Bravo Xavier, tâas vraiment illustrĂ© ce que câest, Erasmus. Ou bien, comment moi je lâai vĂ©cu. Pleurer au dĂ©but et Ă la fin. Ne pas vouloir quitter mon monde familier, mes potes, mon chĂ©ri et ma famille. Petite diffĂ©rence: je ne suis pas arrivĂ©e Ă Nice en avion, mais je suis venue en voiture avec Stef. Le petit voyage de 2 jours Ă©tait une pĂ©riode de transition pour moi. Jâavais fixĂ© mon but: faire lâErasmus, parler le français et me dĂ©brouiller Ă Nice. Bien sĂ»r que je nâavais pas pensĂ© que câĂ©tait beaucoup plus que ça... Jâai trouvĂ© un endroit oĂč je me sens âchez moiâ, mĂȘme si ce nâest pas la Belgique. Nice est devenue my second home town, oĂč je connais les petits cafĂ©s, les restos non-touristiques, la boulangerie au coin, les soirĂ©es au bord de la mer... Encore un mois et je quitte tout ça. Nây pense pas Sophie!
Bon, jâai adorĂ© le film! Je me suis vite retrouvĂ©e en Xavier. Le dĂ©part est toujours difficile, mais aprĂšs, lui et moi, nous avons vite acceptĂ© lâaventure. Encore une diffĂ©rence: je nâai pas de copain chiant qui me tĂ©lĂ©phone tout le temps, ou qui me demande toujours de revenir en Belgique, ou qui est jaloux que moi je suis ici, en train de dĂ©couvrir une nouvelle ville, rencontrer de nouveaux gens, et lui lĂ -bas. Stef a toujours supportĂ© ma dĂ©cision et Nice nâest pas au bout du monde! Alors, ça me semble une histoire parfaite, ton Erasmus..?Â
Comme Xavier lâa dit: parfois câest le bordel. Il faut sâadapter Ă la mentalitĂ© française/niçoise par exemple, ce qui nâĂ©tait pas trop difficile: prend ton temps! sauf quand tâes en route. Les français et leurs voitures, ai... Heureusement que les petits piliers sont en plastiques, sinon les carrossiers auraient trop de travail. Mais bon, je nâai jamais vu un accident grĂąve Ă Nice, donc les automobilistes savent quand mĂȘme conduire! Jâai aussi rencontrĂ© des gens dont je suis contente que je ne les revois plus jamais, parce que, bon, on ne peut pas sâentendre avec tout le monde quoi. Il y en a qui ont une personnalitĂ© aimable, dâautres chiante. Ce sont surtout les gens et les Ă©vĂ©nements qui ont mis le bordel dans mes sentiments: curieuse, active, heureuse, exubĂ©rante, triste, fĂąchĂ©e, dĂ©primĂ©e, passive, heureuse, courageuse, peureuse, active... Oui câĂ©tait vraiment le bordel, my feelings made a trip on a rollercoaster. Maar ik blijf lachen, je reste souriante, because lifeâs too precious.Â
Mais ce qui est le plus important, câest de dĂ©couvrir toi-mĂȘme. Jâai ma vie en Belgique, mais je vis une autre vie ici. Je peux la partager, et je la partage quand mĂȘme, avec mes potes belges et avec ma famille, mais il me reste un cĂŽtĂ© privĂ©. Il y a des choses que jâai vĂ©cues ici, que je ne peux pas partager avec personne. Xavier a montrĂ© des images quand il Ă©tait petit jusquâavant son dĂ©part Ă Barcelone et mĂȘme pendant son Eramsus. Bein, câest mon cas aussi. Je suis lâensemble de toutes ces Ă©tapes et le rĂ©sultat, bon, on le verra en janvier.Â
DĂšs le dĂ©but, je savais que je retournerais en Belgique. Ma famille, mon copain et mes potes resteront les mĂȘmes. Mais est-ce que je vivrai encore une fois Ă Nice? Et puis, les gens que jâai rencontrĂ©s ici, serai-je un bon souvenir pour eux ou est-ce quâils vont mâoublier? Sâils entendent le nom âBelgiqueâ ou âBelgeâ ou âSophieâ, vont-ils penser Ă moi? Je lâespĂšre en tout cas, parce que moi, jâai une mĂ©moire fidĂšle et je nâoublie jamais qqch., ni les moments adorables, ni les moments tristes ou pĂ©nibles.Â
Mon aventure a donc commencĂ© le 29 aoĂ»t et se terminera le 16 janvier. Non, ce nâest pas vrai, mon aventure continuera encore. Jâai fait cet Erasmus pour mon futur: maĂźtriser le français, devenir prof, et la vraie vie commence. Jâai adorĂ© ĂȘtre Ă©tudiante, mais gagner de lâargent, ĂȘtre indĂ©pedante et libre est la vraie vie, pour moi quand mĂȘme.Â
Pendant le vrai bordel (lire: les Ă©motions), les rencontres, les moments adorables/tristes, les excursions, les balades, les soirĂ©es, les nuits seules/accompagnĂ©es et oui, mĂȘme les cours, je suis toujours restĂ©e Sophie. Parfois on fait revivre le passĂ© dans notre imagination, dans la pensĂ©e. Jâajoute des mots que je nâosais pas dire Ă ce moment-lĂ , ou je supprime une action, des mots. Au bout du compte, jâaimerais refaire tout ce qui sâest passĂ©, mais vraiment tout, parce quâon a fait qqch Ă un certain moment parce quâon avait cette intuition, cette envie de le faire. Donât ever regret what youâve done, or if you do, try to do it better the next time. Donât live in the past. Facile Ă dire, moi je nâarrĂȘte pas Ă penser au passĂ©, mais bon... Dans tout ça, il Ă©tait important de ne pas âperdreâ moi-mĂȘme.
If I lose myself I lose it all... Iâm running from myself no more.