Il est 4h30 et comme à chaque fois que je trinque un peu trop l'anxiété pointe son nez après 2-3h de sommeil, merci le vieillissement cellulaire post trentaine.
J'étais heureux en début de semaine, le rdv avec J dimanche était super chouette, j'ai eu plein de messages lundi mardi - je crois que ça a contribué fortement à ma décision de rester à Paris ce week-end, m'ayant proposé que l'on se voie. Et depuis mercredi midi pas de nouvelles, elle devait me dire quand on se reverrait (c'est moi qui ai organisé nos derniers dates), ne l'a pas fait, le fera probablement demain ou samedi, ou pas je n'en sais rien, je lui avais dit que je ne pourrais pas dimanche, et cette incertitude me blesse.
Je ne sais pas si c'est par indifférence, parce qu'elle ne sait pas quoi me proposer ou où me caler dans son agenda. Et elle communique mal, je sens que je dois faire tout le temps le taf de clarification.
Je sens un vrai intérêt pour ma personne, et tout en même temps un mouvement inverse. Je pense que je lui plais, mais en même temps, vu sa phase de vie et de réappropriation de vie, le fait que je sois super clair sur mes attentes (construire une relation longue, avoir des enfants) lui fait peur. En 2 ans et 30 ou 40 dates je n'ai rencontré quasiment personne qui n'ait pas peur de l'engagement. Ca me surprend parce que c'est un comportement que l'on attribue communément aux hommes mais mon expérience côté féminin est similaire ; aucun souci pour des plans sexe d'un soir ou plus - peur panique de nouer un lien durable. Les seules personnes qui s'y disent prêtes et agissent en cohérence avec leurs propos sont celles qui sont sur des modes de vie conservateurs, souvent avec des convictions religieuses. Bref, des gens de droite. J'ai commencé à discuter avec une meuf de finance qui pour le coup est claire sur ses envies, mais franchement je me vois pas faire ma vie avec qqn qui ne pense qu'à gagner du fric à claquer en voyages en avion au bout du monde, tout ça parce qu'on a la même envie d'avoir des gosses. Rien n'y fait ; je suis attiré par les gens qui ont le coeur à gauche. Mais qui du coup ont une relation d'attraction/repulsion face au couple (car quand on est celib à 35 ans c'est en general que l'on a fait l'expérience de relations dysfonctionnelles par le passé, surtout en tant que femme, et je comprends très bien la peur que ça suscite de revivre ça)
Bref pas de solution. Je vais finir par m'inventer une foi catholique et à aller à la messe pour trouver des dates à qui la perspective d'un engagement ne donne pas d'urticaire.
Tout ça pour dire que je vois plein de petits drapeaux rouges chez J. et pourtant rien n'y fait cette personne me plaît, justement, paradoxalement, parce que c'est une bonne personne, profondément gentille et empathique. Et aussi parce qu'elle est vraiment intelligente, on s'apprend des trucs et son intelligence fait bouger ma vision de certains trucs et c'est chouette. Elle est haute fonctionnaire et pour autant elle a un truc super terrestre, ancré, dans la terre au sens propre avec sa passion pour les jardins partagés, mais aussi avec les gens - elle passe ses journées dans des cénacles privilégiés et ses soirées de semaine à aller aider des gosses malades dans des hopitaux. C'est le goût du service public jusqu'au fond des tripes et je trouve ça admirable. Là elle part pour ses vacances au fond de la jungle aider gratos une asso à pister des animaux. Ca me questionne aussi sur ce que je pourrais apporter à sa vie, peut-être que son chemin à elle, c'est d'aller tracer sa voie à l'aventure. Je lui ai dit d'ailleurs : c'est hyper ok si ton chemin du moment c'est de te rendre puissante par toi-même, je respecte à fond, j'ai juste besoin de le savoir pour pouvoir me positionner et me calibrer émotionnellement parce que de mon côté je ressens plus que de l'amitié.
Le truc c'est que je vois aussi que l'admiration que j'ai pour sa bonté morale me fait tolérer le fait qu'elle se comporte un peu comme une m**de avec moi avec du vieux chaud froid des familles. Un truc du genre "qui je suis moi pour lui dire qu'elle ne prend pas assez soin de moi dans notre lien, alors qu'elle prend soin de tant de gens par ailleurs." Elle me l'a dit d'ailleurs "j'ai passé trop de temps à donner aux autres, mais maintenant je suis dans l'extrême inverse, je me mets tjs en premier, il faut que j'arrive à retourner au milieu". Ca m'a fait sourire car c'est exactement ce que j'avais senti. Et l'exact comportement de Romane il y a pile un an. D'où le fait que je l'ai identifié si vite chez elle probablement. La puissance du trauma.
Bref, ça m'ennuie parce que c'est la première personne depuis R. que je vois en date et qui me plaît vraiment, mais à un moment, mes nuits sans sommeil m'indiquent tout de même que la meilleure suite à donner à cette histoire est probablement qu'elle n'ait pas lieu.