Los Angeles / 14 avril 2017 / (c) abottleinthesea
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Cette semaine, nous vous prĂ©sentons Julie, photographe, auteur et blogueuse voyage. Dans son blog Carnets de traverse, elle partage avec nous des photos et des rĂ©cits de ses multiples pĂ©riples. Elle a gentiment acceptĂ© de rĂ©pondre Ă nos questions et de partager avec nous son univers fascinant et rempli dâaventure. Bonne lecture !
Tumblr â Pouvez-vous vous prĂ©senter rapidement Ă nos lecteurs ?
Julie â Bonjour Ă tous ! Je mâappelle Julie Sarperi, jâai 35 ans, je suis photographe, auteur et blogueuse voyage pour Carnets de traverse. Je vis Ă Paris, suis originaire de Marseille. Jâai toujours eu la bougeotte, jâai habitĂ© Nice, La RĂ©union, le QuĂ©bec. Jâai traversĂ© les Ătats-Unis dâest en ouest, sillonnĂ© le Japon en train, roulĂ© tout autour de lâIslande et remontĂ© la cĂŽte norvĂ©gienne en boat trip jusquâĂ la frontiĂšre russe⊠Je suis blogueuse voyage Ă plein temps. Jâai façonnĂ© le mĂ©tier de mes rĂȘves en quelque sorte ! Je travaille en duo avec mon compagnon, Renaud Bonnet qui est photographe et vidĂ©ographe. Câest une vie un peu atypique mais passionnante.
T â D'oĂč vient votre passion pour les voyages et la photographie ?
J â Du plus loin que je me souvienne, dĂšs le premier train que jâai pris, jâai ressenti ce besoin de prendre des notes et des photos, le nez collĂ© Ă la fenĂȘtre⊠Durant des annĂ©es, jâai accumulĂ© les carnets et les photographies, les Polaroids, les petits trĂ©sors trouvĂ©s sur la route. Un jour, jâai eu envie de partager tout cela. Jâai mis mes premiers carnets de voyage en ligne. Ăa a eu lâair dâintĂ©resser les gens ! Ăa mâa tout de suite passionnĂ©e et je nâai plus pu arrĂȘter de crĂ©er, voyager, partager. Aujourdâhui, câest mon mĂ©tier, je suis la plus heureuse du monde, je ne peux plus mâen passer, câest de pire en pire. :)
T â Parlez-nous de votre blog. Quelle est la dĂ©marche derriĂšre celui-ci ?
J â Tout tourne autour du voyage et de la photographie. Je veux partager mes voyages de façon esthĂ©tique, la qualitĂ© des photographies est primordiale. Sur Tumblr, câest un mĂ©lange de nos photos Ă nous, et dâinspirations trouvĂ©es ça et lĂ , parfois sur Tumblr, parfois sur Pinterest. Jâaime mĂ©langer voyage et lifestyle, un intĂ©rieur, un portrait, puis de belles montagnes ou une route qui sâĂ©tale Ă perte de vue⊠Comme une planche tendance. Car le voyage nâest pas seulement sur la route, il est dĂ©jĂ lĂ , dans les cartes, Ă la maison, dans les objets que lâon regarde, les expos que lâon va voir. Ce blog je lâai conçu comme une invitation au voyage et jâespĂšre que câest ce que vous ressentirez en le parcourant.
T â Quel a Ă©tĂ© le dĂ©clic pour crĂ©er ce blog et pourquoi avoir choisi Tumblr ?
J â Jâaime Tumblr depuis longtemps pour sa libertĂ© de ton et de format. Ici, on ne nous contraint pas Ă faire de la photo carrĂ©e. ;) Chaque personne peut sâexprimer avec son style, son thĂšme, crĂ©er un GIF, une photo, une sĂ©rie de photos, un son, rebloguer rapidement ou Ă©crire un roman⊠Les possibilitĂ©s sont infinies. Câest le seul rĂ©seau social qui permet une telle libertĂ© !
T â Quels sont vos trois blogs Tumblr prĂ©fĂ©rĂ©s et pourquoi ?
Les Others â Jâaime beaucoup ce mag français, je suis fan de leur style photographique, câest toujours hyper lĂ©chĂ© graphiquement, des compositions crĂ©atives, et puis surtout il y a de la montagne, de lâair frais, des road trips, des cabanes perdues, des aventures comme je les aime.
Voyages etc. â Ma copine Adeline que je suis toujours avec grand plaisir partout ! Câest une globe-trotteuse en solo, elle a fait le tour du monde toute seule ! Elle continue aujourdâhui de voyager bien sĂ»r. Quand on y a goutĂ© on ne peut plus vraiment sâarrĂȘter⊠Parfois on voyage mĂȘme ensemble. :) On a fait un road trip mĂ©morable en Ăcosse lâannĂ©e derniĂšre. On partage le tout sur Tumblr of course !
Smaracuja â Nina est une blogueuse voyage allemande gĂ©niale que jâadore aussi ! Elle manie super bien lâart du Tumblr. Nous avons en commun le goĂ»t du graphisme, ce qui je pense se voit bien sur son blog. Elle est aussi une talentueuse photographe et crĂ©e de trĂšs belles vidĂ©os ! Un blog que jâaime beaucoup suivre.
T â Merci dâavoir pris le temps de rĂ©pondre Ă nos questions, Julie. Au plaisir de suivre vos pĂ©riples futurs.
Photo : @carnets-de-traverse
Hey tumblr! Thanks a lot for your help in my personnal achievement. Iâm so sorry but youâll now find my posts on my personnal website : http://www.anthonypetiteau.com
Bye 2017 and cheers for 2018 !
Pontiac Catalina / Moss Landing / Californie / 5 avril 2017 / (c) abottleinthesea
Les Etats-Unis entretiennent une relation charnelle avec l'automobile. Plus qu'un mode de dĂ©placement, elle est, pour de nombreux AmĂ©ricains, un symbole de libertĂ©, d'autonomie, d'Ă©vasion et de rĂ©ussite sociale. Dans cette AmĂ©rique aux paysages Ă l'Ă©chelle inhumaine, elle joue alors le rĂŽle qu'avait pris le train dans l'essor de l'impressionnisme en Ă©tant le vecteur, le sujet et le support d'une nouvelle forme d'Ă©criture : le road trip. Le road trip est indissociable de l'ouest amĂ©ricain, de Jack Kerouac (Sur la route, 1957), de Robert Frank (Les AmĂ©ricains, 1958) ou encore de William Eggleston. Imagine t'on la route amĂ©ricaine sans la photographie ? Elle sert de support visuel Ă une culture et un imaginaire propres. Les paysages ne se dĂ©clinent plus seulement autour du dĂ©sert, des montagnes ou des riviĂšres mais aussi autour de la route elle mĂȘme et de ses dĂ©clinaisons : ponts, stations-service, motels, drive-in... et - bien sur - l'automobile elle mĂȘme. PopularisĂ©e dans nos contrĂ©es par les films et sĂ©ries TV (sĂ©quence nostalgie : L'homme qui tombe Ă pic et le fameux pick-up GMC / Starsky et Hutch et la Ford Gran Torino / L'agence tous risques et le van GMC, sans parler de K2000 et sa Pontiac Firebirds ou de Fast & Furious !) qui la montrent comme un personnage de fiction Ă part entiĂšre, elle a longtemps Ă©tĂ© conçue autour dâun design propre au continent nord amĂ©ricain, les rendant indissociable l'un et l'autre. C'est Ă tout ça que je pensais en faisant cette photo d'une vieille Pontiac Catalina - rouillĂ©e mais parfaitement fonctionnelle - stationnĂ©e sur le bord du chemin menant Ă la plage ventue de Moss Landing, sur le bord de la mythique route cĂŽtiĂšre Highway 1 californienne.
Leonard / Toronto / 21 février 2017 / (c) abottleinthesea
Câest sur University Avenue que jâai rencontrĂ© LĂ©onard. Croiser des sans-abris nâest pas une chose rare Ă Toronto et, Ă vrai dire, jâai Ă©tĂ© frappĂ© par le nombre de personnes vivant manifestement dans la rue ; ils seraient en effet plus de 5000 dans les rues de la mĂ©tropole Ontarienne. LĂ©onard vit sur cette avenue et dort le plus souvent sur ce trottoir ou dans le jardin de lâOsgoode hall juste en face. Pourtant, il ne semble jamais se dĂ©partir de son sourire, dâun humour et dâun optimisme chevillĂ©s au corps malgré la maladie qui lâa poussĂ© dans la rue il y a prĂšs de huit mois. Il croit fermement que sa situation nâest que temporaire et sâarrangera quand il aura retrouvĂ© un logement. A lâissue des quelques minutes quâa durĂ© notre discussion, jâai demandĂ© Ă lĂ©onard sâil acceptait que je fasse son portrait. Ce nâest pas une âbonne photoâ que jâai cherchĂ© Ă rĂ©aliser mais simplement un tĂ©moignage de cette rencontre, de la rĂ©alitĂ© de la vie dans la rue et de lâincroyable personnalitĂ© de LĂ©onard.

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Jumelles / Vincennes / 15 avril 2012 / (c) abottleinthesea
En ce 15 avril 2012, sur une esplanade du chĂąteau de Vincennes qui a connu maints dĂ©filĂ©s et discours Ă haute teneur martiale ou virile, le candidat François Hollande haranguait une foule des grands  jours. A grands renforts de charges contre le capital et l'indĂ©cence du concurrent de droite,  la campagne se rĂ©sumait en cette formule : "Le changement c'est maintenant". Comme pour la chose militaire ou le sport, les campagnes politiques rĂ©vĂšlent chez beaucoup d'entre nous le besoin de sâidentifier Ă un camp, Ă une cause et - parfois - d'en revĂȘtir l'uniforme. Il faut croire que nous les aimons ces discours aux intonations patriotiques pour nous ĂȘtre dĂ©placĂ©s si nombreux ! Engagez-vous, rengagez-vous... non, pardon ça c'est l'armĂ©e ! Allez les bleus ! Non plus... bref, tout ça relĂšve du mĂȘme besoin ou du mĂȘme instinct. Vivement 2017 ! Je me demande bien si ces deux jumelles coiffĂ©es et habillĂ©es de façon absolument identique revĂȘtiront pour l'occasion un nouvel uniforme aux couleurs d'un candidat. Lorsque je les ai croisĂ©es, le meeting allait commencer. Et je dois bien avouer que c'est le meilleur souvenir de ce dimanche ! Je les ai trouvĂ©es si charmantes, si photogĂ©niques, si... identiques jusque dans leur dĂ©marche que je n'ai pu m'empĂȘcher de les fixer sur la pellicule. Mon Nikon en bandouliĂšre, je n'avais pourtant pas rĂ©ellement d'idĂ©es sur ce que je voulais photographier. Je l'avais pris comme ça, pas comme une habitude, mais en me disant que je verrais bien sur place si l'inspiration allait me venir. C'est sans rĂ©elle conviction que j'ai pris quelques photos des bandas et autres groupes musicaux sur place ou encore quelques portraits de militants aux couleurs de leur parti. Mais je dois avouer que ces deux jumelles ont Ă©tĂ© un vrai dĂ©clic ! Leur mimĂ©tisme Ă©tait si incroyable que je ne pouvais pas les laisser passer !
Soldats en marche / (c) abottleinthesea
Paul Roger-Bloche fait partie de cette litanie dâartistes relĂ©guĂ©s aux enfers de leur art. Si vous cherchez une bio du bonhomme sur internet, vous en serez pour vos frais. Comme câest noĂ«l, je vous Ă©pargne cette tĂąche et je vous livre de quoi en savoir plus sur notre sculpteur. NĂ© sous le Second Empire (mais si NapolĂ©on le petit...), plus prĂ©cisĂ©ment en 1865, le jeune Paul Roger-Bloche fait partie de cette gĂ©nĂ©ration dâartistes que le milieu militaire fascine. Le service militaire y est sans doute pour beaucoup. Quâon se le dise, en 1885 faire son service peut reprĂ©senter 5 ans de votre vie pour peu que vous ayez tirĂ© le mauvais numĂ©ro et que vous nâayez pas lâargent pour vous faire exempter ! Est-ce le syndrome de Stockholm ou une rĂ©elle adhĂ©sion qui poussa le jeune Roger-Bloche a sculpter de lâuniforme ? Malheureusement pas dâinfo la dessus. NĂ©anmoins, 15 ans aprĂšs la dĂ©faite de 1870 contre lâAllemagne et la perte de lâAlsace-Lorraine, nombreux sont les artistes et intellectuels Ă sâengager dans cette voie Ă lâinstar des peintres Edouard Detaille ou Alphonse de Neuville qui exercent un  vĂ©ritable magistĂšre sur de nombreux jeunes artistes. DĂšs 1891, peu enclin Ă bousculer les rĂšgles acadĂ©miques, notre artiste entre dans le monde de lâart et expose rĂ©guliĂšrement aux salons et se spĂ©cialise dans lâart de la mĂ©daille et - un peu - de la ronde-bosse (en 3D dirait-on aujourdâhui). Classicisme et acadĂ©misme sont un peu les deux mamelles de son art et au moment oĂč lâart de la mĂ©daille se renouvelle, Paul Roger-Bloche demeure un honnĂȘte façonnier mais ne rĂ©volutionne pas la sculpture de son temps. AgĂ© de 49 ans au dĂ©clenchement de la PremiĂšre guerre mondiale, il est bien trop ĂągĂ© pour combattre, mĂȘme dans la territoriale rĂ©servĂ©e aux hommes entre 31 et 47 ans. Câest donc de lâextĂ©rieur quâil va produire une sĂ©rie de mĂ©dailles-portraits en hommage aux grands hommes de la guerre ainsi que ce groupe sculptĂ© dĂ©clinĂ© sous forme de bas-relief (au musĂ©e dâOrsay) et - ici - en moulage. Lâoeuvre est probablement prĂ©paratoire Ă une version en relief qui nâa sans doute jamais vu le jour. MalgrĂ© son classicisme, je trouve quâil se dĂ©gage quelquechose de cette sculpture et lâidĂ©e de la rĂ©interprĂ©ter en photo mâa sĂ©duit. Alors que nous sommes en pleine commĂ©moration du centenaire, je me suis rendu compte que cette oeuvre vĂ©hiculait une image trĂšs actuelle en ces temps marquĂ©s par la lutte contre le terrorisme et les patrouilles de soldats dans nos rues. CourbĂ©s sous le poids des sacs mais dignes, je voulais rĂ©interprĂ©ter ces soldats en marche sans travestir le sens de la sculpture.                                                                                                                       Â
Charles Percy Holliday, American cemetery / Suresnes / 30 janvier 2011 / (c) abottleinthesea
Passer son dimanche dans un cimetiĂšre n'est pas l'activitĂ© familiale par excellence ! C'est donc seul que je me dirige vers le mont ValĂ©rien en ce 30 janvier 2011 avec l'envie de rĂ©aliser quelques images de ce haut lieu de la mĂ©moire. Entre la forteresse qui a connu trois guerres et le cimetiĂšre oĂč reposent les morts des deux conflits mondiaux, l'endroit est chargĂ© d'histoire.  C'est l'American Cemetery and Memorial de Suresnes, devant lequel je passe  tous les matins pour aller travailler, qui m'attire par cette belle lumiĂšre d'hiver. Pendant plus d'une heure, je parcours les allĂ©es du cimetiĂšre. L'atmosphĂšre est paisible, je suis complĂštement seul et j'en oublierais presque que je suis dans un cimetiĂšre et un mĂ©morial. Les noms qui s'Ă©grĂšnent de stĂšle en stĂšle me rappellent trĂšs vite qu'ici reposent des hommes et des femmes (7 infirmiĂšres) venus d'outre-atlantique pendant les deux guerres et tombĂ©s en France pour la dĂ©fense de notre pays. Quand je compose cette photo, je cherche avant tout Ă faire une bonne photo de ce lieu si paisible et j'essaie d'en traduire l'atmosphĂšre. Je ne m'attache pas Ă un nom en particulier. Ce n'est qu'en dĂ©veloppant l'image sur mon ordinateur que le nom d'un soldat me saute aux yeux : Charles Percy Holliday, capitaine au 5th rĂ©giment de l'U.S. Marine Corps, dĂ©cĂ©dĂ© le 5 aoĂ»t 1918. Que lui est-il arrivĂ© ? En parcourant les bases internet et les ouvrages sur les troupes amĂ©ricaines pendant la PremiĂšre guerre mondiale, je trouve quelques rĂ©ponses. Le 5th U.S Marines regiment est activĂ© aux USA le 8 juin 1917 Ă Philadelphie et immĂ©diatement dĂ©ployĂ© en France.  Il reçoit son baptĂȘme du feu lors de la terrible bataille de Bois-Belleau en juin 1918 oĂč sâillustrent les soldats amĂ©ricains, au prix de prĂšs de 2000 morts et 8000 blessĂ©s. CitĂ© Ă l'ordre de l'armĂ©e française pour cette victoire, le rĂ©giment reçoit Ă©galement le surnom de "Devil Dog". S'ensuivront les batailles de l'Aisne, de Saint-Mihiel, de ChĂąteau-Thierry... Officier d'approvisionnement, Charles Holliday avait pour mission de s'occuper des questions logistiques au sein du rĂ©giment. Et oui, pour que les uns se battent, il faut bien que d'autres organisent la vie matĂ©rielle du rĂ©giment ! Cela ne veut pas dire que le brave Charles Holliday est restĂ© bien planquĂ© pendant que les autres risquaient leur vie ;  la guerre ne fait pas ce genre de distinction... Et elle use de bien des armes pour empĂȘcher les combattants de rentrer chez eux. Pour Charles Holliday, la guerre s'est terminĂ©e le 5 aoĂ»t 1918, frappĂ© par un ennemi invisible qui toucha le corps expĂ©ditionnaire amĂ©ricain de façon trĂšs importante : la grippe espagnole. De trĂšs nombreux soldats enterrĂ© Ă Suresnes tombĂšrent des suites de cette pandĂ©mie qui ravagea le continent et fit entre 50 et 100 millions de morts entre 1918 et 1919. Pour la veuve de Charles Holliday, restĂ©e Ă Rockland dans le Maine, que l'ennemi fut allemand ou espagnol, c'est bien la guerre qui lui a enlevĂ© son mari.
Selfie / Kyoto / 24 avril 2016 / (c) abottleinthesea
Kyoto fut, de 794 Ă 1868, la capitale impĂ©riale du Japon jusquâau transfert vers Edo (aujourdâhui Tokyo) lors de la restauration Meiji. Si la ville nâest plus le centre politique de lâEmpire du Soleil levant, elle demeure la capitale culturelle et spirituelle des Japonais. Riche de plus de 1600 temples mais aussi de nombreux quartiers anciens prĂ©servĂ©s, Kyoto a pourtant failli ĂȘtre dĂ©truite lors de la Seconde guerre mondiale. Lâancienne citĂ© impĂ©riale figurait en effet en tĂȘte des cibles du commandement militaire amĂ©ricain et il fallu toute lâobstination de quelques esprits Ă©clairĂ©s - dont le Français Serge Elisseff - pour faire obstacle Ă cette destruction. Quatre ans de guerre faillirent Ă©craser sous les bombes une culture plus que millĂ©naire... Si le Japon sâest occidentalisĂ© Ă marche forcĂ©e depuis lâouverture de lâarchipel Ă la fin du XIXe siĂšcle, la culture traditionnelle japonaise demeure omniprĂ©sente, en particulier Ă Kyoto. Il nâest pas rare de croiser dans la rue de nombreux japonais vĂȘtus de kimonos et portant geta aux pieds. Les vĂ©ritables kimonos sont trĂšs coĂ»teux et la plupart de ceux que lâon croise sont en rĂ©alitĂ© des vĂȘtements louĂ©s pour lâoccasion dans les nombreuses boutiques de la ville. Le Kimono apparaĂźt finalement aussi notable pour le touriste occidental que pour nombre de japonais. En ce beau dimanche KyotoĂŻte dâavril, jâai rencontrĂ© un nombre Ă©tonnant de Kimonos renfermant tour Ă tour Japonais, Chinois, EuropĂ©ens... C'est sur lâesplanade du temple de Kyomizu-Dera que jâai croisĂ© ces trois jeunes filles en kimono qui sâapprĂȘtaient Ă faire un selfie souvenir de leur journĂ©e Ă Kyoto. Il ne me restait plus quâĂ me placer au bon endroit et attendre le bon moment.Â
Escarpins / Toronto / 16 octobre 2016 / (c) abottleinthesea
Qui a abandonnĂ© cette paire de chaussures ? C'est la question que je me pose en ce dimanche matin dans Kensington Market pour mon dernier jour Ă Toronto. Ce secteur de la ville, juste derriĂšre Chinatown, est un lieu haut en couleurs et trĂšs animĂ© le dimanche. Câest un lieu un peu bohĂȘme oĂč lâon passe du street art de Graffiti Alley aux cafĂ©s, restaurants, Ă©piceries bio et boutiques de fringues vintage en passant par une trĂšs curieuse voiture jardin. Mais vers 10 heures et sous la pluie, je suis quasiment seul dans la rue. L'atmosphĂšre rĂ©putĂ©e si branchĂ©e n'est pas vraiment au rendez-vous. Et puis, il y a cette paire de chaussures, oubliĂ©e sur une marche... Elle-elle sortie du Bata Shoe museum sur Bloor Street ? Je me prends Ă imaginer l'histoire qui l'a conduit lĂ . Romantique ? Futile ? Sordide ? MystĂšre... Jâessaie de trouver la bonne composition pour cette nature morte improvisĂ©e tout en pensant encore Ă lâhistoire qui a amenĂ© cette paire dâescarpins sur cette marche...

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Japon Ă Paris / 10 avril 2015 / (c) abottleinthesea
Ce vendredi soir, ma semaine de travail s'achĂšve sur les quais du RER A. L'ambiance est morne et la fatigue se lit sur le visage des voyageurs pressĂ©s qui se massent sur le quai, plongĂ©s dans leur tĂ©lĂ©phone ou dans le dernier Guillaume Musso. Il faut une bonne dose d'Ă©nergie pour sortir de la torpeur qu'engendre un moyen de transport routinier et grĂ©gaire dont le seul but est de nous mener d'un point A Ă un point B en examinant constamment les hypothĂšses de trajectoires dans les couloirs ou la meilleure place sur le quai. Ce soir la, l'Ă©nergie vient de cette femme japonaise vĂȘtue d'un kimono qui contraste avec l'environnement ambiant. C'est Ă peine si mes voisins la remarquent. Elle est devant moi, sur le quai, porte fiĂšrement son vĂȘtement. Plus qu'un contraste visuel, c'est une bouffĂ©e d'air frais au milieu de toute cette lĂ©thargie, un dĂ©paysement immĂ©diat, une envie de voyage... Je ne la photographie pas tout de suite, j'attends le bon moment. Un train arrive, la porte s'ouvre, elle prend place et s'installe face Ă moi. Le signal sonore retentit comme une alerte. C'est le moment !
Elegant dans le bus / Kyoto / 25 avril 2016 / (c) abottleinthesea
En ce 25 avril 2016, nous passons de temples en temples Ă Kyoto, bien loin de pouvoir visiter l'ensemble des quelques 1600 lieux de culte de l'ancienne capitale du Japon. Les transports se font en bus, plus ou moins bondĂ©s, emplis de touristes et de locaux habillĂ©s Ă l'occidentale ou, plus rarement, dans la tenue traditionnelle. Devant moi, s'installe ce vieux monsieur, vĂȘtu de cet Ă©lĂ©gant chapeau. Il me semble correspondre Ă une certaine image du Japon, faite d'Ă©lĂ©gance et de sens du dĂ©tail. Mon tĂ©lĂ©phone, parfaitement adaptĂ© aux prises de vues rapprochĂ©es, me semble le bon outil pour fixer ce moment. Le format carrĂ© m'apparaĂźt comme une Ă©vidence, tant je pense Ă Diane Arbus avant de dĂ©clencher.
Pause au Lion d'Or / (c) abottleinthesea
PĂšre Lachaise / (c) abottleinthesea
On the street / (c) abottleinthesea

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On the beach / (c) abottleinthesea
Le temps et l'espace /Â (c) abottleinthesea