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#OnVautMieuxQueCa
J'aimerais vous raconter ma première expérience dans le monde du travail à 19 ans, lorsque je savais à peine ce qu'était un contrat de travail. J'ai été "embauchée" pour la première fois par une école privée qui donnait des cours de guitare classique le week-end. J'étais contente car étant parallèlement à la fac, on m'a proposé un cours d'1h30 le dimanche en début d'après midi pour 20€. Il y avait certes l'inconvénient que le cours devait être collectif… une dizaine d'élèves jouant chacun de la guitare plus précisément. Cela me paraissait quand même compliqué mais j'ai acquiescé. Tout s'est passé oralement. Puis le mois s'est terminé, impatiente de recevoir ma paye qui se révélait être du… cash. Tout court. Ma conscience savait que je ne devais pas accepter ces conditions. Mais en même temps je me suis dit que l'école avait l'air d'être récente, et elle était régulièrement en travaux. Je n'étais également pas la seule dans cette situation donc… Je me suis persuadée que c'était temporaire et que la situation pouvait changer. Malheureusement à l'époque je n'avais aucune conscience de la valeur de la cotisation, ni de la protection sociale. Plus tard, en fin d'année, on m'a également demandé de donner des cours de maths et physique en matinée. On me proposait 30€ supplémentaires, ce qui me revenait à 50€ la journée. Bizarrement je n'avais rien trouvé à dire par rapport à mon "salaire", qui n'en était pas un car c'était au black (en écrivant ces lignes je me rends compte que j'avais une très mauvaise estime de moi même, car considérer que travailler toute la journée un dimanche valait le coup pour 50€ même pas cotisé : quelque chose clochait). Bref… l'année suivante, le directeur changea. Et ce fut le drame : je commençais à être payée en retard ! Plus le temps passait et plus je devais le harceler pour qu'il me paye ! Et bien plus tard, j'avais compris qu'il y avait deux poids deux mesures : certains étaient payés "normalement", avec un chèque ! (c'est peut-être naïf de croire qu’un chèque c'est comme avoir un salaire… du moins, c'est par ces personnes que j'ai appris qu'il existait un contrat de travail) Pour finir, j'ai contesté et j'ai pu signer un contrat d'embauche. Mais la musique fut la même je devais réclamer mon dû sinon j'étais oubliée… et je n'ai jamais reçu de fiche de paye. Conclusion : j'ai travaillé pendant 2 ans, 1h30 aller-retour en transport en commun chargée avec une guitare tous les dimanches. Ce fut après ces 2 années que je me suis rendue compte à quel point j'ai donné beaucoup trop d'énergie. Voila, cela ressemble à un témoignage d'une expérience qui aurait pu se passer autrement si je connaissais mes droits. Mais ce ne fut pas le cas à l'époque. J'ai honte d'avoir été ignorante. Pourtant, aujourd'hui encore, j'entends assez souvent dans mon entourage des gens me disant qu'ils ont effectué des périodes d'essais gratuites (comme si c'était légal…). Pour finir, je lis sur acrimed le témoignage de plusieurs journalistes de Ijsberg qui, pareil, signent un contrat et sont payés au noir (s'ils ont la chance d'être payés)… C'est avec ce dernier article que j'ai réalisé que je n'étais pas la seule dans ce cas, qu'il existe encore beaucoup d'entreprises (en espérant que ce n'est tout de même pas la norme) qui exploitent illégalement ses employés. Si vous êtes dans cette situation, j'espère que vous n'attendrez pas 10 ans comme moi pour vous dire "j'aurais dû protester", faites-le maintenant tant qu'il est encore possible. Parce que nous avons des droits, et qu'il faut les préserver autant que possible et faire tout pour qu'ils existent encore. Alors j'espère que mon témoignage peut vous aider quelque soit la forme. Bref, on vaut mieux que ça. Bien à vous Aitua
Sacem/Creative Commons : Est-ce compatible
Doit-on absolument choisir entre ces deux licences ? N'est-il pas possible d'utiliser les deux ?
Un jour, une maison d'édition m'a proposé de diffuser plusieurs de mes musiques, il y a un an maintenant. C'est plaisant lorsque des professionnels te disent que tu as du talent, que ça pourra se vendre, etc. En tout cas j'étais heureuse lorsqu'on m'a dit tout ça, et j'étais prête à y adhérer les yeux fermés ! Mais ça, c'était avant que l'ont me dise :
Tu dois absolument t'inscrire à la Sacem.
De la manière que l'on m'ait dite, j'eus l'impression que c'était une question de vie ou de mort...
Pourquoi j'ai initialement choisi Creative Commons
Jusqu'ici je publiais mes morceaux sur Jamendo puis un peu plus tard sur Bandcamp.
Jamendo est un site diffusant exclusivement des musiques issus des 6 licences Creative Commons (que j'abrègerai par la suite CC). Grâce à ces licences, le créateur peut autoriser les utilisateurs de diffuser de manière non marchande une oeuvre librement. Bandcamp quant à lui permet de choisir soit une licence CC, soit conserver tous les droits uniquement au créateur de la musique.
Il est très simple de publier ses oeuvres sur ces sites. De plus, le partage non marchand ne me pose aucun problème ; au contraire, je pense avoir plus de chance si je donne le droit aux utilisateurs de parler de moi. S'inscrire à la Sacem par contre m'a paru un peu trop fastidieux à court terme : je ne possède aucune preuve de diffusion de ma musique via les médias traditionnels. En publiant sur le net, j'avais fait mon choix : celle d'utiliser l'une des licences libres de diffusion Creative Commons : Attribution, Non commercial, Partage à l'identique.
Or, la fameuse maison d'édition me disait clairement :
Les musiques que l'on utilisera doivent impérativement être protégé via la Sacem, car la rémunération ne se fait qu'uniquement via les droits d'auteurs.
A l'époque je ne comprenais pas trop pourquoi je ne pouvais pas être rémunérée par les licences CC. Après tout, sur les 6 licences, il en existe 3 portant la mention "Non Commerciale". Si une personne ou une entreprise veut utiliser ma musique sous cette licence en la vendant ou en récupérant d'une quelconque manière de l'argent, il devra absolument avoir mon accord que je pourrais lui donner, en échange d'une compensation financière par exemple.
Je pensais donc en effet de manière naïve qu'il serait possible d'être payée à la musique créé, selon une date butoir ou un autre critère déterminé par un contrat. Ce ne fut qu'en apprenant plus sur le système de fonctionnement de la Sacem que j'ai compris :
- le terme droit d'auteur en France est apparemment exclusivement géré par la Sacem pour les médias traditionnels (télé, radio, maisons d'édition...).
- n'étant pas inscrite à la Sacem, et la maison d'édition ne souhaitant travailler exclusivement qu'avec la Sacem, il n'y a évidemment pas de place pour les licences CC. J'ai donc envisagé de basculer des licences CC à la Sacem !
Quoique... ne suis-je pas perdante au change ?
Pourquoi j'ai refusé de souscrire à la Sacem
Si je basculais à la Sacem tout d'un coup, qu'adviendrait-il des musiques que j'ai déjà publié sur la licence CC ? Peuvent-elles rester en l'état ? Aurais-je encore le droit de les laisser disponibles sur les plateformes avec la mention CC ?
J'ai contacté le service juridique de la Sacem pour obtenir plus d'informations concernant 3 points :
En y adhérant, est-il indispensable de déposer toutes les oeuvres créés ? Si par exemple, je souhaite déposer une ou quelques musiques dans le domaine public (ou creative commons), est-ce juridiquement possible en tant qu'adhérent ?
Si, avant d'être adhérent, le compositeur a déposé des musiques dans des plateformes tels que Jamendo, est-il possible de conserver ces musiques sur ces plateformes ou doit-il les supprimer définitivement ?
Une plateforme nommé Bandcamp permet aux consommateurs de musiques d'écouter intégralement en streaming sur le site. Mais pour télécharger la musique ou l'album, le consommateur doit payer la somme demandé par l'auteur des musiques. Ce type de promotion est-il en accord avec la politique de la Sacem ?
La réponse 1 obtenue fut très claire : oui, c'est obligatoire de déposer TOUTES les oeuvres. La réponse 3 également : la Sacem n'a pas de partenariat avec Bandcamp, elle n'est donc pas en accord avec leur politique.
Quant à la réponse 2, la personne que j'ai eu au téléphone fut un peu moins claire sur ce sujet... elle m'a dit à peu près que les musiques publiés sous CC avant l'adhésion ne peuvent malheureusement pas être protégés par le droit d'auteur. Je pense donc que les utilisateurs sont plus ou moins protégé par l'antériorité de la licence à un temps donné. Mais je n'ai pas eu de réponse sur l'éventuel suppression....
Conclusion : dans le doute, il me fallait supprimer toute trace de ces musiques sur le net... ce qui veut également dire effacer tout antécédents. Le hic dans tout ça, c'est que ce n'était même pas les musiques en ligne qui intéressait la maison d'édition, mais d'autres musiques non publiées et complètement différentes. Et surtout, ils possèderaient l'exclusivité. C'est donc deux choix qui s'imposent de manière non compatibles :
- Ecarter la maison d'édition et conserver les publications de mes musiques ;
- Signer avec la maison d'édition, et tout supprimer toutes les musiques publiés jusqu'à présent... et rien faire d'autre.
Mais... ça tombe bien, il existe un partenariat entre la Sacem et CC ! Enfin...
Pourquoi la collaboration Sacem-CC ne pouvait pas répondre à mon besoin
Il existe en effet depuis 1 an et demi la possibilité pour un auteur membre de la Sacem de publier ses oeuvres avec la licence Creative Commons (renouvelé jusqu'au 30 juin 2015), à condition qu'il y ait la mention "Non Commercial"... ça tombe bien je suis dans ce cas !
Toutefois... leur site est assez claire :
Un site utilisant un bandeau publicitaire doit être considérée comme commerciale, que ces bandeaux génèrent des revenus ou qu'ils contribuent simplement à couvrir les frais..
Une simple bannière permettant de payer le serveur est considéré comme commercial, alors que Jamendo et Bandcamp sont des sites gérant des revenus grâce aux utilisateurs et créateurs... Interdit donc de publier des oeuvres sur ces sites.
A cet époque je ne voyais pas trop faire autrement. En gros, internet et la Sacem me paraissait incompatibles. Au final, je n'ai pas choisi la maison de disque.
Je commence à réellement prendre plaisir à utiliser les licences CC, et je commence également à utiliser les licences libres de droits (à usage commercial ou non) ! Je prends conscience du domaine public, de tout ce dont je suis capable de faire et partager... Pour le coup, ces licences s'éloignent complètement de la Sacem. Je trouve que c'est un grand pouvoir de posséder des droits patrimoniaux en plus des droits moraux !
Si jamais la Sacem permettrait un jour aux auteurs de libérer leur création dans le domaine public, alors pourquoi pas tenter de s'y inscrire. Mais aujourd'hui... la relation qu'elle possède avec le net me paraît trop rigide. Pas pour tout de suite en tout cas. Toutefois... je vais profite qu'il y ait un projet de réforme de droit d'auteur à l'échelle européen pour m'exprimer !
Après tout ce n'est pas tous les jours qu'on nous demande notre avis.