J'ai besoin de vous...
Intervention de Lucas Egan lors de la consultation des Ătats gĂ©nĂ©raux sur le postsecondaire en Ontario français Ă Ottawa (30 novembre 2013)
 Je mâappelle Lucas Egan, je suis Ă©tudiant de premiĂšre annĂ©e Ă lâUniversitĂ© dâOttawa et je suis en exil.
 Depuis trois mois, je vis hors ma rĂ©gion natale de cette province, car je ne peux y Ă©tudier dans la langue de mon choix. Si vous ne lâavez pas constatĂ© par mon accent ou mon manque dâhabitude quant Ă toute cette neige, oui, je parviens du sud de lâOntario. Mon parcours dans le systĂšme Ă©ducationnel francophone sâest malheureusement conclu le 28 juin 2013.
 Jâai dĂ» faire un choix : lâexil ou lâassimilation. Ăvidemment, si je suis ici, câest que jâai choisi de conserver ma culture, ma langue, et mon identitĂ©. Malheureusement, ce choix est coĂ»teux, et je dĂ©penserai plus de 5000$ cette annĂ©e afin de garder mon appartenance Ă ma communautĂ©. Si ce nâĂ©tait pas Ă©vident, je suis dans la minoritĂ©. La grande majoritĂ© des finissant(e)s de ma classe ont choisi une de deux institutions Ă proximitĂ© â nâoffrant ni un ni lâautre des programmes en français.
 Si je suis ici, câest que j'ai besoin de vous. J'ai besoin de vous non pas pour mon avenir, mais pour celui de ma petite sĆur, celui de mes futurs enfants, un avenir dans lequel lâentiĂšretĂ© de leur Ă©ducation pourra se faire en français. J'ai besoin de vous puisque, contrairement Ă ce quâon vous dirait, nos campus universitaires ne sont pas Ă©quitablement bilingues. J'ai besoin de vous pour dĂ©montrer que lâOntario Français est bel et bien vivant et audacieux. J'ai besoin de vous, tout simplement, parce que ce combat nâest pas le mien. Ce nâest pas celui du RĂFO, pas celui de la FESFO, ni de lâAFO. Ce combat est celui du peuple franco-ontarien dans son entiĂšretĂ©. Ă maintes reprises lors de son histoire, le peuple franco-ontarien sâest uni sous la banderole de lâĂ©ducation â la rĂ©sistance au rĂšglement 17, le combat pour les Ă©coles secondaires, les manifestations pour les conseils scolaires, la lutte pour les collĂšges. Cette revendication-ci est la conclusion dâun historique de combat â câest un passage de notre histoire qui sera enseignĂ© le 30 novembre 2030 dans un cours dâhistoire canadien dans lâuniversitĂ© franco-ontarienne, une universitĂ© nĂ©cessaire, nĂ©cessaire pour le peuple franco-ontarien, nĂ©cessaire pour notre province, nĂ©cessaire pour nous tous.
 Nous ne sommes pas citoyens de deuxiĂšme classe. Nous ne sommes pas un peuple non Ă©duquĂ©, nous ne sommes pas un peuple exilĂ©, nous ne sommes pas un peuple perdu, nous sommes un peuple de combat, un peuple ancrĂ© dans lâhistoire de cette province, et de ce pays. Je conclus alors avec une citation du dĂ©putĂ© provincial NapolĂ©on Champagne, le jour de la dĂ©faite du rĂšglement 17, en 1927: « Ceci est notre pays : le français notre langue : nous allons y rester et aucun tyran ne pourra nous voler nos droits. »
 Lucas
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 Lucas Egan est un Ă©tudiant de premiĂšre annĂ©e en Ă©tudes des conflits et droits humains Ă lâUniversitĂ© dâOttawa. Il est originaire dâAjax dans le Centre de lâOntario.











