Man, 22, hands himself in after one person shot in Wormhout, near Dunkirk, and four more at Loon-Plage camp
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Man, 22, hands himself in after one person shot in Wormhout, near Dunkirk, and four more at Loon-Plage camp

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Wormhout (Nord), résidence du clocher.
aujourdâhui :https://www.google.fr/maps/@50.8814223,2.4711827,3a,75y,227.58h,96t/data=!3m6!1e1!3m4!1sy8bTeJvoUZ0pt7tbd2-OiQ!2e0!7i13312!8i6656
Souvenirs Pieux
La mort du pape François mâa fait revenir Ă lâesprit dâanciens souvenirs de pratiques religieuses remontant sans doute aux annĂ©es soixante.
Je me souviens que lorsque mes parents ont eu une nouvelle voiture, en lâoccurrence une 404, ils lâont faite bĂ©nir par le curĂ©. Ils avaient eu auparavant une 4 CV (prononcer 4 chevaux) de couleur beige dont je me souviens encore de lâimmatriculation : 22 AJ 62. Sachant que les voitures portant les lettres AA ont commencĂ© Ă ĂȘtre immatriculĂ©es au dĂ©but de lâannĂ©e 1951, dans le Pas de Calais, et celles portant les lettres EB en juillet 1954, jâai estimĂ© que mes parents avaient achetĂ© leur 4 CV Ă la fin de lâannĂ©e 1951.
La 4CV de mes parents devait ressembler à celle-ci. Source : https://www.renault4cv.fr/
Une plaque mĂ©tallique Ă lâeffigie de Saint Christophe et portant le nom de mon pĂšre Ă©tait vissĂ©e sur le tableau de bord. Je la possĂšde encore. Saint Christophe protĂ©geait des accidents de la route. Et pourtant le jour oĂč je suis nĂ©e la voiture a glissĂ© dans le fossĂ©, sans rĂ©el dommage. CâĂ©tait un premier janvier, il y avait de la neige et de la glace sur les routes mais mon pĂšre avait voulu prĂ©venir de ma naissance, ses parents qui habitaient Ă Bavinchove Ă soixante kilomĂštres de Coulogne.
plaque fixée sur le tableau de bord de la 4CV de mon pÚre.
Je crois mĂȘme quâil est arrivĂ© que le curĂ© bĂ©nisse la maison et les Ă©tables avant ou aprĂšs un bon repas, peut-ĂȘtre plutĂŽt avant. Lors de chaque repas, mon pĂšre ne manquait jamais de faire une croix sur le pain Ă lâaide du couteau Ă pain avant de couper les tranches de pain.
AprĂšs la bĂ©nĂ©diction du buis, mes parents remplaçaient les rameaux de lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente sur les crucifix mais ils plaçaient aussi des petites branches de buis dans les Ă©tables pour protĂ©ger les animaux des maladies. Certains mettaient mĂȘme du buis aux quatre coins de leurs champs mais je ne lâai jamais vu faire chez mes parents.
Jâai aussi le souvenir du « panier du curé » qui revenait Ă peu prĂšs une fois par mois ou un peu moins. Ce panier Ă©tait Ă remplir de nourriture qui Ă©tait offerte au curĂ©. Ma mĂšre y mettait du beurre, du sucre, du cafĂ©, un poulet et dâautres choses encore et allait le porter au presbytĂšre.
Je me souviens Ă©galement de beaux dĂ©filĂ©s dans la rue des Hauts-Champs et la rue Basse oĂč les façades des maisons Ă©taient dĂ©corĂ©es de fleurs, oĂč le curĂ© prenait la tĂȘte de la procession portant un ostensoir et placĂ© sous un dais et oĂč des enfants jetaient des pĂ©tales de fleurs sur le sol. CâĂ©tait Ă lâoccasion de la FĂȘte-Dieu.
Toutes ces pratiques ont maintenant disparu.
Ma grand-mĂšre maternelle invoquait assez facilement et couramment le Seigneur ou les Saints. Lorsquâelle ne retrouvait pas un objet ou ne savait plus oĂč elle lâavait mis, elle disait « Saint Antoine de Padoue, priez pour nous ». Lorsquâil y avait de lâorage, elle racontait aux jeunes enfants que nous Ă©tions que le petit JĂ©sus faisait son grand nettoyage dans le ciel, dâoĂč lâeau abondante et le bruit fracassant. Â
Quand le tonnerre Ă©tait encore plus fort et menaçait de sâabattre sur la maison, elle brĂ»lait une chandelle bĂ©nie pour se protĂ©ger de la foudre. Elle avait toujours une bouteille dâeau bĂ©nite sous la main pour se prĂ©munir de tous les maux de la terre.
Lors de la semaine sainte, lorsque nous Ă©tions en vacances Ă Wormhout, ma grand-mĂšre maternelle nous emmenait Ă tous les offices religieux : le jeudi soir avec le lavement des pieds, le vendredi aprĂšs-midi avec le chemin de croix puis les cloches qui partaient Ă Rome et ne sonnaient plus et enfin le grand renouveau avec la fĂȘte de PĂąques. Je me souviens que câĂ©tait lâoccasion, surtout pour les dames, dâarborer ses nouveaux vĂȘtements de la saison printemps-Ă©tĂ©, mĂȘme si le temps ne sây prĂȘtait pas vraiment. Ne dit-on pas : « En avril, ne te dĂ©couvre pas dâun fil »
Ces souvenirs, vus avec mes yeux dâenfants, je les observais avec beaucoup dâintĂ©rĂȘt et de curiositĂ©.
#wormhout #nord #nordpasdecalais #dunkerque #suisse #suivezmoi #suivremaconstruction #suiveznous #suivremaconstruction2020 #suivez #suivre (Ă Wormhout) https://www.instagram.com/p/CHIAldCDFb1/?igshid=zaf8u9dtcfux
Lâagenda de Paul Dequidt
En regardant dans une boĂźte aux livres, prĂšs de chez moi, Ă ChĂątillon, dans les Hauts de Seine, jâai Ă©tĂ© surprise et amusĂ©e dây trouver un livre-agenda de Paul DEQUIDT, le torrĂ©facteur de cafĂ© dont on voit des publicitĂ©s dans certains magazines.
photo extraite de lâagenda 2019 oĂč Paul Dequidt fait une dĂ©gustation de cafĂ©s au BrĂ©sil.
Suite aux quatre ouvrages que jâai rĂ©alisĂ©s sur les familles DEQUIDT, DEHAENE, VANBREMEERSCH et DENAES, je suis rĂ©guliĂšrement contactĂ©e par des membres de ma famille, et trĂšs majoritairement du cĂŽtĂ© DEQUIDT, je dois le dire, par courrier, tĂ©lĂ©phone, Facebook, Messenger ou mail mais on ne mâa encore jamais fait de clin dâĆil de la sorte en mettant sur mon chemin un livre dont lâauteur est un membre de ma famille.
 Un peu de généalogie
Jean-Claude, Paul DEQUIDT est mon arriĂšre-petit-cousin. Nos grands-parents respectifs, RĂ©mi DEQUIDT pour Paul et Cyr DEQUIDT pour moi Ă©taient des cousins germains. Ils sont nĂ©s Ă un mois dâintervalle : RĂ©mi le 6 novembre 1883 Ă Wormhout et Cyr le 8 dĂ©cembre de la mĂȘme annĂ©e Ă Winnezeele. De plus, Charles DEQUIDT, le pĂšre de RĂ©mi Ă©tait le parrain de Cyr. Ils se sont aussi mariĂ©s la mĂȘme annĂ©e, en 1911, Ă quelques jours dâintervalle et ont repris tous les deux une ferme Ă Wormhout.
A ce propos, mon pĂšre mâa racontĂ© une anecdote concernant la ferme de son pĂšre Cyr DEQUIDT. Il a fallu lâintervention de Charles DEQUIDT, parrain de Cyr et pĂšre de RĂ©mi pour que Cyr trouve une ferme Ă louer et puisse ainsi se marier et sâinstaller avec son Ă©pouse Irma DENAES. Il a exercĂ© un « odieux » chantage  auprĂšs de Julie LEURS, la future belle-mĂšre de RĂ©mi, en lui laissant entendre quâil ne donnerait son accord au mariage de son fils RĂ©mi avec AgnĂšs LEURS quâĂ la condition quâelle cĂšde sa ferme Ă Cyr. Ce qui fut fait.
RĂ©mi sâest mariĂ© avec AgnĂšs le 24 juillet 1911 Ă Wormhout et avait sa ferme sur lâOude Straete tandis que Cyr a Ă©tĂ© uni Ă Irma le 29 juillet 1911 Ă Cassel et sa ferme se trouvait sur le chemin de Zermezeele.
 Le livre-agenda de lâannĂ©e 2019
Il est indiquĂ© quâil sâagit du vingt-et-uniĂšme agenda, jâen dĂ©duis quâil existe depuis 1998. Je nâavais jamais vu ni eu connaissance de lâexistence de ces agendas jusquâĂ maintenant. Ils sont trĂšs certainement rĂ©servĂ©s Ă la clientĂšle de Paul DEQUIDT et il a sans doute un bon client Ă ChĂątillon.
En feuilletant cet agenda, jây dĂ©couvre de belles vues de Bruges, ville que jâai beaucoup apprĂ©ciĂ©e. Par contre, jâignorais lâexistence de la statue en bronze de « Marieke », vous savez bien, celle que chantait Jacques BREL. De mĂȘme, je nâai jamais assistĂ© Ă la procession du Saint Sang qui a lieu chaque annĂ©e le jeudi de lâAscension, depuis au moins lâan 1304, sauf Ă©videmment cette annĂ©e Ă cause de ce maudit coronavirus.
Paul DEQUIDT nous dĂ©voile ensuite sa 71Ăšme expĂ©dition qui a eu lieu au BrĂ©sil en juin 2017, oĂč il nous fait dĂ©couvrir la culture et la rĂ©colte du cafĂ© dans le Minas Gerais.
Plus prĂšs de nous, il nous fait redĂ©couvrir les GĂ©ants des Flandres grĂące aux photos prises lors de la Ronde des GĂ©ants qui a eu lieu Ă Wormhout en juillet 2018. On y retrouve de trĂšs anciens gĂ©ants dâosier comme Tisje-Tasje dâHazebrouck ou Jean le bĂ»cheron de Steenvoorde mais aussi de plus rĂ©cents comme Eloi lâagriculteur de Winnezeele ou Hilaire Patate maraĂźcher de RosendaĂ«l.
La 72Ăšme expĂ©dition de Paul DEQUIDT a eu lieu en juillet 2018 aux Ăźles Marquises, situĂ©es Ă 1500 km de Tahiti. Sait-il quâun autre cousin de son grand-pĂšre, Ernest DEQUIDT, a vĂ©cu plusieurs annĂ©es Ă Tahiti, il y a un peu plus de cent ans maintenant ? Le livre nous fait dĂ©couvrir de magnifiques photos des Ăźles mais il nous dĂ©voile aussi la famille de Paul, sa fille CĂ©cile et ses quatre enfants.
capture dâĂ©cran dâune visite de lâentreprise de Paul Dequidt fait par le Club Rencontre Amicale des AĂźnĂ©s de Wormhout en octobre 2018 oĂč lâon peut voir un autre de mes cousins, RĂ©gis Dequidt.(https://www.facebook.com/WormhoutEcho/videos/396533104215002/UzpfSTEwMDAwMzUwNDMyNjIwMDoyODQ4MDYwOTQ1MzIwNjg4/)
Dans les derniĂšres pages de lâagenda, jâapprends que Paul a un blog : http://blog.pauldequidt.com/
et bien sûr un site Internet : www.pauldequidt.com
Il est Ă©galement lâauteur de livres relatant ses expĂ©ditions : Les aventuriers du cafĂ© perdu 1 et 2.
Enfin, en parcourant son blog, je dĂ©couvre quâil a Ă©tĂ© « gĂ©antifié » ainsi que son Ă©pouse disparue. Le 8 septembre dernier, Ă Herzeele, ont Ă©tĂ© baptisĂ©s Paul le TorrĂ©facteur Aventurier et Mania lâEthiopienne. Un autre DEQUIDT est reprĂ©sentĂ© par un gĂ©ant, il sâagit de Jan Patate mais on ne sait pas si ce Jean DEQUIDT est notre cousin.

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De Wormhout Ă Paris via Rouen et Le Havre, ou le destin dâEmma
Mon pĂšre, Michel DEQUIDT, nĂ© en mai 1914 Ă Wormhout, nâa vĂ©ritablement connu son pĂšre que lorsque celui-ci est rentrĂ© du front en 1919, câest-Ă -dire Ă un peu moins de cinq ans.
De la guerre 1914-1918, Michel a vu le passage des trains chargĂ©s de vivres et de munitions qui empruntaient la voie du petit train des Flandres en direction de la Belgique afin de ravitailler le front. Ces trains sâarrĂȘtaient bien souvent, non loin de la ferme, afin de puiser de lâeau dans la Becque pour alimenter la locomotive.
le petit train des Flandres reliant Herzeele Ă Saint-Omer.
Il a Ă©galement partagĂ© la nourriture de soldats anglais qui cantonnaient dans les dĂ©pendances de la ferme. Il avait tellement sympathisĂ© avec eux que, du haut de son jeune Ăąge, il prit la dĂ©cision de les suivre lorsquâils eurent lâordre de lever le camp. Heureusement, lâouvrier de la ferme, RenĂ© MONTUWY, le rattrapa in extremis et le ramena Ă sa mĂšre.
A cette Ă©poque, RenĂ© MONTUWY devait avoir quarante-six ans et il Ă©tait Ă la tĂȘte dâune famille dâau moins huit enfants dont lâaĂźnĂ© Ă©tait mort au combat durant la bataille de Champagne, en 1915. Il avait une bonne expĂ©rience des enfants et savait intĂ©resser et occuper le petit Michel qui passait son temps en dehors de la maison. Plus tard, il lui apprendra Ă capturer des anguilles.
RenĂ© MONTUWY sâĂ©tait mariĂ© Ă Eudoxie VANDENBERGHE, en 1892. Le couple vivait au Rietveld, un Ă©cart de Wormhout proche de Zermezeele et de Ledringhem.
MalgrĂ© ses enfants Ă Ă©lever, Eudoxie venait faire la lessive chez les DEQUIDT. Ce nâĂ©tait pas une mince affaire que de faire la lessive au dĂ©but du XX° siĂšcle. Il fallait faire bouillir le linge dans la lessiveuse, puis attraper chaque piĂšce de linge avec un bĂąton dans lâeau chaude, la savonner et la brosser vigoureusement sur une planche de bois. Ensuite, aprĂšs plusieurs rinçages, on Ă©talait le linge sur lâherbe afin quâil soit plus blanc.
Eudoxie parlait souvent de sa sĆur qui travaillait Ă Paris, Ă tel point que mon pĂšre me lâa rĂ©pĂ©tĂ©. Eudoxie devait sans doute sâimaginer que la vie Ă©tait plus gaie et plus facile dans la capitale. Je ne sais pas, si une fois partie, cette sĆur prĂ©nommĂ©e Emma, qui avait dix ans de moins quâEudoxie, est revenue rendre visite Ă sa famille en Flandre.
tableau rĂ©alisĂ© avec lâaide de Paul-Antoine Salvetti
Eudoxie et son mari RenĂ© ont mariĂ© cinq filles entre 1922 et 1932. Parmi les tĂ©moins de ces mariages, je nâai pas trouvĂ© trace dâEmma VANDENBERGHE ni de Gaston Paul Gabriel Corneille MONTHAYE. Par contre, jâai pu noter dans les actes quâEudoxie et RenĂ© ne savaient pas Ă©crire. Pouvaient-ils lire les Ă©ventuels courriers dâEmma ou se les faisaient-ils lire par leur entourage ?
Que dire dâEmma ? En vĂ©ritĂ©, je ne sais pas grand-chose dâelle. Son acte de naissance, en date du 11 juin 1879 Ă Wormhout, ne nous est dâaucune aide car il ne comporte aucune mention marginale de mariage ou de dĂ©cĂšs. La seule information que jâai dâelle câest quâelle est dĂ©cĂ©dĂ©e Ă Rosny-sous-Bois le 9 juin 1953.
photo dâEmma, aimablement transmise par Bernadette Vandenberghe, petite-niĂšce dâEmma.
Câest surtout lâacte de dĂ©cĂšs de son fils Paul VANDENBERGHE qui me donne quelques explications ou plutĂŽt qui me pose beaucoup de questions. Sur cet acte, il est indiquĂ© que Paul est le fils adoptif dâEmma VANDENBERGHE et de Gaston Paul Gabriel Corneille MONTHAYE. Jâai longuement cherchĂ© pour savoir qui est ce Monsieur MONTHAYE.
Gaston MONTHAYE est le dernier dâune famille de neuf enfants (dont trois nĂ©s sans vie, une fille dĂ©cĂ©dĂ©e Ă six ans et un fils mort Ă vingt-six ans) et le seul fils encore en vie aprĂšs le dĂ©cĂšs de son frĂšre aĂźnĂ© en 1884. Son pĂšre qui Ă©tait marchand de levure est dĂ©cĂ©dĂ© en 1886 alors que Gaston avait quinze ans. Sur sa fiche matricule, il est indiquĂ© quâil Ă©tait reprĂ©sentant de commerce. Il est parti le 12 novembre 1892 pour le 110° RI mais il a Ă©tĂ© rĂ©formĂ© le 13 avril 1893 pour surditĂ© mais aussi parce que fils unique dâune veuve.
Il avait, auparavant, fait un voyage au Congo et organisĂ© aussitĂŽt une entreprise, selon ses dires.  La sociĂ©tĂ© des factoreries de Nâ DjolĂ© a Ă©tĂ© créée en 1894. Son agent au Congo, Ferdinand CHERADAME, Ă©tait le propriĂ©taire du terrain et du magasin. Il mourut le 7 juillet 1898, Ă lâĂąge de trente-et-un ans en laissant un testament dans lequel il cĂ©dait le tout Ă Gaston MONTHAYE. Cette concession disposait dâun terrain de 4200 km2 et avait un capital de 600 000 F en 1899. Â
On retrouve donc Gaston MONTHAYE au Havre oĂč il Ă©pouse Elisa VERRIELE dont le pĂšre Ă©tait maĂźtre-boulanger au Havre aprĂšs avoir quittĂ© Bergues. Il faut signaler que celui-ci Ă©tait originaire de RexpoĂ«de tout comme les parents de Gaston. Sa mĂšre, ses sĆurs et leurs maris Ă©taient prĂ©sents au Havre pour le mariage cĂ©lĂ©brĂ© le 14 mai 1895.
Gaston MONTHAYE avait de remarquables qualitĂ©s dâorganisation : « Câest Ă cette organisation que jâai dĂ» de rĂ©ussir lĂ oĂč bien des maisons disposant cependant de capitaux trĂšs importants ont Ă©choué». NĂ©anmoins son affaire pĂ©riclita. La sociĂ©tĂ© MONTHAYE affiche en 1904 un dĂ©ficit de 13 000 F. Pourtant les arrivages sur le port du Havre pour le compte de MONTHAYE sont rĂ©guliers. Il sâagit le plus souvent dâivoire. La concession MONTHAYE est dissoute en 1911.
Sur la fiche matricule de Gaston MONTHAYE, je peux lire quâil a Ă©tĂ© appelĂ© durant la premiĂšre guerre mondiale, le 7 fĂ©vrier 1916, pour rejoindre le 129° RI. Il avait, alors, pas loin de quarante-cinq ans. Mais le 4 septembre 1917, il Ă©tait dĂ©tachĂ© dans ses foyers pour travaux agricoles. Je constate, Ă©galement, quâil a changĂ© de domicile au dĂ©but de 1915 pour sâinstaller Ă Epouville, non loin du Havre. Il y avait sans doute une exploitation agricole. Mais quây cultivait-il ? Combien de temps y est-il resté ?
Beaucoup plus tard, Ă partir de 1941 et sans doute avant, je retrouve Gaston MONTHAYE Ă Rosny-sous-Bois. Son Ă©pouse, Elisa, y est dĂ©cĂ©dĂ©e et a Ă©tĂ© inhumĂ©e dans le cimetiĂšre communal le 31 janvier 1941. A cette Ă©poque, Gaston Ă©crit plusieurs livres : « LâĂ©nigme et le but de la vie » publiĂ© chez Hachette en 1946, « Pour lâhumanitĂ© Ă lâheure du danger ! (lettre Ă un Ă©tudiant)» et « AthĂ©isme ! Communisme ! Existentialisme ! », tous deux Ă©ditĂ©s par la librairie Mercure.
Marcelle, une sĆur de Gaston de huit ans son aĂźnĂ©e, Ă©tait venue vivre prĂšs de lui, probablement aprĂšs la mort de son Ă©poux en 1921 ou aprĂšs le dĂ©cĂšs de sa sĆur Estelle en 1927. Marcelle avait Ă©pousĂ©, Ă lâĂąge de quarante-huit ans, Albert VERGRIETE, un homme deux fois veuf, de soixante-deux ans qui Ă©tait lâoncle du mari de sa sĆur Estelle. Je retrouve les enfants dâEstelle Ă Nogent sur Marne qui nâest situĂ©e quâĂ cinq kilomĂštres de Rosny-sous-Bois, Ă lâoccasion de trois mariages cĂ©lĂ©brĂ©s entre 1920 et 1926 et lors du dĂ©cĂšs, en 1934, de son dernier fils qui avait de sĂ©rieux problĂšmes cardiaques. Marcelle est dĂ©cĂ©dĂ©e le 9 janvier 1951 Ă Rosny-sous-Bois. Gaston a rendu son dernier souffle mĂȘme pas deux mois plus tard. Il a Ă©tĂ© inhumĂ© dans la tombe oĂč reposait son Ă©pouse, le 3 mars 1951.
Emma VANDENBERGHE sâest Ă©teinte au 87, rue du GĂ©nĂ©ral Leclerc Ă Rosny-sous-Bois, le 9 juin 1953. Elle est toujours restĂ©e cĂ©libataire bien quâayant un fils. Elle a Ă©tĂ© inhumĂ©e dans la tombe de Marcelle MONTHAYE. Cette sĂ©pulture a Ă©tĂ© reprise et les ossements transfĂ©rĂ©s dans lâossuaire. Seule subsiste encore de nos jours la tombe de Gaston et Elisa. Je nâai pas trouvĂ© de naissances dâenfants  de ce couple, ils nâen ont probablement pas eus.
Paul VANDENBERGHE est nĂ© le 31 juillet 1912 Ă Rouen et non le 31 juillet 1916 comme indiquĂ© sur le site de la BibliothĂšque Nationale de France. A-t-il souhaitĂ© dissimuler son passé ? Il est le fils naturel dâEmma VANDENBERGHE qui a accouchĂ© au 37, place du Vieux MarchĂ© Ă Rouen. A cette adresse, on trouve un restaurant « Les MaraĂźchers » qui existe prĂ©cisĂ©ment depuis 1912. Auparavant, la bĂątisse servait de dortoir pour les maraĂźchers venant des alentours pour vendre leurs produits au marchĂ©. Emma est dite cuisiniĂšre. Travaillait-elle dans ce restaurant qui venait dâouvrir ? Ou a-t-elle Ă©tĂ© Ă©loignĂ©e du Havre pendant quelques mois le temps de sa grossesse et de lâaccouchement ?Â
Une photo de Paul Vandenberghe prise au studio Harcourt créé en 1934 oĂč le Tout-Paris vient faire immortaliser son portrait;(http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10510426c/f6.image.r=%22paul%20vandenberghe%22) Â
Je pense quâEmma Ă©tait au service des MONTHAYE lorsquâelle sâest retrouvĂ©e enceinte et que Gaston est le pĂšre biologique de Paul. Bien souvent, une fille-mĂšre comme on disait Ă lâĂ©poque, donnait Ă son nouveau-nĂ© le prĂ©nom de lâamant qui lâavait sĂ©duite. On trouve une similitude des prĂ©noms Gaston Paul Gabriel dâun cĂŽtĂ© et Paul Gaston Gabriel de lâautre.
Je ne sais pas quand Emma a repris du service auprĂšs des MONTHAYE mais, le 7 octobre 1925, lorsquâelle reconnaĂźt lâenfant qui porte son nom, elle est au Havre.
autre photo de Paul prise au studio Harcourt, aimablement transmise par Bernadette Vandenberghe dont le pÚre était le cousin germain de Paul.
Ce nâest que cinq ans aprĂšs le dĂ©cĂšs de son Ă©pouse que Gaston fait des dĂ©marches pour adopter Paul VANDENBERGHE. Un jugement en ce sens a Ă©tĂ© rendu par la premiĂšre Chambre du Tribunal civil de la Seine, en date du 10 octobre 1946. Alors pourquoi une adoption et non⊠une reconnaissance de paternité ? Etait-ce trop difficile dâavouer quâil Ă©tait son pĂšre, bien des annĂ©es plus tard ? Voulait-il simplement faire preuve de gĂ©nĂ©rositĂ© afin que Paul hĂ©rite de ses biens aprĂšs sa mort ?
dessin publiĂ© dans le journal âLe Matinâ du 15 juillet 1942
Paul VANDENBERGHE a Ă©crit une piĂšce de théùtre qui a eu un grand succĂšs dans les annĂ©es 1938- 1939. Cette comĂ©die avait pour titre « Jâai dix-sept ans » et je pense que câest aussi pour cela que Paul sâest rajeuni de quatre ans car il avait une apparence trĂšs juvĂ©nile et interprĂ©tait le rĂŽle du jeune Bob DARCOURT. Celui-ci a une profonde admiration pour le romancier Maurice FEURVILLE. Il a lâoccasion de rencontrer le romancier qui sâintĂ©resse Ă lui mais ⊠aussi Ă sa mĂšre, une jeune veuve. Bob est dĂ©sespĂ©rĂ©, considĂ©rant cette liaison comme une trahison mais FEURVILLE plaide tellement bien sa cause que Bob finit par se rĂ©jouir du mariage de sa mĂšre et du romancier.
Cette histoire nâest-elle pas partiellement autobiographique ?
Jâai le sentiment que Paul a parsemĂ© son Ćuvre de petits cailloux blancs et je me suis laissĂ©e guidĂ©e par ces indices. FEURVILLE ne ressemble-t-il pas Ă Gaston ?Â
Mais le mariage entre Gaston et Emma nâa pas eu lieu.
Dans une autre piĂšce « Garçons, filles et chiens », co-Ă©crite par Paul VANDENBERGHE et Paul ARMONT, en 1938, le point de dĂ©part de lâhistoire est lâhumiliation subie par une jeune-fille dont la mĂšre est blanchisseuse.
Emma Ă©tait cuisiniĂšre mais elle aurait tout aussi bien pu ĂȘtre blanchisseuse comme sa sĆur aĂźnĂ©e Eudoxie.
Dans une troisiĂšme piĂšce « Gringalet » il Ă©voque la vie dâun enfant naturel, Ă©levĂ© en cachette par son pĂšre. Celui-ci lâintroduira dans sa famille lĂ©gitime, non sans difficultĂ©s.
En effet, Gaston MONTHAYE Ă©tait mariĂ© lorsquâil a conçu son fils Paul. Celui-ci a probablement vĂ©cu en nourrice jusquâĂ ce que sa mĂšre le reconnaisse lorsquâil avait treize ans. Câest peut-ĂȘtre Ă ce moment-lĂ quâil a Ă©tĂ© introduit dans la famille MONTHAYE oĂč devait vivre Emma.
journal Comoedia du 22 août 1942 (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105162418/f5.image.r=%22paul%20vandenberghe%22)
Lâacte de naissance de Paul VANDENBERGHE nous indique quâil a Ă©tĂ© mariĂ© une premiĂšre fois Ă Jacqueline Marie PĂROT quâil a Ă©pousĂ©e le 11 aoĂ»t 1942, Ă Fleury-la-VallĂ©e dans lâYonne et pour laquelle je nâai trouvĂ© aucune information. Leur divorce a Ă©tĂ© prononcĂ© le 24 juillet 1950 par jugement du Tribunal civil de la Seine. TrĂšs rapidement, Paul sâest mariĂ© en secondes noces avec Suzanne Gertrude Hildegar GROTHE. Jâavais vu dans le journal culturel Comoedia quâelle avait passĂ© un concours de dĂ©clamation en 1925 et quâelle avait Ă©tĂ© retenue par le jury pour participer Ă lâĂ©preuve finale Ă lâissue de laquelle elle sera classĂ©e 9° sur 10.
tombe de Paul, Suzanne et Etienne Vandenberghe
un ange...
... et des colombes veillent sur eux.
En me rendant sur la tombe de Paul VANDENBERGHE (1912- 1961), au cimetiĂšre parisien de Saint-Ouen, jâai dĂ©couvert que son Ă©pouse lâavait rejointe en 1996. Il est indiquĂ© sur la pierre tombale Suzanne VANDENBERGHE dite SERGE (1905- 1996). Jâavais dâabord pensĂ© au prĂ©nom Serge mais je nâai rien trouvĂ© sur la toile Ă propos de Serge GROTHE ou de Serge VANDENBERGHE. Mais câest lorsque jâai regardĂ© attentivement la distribution des deux films que Paul VANDENBERGHE a corĂ©alisĂ©s en 1949 (« On ne triche pas avec la vie » avec Suzanne GABRIELLO et Madeleine ROBINSON)Â
et en 1956 (« Les mains liĂ©es » avec Nadine ALARI et oĂč Paul avait le premier rĂŽle) que jâai dĂ©couvert dans la distribution une actrice du nom de Suzanne SERGE. Paul et Suzanne ont donc dĂ» se connaĂźtre en 1949.
Auparavant, Suzanne avait jouĂ© dans beaucoup de piĂšces de théùtre entre les annĂ©es 1929 et 1949 et elle avait tournĂ© dans un autre film « Le premier mot dâamour », en 1932. Sa carriĂšre semble sâĂȘtre arrĂȘtĂ©e au dĂ©but des annĂ©es 1950, mis Ă part le film de 1955.
photo de Suzanne Serge parue dans âLe Petit Journalâ du 24 novembre 1928 (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k630487k/f6.item.r=%22suzanne%20serge%22.zoom)
A-t-elle choisie de privilĂ©gier lâĂ©ducation de son ou de ses enfants ? Jâai vu, sur la tombe, quâun Etienne VANDENBERGHE (1952- 1994) y avait Ă©galement Ă©tĂ© enterrĂ©. Je suppose quâil sâagit de leur fils. Jâai vu que la tombe avait Ă©tĂ© fleurie pour la Toussaint, câest donc quâil existe encore de la famille : dâautres enfants de Paul ? lâĂ©pouse ou les enfants dâEtienne ? Je ne peux quâĂ©mettre des conjectures.
Il y a eu 649 reprĂ©sentations de la piĂšce « Jâai dix-sept ans » jusquâĂ la mobilisation. Paul VANDENBERGHE ainsi que lâacteur qui interprĂ©tait le rĂŽle de FEURVILLE (Guy RAPP) furent mobilisĂ©s et faits prisonniers. Alors quâil Ă©tait internĂ© au camp du Colombier, prĂšs de Rennes, Paul donna une reprĂ©sentation de sa piĂšce « Garçons, filles et chiens » en novembre 1940.
Au stalag X B, lâancien sĂ©minaire de Schildberg en Pologne, oĂč il Ă©tait prisonnier, Paul Ă©crira sa nouvelle piĂšce de théùtre « Gringalet quâil a lue devant mille prisonniers dans le grenier ».
source:Â http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105162418/f8.image.r=%22paul%20vandenberghe%22
Guy RAPP et Paul VANDENBERGHE seront libĂ©rĂ©s du stalag en 1942 et reprendront les reprĂ©sentations de « Jâai dix-sept ans » tant Ă Paris quâen province. Ainsi, le 1° octobre 1942, ils seront Ă Vichy oĂč ils ont obtenu un succĂšs considĂ©rable. Leurs cachets alimentaient le « PĂ©cule du comĂ©dien prisonnier », une Ćuvre dâentraide fondĂ©e par Guy RAPP afin que les comĂ©diens prisonniers de guerre puissent recevoir, Ă leur libĂ©ration, une somme dâargent en attendant de retrouver un rĂŽle.
Paul VANDENBERGHE continuera une carriĂšre de scĂ©nariste, dialoguiste, rĂ©alisateur et acteur jusquâen 1958 oĂč il eut un rĂŽle dans le film « La moucharde » de Guy LEFRANC dans lequel Pierre VANECK avait le premier rĂŽle. La mĂȘme annĂ©e, il avait Ă©galement Ă©crit le scĂ©nario en collaboration avec Edouard MOLINARO les dialogues du film « Le tombeur » de RenĂ© DELACROIX avec Raymond BUSSIERES, Gaby MORLAY, Denise GREY, Marthe MERCADIER.
Il est possible quâil soit tombĂ© malade aprĂšs cette date. Il est dĂ©cĂ©dĂ© le 1° mai 1961 au 106, boulevard du GĂ©nĂ©ral Leclerc Ă Clichy qui nâest autre que lâhĂŽpital Beaujon. Il avait seulement quarante-neuf ans.
 Sources :
Je remercie les mairies de Rosny sous Bois et de Rouen pour lâenvoi des actes de dĂ©cĂšs dâEmma et de naissance de Paul.
 Archives de Paris en ligne :Â
http://archives.paris.fr/r/124/-at-civil-de-paris/
 Archives du Nord en ligne :
http://www.archivesdepartementales.lenord.fr/?id=etat_civil
 Archives de la Seine-Maritime en ligne :
http://www.archivesdepartementales76.net/rechercher/archives-en-ligne/etat-civil-en-ligne/
 Gallica : Paris Soir du 15 mai 1942 :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7643818b/f4.item.r=%22le%20p%C3%A9cule%20du%20com%C3%A9dien%20prisonnier%22.zoom
 Gallica : Recueil Garçons, filles et chiens :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105104320.r=%22paul%20vandenberghe%22?rk=21459;2
 Gallica : Recueil Jâai dix-sept ans :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10510426c.r=%22paul%20vandenberghe%22?rk=42918;4
 Gallica : Recueil Gringalet :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105162418.r=%22paul%20vandenberghe%22?rk=64378;0
 Le Havre colonial de 1880 à 1960 par Claude Malon :
https://books.google.fr/books?id=LApFoq9fbYgC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q=monthaye&f=false