Lâart de lâinterview est un exercice assez dĂ©licat pour peu que lâon nâen fasse pas souvent. On sâen Ă©tait bien sortis avec Egoless, un peu moins bien avec Las et Mikael malgrĂ© la gentillesse extrĂȘme des deux, et trĂšs bien avec Darren de Unity Through Sound, mĂȘme Ă distance. Alors quand SKS et Tibz de « The Quiet Office » nous ont annoncĂ© que nous pourrions interviewer Mala lors de la soirĂ©e « Outlook Edition » en Juillet dernier Ă Toulouse⊠lâenthousiasme laissa vite place au stress.
Monsieur Mala, M-A-L-A : DMZ, Deep Medi, Anti War Dub, tout ça tout ça⊠On a dĂ©cidĂ© de rester simple au final dans nos questions : mettant bien lâaccent sur le fait que nous nâĂ©tions en aucun cas des journalistes, mais seulement des fans se posant des questions sur le mouvement Dubstep et sur la musique. Au final on a passĂ© un excellent moment, encore merci Ă lui dâavoir pris le temps de nous rĂ©pondre. Et surtout merci Ă The Quiet Office pour ce si bon souvenir. Jâai pĂ©tĂ© ma montre sur Goblin, et on a pris Two Faced sur le son du Bikini, on peut mourir en paix.
AZA : Que pense-tu de la culture Dubstep en France ?
MALA : Jâai eu la chance de voyager dans beaucoup de pays au cours de ma carriĂšre. Jâen ai visitĂ© plus de 67, et encore je ne suis pas bien certain du nombre exact. Il y a des pays oĂč je ne suis allĂ© quâune fois, dâautres deux, dâautres oĂč je reviens souvent et certains⊠oĂč je nâarrive mĂȘme pas Ă mâen souvenir. Je viens souvent en France, une Ă deux fois par an je pense. Selon mon expĂ©rience personnelle et sans vouloir reprĂ©senter qui que ce soit: lâEspagne, la France et lâItalie se ressemblent beaucoup dans la maniĂšre quâils ont eu dâassimiler ce mouvement que les gens ont baptisĂ© « Dubstep ». Il y a un public qui rĂ©sonne Ă cette mĂȘme-frĂ©quence, mais on dirait que cela nâa jamais rĂ©ellement grossi. Le nombre de personnes soutenant ce mouvement reste le mĂȘme, dâannĂ©es en annĂ©es en fait. Câest ma troisiĂšme fois Ă Toulouse, quant Ă Paris je ne me souviens pas du nombre exact de visites⊠jâai Ă©galement jouĂ© au Worldwide Festival Ă SĂšte et oui, parfois tu croises les mĂȘmes tĂȘtes, mais souvent des nouvelles !
Donc je ne pense pas que la scĂšne soit en train de mourir ici ou de stagner: il y a quand mĂȘme du mouvement mais on dirait que ça ne touche pas un public plus large. Je ne suis pas en train de dire que la France est un environnement bien ou mauvais pour venir jouer, vous lâavez bien vu ce soir Ă Toulouse câĂ©tait gĂ©nial : le systĂšme son Ă©tait excellent et surtout le public⊠tellement dâĂ©nergie (rires) ! Jâessaye de ne pas comparer les pays dans lesquels je joue: je profite juste de ce quâils sont, mais pour Toulouse je dois bien avouer quâil y a une sacrĂ©e vibration !
AZA : Tu as jouĂ© « Way Mi Defend » de Kahn ce soir : Ă©tait-ce un VIP ou la version dâIshan Sound ?
M : CâĂ©tait la version dâIshan Sound, effectivement !
AZA : Au niveau de ton passĂ© musical, dâoĂč viens-tu ? Quâest-ce qui tâas motivĂ© Ă faire de la musique ?
M : Tout ce qui a forgĂ© mon Ă©tat dâesprit et ma personnalitĂ© vient du Hardcore/Jungle des annĂ©es 93-94. Jâai rĂ©ellement Ă©tĂ© bluffĂ© par ça en Ă©coutant les radios pirates de lâĂ©poque. Au fond de moi-mĂȘme, je suis un Junglist, tout vient de la Jungle. En Ă©couter est ce qui mâa poussĂ© Ă mâinvestir dans la musique. Je me revois gamin, pendant Nöel quitter le repas pour mâenfermer dans ma chambre: allumer la radio, rĂ©gler la frĂ©quence et entendre ce fameux « Tchhh Tch Tchh Tchh « . (se met Ă imiter le amen break en rigolant) Tu vois ce que je veux dire ? Ce breakbeat totalement fou. Je me disais : « Mais quâest ce que câest que ce bordel ? » Câest vraiment lĂ oĂč jâai commencĂ© Ă explorer le son et ça mâa emmenĂ© vers tellement de directions. VoilĂ mon passĂ© musical: la Jungle, les radios pirates et la culture indĂ©pendante.
« Tu joues ton dubplate au concert alors que tu lâas pressĂ© le jour mĂȘme, tu Ă©coutes et tu testes. Puis le lendemain, tu repars au studio modifier le morceau, car peut-ĂȘtre que le snare Ă©tait trop fort mais la basse pas assez Ă©paisse par exemple⊠»
AZA : Le label DMZ fĂȘte ses 12 ans cette annĂ©e et la derniĂšre sortie date de 2013. Beaucoup sont inquiets notamment Ă cause de lâinflation du prix des vinyles ces derniĂšres annĂ©es ce qui rend impossible lâacquisition du catalogue DMZ pour les « nouveaux venus ». Alors voici un peu la question que tout le monde se pose : existe-tâil un avenir pour Digital Mystikz ou câest une aventure dĂ©finitivement bouclĂ©e ?
M : Avec le recul, je me rend compte que tout ceci nâa jamais Ă©tĂ© une histoire « dâappartenance » simplement parce-que jâai fait parti de cette crĂ©ation. Les gens disent certaines choses sur comment cette aventure les a affectĂ©s. Pour moi il est trĂšs important de comprendre que DMZ ne mâappartient pas. Tu ne peux revendiquer cette « appartenance » simplement parce-que tu as Ă©tĂ© impliquĂ© dans cette crĂ©ation ou simplement parce-que le retour que tu as eu par rapport Ă ta participation fut intense. Au final câest un peu lâhistoire de la vie. Tout est un un cycle : donner, prendre, donner, prendre⊠câest un mouvement continu. DMZ nâappartient au final ni Ă Loefah, ni a Coki, ni a Pokes, ni Ă moi-mĂȘme. DMZ appartient Ă tous les producteurs de cette Ă©poque, Ă tous les djs, Ă tous les journalistes, tous les photographes, Ă tous ceux qui sont venus aux concerts⊠Pour moi DMZ reprĂ©sente toutes ces personnes lĂ . Jâai toujours vu cette aventure comme une cour de rĂ©crĂ© gĂ©ante oĂč les gens explorent et expĂ©rimentent. Pas seulement de maniĂšre classique oĂč les artistes viennent jouer leurs morceaux, mais plus dans la maniĂšre de construire cette musique en rĂ©action au systĂšme-son de nos soirĂ©es. Tu joues ton dubplate au concert alors que tu lâas pressĂ© le jour mĂȘme, tu Ă©coutes et tu testes. Puis le lendemain, tu repars au studio modifier le son, car peut-ĂȘtre que le snare Ă©tait trop fort mais la basse pas assez Ă©paisse par exemple⊠vous voyez ce que je veux dire?
Et dans tout ce que je viens dâexpliquer je nâai pas encore parler des ingĂ©nieurs du son qui sâoccupent du mastering, du pressage⊠On a Jason ici au studio Transition, tout le monde passe par lui Ă un moment pour presser des dubplates. (ndlr: Jason Goz travaille dans le studio Transition de pressage/mastering de dubplate Ă Londres, il est lâun des ingĂ©nieurs du son les plus demandĂ©s et connu dans le Dubstep). Tout le monde a jouĂ© son rĂŽle dans cette histoire! Donc quand tu me demandes quel sera le futur de DMZ je ne peux rĂ©ellement y rĂ©pondre Ă©tant donnĂ© que je nâai jamais contrĂŽlĂ© cette destinĂ©e. Je ne faisais que parti dâun tout, et je serai toujours reconnaissant dây avoir participĂ©. Nous avons construit DMZ en Ă©tant un petit groupe dâamis trĂšs proches. Nous avions une direction commune en tant que groupe mais individuellement, nous avions aussi des directions propres, câest la vie, câest naturel. Donc essayer de mâapproprier tout ça reviendrait Ă ne pas comprendre mon rĂŽle dans DMZ, ou bien dans le mouvement Dubstep. Je me sens trĂšs chanceux de vivre cette aventure jour aprĂšs jour et ça ne me concerne pas seulement moi, mais tout le reste.
« Le Fatman de Truth me rend toujours aussi fou Ă chaque fois que je le joue. Je ne fais jamais semblant quand je joue un morceau, alors au fond ça nâa pas dâimportance si la personne est un inconnu de 19 ans ou quâelle en ait 40 et soit trĂšs populaire. »
AZA : Tu as sorti en 2017 deux morceaux de Bukez Finezt sur Deep Medi et annoncĂ© un ep pour Egoless (entre autres) en 2018. Ces deux producteurs ont fait leurs preuves depuis dĂ©jĂ des annĂ©es mais appartiennent Ă cette « nouvelle gĂ©nĂ©ration de producteurs » dans la scĂšne. Est-ce que lâon peut sâattendre Ă plus de surprises de la part de producteurs de cette gĂ©nĂ©ration sur Deep Medi ?
M : Jâai toujours jouĂ© et sorti de la musique sur Deep Medi de la mĂȘme maniĂšre en fait. Par « mĂȘme maniĂšre » jâentends que la musique est plus forte que tout le reste. Outre le son, il y a aussi un aspect important: câest la relation qui se construit avec lâartiste dans le temps. Mais câest la musique qui reste ma prioritĂ©. Il y a des producteurs avec lesquels je travaille depuis maintenant plusieurs annĂ©es, comme Dre et Tris de Truth. Jâai rencontrĂ© ces gars-lĂ en 2007. Ăa fait 10 ans quâon se connait, maintenant ! On a partagĂ© tellement de choses ensemble dans beaucoup de pays diffĂ©rents et dans tellement de concerts⊠Ce sont des gars adorables et de trĂšs bons techniciens. Je pense que le cas de Truth est un bon exemple pour rĂ©pondre Ă ta question. En fait, ils Ă©taient dĂ©jĂ prĂȘts Ă jouer leur musique et Ă la sortir sur des labels avant mĂȘme que je les rencontre! Ils faisaient leur truc en Nouvelle-ZĂ©lande depuis longtemps dĂ©jĂ . Le plus important est dâĂȘtre ouvert dâesprit. Puis surtout ouvert aux opportunitĂ©s et ĂȘtre prĂȘts Ă dĂ©couvrir de nouvelles musiques. Je me dois dâaimer la musique que je joue, sinon pourquoi est-ce que je la jouerai ? Certains morceaux restent plus dâun an en dubplate dans mon sac. Le Fatman de Truth me rend toujours aussi fou Ă chaque fois que je le joue. Je ne fais jamais semblant quand je joue un morceau, alors au fond ça nâa pas dâimportance si la personne est un inconnu de 19 ans ou quâelle en ait 40 et soit trĂšs populaire. Ce sera toujours la musique qui primera avant tout. Dans un sens, câest une nouvelle connexion qui se crĂ©e, et vous allez de lâavant avec cette nouvelle connexion Ă chaque fois!
Certains artistes avec lesquels je travaille sont trĂšs prolifiques et dans tellement de styles diffĂ©rents. Donc dans un certain sens, câest impossible de prĂ©tendre que ces artistes lĂ te sont « exclusifs » et tâappartiennent simplement parce que tu sors certains de leurs morceaux sur ton label. Il faut vraiment que les gens comprennent que les artistes ont besoin aussi de leur libertĂ©. Les relations Ă©voluent Ă©galement, câest pourquoi Truth ont leur propre label maintenant et continuent dâen sortir sur dâautres. Et malgrĂ© tout ça ils reprĂ©sentent totalement Deep Medi du dĂ©but Ă la fin. Je vois ça comme une vĂ©ritable bĂ©nĂ©diction, on est vraiment dans lâoptique de sortir que de la bonne musique. Certains vont dire de Bukez Finezt « quâIl fait de la musique grinçante », « quâil fait du brostep », « quâil fait ceci ou cela⊠» et oui: il en fait. Mais est-ce que tu as Ă©coutĂ© lâautre surface de sa musique ? Moi, oui. Bukez Finezt⊠mon dieu je lâadore. Dâun point de vue crĂ©atif il est sur une autre planĂšte, trĂšs prolifique et vous pouvez Ă©couter son excellent mixage dans tout ce quâil fait. Et tout comme Egoless il ne joue que des sets « live » en concerts, et ils sont parmi les meilleurs Ă mon sens. De vrais scientifiques du Dub, comme on en fait plus. Donc pour rĂ©pondre Ă ta question : cela nâa pas dâimportance que tu sois un nouveau ou non pour que je sorte ton morceau sur Deep Medi, si je le ressens et que ça me plait alors jâagirai.
AZA : La prochaine question concerne le fameux « Topper Top » ! 2, 3 rewinds ce soir, 6 ou 7 aux dix ans de Deep Medi lâan dernier Ă Brixton⊠Câest clairement lâun des morceaux phares de lâannĂ©e, que lâon aime ou pas. Il doit bien y avoir une histoire derriĂšre tout ça non ? Surtout que le catalogue Deep Medi est trĂšs discret en terme de genre « Grime » pur et dur.
M : Encore une fois je ne peux que parler selon mon point de vue. Si vous voulez en savoir plus il faudra demander Ă Spyro, Teddy, Lady Chann, Killa P et aux autres ! Jâai entendu ce morceau pour la premiĂšre fois il y a deux ans sur une boat-party Deep Medi Ă lâOutlook Festival. On jouait tous ensemble : deux morceaux chacun tous Ă la suite et câest Kahn qui a jouĂ© ce dubplate. 4 pull-up plus tard : le public Ă©tait fou et je lui ai demandĂ© « Quâest ce que câest que ça ?? » Jâai de suite pensĂ© que câĂ©tait une production de lui, mais non ce fut Sir Spyro. Jâai donc cherchĂ© un moyen de rentrer en contact avec lui car je ne le connaissais pas du tout ! Par chance, jâai dĂ©couvert que son agent bossait pour la mĂȘme boite que le mien. Câest comme ça que jâai essayĂ© de joindre Spyro. Je me suis dâabord prĂ©sentĂ© Ă son agent et jâai simplement demandĂ© si je pouvais rĂ©cupĂ©rer le fichier du morceau pour le presser en dubplate. Quelques heures plus tard, je recevais le fichier et lâaprĂšs-midi mĂȘme je le pressais. Depuis je lâai jouĂ© autant que je pouvais tellement jâadore ce morceau. Câest drĂŽle car mon agent Steph connaissant son agent depuis longtemps, donc la connexion Ă©tait dĂ©jĂ prĂ©sente dâune certaine maniĂšre. Trois semaines plus tard, nous avons dĂ©cidĂ© ensemble dâen faire une sortie sur Deep Medi. Et voilĂ . Spyro est quelquâun dâadorable, je suis fier de cette histoire car nous nous sommes rencontrĂ©s par le biais de la musique, de SA musique. Encore une fois, voilĂ pourquoi je me concentre exclusivement sur la musique.
AZA : Tu presses encore des dubplates ? Toujours avec Jason ?
M : Jâen presse bien sur, quasiment tout le temps. Et oui, toujours avec Jason. Je suis trĂšs curieux dâapprendre comment diffĂ©rents ingĂ©nieurs du son travaille. Jâen ai testĂ© beaucoup. Par exemple il y a 5 ans, jâai pressĂ© un dubplate avec un ingĂ©nieur du son de New-York qui travaillait beaucoup avec des rappeurs, il Ă©tait notamment connu pour avoir bossĂ© sur certains albums de Jay-Z. JâĂ©tais donc curieux de voir comment il allait le presser, Ă cause de qui il Ă©tait, dâoĂč il venait et de ce quâil faisait. Le morceau sonnait trĂšs bien, mais il nâĂ©tait pas calibrĂ© comme nous le jouons sur les sound-systems.
AZA : Quelles étaient les différences ?
M : Pour moi, tout venait de la relation Kick/Basse. Le kick du morceau rĂ©sonnait beaucoup plus que la basse. On aurait dit que la basse ne dirigeait presque plus le son. Jâaime que la basse guide rĂ©ellement le tout, mĂȘme si le kick doit avoir suffisamment de punch pour passer Ă travers la basse correctement. Quand tu Ă©coutes ce que nous faisons, tu peux te rendre compte assez facilement que les kicks et la basse sont traitĂ©s quasiment au mĂȘme niveau. Parfois la basse sera intense, mais le kick arrivera Ă passer Ă travers, il y a tout un jeu lĂ dessus. Dans tous les cas, je ne fĂ©liciterai jamais assez Jason pour tout le travail quâil fait. Au final on a beaucoup dâingĂ©nieurs diffĂ©rents maintenant, et câest important car certains sons rĂ©sonnent diffĂ©remment et mĂȘme mieux avec diffĂ©rents ingĂ©nieurs.
AZA : En parlant de Dubplates, il y en a Ă©normĂ©ment qui trainent sur le net de toi. Certains les collectionne et beaucoup dâentre eux sont incroyables : compte-tu les sortir un jour ?
M : Probablement jamais. Pour ĂȘtre honnĂȘte avec toi, je ne les Ă©coute mĂȘme plus maintenant.
Making an interview can be such an horrible thing if we never practice. Weâve been doing great with Egoless, a little bit less with Las & Mikael despite their extreme sweetness and really well with Darren from Unity Through Sound. But when SKS and Tibz from The Quiet Office confirmed us that we were about to interview Mala after his set at Outlook Edition in Toulouse last July⊠enthousiasm suddenly gave way to stress. The M-A-L-A : Anti War Dub, DMZ, Deep Medi, Dubstep⊠you know the legend. Someone we truly respect for so many years right now. So⊠we decided to stay simple in the way to approach this moment. Weâve been clear to him that we werenât journalists, only fanboyz who had questions about Dubstep and the music. Finally everything went really well, thanks again to him for took some time to do this with us. And special thanks to The Quiet Office and their Outlook Edition this night, so much memories : Iâve broke my watch on Goblin, and weâve heard Two Faced on the Bikiniâs famous soundsystem. We can die in peace, now.
AZA: What do you think about Dubstep culture in France?
MALA: Iâve been very fortunate to travel to many countries in my career. I think about 67. Some places Iâve been just once, some places is twice, some places Iâve been back so many time ⊠I canât remember. France is one of those places I canât remember how many times Iâve been here to play. I usually come once or twice a year. And itâs interesting, âcause from my experience and I canât talk for everybody you know, Iâm not trying to represent anything here, but Spain, France and Italy are very similar. In the way that theyâve embraced this movement of music that people call « Dubstep ». Because there is an audience that resonates with this frequency, but it seems like itâs never really grown. The size has always remained the same. This is my third time to Toulouse, Iâve been to Paris, I canât remember how many times Iâve been to Paris, Iâve playing in Sete at Worldwide Festival and yes, sometimes you see the same faces but also see a lot of new faces, so itâs not like itâs dying or not evolving, there is movement but it never seems to grow to a larger audience. But it doesnât mean that it makes it less or good environment to play music because you know tonight was incredible, the sound system was on point, the audience man you know⊠so much energy! I try not to compare places, and just enjoying for what it is. But for Toulouse it was a good vibe, man!
AZA: You played « Way Mi Defend » tonight, it was a VIP or Ishan version?
AZA: Musically, where do you come from ? What makes you want to make music?
M: The year and the style of music that really blew my mind was heard through pirate radio stations, in 93-94 it was Hardcore/Jungle, Iâm a junglist itâs was a junglist tingâ. Listening to this inspired me want to involved in music. I remember for christmas going to my bedroom, plugged in my stereo and moving the frequency dial and hearing some » tchhh tchh tchh tchh » you know what iâm saying? mad breakbeats. I was like⊠whatâs that? From those days I began to explore the sound and it just took me in so many directions. It was jungle music man, pirate stations, it was the underground.
« You can play your dubplate in the dance the same day you cut them, then that same night after the dance you go back to the studio to make some edits⊠maybe you heard the snare was too loud in the dance⊠or the bassline wasnât tight enough⊠»
AZA: DMZ is twelve years old now and still nothing released since 2013. For a newcomer to DMZ music, it can be really difficult to buy some of those plates because of the high prices of the market. So, everyone is wondering : Is there a future for DMZ?
M: When I look back at everything here, itâs never been about ownership, just because something is created and youâre involved or just because the feedback that is received as a result of you sharing something that youâve been part of creating. People say certain things about how it affected them. For me itâs always important to understand that itâs not mine to own. Itâs just part of life you know? itâs the cycle : to give, to take, to give, to take⊠itâs a movement. DMZ wasnât just mine, loefah, coki and pokes it was about all the other producers, it was all the djs, it was all the mcâs, the journalists, the photographers, the audience, it was everybody that came together because to me when I look back DMZ was like a playground for people to explore : not just producers playing tunes but the way we were tuning the sound system, you know⊠you can play your dubplate in the dance the same day you cut them, then that same night after the dance you go back to the studio to make some edits.. maybe you heard the snare was too loud in the danceâŠor the bassline wasnât tight enough⊠you know what Iâm saying? In all of what Iâve just said I didnât talk about the mastering and engineer⊠weâve got Jason (at Transition) everyone cut dubplates with jason at one point. Everyone played their part! So for me when you ask me that question about DMZ in the future itâs like I was never controlling the destiny anyway⊠I am just thankful to have been part of something. DMZ started as a group of close friends. We had a common direction as a group and individually we had our own direction, this is life, itâs natural. So to take complete ownership of it, to me is completely misunderstanding my role in the development of DMZ, or Dubstep. Itâs not about me, but about everything else. I feel very grateful and lucky to have had those experience and share those things.
« Truthâs tune âFatmanâ still sends me crazy every time I play it. Thatâs not pretend, itâs because I love this! It doesnât matter if a producer is just 19 years old and undiscovered or someone whoâs 40 years old and established. »
AZA: In 2017 youâve released a Bukez Finezt ep and youâve communicate on a future Egoless ep. Those two producers are now well established in the scene for many years but we can put them in an « Upcoming Talents » case in a way. Will we see more « Upcoming Talents » on Deep Mediâs catalog in the future?
M : The way Iâve always done this⊠I mean the way I play and release music is the music. The music has to speak louder than everything else. After the music and in time a relationship develops with the producers. Some producers iâve worked with for many years now.. like Dre and Tris from Truth. I met Truth in 2007 you know what Iâm saying. 10 years! Weâve shared many experiences, in many countries at many shows. Amazing guys and great producers. Actually Truth is a good example cause they were making music before I met them. They were doing their thing in New Zealand.. whatâs important is to be open.. open to opportunity and ready to discover new music I love. I have to love the music i play⊠or how else could i play it! Some tunes last a whole year on dubplate.. Truthâs tune âFatmanâ still sends me crazy every time I play it. Thatâs not pretend, itâs because I love this! It doesnât matter if a producers is just 19 years old and undiscovered or someone whoâs 40 years old and established. Its always the music. Itâs like a new connection, and you begin moving forward with this new connection. Some producers i work with make so much music and different styles of music! itâs actually impossible to release all the music on the label and be « exclusive » â you have to understand producers need freedom. Different relationship always evolve, Truth are a great example again⊠They have their own label, they record for other labels and at the same time they fully represent Deep Medi This is a blessing, itâs all about all this good music getting out here! Some people are saying about Bukez Finezt: » He makes tear out music », « He made this », « He made that! » And, yeah he has, does and can⊠But actually have you listened to the same of his other sideâŠ? Bukez Finezt heâs.. heâs⊠oh my days! Obviously you can hear his mix downs, incredible. The creatively what heâs doing is great heâs on a different world. And like Egoless he plays only live sets and heâs hands down one of the best out there right now. Heâs like a dub scientist. So to answer your question, it doesnât matter where you come from, if i feel it, i feel it and iâll have to act.
AZA: Next question is about âTopper Topâ, 2 rewinds tonight⊠maybe 3! 7 or 8 in Medi 10⊠So this is the question : is there a story behind this tune? What is this story?
M: Well I can only tell it to my point of view. If you wanna know more youâll have to ask Spryo, Teddy Bruckshot, Killa P and Lady Chann. We were at outlook in a deep medi boat party two years ago and the medi fam were playing back to back, two tracks each⊠and Kahn dropped this tune and it got 4 pull ups, everyone was going mad!! I said to Kahn : » What is that!!!? » So itâs Kahnâs fault! I thought the tune was by him, but he said it was a Spyro tune! So I tried to find a link to Spyro cause I didnât know him and I found out that his agent works for the same agency then my agent. So I send his agent a contact in order to introduce myself and I if it was possible to have the track for cutting it. A few hours later, the track came back so I cut the dub and Iâve started playing it everywhere I could! And itâs funny because my label manager Steph, she had actually been speaking with Spyroâs booking agent for a long period of time so there was already a connection. Three weeks later we were in talks about releasing it. Spyro is a lovely guy, weâve met each other by the music, by his music. Again, this is why I try to focus on the music.
AZA: You still cut dubs? In the same place?
M: Yes I do, always. And with Jason, yes. I am curious to know how different engineers workâŠto iâve tried many.. a few years back I cut a dub with a mastering engineer in New York, he mastered many Hip-hop rappers albums including Jay-Zâs.. I was curious to see how he cut. It sounded great but it wasnât cut like how we play it on sound system.
AZA: And what were the differences?
M: For me the main difference was the kick drum and baseline relationship. The kick was cutting through a lot more. Felt like the baseline has less drive overall as a result. I the basslines to drive.. but the kick still has got to punch through. Anyway, big up Jason Transition⊠dubs always sound on point!!! Iâve worked with a lot of engineers, a lot of different pressing plants, because different sound sometimes work better with different engineers.
AZA: Speaking of dub plates, there is a great thing which appeared with time on the web : itâs collection of dub plates rips. Some of yours are indredible : will you release some of your dub plates one day?
M: No, I probably donât. To be honest with you I rarely listen to them anymore now.