Pensées à Chris
ACTE II
Cela fait maintenant trois semaines que tu n’es plus, et pourtant l’onde de choc continue de se propager dans nos pensées, comme un tsunami qui emporte tout ce que tu as pu semer. Là où tu es, la matière et l’espace ne sont plus que néant ; seuls demeurent les souvenirs incandescents d’une chute presque annoncée depuis des années…
Et puis nous y voilà, encore une chaude nuit d’été où le sommeil peine à se frayer un passage jusqu’à moi. Peu m’importe le nombre d’heures pendant lesquelles je pourrai fermer les yeux : la fatigue n’est plus physique, elle est bien au-delà des maux, des courbatures et des gueules de bois… Elle ronge peu à peu ma matière grise, comme un cancer qui prend de l’avance ou un feu de forêt qui se nourrit d’une nature impuissante.
Je porte aujourd’hui à bout de bras une enfant qui n’est pas encore assez âgée pour marcher seule, et une femme à qui la force manque pour savoir où, ni vers quoi, se tourner. Je m’écroulerai sans doute, moi aussi, un jour, mais avant que cela n’arrive, je m’assurerai que celles que j’ai portées jusqu’à destination puissent, à leur tour, me relever et me servir d’appui lorsque j’aurai besoin de reprendre mon souffle… 🌬️


















