La dithyrambe dont avait fait l'objet Get Out en 2017 avait de quoi agacer, tant le premier long-métrage de Jordan Peele, bien que brillant, éprouvait le plus grand mal du monde à se départir de son statut de sketch gonflé pour le cinéma. Tout le monde avait alors répété à Peele, rigolo stakhanoviste venu de la télévision, qu'il était un vrai cinéaste, ce qu'il a fini par croire et, heureusement pour nous, confirmer deux ans plus tard.
L'Histoire du cinéma d'épouvante déborde de petits aspirants Carpenter ne sachant trop que faire de leur bonne idée passée le premier quart d'heure. Soulagement de constater que ce n'est pas le cas ici, de prendre la pleine mesure de la maitrise du mari de Chelsea Peretti, de sa propension à créer un univers cohérent à partir d'artifices minimes (une combi rouge, des ciseaux dorés, le jeu habité de Lupita Nyong'o), une qualité propre aux meilleurs.
Grand malin, Peele se positionne à la frontière de plusieurs genres en vogue (le home invasion movie ou le survival par exemple) en évitant tout hommage, référence ou post-modernisme ronflant. Us s'efforce de faire du cinéma tout en élargissant la focale entrouverte par Get Out, et ce, sans appuyer inutilement sa métaphore, visant plus volontiers l'universalité que la charge politique claire.
On attend donc avec une impatience redoublée la refonte de La Quatrième Dimension, produite sous sa toujours plus prestigieuse houlette.

















