Réforme constitutionnelle : NON au recul de société
Déclaration régionale du PCF
La révision de la Constitution proposée par les nationalistes et le gouvernement vise à décrocher la Corse de la Nation. C’est une attaque sur le fond et la nature même du pacte républicain et de notre République. Le député Paul-André Colombani l'a clairement affirmé : « Si on exclut le droit du travail, le droit de la Sécurité sociale etc, du champ de compétences de la Collectivité de Corse je ne suis pas d'accord ».
Le rejet de l'amendement sur la clause de "non-régression sociale et écologique" est éclairant à ce propos.
Les nationalistes entendent ainsi :
réécrire le Code du travail pour le « corsiser », en livrant les salariés à tous les appétits
démanteler la Sécurité sociale et le droit à la santé pour tous (remboursements, certains soins couverts à 100%).
mettre en cause les conventions collectives,
voter un SMIC corse, mais aussi l'abrogation du statut des fonctionnaires, par ailleurs contenue dans la proposition sur la co-officialité ; la fin des commissions paritaires, le déroulement de carrière des agents de la fonction publique soumis à la discrétion des politiques.
Alors que 40% des salariés en Corse ont un bas salaire (1274 euros par mois), patronat et MEDEF en rêvent et soutiennent l’autonomie pour obtenir avec elle une zone franche, payer toujours moins de cotisations et se soustraire "aux rigidités du code du travail". Face à cette réalité, ladite clause de "non-régression sociale", sans valeur juridique, ne garantirait pas le progrès social.
Un gouffre s'ouvre devant la population de notre île où les inégalités sont les plus fortes avec un écart de 3.8 points entre riches et pauvres.
Avec le transfert de la compétence fiscale il est question de fixer les taux de TVA. Aujourd’hui de 2,2% sur les produits de première nécessité en Corse, il est de 5% sur le continent.
Récemment l'Assemblée de Corse a voté une augmentation de 23% de la taxe sur les cartes grises. Elle pourra en faire autant avec la TVA alors que les prix sont déjà plus élevés que sur le continent malgré les réfactions de TVA et le Franco de port.
Tout cela prépare un recul massif de la solidarité nationale et un isolement de la Corse dans le bain ultralibéral de « la concurrence libre et non faussée ».
Voilà pourquoi, nous exigeons qu’avant tout vote à l'Assemblée Nationale, la population de notre île soit consultée pour dire NON à ce recul de société.
Ajaccio Bastia
Le 09 06 2026















