(Wakan Tanka Records)

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Kiana Khansmith
Xuebing Du

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Jules of Nature
he wasn't even looking at me and he found me

â
cherry valley forever

ç„æ„ / Permanent Vacation
"I'm Dorothy Gale from Kansas"
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Janaina Medeiros
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Alisa U Zemlji Chuda

Love Begins
ojovivo
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@arnaud-cendrin
(Wakan Tanka Records)

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La Dame Blanche - Mentira feat. Manteiga (Batuk)
Kersauson contemple la brume Et voit se rapprocher la terre Dâun dernier bond il se jette sur le quai Se met Ă serrer Ă tout va Des mains quâil ne connait pas Il fait ses adieux officiels Il regard
Compositeur amateur
(Arnaud Laurent)

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(Arnaud Laurent)
Compositeur amateur
Au Royaume du Néant (French Edition) - Kindle edition by Cendrin, Arnaud. Download it once and read it on your Kindle device, PC, phones or
 La porte par laquelle on accĂ©dait au sous-sol Ă©tait situĂ©e en face du local Ă poubelles. Je lâouvris et descendit lâescalier sombre qui menait en ligne droite jusquâĂ une autre porte faite dâun bois vermoulu, rongĂ© par lâhumiditĂ©, dĂ©foncĂ© par endroits, et couvert de graffitis tracĂ©s au feutre, tellement anciens quâils en Ă©taient devenus indĂ©chiffrables.
LĂ , je mâarrĂȘtai sur le seuil, tendant lâoreille. Les coups sâĂ©taient arrĂȘtĂ©s. Puis ils recommencĂšrent, plus faiblement.
Je tournai la poignĂ©e, et le panneau de bois sâouvrit avec un grincement lugubre sur un Ă©troit couloir de bĂ©ton qui tournait un peu plus loin, sâenfonçant dans les tĂ©nĂšbres. Les portes des caves Ă©taient alignĂ©es tous les trois mĂštres de chaque cĂŽtĂ© du mur.
Le cĆur battant, une sueur froide coulant le long de mes tempes, je sortis la clef anglaise, la brandit fermement devant moi, et je mâĂ©lançai, dans une obscuritĂ© absolue, vers ce que je pensais ĂȘtre lâorigine du bruit.
Je nâĂ©prouvais plus que la sensation du sol sous mes pas et celle du mur sur lequel je posais mes doigts, Ă©prouvant la rĂ©alitĂ© de ses aspĂ©ritĂ©s comme ultime tĂ©moignage de lâexistence du reste du monde.
Jâentendis Ă un moment quelque chose de furtif et de reptilien caracoler le long des murs, en Ă©mettant une sorte de chuchotement animal. Puis plus rien.
AprĂšs le premier virage, il y en eut un autre, puis encore un autre. Puis, je ne sais comment, il nây eut plus rien sous mes doigts. Le mur avait disparu, comme happĂ© par la nuit.
Jâeus la terrible impression que tout lâunivers sâĂ©tait Ă©teint. Comme si jâavais franchi en un souffle des milliers dâannĂ©es-lumiĂšre. Comme si jâavais gravi toutes les limites de lâespace et du temps. Il nây avait plus que moi et cette phosphorescence, qui venait dâapparaitre, sâĂ©chappant de derriĂšre la porte de cette cave qui se dressait au milieu â au milieu de quoi ?
Au Royaume du Néant
Jâavais vingt ans Ă lâĂ©poque. Je prĂ©parais une licence dâanglais, Ă Paris. JâĂ©tais en colocation avec Edgar Prigent et Katsuhiro Ichida, un Japonais qui passait deux ans dans la capitale pour parfaire sa maitrise de notre langue, quâil parlait pourtant dĂ©jĂ couramment. Son pĂšre Ă©tait PDG dâune grande entreprise japonaise de hautes technologies, et cherchait un directeur commercial pour la France, pays stratĂ©gique. Il admirait notre culture, et il avait chargĂ© son fils, aprĂšs lâavoir Ă©duquĂ© dans une francophilie qui, Ă ce niveau dâintensitĂ© et de classicisme, ne se rencontre plus guĂšre que dans ce pays, de prendre la place en question.
Jâai toujours entendu dire que les jeunes Japonais subissent une pression familiale, quant Ă la rĂ©ussite de leurs Ă©tudes, que ne pouvons mĂȘme pas imaginer ici, et que beaucoup dâentre eux se suicident aprĂšs avoir Ă©chouĂ© Ă leurs examens. Katsuhiro, lui, avait lâair de sâen foutre complĂštement. Quand je rentrais aprĂšs les cours, je le trouvais assis sur son siĂšge Ă roulettes devant lâordinateur, les pieds sur le rebord du bureau, les yeux au plafond, Ă©coutant une chanson des Doors en battant mollement du pied pour marquer le rythme, laissant se consumer nĂ©gligemment dans sa main un Ă©norme joint qui emplissait toute la piĂšce dâun parfum ignoble. DĂšs que jâouvrais la porte, il se poussait en arriĂšre avec ses pieds, le siĂšge roulait plus loin, il se levait pĂ©niblement en sâĂ©tirant et me serrait la main en me soufflant Ă la figure une haleine immonde faite de relents de biĂšre et de haschich.
Son livre fĂ©tiche Ă©tait Les CaractĂšres, quâil relisait frĂ©quemment dans le canapĂ© du salon, entre deux roulages de joint. Il nây a quâun Japonais pour sâintĂ©resser Ă La BruyĂšre. Chez nous, câest juste un nom de gymnase ou de lycĂ©e technique. Katsuhiro, lui, lui vouait un vĂ©ritable culte, câest dâailleurs le premier auteur quâil avait rĂ©ussi Ă lire en français dans le texte.
Sa grande hantise, jâavais fini par le deviner, Ă©tait une visite de son pĂšre en provenance directe de Tokyo. Cette menace avait Ă©tĂ© agitĂ©e sournoisement Ă plusieurs reprises par papa Ichida lui-mĂȘme, qui soupçonnait â Ă juste titre - que le fiston prenait son rĂŽle un peu Ă la lĂ©gĂšre. Il avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© clairement question quâil sâinstalle quelques semaines dans un hĂŽtel tout proche, officiellement pour voir Katsuhiro et visiter Paris, en vĂ©ritĂ© dans le cadre dâune procĂ©dure Ă©valuation/rapport/sanction ; sanction, puisquâil serait Ă©videmment trĂšs difficile pour lui de ne pas se rendre compte que son fils Ă©tait un dilettante, un jeanfoutre, un Jules-de-chez-Smith-en-face, une merde, un parasite droguĂ© ; et lĂ , adieu pognon, lâex-futur hĂ©ritier se retrouverait en un battement de cils livreur de sushis dans lâEssonne.
Ce dimanche de Juillet, nous Ă©tions Ă Roissy pour rĂ©ceptionner Edgar Ă sa descente dâavion. Il revenait de RĂ©publique tchĂšque, oĂč il sâĂ©tait rendu dans le cadre de ses Ă©tudes dâarchĂ©ologie. Un village celte y avait Ă©tĂ© rĂ©cemment exhumĂ©, dâaprĂšs ce que jâavais compris.
Edgar câĂ©tait, comment vous expliquer ? Un Barbare, voilĂ , je crois que câest le mot qui convient, un Barbare cachĂ© derriĂšre le vernis de lâĂ©tudiant gentiment dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© et camĂ© juste comme il faut. Leur grand jeu, Ă Katsuhiro et lui, consistait Ă arpenter les rues du 18Ăšme arrondissement, la nuit, un couteau Ă cran dâarrĂȘt dans la poche de leur blouson. Ils faisaient exprĂšs de passer dans certains quartiers et de parler fort en fixant bien dans les yeux les bandes de dealers qui tenaient la rue. Alors, les ennuis commençaient, jusquâĂ sortir les lames, et ça se finissait gĂ©nĂ©ralement en garde Ă vue ou aux urgences, ou les deux.
Edgar Ă©tait taillĂ© pour ça. Depuis dix ans, il pratiquait avec acharnement la boxe française, et soulevait rĂ©guliĂšrement de la fonte. Physiquement, il en imposait. Katsuhiro, par contre, avec sa raie sur le cĂŽtĂ©, sa petite moustache dâadolescent imberbe, ses mains de poupĂ©e et son mĂštre soixante-six, avait lâair de tout sauf dâun foudre de guerre, et, lĂ encore, les apparences correspondaient Ă la rĂ©alitĂ©. Il Ă©tait pourtant dotĂ© dâune agressivitĂ© au moins Ă©gale Ă lâincapacitĂ© qui Ă©tait la sienne de riposter dans les cas âplus que frĂ©quents- oĂč les individus victimes de ses insultes Ă©thyliques et cannabiques se trouvaient ĂȘtre plus grands, plus gros, et plus nombreux. On peut raisonnablement Ă©mettre lâhypothĂšse selon laquelle, sans Edgar, il aurait depuis longtemps rejoint lâAutre Monde, si bien sur les Japonais en ont un, ce qui reste Ă dĂ©montrer.

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Au Royaume du Néant
Au-dessus de moi, il nây avait plus que le ciel Ă©toilĂ©. Un croissant de lune se penchait au-dessus de cette seine immense qui sĂ©pare Donnemont des vastes Ă©tendues de la campagne vexinoise. Quand jâĂ©tais enfant, jâimaginais que ce paysage de collines quâon voyait sur lâautre rive nâĂ©tait que le dĂ©but dâun autre pays, aussi Ă©loignĂ© de nous quâune autre planĂšte, un pays de cocagne infini, parcouru de vergers et de villages, de vallĂ©es luxuriantes irriguĂ©es par des ruisseaux au cours paisible, oĂč des jeunes filles aux hanches douces transportaient des paniers dans des chemins creux, en chantant des comptines dâun Ăąge rĂ©volu.
En rĂ©alitĂ©, il nây avait rien, rien du tout ; rien dâautre que la grisaille et la dĂ©sespĂ©rance de ce monde latin oĂč, un beau jour, on avait dĂ©cidĂ© quâil fallait capturer les anges des anciens temps jusquâau dernier et leur arracher les ailes.
Je mâĂ©tais rĂ©fugiĂ© dans les livres, dans lâimaginaire. Jâavais peu Ă peu abandonnĂ© lâespoir quâun autre monde Ă©tait possible. Je ne pouvais quâessayer de ne pas voir celui-ci sâenfoncer peu Ă peu dans lâhorreur. LâidĂ©e que, quelque part, subsistait quelque chose qui nâĂ©tait pas encore souillĂ©, lâidĂ©e quâil pouvait y avoir quelque chose derriĂšre lâhorizon, lâidĂ©e que le reste de notre existence pourrait ne pas se rĂ©sumer Ă une interminable chute dans le vide, que nous ne verrions pas seulement la fin de ce royaume mais peut-ĂȘtre aussi le dĂ©but dâun autre, subsistait malgrĂ© moi quelque part au fond de mon cĆur, comme une minuscule braise mourante. Quand je rencontrai Edgar, je vis, Ă ma grande surprise, que son cĆur Ă lui se consumait perpĂ©tuellement, quâil Ă©tait dĂ©vorĂ© par une flamme gigantesque qui semblait ne jamais devoir sâĂ©teindre ou faiblir.
Au Royaume du Néant
Quand nous arrivĂąmes lĂ oĂč sâarrĂȘtaient les lumiĂšres artificielles, nous nous rendĂźmes compte que ce nâĂ©tait pas le fond de la grotte, mais sa deuxiĂšme moitiĂ©. Deux rangĂ©es parallĂšles de statues, trĂŽnant chacune sur un piĂ©destal, formaient une allĂ©e qui, de toute Ă©vidence, Ă©tait censĂ©e mener rituellement les ouailles de Langevin Ă la cĂ©rĂ©monie de la Renaissance.
Aucune de ces statues nâĂ©tait dâapparence humaine. Leurs bouches sâouvraient en des rictus dĂ©mesurĂ©s, faits dâinterminables rangĂ©es de dents pointues surplombĂ©es par des yeux ronds comme des boules de billard. DâĂ©normes pĂ©nis en Ă©rection, hĂ©rissĂ©s de piquants, surgissaient au milieu de pattes de gargouilles. Le front de certaines dâentre elles sâornait de cornes, dâautres portaient dans leur dos des ailes hideuses et presque rectangulaires. Leurs langues Ă©taient peintes en rouge et leurs yeux en noir et blanc.
VoilĂ donc ce quâelles Ă©taient devenues, ces anciennes idoles mĂ©sopotamiennes disparues il y a vingt ans de cela, lors de lâinvasion de lâIrak. Elle Ă©tait lĂ , lâexplication de tous ces vols dont on nâavait soi-disant jamais retrouvĂ© les auteurs. Ce nâĂ©taient pas les islamistes, et ce nâĂ©taient pas non plus des pillards qui auraient cherchĂ© Ă revendre leur prise au plus offrant. Ce nâest pas pour lâargent que Langevin et ses mercenaires sâĂ©taient rendus Ă Bagdad lors de la seconde guerre du Golfe et sâĂ©taient emparĂ©es de ces statues, mais pour Ă©difier un temple Ă la gloire de Satan.
Quand nous arrivĂąmes lĂ oĂč sâarrĂȘtaient les lumiĂšres artificielles, nous nous rendĂźmes compte que ce nâĂ©tait pas le fond de la grotte, mais sa deuxiĂšme moitiĂ©. Deux rangĂ©es parallĂšles de statues, trĂŽnant chacune sur un piĂ©destal, formaient une allĂ©e qui, de toute Ă©vidence, Ă©tait censĂ©e mener rituellement les ouailles de Langevin Ă la cĂ©rĂ©monie de la Renaissance.
Aucune de ces statues nâĂ©tait dâapparence humaine. Leurs bouches sâouvraient en des rictus dĂ©mesurĂ©s, faits dâinterminables rangĂ©es de dents pointues surplombĂ©es par des yeux ronds comme des boules de billard. DâĂ©normes pĂ©nis en Ă©rection, hĂ©rissĂ©s de piquants, surgissaient au milieu de pattes de gargouilles. Le front de certaines dâentre elles sâornait de cornes, dâautres portaient dans leur dos des ailes hideuses et presque rectangulaires. Leurs langues Ă©taient peintes en rouge et leurs yeux en noir et blanc.
VoilĂ donc ce quâelles Ă©taient devenues, ces anciennes idoles mĂ©sopotamiennes disparues il y a vingt ans de cela, lors de lâinvasion de lâIrak. Elle Ă©tait lĂ , lâexplication de tous ces vols dont on nâavait soi-disant jamais retrouvĂ© les auteurs. Ce nâĂ©taient pas les islamistes, et ce nâĂ©taient pas non plus des pillards qui auraient cherchĂ© Ă revendre leur prise au plus offrant. Ce nâest pas pour lâargent que Langevin et ses mercenaires sâĂ©taient rendus Ă Bagdad lors de la seconde guerre du Golfe et sâĂ©taient emparĂ©es de ces statues, mais pour Ă©difier un temple Ă la gloire de Satan.
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Le chĂątiment russe
Ce soir, la lune tombe sur un monde en perdition. La Vieille Europe sombre, et son agonie est comme un sinistre feu d'artifice que le reste du monde contemple avec stupéfaction.
Nous sommes comme les anciens Romains, qui n'avaient plus la volontĂ© de lutter pour sauver leur Empire. Ils attendaient les Barbares presque comme une princesse attend son prince charmant. Et ils sont venus, les Barbares, comme une bile vomie par le Rhin gelĂ©. Ils Ă©taient blonds, et leur brutalitĂ© Ă©tait extrĂȘme. Mais, gĂ©nĂ©ration aprĂšs gĂ©nĂ©ration, ils oubliĂšrent leur langue et leur religion. La Rome antique, abattue militairement, mourut et ressuscita, comme une nuĂ©e de fantĂŽmes, avec cet empire virtuel qu'on appelle l'Eglise catholique, ses Ă©vĂȘques, ses archevĂȘques, ses cardinaux et son Pape.
Aujourd'hui, les Barbares ne viennent plus de Germanie et ne sont plus blonds. Mais les hĂ©ritiers des Romains les attendent tout de mĂȘme, en leur faisant des yeux de femelle Ă©plorĂ©e, les craignant et les espĂ©rant tout Ă la fois. Et jettent au contraire des regards de haine pure en direction de l'ancien Empire d'Orient et de ses hĂ©ritiers, ces slaves des steppes convertis Ă l'Orthodoxie et Ă l'alphabet cyrillique. Qui ont gardĂ© ce qu'eux-mĂȘmes ont perdu, qu'on appelle abusivement la virilitĂ©, et qui est simplement la volontĂ© de se battre et de ne pas mourir.