SÉANCE #08 — La culture au bout du clic : une réalité virtuelle ?
Depuis plusieurs années, les nouvelles technologies diversifient l’accès aux arts et à la culture par une dématérialisation des contenus.
Durant la pandémie, à défaut de pouvoir se rendre au musée (dû aux mesures sanitaires qui ont mis la culture à l’arrêt) des initiatives ont fleuri afin de rendre plus accessible la culture.
C’est ainsi que s’est accentué le phénomène de numérisation des musées avec le déploiement des visites virtuelles.
Le musée du Louvre, précurseur en matière de multimédia avec l’édition dès 1995 d’un cédérom dédié à ses collections, n’a cessé d’innover sur la question du virtuel.
Les buts poursuivis y sont à la fois éducatifs (atteindre une nouvelle cible), scientifiques (une chance pour les chercheurs d’avoir accès à des données réparties aux quatre coins du monde, conservation) et touristiques (le cas des publics éloignés, inciter à venir se rendre réellement au musée).
Grâce à cet outil de communication, « Chacun, partout, à tout moment, peut avoir accès à n’importe quelle forme d’art » (Haber, 2000).
Cependant des limites à ce système se font voir. Comme en témoigne la capture d’écran, j’ai testé la visite virtuelle de l’exposition Venus d’ailleurs. Matériaux et objets voyageurs dispensée par le musée du Louvre. On constate alors que certaines œuvres et descriptions au mur sont floutées, le zoom n’offre pas une résolution optimale… Cette technologie alternative permettant de déambuler virtuellement à travers les salles d’un des plus grands musées au monde connaît de fait certaines imperfections.
Comme le souligne Le Conseil de L’Europe, la « numérisation modifie en profondeur notre expérience culturelle, non seulement du point de vue de l’accès, de la production et de la diffusion de la culture, qui sont conditionnés aux nouvelles technologies, mais également en termes de participation, de création et d’apprentissage dans une société de la connaissance ».
Ces nouveaux supports aux objectifs de « démocratisation culturelle » modifient la relation du public avec le musée. Les visites virtuelles ne pourront jamais offrir l’expérience sensorielle ressentie lors d’une visite en personne. Mais comme le souligne, Marc Terrisse, dans son article Musées et visites virtuelles : évolutions et possibilités de développement : elles « proposent en revanche un complément idéal – sur les plans pédagogiques, ludiques, scientifiques ou touristiques ».