Les kiosques à Paris, un panorama
L’origine du mot « kiosque » remonte au turc médiéval « Köşk » (palais, salle haute, galerie ou salon). Depuis le milieu du XIXe siècle, le kiosque s’est imposé en Europe en tant que petite boutique installée sur le trottoir ou accessible de celui-ci. Les kiosques à journaux s’étendent sur des surfaces allant de 9 à 20m2, fabriqués sur mesure pour s’adapter aux contraintes de l’environnement urbain.Â
Quand les kiosques se sont-ils implantés à Paris ?
En 1857, le premier kiosque à journaux lève son rideau à Paris : il s’agit des « Temps Modernes », sur les Grands Boulevards. En deux ans, 60 nouveaux kiosques s’ouvrent dans la capitale. Mais c’est en 1874 que les kiosques deviennent part de l’histoire de la ville de Paris : détenus par des sociétés privés jusqu’alors, ils sont rétrocédés à la ville de Paris. À la fin des années 1880, 340 kiosques ont vu le jour à Paris et inspiré d’autres grandes villes françaises comme Marseille et Lyon qui développent également leur réseau de kiosques.
À partir de 1900, la société des époux Renier obtient l’exploitation des kiosques parisiens. Cette société, qui devient l’AAP (Administration d’Affichage et de Publicité) en 1911, est chargée de développer les affichages lumineux, ce qui n'est pas pour déplaire aux annonceurs.
De moins en moins de kiosques à Paris – vraiment ?
Contrairement aux idées reçues, les kiosques ne ferment pas massivement. Sur les 400 emplacements existant aujourd'hui à Paris, 340 sont ouverts, répartis sur la centaine de km2 qu’occupe la capitale, soit un maillage particulièrement dense. Le maintien d’un nombre élevé de kiosques est dû au partenariat de la ville de Paris avec la société MédiaKiosk. Depuis 2005, 30 créations et 47 réouvertures de kiosques ont été assurées, ce qui porte leur nombre à 340 en 2014, contre 268 en 2005.
Tandis que le premier kiosque, dans le quartier du faubourg Saint-Honoré, lève le rideau à 4h30, d’autres laissent la possibilité aux noctambules d’acheter leur magazine ou quotidien jusqu’à 2 heures du matin.
En avril 2013 a eu lieu la première édition du festival « Paris aime ses kiosques », célébrant le 150ème anniversaire des kiosques à Paris. Cet événement, qui se déroule sur une semaine, rassemble professionnels et amoureux du kiosque autour de débats et d’expositions, dans un kiosque par arrondissement.
Ce festival met à l’honneur les kiosques, qui font partie de la vie de quartier pour 88% des Franciliens et constituent un point de repère dans la ville pour 82% d’entre eux. Il vise à défendre la liberté et la diversité de la presse.
Et les kiosquiers dans tout ça ?
En décembre 2013, Cyril Petit, rédacteur en chef au Journal du Dimanche (JDD) a réalisé le premier « reportweet » sur le quotidien d’un kiosquier : une série de tweets mettant en lumière les particularités du métier. Comment occupe-t-on ses soixante heures hebdomadaires dans 8 m2 ? Comment aller faire pipi ? Faut-il jouer le guide auprès des touristes ? A-t-on le temps de lire la presse ?
Il dresse également un bilan des journaux vendus (principalement des quotidiens), recense les magazines qui ne se vendent pas (magazines people) et rapporte les jours de la semaine les plus rentables (dimanche) et les plus creux (mardi).