Tristesse ! Tristesse, je ne puis rien supporter, j'ai en moi la haine de l'homme, l'instinct unique de la défense, de la fuite et de l'injure. Tout en eux me semble grossier et ridicule, j'ai la haine de leur corps, de leur chair, de leur sexe, de leur désir. Ils sont pour moi d'infâmes faiseurs d'enfants, blesseurs de rêves, ennemis et bourreaux de nos tendresses et de nos féminités. J'ai la haine de l'homme ! Ah ! le crier bien haut ! le hurler dans la rue, le hurler jusqu'à ce que les fragiles et nerveuses cordes de mon cou se rompent, et que j'en meure, puisque je suis, de par mon instinct même, préposée à l'ironie, au blasphème, à ce que l'on croit le vice, et que je scandalise la morale établie de nos sociétés. Les hommes, quelle cochonnerie.
Mireille Havet, Journal 1918-1919. Le monde entier vous tire par le milieu du ventre (via tributeto)















