Corse - GR20 / Photos du 25 août 2018

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Corse - GR20 / Photos du 25 août 2018

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25 août 2018 - GR20, départ pour l’île de beauté
Le GR20, j’y songe depuis plusieurs années. Jusqu’à maintenant, l’appel du Nord avait été le plus fort mais cette année, la décision est prise : direction le Sud pour partir à l’assaut des montagnes Corse et des 180 km du GR20. Face aux 12 000 k de dénivelés qui nous attendent, nous gardons à l’esprit que ce ne sera pas une mince affaire mais nous sommes motivés comme jamais !
Ce 25 août, c’est aux aurores que nous quittons Paris. Il est 6h lorsque nous décollons, avec une vue imprenable sur Paris et la tour Eiffel.
1h10 plus tard, c’est le ciel bleu et la citadelle de Calvi qui s’offre à nous
Nous récupérons nos bagages et nous dirigeons vers la station de taxi. Il n’y a pas de transport en commun, c’est donc  le seul moyen de rejoindre le centre-ville. Une autre voyageuse nous demande si elle peut se joindre à nous pour partager le prix du taxi. Nous acceptons mais cela ne sera pas sans poser problème avec le chauffeur de taxi corse qui attend à la station. Après un échange peu aimable avec lui, nous laissons notre place à une personne voyageant seule pour calmer les esprits et nous trouvons un autre chauffeur bien plus accueillant. Ce petit accroc gâche un peu l’arrivée mais, heureusement, il restera un événement marginal durant tout le séjour.
Il nous dépose tous à la gare ou nous quittons la voyageuse. Elle aussi part pour le GR20 mais elle, commence à Vizzavona pour remonter ensuite vers le Nord. Elle ne fera donc que la moitié du parcours dans le sens inverse du nôtre ce qui signifie que nous devrions nous recroiser en route.
La gare est juste à coté de l’agence de voyage qui gère les bus pour aller de Calvi à Calenzana, le point de départ du GR20. Nous y passons pour prendre nos billets tout de suite. Nous apprenons à ce moment-là que le bus de 14h30 est décalé d’1h et que le second, celui de 19h30 que nous souhaitions prendre, est incertain. En cause, le vent qui souffle fort et qui oblige les avions à se dérouter vers Bastia pour atterrir. Il semblerait que nous ayons eu de la chance que le nôtre puisse atterrir ce matin… Pour cette raison, les bus de la compagnie sont réquisitionnés pour acheminer les voyageurs de Bastia vers Calvi.
Nous prenons tout de même nos billets et décidons d’appeler plus tard pour savoir si le bus de 19h30 est maintenu ou pas. En effet, nous aurions aimé profiter de la journée entière pour  visiter Calvi et prendre le temps d’aller nous baigner. Au pire, nous partirons plus tôt avec celui de 15h30.
Nous partons en direction de la Citadelle. Nous franchissons la porte de la ville et commençons à déambuler dans les petites rues.
Rapidement, je me change pour troquer le pantalon contre un short et les chaussures de randonnées contre les sandales. Le soleil brille et il fait bien trop chaud pour garder tout cela.
Du haut de la citadelle, nous pouvons profiter de la vue sur les montagnes Corses. Demain, nous serons en face, Ã Calenzana. Et ce sont ces montagnes que nous allons parcourir.
En nous promenant, nous remarquons en bas de la citadelle de grandes dalles qui se jettent dans la mer. L’endroit a l’air bien sympathique pour se baigner, bien plus que la plage officielle de la ville. Nous décidons de descendre au pied de la citadelle. Là , poussent de nombreux figuiers de barbarie.
Plus loin, plusieurs personnes se baignent déjà dans la mer. Nous testons la température en trempant les pieds : elle est vraiment très chaude. Mes vacances habituelles ne m’ont pas habituée à cela ! Van plonge dans l’eau. Pour moi, même si elle est chaude, la mer n’est toujours pas mon élément. J’hésite un moment avant d’enfiler mon maillot de bain et de rentrer dans l’eau. Je ne regrette pas, c’est vraiment agréable même si finalement je la trouve un peu chaude et qu’elle ne rafraîchisse pas tant que ça.
Nous pique-niquons ensuite face à la mer, sur les dalles. En début d’après-midi, nous appelons l’agence de bus. Ils nous annoncent que le bus de 15h30 est annulé mais que celui de 19h30 est confirmé. Nous allons donc pouvoir profiter de la ville jusqu’à la fin de journée.Â
Nous repartons en ville, nous promenons dans les rues et visitons une église. Nous nous posons ensuite sur un banc près de l’agence de bus, à l’ombre, le temps de manger une glace. La dégustation sera rapide : la chaleur fait fondre la glace à vitesse grand V et mes sandales profitent également de la dégustation ! Nous prévoyons ensuite d’aller à la plage pour une seconde session baignade, avant d’aller faire quelques courses pour ce soir.
Il est près de 15h30. Nous voyons arriver les voyageurs et apprendre les uns après les autres que le bus est annulé et qu’il faudra attendre 19h30. Un petit groupe discute entre eux, puis avec les chauffeurs de taxi présents à la station, avant de venir nous voir. Ils nous expliquent qu’ils envisagent de prendre des taxis pour aller à Calenzana au lieu d’attendre le bus de fin de journée. Venir avec eux permettrait de remplir le second taxi et de baisser le prix pour chaque personne. Cela reviendrait du coup au même tarif que le bus. Nous hésitons un moment et finalement nous acceptons de sacrifier notre séance à la plage. Nous allons nous faire rembourser nos billets et montons dans le taxi.
30 minutes plus tard, nous arrivons à Calenzana. Le taxi nous dépose directement au camping. Nous plantons la tente et allons faire quelques courses dans le village. Nous prenons de quoi nous faire un dernier repas « cuisiné » ce soir et quelques vivres pour les prochains jours. Nous nous promenons un peu dans le village avant de revenir au camping.
A la cuisine du camping, nous discutons avec d’autres randonneurs. Ceux qui arrivent du sud et qui terminent le GR20 et ceux qui, comme nous, vont commencer l’aventure demain. Ceux qui terminent nous mettent en garde contre les orages : la semaine d’avant, le temps se dégradait dès 13h ce qui a obligé tout le monde à partir très tôt chaque matin. Et visiblement, les orages ont été terribles.
Pour nous, la météo des prochains jours s’annonce bonne mais nous préférons jouer la prudence et partir tôt demain matin. Nous programmons le réveil à 5h et ne traînons pas trop ce soir.
31 août 2017 - Arrivée à  Nýdalur
Changement de décor ce matin. La pluie, le vent et la brume ont remplacé le ciel bleu.
La conséquence plutôt positive, c’est qu’on n’est pas pressé pour se lever : nous pouvons faire la grasse matinée et rester dans nos duvets.
Nous prenons ensuite le petit déjeuner dans l’une des deux tentes, où nous restons ensuite en attendant que la météo se calme. Certains en profiteront pour retourner se baigner dans les eaux chaudes de la rivière. Il est vrai que s’il est des circonstances hors du commun pour ce genre d’expérience, c’est bien celle-ci !
Nous restons dans nos tentes toute la matinée, et déjeunons à nouveau dans l’une d’elles. Juste après, malgré la météo toujours aussi maussade, nous levons le camp.Â
Nous remontons à travers les montagnes colorées et fumantes, puis traversons de grandes étendues recouvertes de galets.
S’en suivent quelques passages à travers des névés, dans le sable et les rochers noirs de lave.
Ciel sombre, nuages bas, luminosité faible. L’atmosphère est parfois lugubre, me rappelant celle lors du passage du col de Jonskarð en 2013…
C’est pourtant dans cet environnement hostile que nous trouverons la rivière qui nous permettra de remplir nos gourdes et de boire à notre soif. Jusque-là , les rivières que nous avons croisées étaient chaudes et chargées, et ne nous permettaient pas de faire le plein. Et la soif commençait à se faire sérieusement sentir !Â
Nous continuons la route et arrivons au surplomb d’une vallée. Les nuages se retirent et Nýdalur s’offre à nous…
.. laissant aussi apparaître quelques langues de glacier.
Le temps d’admirer la vue et nous plongeons dans la vallée. Nous traversons à nouveau une longue étendue de pierres damées, au milieu de laquelle est tracée une piste d’atterrissage.Â
Peu après, nous apercevons le refuge de Nýdalur. Au cœur de la vallée, complètement à découvert, il y a beaucoup de vent et il ne fait pas très chaud. Cependant, le prix exorbitant du refuge (pourtant précaire et sans aucun confort…) nous convainc rapidement de planter nos tentes à coté des bâtiments, pour au moins être sur place pour le bus du lendemain. Nous négocions tout de même de pouvoir dîner à l’intérieur,  à l’abri du vent.
Ce sera donc notre dernière soirée tous ensembles, après deux semaines passées dans la wilderness islandaise. Deux semaines d’itinérance, à travers des paysages parfois hostiles mais toujours incroyables et magnifiques ; deux semaines à la merci de la météo islandaise, capricieuse mais aussi surprenante ; deux semaines à côtoyer l’imprévisible.
Quoiqu’il arrive, l’Islande, de par sa nature, ce sera toujours cela. Et c’est surement pour cela que j’y reviendrai une nouvelle fois.
Photos du 30 août 2018 - Part 2
Photos du 30 août 2018 - Part 1

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30 août 2018 - Les eaux chaudes de Vonaskarð
Au réveil, une partie de la tente est recouverte de givre. La nuit a dû être bien froide mais ce matin, le soleil brille. Et avec lui, c’est un tout autre paysage que nous découvrons.
Je me rends compte par exemple que ce que j’avais pris hier dans la brume pour une succession de montagnes et de colline est en fait le glacier et ses reliefs. Je ne m’étais pas rendue compte que nous en étions aussi près. Nous sommes face au Barðabunga, un des volcans les plus actifs de l’île.
Le temps de petit-déjeuner et nous rassemblons nos affaires. Cela commence par un grand déballage en dehors des tentes.
Nous prenons la direction d’une petite montagne qui surplombe notre campement. Nous décidons de monter au sommet pour profiter de la vue sur la vallée. Nous passons d’abord à proximité d’un petit lac, en partie gelé. Les températures ont vraiment dû descendre bas cette nuit !
La montée est un peu pénible à mon goût car le sol est très meuble. J’avance d’un pas pour reculer de deux, voila de quoi me faire râler un peu au réveil. Mais le jeu en vaut la chandelle.
D’un coté, nous pouvons admirer les deux rochers au pied desquels nous avons campé, et le glacier juste derrière.
De l’autre, nous apercevons les montagnes colorées du Vonaskarð, notre destination de ce soir.
Nous redescendons et partons en direction des montagnes en longeant une rivière.
Nous retrouvons petit à petit un peu plus de chaleur et de couleurs. Nous quittons le désert noir islandais pour revenir à des paysages un peu moins hostiles, bien que toujours très isolés.
Nous passons par quelques pentes parfois un peu raides, traversons quelques névés et un pont de neige au-dessus de la rivière. Nous ferons notre pause déjeuner au bord de la rivière, au soleil.
Nous repartons et traversons une longue vallée qui nous mène à un petit canyon, haut en couleur. Changement radical de décors !
Nous plongeons dans les rhyolites. Ici, l’activité géothermique est importante : ça fume, ça bouillonne, ça sent le soufre : tout est vivant autour de nous !
L’eau de la rivière monte aussi en température, pour être même par endroit, brûlante !
Nous déambulons au milieu de toutes ces couleurs et passons de l’autre coté de la montagne. Face à nous, le glacier, immense, à perte de vue, et une montagne isolée, Deilir. Nous partons dans sa direction.
Très vite, les couleurs chaudes et l’activité géothermique refont leur apparition. Nous voici alors face aux deux contrastes de l’Islande : la glace et le feu.
Nous retrouvons notre rivière chaude, à l’apparence parfois laiteuse et aux teintes vertes…
…  et nous croisons également quelques marmites de boue, bouillonnantes.
Partout autour, des solfatars.
Nous suivons la rivière, jusqu’à arriver à un endroit où le rivage est moins actif tandis que la rivière, elle, est toujours aussi chaude et fumante.
C’est ici de que nous allons planter les tentes pour la nuit. A peine terminé, nous enfilons nos maillots de bain et plongeons dans la rivière. Nous avons atteint notre but : les eaux chaudes du Vonaskarð. Cette rivière chaude et cet endroit où l’on peut se baigner, que nous cherchions sans savoir exactement où il se trouvait.
Un vrai bonheur ! Nous trouvons un endroit qui forme une petite vasque et où l’eau vient se jeter. L’occasion d’un petit massage de dos bien mérité après tous ces jours de portage.
Nous restons dans l’eau un petit moment. Plus loin, au travers des fumées de la rivière, notre campement et Deilir, juste derrière.
Plus tard en soirée, nous dînerons au bord de la rivière. Dans le doute, nous préférerons éviter de boire l’eau chaude de la rivière et utiliserons celle de nos gourdes.
Cette rivière sera le point d’orgue de notre voyage. Demain, ce sera notre dernier jour de marche. Nous nous dirigerons vers la vallée pour terminer à Nydalur, avant de regagner Reykjavik.
Photos du 29 août 2017 - Hnifar
29 août 2017 - Aux portes de Vonaskard
C’est sous un ciel toujours aussi maussade que nous quittons le refuge ce matin. Pluie fine et brouillard sont au rendez-vous : cette nouvelle nuit au sec était bienvenue ! Coté températures, ce n’est pas la folie non plus : 4°C affichés au thermomètre du refuge. Je rajoute quelques couches...
Nous laissons derrière nous le lac et sa mousse colorée pour replonger dans le désert noir.
Face à nous, les montagnes, coiffées de brume, se dressent au milieu des grandes étendues de pierres damées.
Ici et là , quelques touches de couleurs parsèment le sol. La région est plus humide, mousses et lichens arrivent à se faire une petite place et à survivre.
Aujourd’hui, nous avons une nouvelle inconnue dans notre trajet. Cette fois, nous ne craignons pas de ne pas trouver d’eau mais nous avons une incertitude quant au passage d’une rivière à gué. En effet, d’après les rangers islandais, elle est « infranchissable ». Si c’est le cas, nous devrons faire un grand détour pour aller trouver un pont, ce qui rallongera considérablement la journée.
Nous traversons une première rivière qui ne pose pas de problème : nous n’avons même pas besoin de déchausser. Puis nous arrivons au pied de la fameuse… A première vue, pas de quoi fouetter un chat ! Nous avons traversé des rivières bien plus tumultueuses !
 Nous déchaussons, retirons les pantalons, enfilons les sur-pantalons, les chaussette néoprènes et les sandales. Et hop ! Nous sommes parés. Voilà de quoi supporter une eau quelque peu vivifiante si tôt dans la journée.
 C’est mon tour de traverser. Je pénètre dans la rivière. Le surpantalon et les chaussettes sont vraiment efficaces : je n’avais jamais traversé à gué avec tout cet attirail, ça change vraiment la donne !
Et c’est confirmé : il n’y a vraiment pas de quoi fouetter un chat. En deux temps trois mouvements, nous sommes sur l’autre rive.
Le temps de nous sécher et nous continuons dans la grisaille.
 Un peu plus loin, une autre rivière. Cette fois, il y a plus d’eau et donc plus de courant ! Nous remontons un peu la rive pour trouver un passage plus accessible. Nous remettons tout notre attirail et traversons. Avec le courant, il faut y aller plus doucement et bien poser les pieds.
Nous gardons encore un peu notre tenue, le temps de traverser quelques bras de rivières en plus.
Re-désert noir.
Nous faisons notre pause déjeuner en contre-bas d’une rivière pour nous abriter du vent. Malgré tout, il ne fait pas très chaud et nous ne traînons pas trop.
Re-désert noir.
Au loin, deux rochers apparaissent, au pied desquels coule une rivière. La mousse colorée refait son apparition. Derrière, dans la brume, nous devinons d’autres montagnes, tels des fantômes.
Nous approchons des deux rochers. L’un des deux semble avoir été sculpté par les vents, laissant apparaître des formes étonnantes. Ses parois sont recouvertes de volutes, qui font penser à des visages. Les esprit de la nature sont avec nous !
L’autre rocher est plus chaotique. Au pied, de gros blocs jonchent le sol. Nous montons à son sommet pour admirer la vue. En face, le Vatnajökull et une vaste étendue de lave noire où serpente plusieurs bras de rivière.
 Nous redescendons et décidons de rester ici pour la nuit. L’endroit est abrité du vent et surtout, nous devrions avoir une belle vue au réveil, si la brume décide de se dissiper.
Déjà en début de soirée, le spectacle commence alors que les nuages se teintent de rose au-dessus du glacier.
 Un peu plus tard, ils se déchirent pour laisser voir le ciel bleu.
Nous dînons au creux d’un des deux rochers, à l’abri du vent. La température est bien fraîche ce soir, ce ne serait pas étonnant qu’il gèle cette nuit…
Photos du 28 août 2017 - Au pied du Vatnajökull
28 août 2017 - La traversée des ombres
C’est pas mal de dormir dans un vrai lit, sous un toit. Même si les matelas ne sont pas des plus confortables, c’est un petit luxe qui fait du bien après déjà une bonne semaine de marche.
Au petit matin, nous remettons tout en ordre dans la cabane, refermons les volets et nous laissons un peu d’eau dans la réserve. Cette fois, nous allons revenir en zone un peu moins hostile, l’eau devrait refaire son apparition.
Nous partons sous une météo grise et humide.
La pluie va nous accompagner une partie du chemin, tout au long des 16 km de lave que nous allons parcourir, en longeant le Vatnajökull. De grandes étendues de pierres damées, et les contreforts du glacier qui se dessinent dans la brume. Au milieu de tout ça, le volcan Bárðarbunga pointe le bout de son nez. Des paysages tout en noir et blanc. Une autre époque ou un moment hors du temps, qui sait…
Par endroit, une odeur de soufre. Partout aux alentours, ces ombres qui paraissent si paisibles cachent en fait une forte activité géothermique et sismique. Le calme avant la tempête ?
L’eau. Elle qui nous a tant manqué ces derniers jours, la voici de retour.
Nous arrivons à un col et nous arrêtons pour déjeuner. Face à nous, une vaste plaine de lave s’étend à perte de vue, tandis qu’à notre gauche, la glace du Vatnajökull s’arrête quasiment à nos pieds.
Après la pause, nous plongeons dans le désert noir. A nouveau de longues étendues de pierre damées, où nous laissons nos traces.
Encore un peu de marche et nous arrivons près d’un lac où la « verdure » refait son apparition, sur les bordures. A coté, seul au milieu de nul part, un petite refuge privé.
La météo n’étant pas à son top, c’est là que nous allons passer la fin d’après-midi et la nuit. Nous prenons possession des lieux, allumons le poêle. La chaleur se répand vite dans le refuge. Dehors, le brouillard s’est installé et la pluie a repris de plus belle. Au milieu de ce paysage si sombre, la mousse couleur or se démarque et court le long de la rivière.
Nous passerons le temps entre parties de UNO et discussions. Une nouvelle soirée à l’abri, avant de retourner en plene nature demain.

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27 août 2017 - Le refuge
Le vent s’est renforcé et a soufflé fort toute la nuit. Réveillée à plusieurs reprises, j’écoute le sable s’abattre sur la tente à chaque rafale. Au petit matin, nous découvrons qu’il s’est immiscé partout dans la tente. Transporté par le vent, il s’est faufilé dans les ouvertures et les aérations et a non seulement recouvert nos sacs dans l’abside mais aussi nos duvets dans la tente elle-même. Mon matelas jaune est recouvert d’une fine pellicule noire. Joli contraste.
Petit déjeuner réduit aux céréales, pas de café. Nous économisons l’eau pour pouvoir boire un peu dans la journée. Normalement, nous devrions trouver de quoi remplir nos poches à eau aujourd’hui mais rien n’est moins sûr… Où ? Quand ? Difficile à dire dans cette région de l’île.
Nous plions le camp et partons. Le vent est toujours de la partie et cette fois, c’est nous qui nous retrouvons vite couverts de poussière. Derrière nous, le Vatnajökull et les champs de lave où l’on aperçoit la poussière voler.
Le chemin est au début assez monotone. Lave, lave, lave suivie d’une grande étendue de pierres damées. Nous avançons tels des robots, luttant contre le vent qui me fait parfois vaciller.
Ce matin, les jambes sont lourdes et j’ai l’impression d’avancer moins vite que les autres jours.
Soudain, au milieu de nulle part, un énorme cratère dans le sol. Nous nous arrêtons à coté pour faire une pause. Difficile de se mettre à l’abri du vent, nous repartons rapidement.
Nous arrivons à proximité de Kistufjell. Notre objectif aujourd’hui est d’atteindre une cabane blottie au creux des montagnes pour espérer y trouver un peu d’eau. Cabane d’urgence au milieu de nul part, les rangers y déposent de l’eau de temps en temps. Car tout autour, aucune rivière ne permet de se ravitailler dans le coin.
Nous continuons la route en visant la montagne qui est face à nous.
Une piste se démarque et serpente dans le champ de lave, la cabane ne doit être très loin…
… et en effet, en y regardant de plus près, nous l’apercevons. Elle repose au pied de la montagne se confondant pratiquement avec la couleur du sol.
A deux pas, le glacier, toujours… (et plus près, un fil pour trouver les toilettes sèches en pleine nuit ou par tempête)
Nous ouvrons la cabane. C’est petit mais très fonctionnel. Une première pièce pour cuisiner, une seconde pour manger et dormir. Un poste radio pour appeler les secours et de quoi tenir quelques jours si on se retrouve bloqué ici (gaz, bougies, allumettes, ...).
Mais surtout, nous trouvons dans la cuisine quelques bidons et bouteilles d’eau : enfin ! Elles sont déjà bien entamées mais nous pouvons en prendre un peu quand même.
Nous décidons de rester ici le reste de la journée et d’y passer la nuit. L’incertitude de trouver un complément d’eau en chemin nous y incite, la fatigue qui s’installe finit de nous convaincre. Ceci dit, cela nous obligera à rallonger l’étape de demain… Mais camper ce soir avec ce vent, cela augurerait une nuit agitée !
En feuilletant le livre d’or, nous tombons sur plusieurs messages indiquant la présence d’une source, quelque part dans la montagne. Il y a un descriptif précis pour aider à pour trouver l’endroit et le point GPS est même indiqué. Cependant, en remontant dans le livre d’or, un message récent indique que la source n’existe plus… Dans le doute, nous décidons de tenter notre chance et de partir à sa recherche. Au fond, nous voulons y croire ! Ce sera donc notre mission de l’après-midi. Nous prenons toutes les gourdes, bouteilles et poche à eau, et partons.
Dehors, le ciel chargé se matin s’est dégagé, même si le vent souffle toujours.
On ne peut pas dire qu’il y ait grand-chose autour de nous, le paysage reste très désertique.
Nous remontons le flan de la montagne, trouvons les rochers près desquels nous devrions trouver une grosse pierre où coulerait la source.Â
Cette fameuse pierre, nous la trouverons. Des traces d’humidité aussi et visiblement, certains avant nous ont creusé le sol. Mais de l’eau qui coule, non. Le dernier message du livre d’or disait vrai, la source semble avoir disparu.
Nous rebroussons chemin mais je décide avec l’un de mes camarades de continuer la quête de l’eau. Un peu plus loin, en direction du glacier, on aperçoit de l’eau. Ça ressemble à une rivière boueuse mais qui sait… Nous décidons d’aller voir de plus près. Et ce sera payant. Cette eau s’écoule en fait d’un grand névé qui fond doucement. Nous y retrouvons Mika qui est déjà en train de récupérer de l’eau. Nous nous y mettons à notre tour. Nous remplissons tous les récipients que nous avons et regagnons la cabane. Un peu plus tard, le reste de la troupe ira à son tour faire le plein. Nous aurons donc de quoi cuisiner ce soir et demain matin, mais aussi de quoi boire demain dans la journée, sans vider les réserves de la cabane.
Nous finissons de nous installer pour le reste de la journée. Demain, la météo s’annonce maussade mais le vent devrait se calmer.
Nous passons le reste de l’après-midi à jouer au UNO. Avant de partir, j’avais glissé le jeu de carte dans mon sac. Au fil de mes voyages, j’ai remarqué que c’était une valeur sûre.
Dîner.
Dodo.
A suivre, après une bonne nuit de sommeil.
Photos du 26 août 2017 (part 2)
Photos du 26 août 2017 (part 1)
26 août 2017 – 1er jour au milieu du désert noir
Sable noir, lave, sable noir, lave, sable noir…. Voilà ce qui nous attend aujourd’hui. Jusqu’à l’arrivée à notre campement de ce soir, nous marcherons dans un paysage désertique,monochrome et tellement lunaire !
Les nuages ont aussi décidé de nous accompagner, avec son amie la pluie. Quelques averses viendront ponctuer la journée. Ceci dit, il y a un avantage non négligeable : la pluie plaque la poussière au sol et nous évite d’en être complètement recouverts. Ça tombe finalement plutôt bien !
Au loin, au-dessus du Snæfell, le soleil réussit une percée à travers la chape de nuage. Voilà qui nous offre un très beau spectacle.
C’est enfin aujourd’hui que nous commençons notre approche du Vatnajökull. Nous prenons d’abord la direction d’Holuhraun, le dernier champ de lave en date. Il est le résultat d’une éruption qui a duré d’août 2014 à février 2015. Au total, c’est 1,5 km3 de lave qui furent émis, le tout sur une surface de 86 km2. Il s’agit de la plus importante éruption de lave depuis celle du Laki, au 18ème siècle.
Cette coulée de lave est vraiment impressionnante. Elle a coupé la rivière en un endroit et, juste après l’éruption, on pouvait se baigner dedans, la lave ayant chauffé l’eau. Pour cette expérience, on arrive un peu tard, même si l’on voit quelques fumées se dégager de la coulée, ici et là .
Nous ne nous approcherons pas plus, cela nous ferait faire un détour. Nous continuons dans le désert de lave, foulant des roches colorées…
… et croisant des monticules acérés, sortant du champ de sable noir.
Ici et là , quelques plantes arrivent à se faire une petite place. De sacrées survivantes quand on voit l’environnement et le manque d’eau flagrant dans cette région. Une véritable lutte au quotidien !
 Et justement, l’eau sera aussi notre sujet du jour. Avant de partir ce matin, nous avons fait le plein grâce à un névé juste à coté du campement. Mais nous avons de gros doutes pour ce soir. Tous nos espoirs reposent sur un champ de lave, duquel de l’eau ruissellerait dixit le ranger de Drekki. Mais il n’avait aucune certitude.
Pourtant, de l’eau, nous en croisons alors que nous arrivons au pied du glacier. Mais c’est une eau boueuse et bien trop chargée pour faire notre affaire.
L’eau coule à flot et creuse son chemin dans le sol. Cette eau si boueuse nous offre un joli spectacle avec ses volutes.
Nous marchons encore un peu, pour contourner une petite montagne et arriver au pied d’un champ de lave. C’est ici que nous allons planter les tentes pour nous abriter au maximum du vent qui commence à se lever. Nous rajoutons de grosses pierres sur les sardines, au cas où cela empirerait cette nuit. Le sol est très sableux, ce n’est pas l’idéal du tout.
Au-dessus de nos têtes, les nuages se livrent au même genre de spectacle que l’eau de la rivière. Un rideau de volutes se dessine dans le ciel, au-dessus de la lave.
 Je vais faire justement un tour sur le champ de lave, tandis que certains partent à la recherche de cette eau censée couler quelque part autour. C’est une belle étendue de lave cordée.
 Un peu plus loin, le vent souffle de plus en plus et soulève la poussière. On dirait que nous sommes arrivés à temps : un peu plus tard, nous aurions dû l’affronter.
Retour au campement. Il n’y aura pas d’eau ce soir. Rien ne coule ici. Nous regroupons nos gourdes pour voir ce qu’il nous reste. Environ 4 litres. Pas assez pour faire à manger ce soir et garder de l’eau pour la journée de demain. Et le hic, c’est que demain, nous ne savons trop où nous en trouverons…
Nous nous concertons et décidons d’économiser ce qu’il nous reste. Nous allons juste faire une soupe et manger notre pique-nique de demain midi. Nous avons bon espoir de trouver de l’eau le matin et nous pourrons alors manger nos lyophilisé de ce soir.
Petit sudoku pendant que l’eau chauffe, offert par les soupes Royco. Le vent rafraîchit bien l’atmosphère. Avec lui, la poussière s’invite aussi au milieu du repas : elle s’incruste dans les sacs, dans la soupe, sur le fromage… Tout en est saupoudré. Le repas sera croustillant !
Plus tard, le ciel et les nuages nous offrirons un nouveau spectacle, avant que chacun ne regagne sa tente.
Photos du 25 août 2017 - Askja (part 2)

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Photos du 25 août 2017 - Askja (part 1)
25 août 2017 - Plongée au cœur de la wilderness islandaise
Aujourd’hui, nous levons le camp pour plonger au cœur de la wilderness islandaise, que nous arpenterons jusqu’à la fin de notre trek. A partir de maintenant, nous serons seuls et isolés dans une partie reculée de l’île.
Nous chargeons les sacs, lourds, si lourds…..................., et nous partons.
Les nuages annoncés semblent avoir reporté leur visite : c’est sous un ciel bien bleu que nous partons ce matin !
La journée commence par une montée assez raide… Il y a 4 ans, je l’avais déjà trouvée dure au réveil et cette année, ça n’a pas changé : ça pique toujours autant. Mais en haut, la vue sur le désert de lave est une belle récompense.
Face à nous, la trace continue dans les cailloux et les montagnes sombres.
Je traîne un peu. Mon sac, pourtant bien fixé, pèse pas mal sur les genoux et les chevilles. Je me concentre sur mes pas car au moins faux- pas, je ne suis pas sûre de pouvoir me rattraper.
Un peu plus loin, le paysage devient encore un peu plus lunaire et chaotique. Ce sont les images de genèse du monde que j’avais gardé en tête, même si cette fois le ciel est bien moins gris. Et toujours ce sentiment qu’un dinosaure pourrait surgir de nul part à tout moment.
Derrière nous, Herðubreið domine toujours la plaine et se dresse majestueuse au milieu des champs de lave.
Une petite pause et nous attaquons la dernière ligne droite. Il ne reste plus que quelques mètres à monter pour arriver au col...
… où nous découvrons Öskjuvatn !
Nous restons quelques instants assis ici, pour admirer la vue. Nous en profitons pour lire la description qui en est faite sur la carte, et en apprenons plus sur les éruptions successives qui se sont enchaînées ici et sur la formation du lac. Ce paysage si paisible aujourd’hui a été le théâtre de grandes violences, difficilement imaginable.
Nous nous remettons en route et longeons le lac sur sa rive droite, en direction de VÃti. Il s’agit d’un petit cratère d’explosion qui jouxte le grand lac et dont l’eau chargé en silice prend une couleur laiteuse.
En chemin, nous passons près d’une zone géothermique. Le sol marron se pare de couleurs rouge et de jaune. Une fumée s’en dégage et nous enveloppe de son odeur soufrée. Nous nous approchons de la zone tout veillant en à ne pas mettre les pieds n’importe où et surtout pas sur les endroits les plus colorés !
Nous continuons notre chemin jusque VÃti. Nous jetons un coup d’œil en bas et apercevons des gens en train de se baigner.
 Quand j’étais venue en 2013, le ciel était gris et il y avait du vent. Le chemin d’accès au bas du cratère était aussi boueux et glissant… Cette fois, le ciel est dégagé, il fait chaud et le chemin semble nettement plus praticable. Il n’y aucune hésitation : nous allons nous baigner ! Nous posons les sacs, sortons maillot de bain et serviette et descendons au bord du lac. Un panneau nous met en garde contre cette eau laiteuse, bien douce en apparence : mieux vaut ne pas s’en mettre dans les yeux au risque que cela pique !
Arrivés en bas, nous nous changeons en rentrons dans le lac. L’eau doit être aux environs des 24°C. Ce n’est pas énorme mais suffisant pour ne pas avoir froid.
En bordure, quelques solfatares. Ça bouillonne, ça fume, ça sent le soufre, ce qui donne des airs de marmite au petit lac. Nous mijotons dedans un petit moment. Des touristes arrivés par le bus nous rejoignent. Ça bouillonne, ça bouillonne !
Nous finissons par sortir et allons déjeuner en haut du cratère, sur la bande de terre qui le sépare d’Öskjuvatn. D’ici, nous avons une vue imprenable sur le bord coloré du lac.
Le vent se lève un peu et les nuages tant annoncés pointent le bout de leur nez. Nous repartons en suivant la bordure du lac. Nous devons le contourner pour rejoindre un col de l’autre coté et basculer dans la vallée. Nous traversons coulées de lave sur coulées de lave, mais aussi des passages plus sableux. Au milieu de tout cela, quelques pierres se démarquent par leur brillance. En m’approchant, je constate que ce sont des obsidiennes. J’en ramasse deux petites que je glisse dans ma poche.
Je tourne la tête sur ma droite et j’aperçois le col de Jonskard… Souvenir de ce passage mouvementé il y a 4 ans. Aujourd’hui encore, avec le vent qui s’est levé, il ne doit pas être commode à passer.
L’apparition des nuage a changé la luminosité et les ombres jouent avec les montagnes.
Nous arrivons au bout du lac. Mais avant de le quitter pour prendre la direction du col, nous devons faire le plein d’eau. Une fois dans la vallée, nous serons dans une zone aride où nous aurons peu de chance de trouver le précieux liquide, à moins de croiser un névé…
Nous tentons une descente vers le lac.
Ici, le paysage se fait encore plus chaotique. La roche rouge accentue encore un peu cette impression tandis que les amas de blocs et les failles témoignent de la violence des événements qui se sont tenus ici à une lointaine époque.
 Et par endroit, le contraste des couleurs est vraiment stupéfiant. J’ai souvent eu l’impression d’être sur la lune en Islande mais là , cela s’apparente plutôt à Mars !
Finalement, nous n’irons pas puiser l’eau dans le lac. D’une part, sa bordure n’est pas si facile à atteindre et d’autre part, l’odeur de soufre qui se dégage et la couleur verdâtre de l’eau par endroit nous fait douter de sa qualité … Enfin, surtout, nous trouvons sur notre chemin un énorme névé d’où s’écoule de l’eau de fonte. C’est un peu « sioux » à récupérer mais avec un peu de patiente, nous arriverons à remplir toutes nos bouteilles et nos poches à eau.
Nous revenons sur nos pas et récupérons nos sacs que nous avions laissés. Nous les chargeons un peu plus avec l’eau que nous avons récupérée : ça manquait !
Cette fois, direction le col. Juste avant, nous croisons un monticule de pierres, sur lequel est fixée une plaque commémorative en souvenir de deux scientifiques allemands. Ces derniers disparurent sur le lac en 1907, alors qu’ils dirigeaient une expédition scientifique destinée à mieux comprendre la nature d’Askja. Leurs corps n’ont jamais été retrouvés...Â
Dernière montée pour rejoindre le col.
Là , le Vatnajökull apparaît, s’étendant à l’infini. Nous descendons un peu plus bas pour établir le camp au pied de petites montagnes et de collines. Cette fois, le vent souffle pas mal et la poussière vole autour de nous. Nous rajoutons de grosses pierres sur chaque piquet de nos tentes.
La poussière nous accompagnera aussi au dîner, ce qui rendra la soupe un peu croustillante !
A coté du campement, un névé. Ce qui signifie que nous pourrons faire le plein d’eau demain matin.  Et c’est doublement une bonne nouvelle car demain, nous ne savons pas trop si nous trouverons de l’eau à notre point de chute.
Ce soir, en plus du vent qui s’est levé, les températures ont aussi baissé. Nous ne traînons pas longtemps et rentrons vite dans nos tentes.