une difficulté, ils peuvent être tentés de passer rapidement à une activité plus facile, déjà maîtrisée et plus gratifiante. Or une étude menée dans les années 1960 – 1970, et constamment vérifiée depuis, montre l’importance de la ténacité dans la réussite tant professionnelle que personnelle.
Cette étude, souvent connue sous le nom du « test du Marshamallow », consiste à installer un enfant de 4 à 6 ans dans une salle, assis devant une assiette contenant un Marshmallow. Un adulte explique la consigne : l’enfant peut manger le Marshmallow tout de suite, mais s’il attend le retour de l’adulte (le temps d’attente n’est pas précisé) sans manger le Marshmallow, il pourra en obtenir un second. Regardez cette vidéo qui reproduit les conditions de l’expérience, elle est à la fois drôle et instructive.
 Le concepteur de l’étude, Walter Mischel, avait choisi des enfants de l’école de sa fille pour mener cette expérimentation. Sans le vouloir, il a pu suivre ce que devenaient petit à petit ces enfants jusqu’à ce qu’ils soient adultes. Il a été frappé de constater que les enfants qui avaient su attendre avaient mieux réussi leur vie professionnelle et personnelle que ceux qui avaient mangé le Marshmallow tout de suite, et ce indépendamment de leur Quotient Intellectuel.Â
Le meilleur prédicteur de réussite n’est donc pas le QI, mais la ténacité et la capacité à attendre une meilleure récompense dans le futur. Observez dans la vidéo les différentes stratégies que mettent en œuvre les enfants qui décident de résister à la tentation ! Ils sont à peu près 25 % à avoir été capables d’attendre le retour de l’adulte pendant une dizaine de minutes.
 En résumé :
La ténacité est plus importante que le QI pour réussir dans la vie
Les enfants surdoués n’ont pas toujours l’occasion de développer leur ténacité du fait de leurs facilités intellectuelles
 Comment développer la ténacité de son enfant surdoué ?
Dans les activités quotidiennes de votre enfant, sports, jeux, activités créatives, devoirs, encouragez-le à aller au bout de l’activité même si elle est difficile ou ingrate à ses yeux. Aidez-le à ne pas abandonner rapidement, par exemple en testant de nouvelles stratégies pour parvenir au résultat attendu. Assurez-vous qu’il ait passé suffisamment de temps sur l’activité avant d’en changer. Il peut être légitime de vouloir changer de sport ou changer d’instrument de musique, mais cela ne doit être fait qu’après avoir réellement fait le tour de l’activité et constaté qu’elle n’était pas satisfaisante.
En bref, résistez à la tentation du zapping, inculquez-lui plutôt la persistance et l’effort dans la durée : cela l’aidera à tirer pleinement parti de ses facilités intellectuelles !













