Wee Muckers â Youth of Belfast.
Belfast, Highfield. The girl in the flower dress. © Toby Binder
seen from United States
seen from United States
seen from United States
seen from United States

seen from Czechia
seen from Czechia
seen from United States
seen from United States
seen from United States

seen from Russia
seen from United States

seen from Russia
seen from Germany
seen from United States
seen from France

seen from South Africa
seen from TĂŒrkiye
seen from Germany
seen from Russia

seen from TĂŒrkiye
Wee Muckers â Youth of Belfast.
Belfast, Highfield. The girl in the flower dress. © Toby Binder

Anya is live and ready to show you everything. Watch her strip, dance, and perform exclusive shows just for you. Interact in real-time and make your fantasies come true.
Free to watch âą No registration required âą HD streaming
Toby Binder. Divided Youth of Belfast
Photographie (extraordinaire) de Toby Binder, prise Ă Belfast.
Oui, je voulais revenir Ă Milkman, le roman dâAnna Burns, nĂ©e Ă Belfast au dĂ©but des annĂ©es 60. Ce livre mâhabite encore aujourdâhui, jâai de la peine Ă le quitter, ce qui est bizarre parce que on y est pas vraiment « confortable », vu que mĂȘme si aucun repĂšre spatio-temporel nâest donnĂ©, câest Ă©vident quâon est Ă Belfast dans les annĂ©es 70, en plein dans les annĂ©es quâon appelle pudiquement les annĂ©es des « troubles ». Et que la narratrice qui nâa pas de nom (mais qui devient si proche de nous, lecteurs, quâon a du mal Ă quitter sa psychĂ©) rend parfaitement la suffocation qui est la sienne (et sans doute de tant dâautres). Il sâagit dâavoir dix-huit ans dans une ville en guerre, rĂ©gie par des lois plus ou moins tacites, un sytĂšme violent qui rĂ©duit toute libertĂ©. RĂ©gime para militaire oĂč on sâhabitue Ă vivre selon des rĂšgles folles mais que lâon a intĂ©grĂ©es pour survivre. La « sĆur du milieu » ainsi est-elle dĂ©signĂ©e tout au long du livre, cherche Ă fuir ce quotidien en lisant des livres, anciens de prĂ©fĂ©rence, Ă©loignĂ©s de « son » prĂ©sent dĂ©testĂ©, et elle est mĂȘme prĂȘte Ă lire en marchant pour sâabstraire de la rue, de la ville, de ces zones dangereuses pour son ĂȘtre physique autant que pour son mental. Elle agit comme si au fond elle voulait devenir transparente, invisible, comme si elle voulait se fondre dans le dĂ©cor Ă dĂ©faut dâautres options. Mais voilĂ , les autres ne lâentendent pas ainsi. Dont le fameux Milkman, figure influente des rebelles, qui se met Ă la harceler. Cet « empiĂštement », mot qui revient souvent dans la bouche de la narratrice qui le vit ainsi, avant mĂȘme de formuler lâexpression adĂ©quate Ă ce quâelle subit : un harcĂšlement caractĂ©risĂ©.
Ce qui est incroyable dans ce roman, câest justement la langue ; les mots quâemploie la narratrice, et qui circonscrivent sa rĂ©alitĂ© le plus justement possible, un peu avec la froideur dâun constat prĂ©cis (avec rĂ©pĂ©titions, lourdeurs, pour toujours ancrer les circonstances et la logique des faits), et un mĂ©lange de torsion de tout ce qui est dâordre affectif, avec des nĂ©ologismes, de lâargot et une invention syntaxique (bravo Ă la traductrice qui a fait un travail hallucinant, Jakuta Alikavazovic) pour mieux rendre le ressenti. Le mĂ©lange fait un effet dingue. On la comprend Ă plein. On est dans sa tĂȘte, elle rĂ©ussit Ă expliquer lâinexplicable, lâincomprĂ©hensible, lâinacceptable. On comprend le carcan de cette vie sous tension extrĂȘme, compliquĂ©e encore par les ragots, les rumeurs, les soupçons, qui amĂšnent la narratrice Ă frĂŽler la paranoĂŻa totale et la paralysie. Mais justement, grĂące Ă ses mots qui ne sâessoufflent jamais (alors que le lecteur suffoque), elle lutte. Au fond, ses mots sont autant de crochets quâelle lance sur les parois du gouffre qui sâouvre sous elle quand elle devient le centre dâintĂ©rĂȘt de tout un quartier, dâune communautĂ© qui veut recouvrir le vrai rĂ©cit de ses propres fables. On a envie dâhurler, de lâaider, câest Ă©prouvant. Elle vit un enfer, prise au piĂšge.
La fin du roman est Ă©galement Ă©blouissante ; sans tomber dans un happy end simplet et qui aurait Ă©tĂ© peu crĂ©dible vu le contexte, une Ă©tonnante Ă©claircie sâamorce pourtant, dans ce monde malade, fissurĂ©, dangereux, et il vient des femmes : une envie de vivre qui jaillit des fillettes qui veulent danser, dâune dame moins jeune qui voudrait aimer, et dâune jeune fille, lâĆil encore pochĂ©, qui se remet Ă courir.
Jâai adorĂ©. Câest puissant. Ăa emballe et soulĂšve. La force de la voix de cette auteure est tout bonnement incroyable.
(Et il y aurait encore tant Ă dire, sur la vitalitĂ© de la langue, sur les personnages des « chtites sĆurs », ou de « peut-ĂȘtre petit-ami », ou la sĆur de « la fille aux cachetons », on les aime, câest inouĂŻ.)
WEE MUCKERS â YOUTH OF BELFAST a photography project by Toby Binder [*]
Wee Muckers â Youth of Belfast.
Belfast, Shankill. Emily. © Toby Binder

Anya is live and ready to show you everything. Watch her strip, dance, and perform exclusive shows just for you. Interact in real-time and make your fantasies come true.
Free to watch âą No registration required âą HD streaming
âDivided Youth of Belfastâ
ââIf I had been born at the top of my street, behind the corrugated-iron border, I would have been British. Incredible to think. My whole idea of myself, the attachments made to a culture, heritage, religion, nationalism and politics are all an accident of birth. I was one street away from being born my âenemy.ââ Paul McVeigh, Belfast-born novelist. Binder notes âthere is hardly any other country in Europe where a past conflict is still as present in daily life as it is in Northern Ireland.â It is not only the physical barriers â the walls and fences â but also the psychological divisions in society. For many years, Toby Binder has been documenting what it means for young people, all of whom were born after the peace agreement was signed, to grow up under this intergenerational tension in both Protestant and Catholic neighborhoods.â
Toby Binder
Sony World Photography Awards
Toby Binder and the 053kids
In the heart of one of Germanyâs most industrialized regions, a postal code has become a symbol of identity for a generation often overlooked. The long-term documentary project by photographer Toby Binder, 053kids, delves into the lives of young people growing up in Duisburg-Hochfeld, a neighborhood burdened by poverty, social injustice, and questions of belonging.
Toby Binder