Tom Adams (Directeur de la stratĂ©gie chez FutureBrands), a rĂ©cemment Ă©crit un papier sur fastcoexist pour parler du futur des marques (logique...), et du fait quâelles nous aideront, dans le futur, Ă consommer moins. Un sujet qui met sur la table de nombreuses questions.
_______________________
>> POSTULAT DE BASE <<
Au temps jadis, grĂące aux outils CRM quâelles mettaient en place pour dĂ©finir notre «profil consommateur», les marques pouvaient avoir le recul nĂ©cessaire Ă une vision claire de nos choix de consommation dans le temps. Aujourdâhui on (nous «les gens») commence Ă pouvoir tout tracker : sport (Nike+), alimentation (Hapifork), sexe (Sextrack), santĂ© (Owlet).
De fait on commence à pouvoir tout comprendre de nos bonnes et mauvaises habitudes (sur-consommation, consommation inutile/néfaste, gaspillage) et de leur influence à court ou long terme sur nos vies.
De leur cĂŽtĂ© les marques aussi ont accĂšs Ă cette mĂȘme data (elles en sont les fournisseurs).
Donc la data, en plus dâĂȘtre de plus en plus prĂ©cise, est dĂ©sormais transparente Ă la fois pour les marques et pour nous-mĂȘme.
Et ça change tout.
En ayant la capacitĂ© dâanalyser lâimpact de nos choix, nous aurons une vision plus claire de ce qui est bien ou pas pour nous. Du fait de cette prise de conscience, les marques vont devoir adapter leurs actions CRM. Elles ne pourront plus nous faire acheter davantage et ce, coĂ»te que coĂ»te, mais devront dĂ©sormais nous faire acheter mieux. Celles restant dans la premiĂšre optique seront vite identifiĂ©es comme nĂ©fastes et agressives et dĂ©laissĂ©es au profil des marque «bien pensantes».Â
La transparence et lâaccĂšs aux datas pousse les marques Ă oeuvrer pour notre bien et non uniquement pour le leur.
_______________________
>> ORIGINE DE LA DATA <<
Si la data devient un outil clĂ© de conquĂȘte et de fidĂ©lisation qu'elles peuvent ĂȘtre les sources fiables ? Qui est lĂ©gitime pour fournir les chiffres sur lesquels je mâappuierai demain pour piloter mon bien-ĂȘtre, ma santĂ©, mes performances, etc...?
 1/ La marque de confiance établie
Lâexemple le plus parlant aujourdâhui câest Nike+. MĂȘme «brandé» par Nike, lâoutil reste une rĂ©fĂ©rence et nombreux sont les joggueurs sâappuyant sur la data quâil fournit pour monitorer leurs performances.
AcquĂ©rir un tel statut est un privilĂšge qui nâest pas donnĂ© Ă tout le monde. Le service doit faire preuve dâune certaine anciennetĂ©, fiabilitĂ©, utilitĂ© et avoir atteint une taille critique dâutilisateurs.
Plus facile Ă dire quâĂ faire et quand on voit le nombre de marques qui aujourdâhui se positionnent avec exactement les mĂȘmes fonctionnalitĂ©s que Nike+ mais sur des sports autres que le running, difficile de croire que toutes auront le mĂȘme succĂšs. (ex. «Personal coach» dâArtengo).
2/ L'acteur indépendant
Lâexemple le plus Ă©vident est Fitbit. Une marque qui ne vend QUE un outil pour manager son activitĂ©, son alimentation et son sommeil. Quand je dis «QUE», jâentends, quâĂ lâinverse de Nike, son business modĂšle est uniquement sur le management du bien-ĂȘtre et pas sur les produits accessoires. De fait, sur le thĂšme du bien-ĂȘtre, il peut et pourra agir sur un spectre plus large dâĂ©lĂ©ments influents (aujourdâhui sport, alimentation, sommeil, mais demain peut-ĂȘtre Ă©galement un autre facteur influent) et peut laisser penser Ă dâavantage dâobjectivitĂ© dans ses conseils (non-marchands). Le problĂšme pour ce type dâacteur est souvent tout simplement dâexister car Ă la fois leurs services sont nouveaux et leur marque complĂštement inconnu.Â
 A noter Ă©galement en mineur, un point que jâavais dĂ©jĂ un peu dĂ©veloppé : le fait que des «agrĂ©gateurs de data» vont Ă©galement fleurir permettant de recroiser diffĂ©rentes sources de data au sein dâun mĂȘme dashboard pour nous Ă©viter dâavoir un dashboard sommeil, un alimentation, un football, un piscine, un santĂ© etc...Â
 _______________________
DEMAIN UN NOUVEAU MODELE (?)
 Etre choisi comme «partenaire de confiance» devient un enjeu clĂ© pour les marques : le choix Ă©tant trĂšs engageant pour les gens, ĂȘtre choisi devient un outil de fidĂ©lisation trĂšs puissant.Â
Mais alors si gagner la confiance des gens en tant que «marque installĂ©e, fournisseur de data» (cf.Nike) est compliquĂ© pour des questions dâobjectivitĂ©, et si ĂȘtre un outsider indĂ©pendant va de paire avec de grandes difficultĂ©s Ă Ă©merger, la solution ne serait-elle pas un mix des deux ?Â
>> Un fournisseur de data type Fitbit, aux allures dâacteur indĂ©pendant mais qui serait créé en marque blanche de toute piĂšce par une marque connue et installĂ©e.
Ainsi demain, si par exemple le laboratoire pharmaceutique X créé son «Fitbit» - en nom propre - pour manager carences ou autres maladies, quâil engendra de la mĂ©fiance vis Ă vis de lâobjectivitĂ© de la data fournie, celle-ci pouvant («logiquement») encourager Ă une prise de mĂ©dicaments plus importante.
Si Ă lâinverse, X créé une plateforme en marque blanche, cette derniĂšre, en plus dâĂȘtre jugĂ©e comme indĂ©pendante et donc plus crĂ©dible, bĂ©nĂ©ficiera de sa force de frappe pour sâinstaller sur le marchĂ© en acteur rĂ©fĂ©rent. Bien quâen marque blanche, la plateforme deviendrait pourtant une source dâinfo Ă©norme pour Ă©laborer les actions CRM de X.
Câest vicieux mais sur des sujets aussi sensibles que la santĂ©, qui sont pourtant les plus chauds lorsque lâon en vient au sujet de «manager sa vie via la data», ne serait-ce pas un moyen de poser les premiĂšres pierres de ce CRM nouvelle gĂ©nĂ©ration ?










