! ATHĂE OU MYSTIQUE :: CHOISIS TON KAMPF !
Je n'ai jamais compris que l'on puisse ne pas Ă©prouver ne serait-ce qu'un intĂ©rĂȘt intellectuel â tout au moins de la curiositĂ© â pour ce qu'il convient de nommer : le mystĂšre de la foi. Que l'on puisse ĂȘtre Ă ce point dĂ©fiant, mĂ©fiant, intolĂ©rant vis Ă vis de ceux qui 'croient' me dĂ©passe. OĂč est le problĂšme ? Il me semble que cette hostilitĂ©, cette peur farouche est Ă rapprocher de la peur que manifestent certains Ă l'Ă©gard de ceux qui s'intĂ©ressent ou plutĂŽt se confrontent Ă ce qui leur Ă©chappe : Ă l'inconscient â quitte Ă s'aventurer sur les chemins tortueux de l'analyse. Et lĂ encore, oĂč est le problĂšme ? Regards appuyĂ©s du cĂŽtĂ© d'un certain Monsieur Onfray dont les propos excitĂ©s et dĂ©fensifs me mettent toujours mal Ă l'aise et m'effraient (m'onfraient ?). Preuve sâil en est que l'on peut ĂȘtre Ă priori intelligent et finalement assez stupide, limitĂ©, dĂ©pourvu de cette capacitĂ© d'ouverture et d'adaptation Ă l'Ă©trangetĂ© de l'autre, dĂ©pourvu de cette labilitĂ©, de cette fluiditĂ© de la pensĂ©e sans laquelle l'intelligence n'est qu'un rhizome dĂ©shydratĂ©, dessĂ©chĂ© : un iris mort-nĂ©.Â
A-t-on dĂ©jĂ reprochĂ© Ă quelqu'un de s'intĂ©resser Ă la poĂ©sie, Ă la musique ? D'avoir besoin de poĂ©sie et de musique pour donner un sens Ă sa vie ? Et bien il me semble que c'est exactement la mĂȘme chose. Et que l'on ne vienne pas me parler dâextrĂ©misme religieux, des millions de morts que les guerres de religions ont gĂ©nĂ©rĂ©s ou des idĂ©ologies fanatiques mortifĂšres qui transforment le monde en un enfer de sauveurs ; cela reviendrait Ă dire, par exemple, que quiconque s'adonne Ă la littĂ©rature est susceptible de devenir l'auteur de Mein Kampf ? Stupide encore.Â
Quant Ă moi je ne pourrais pas vivre sans la musique, sans la poĂ©sie, sans la musique que la poĂ©sie contient, qu'elle porte en âsoiâ. Sans la beautĂ© qui est d'abord poĂ©sie. Religion et poĂ©sie se cĂŽtoient sans doute dans les brumes archaĂŻques (âarchaĂŻqueâ comme personnage du champ analytique et comme inconscient inaccessible ?) : qu'on pense aux litanies et aux incantations, aux paraboles de la Bible... Pure poĂ©sie. Je crois vraiment qu'Ă©tant enfant j'ai compris en dĂ©couvrant ce rĂ©cit allĂ©gorique qu'est la parabole biblique, ce que pouvait ĂȘtre la poĂ©sie et au-delĂ , la vie : hors des sentiers battus (rebattus, trop souvent stĂ©rilement dĂ©battus) du manichĂ©isme ambiant.
Pier Paolo Pasolini Ă©tait homosexuel, catholique et communiste. Hum, pas trĂšs orthodoxe tout ça... Aurait-il du choisir son camp ? Sans ce syncrĂ©tisme de la pensĂ©e, sans cette curieuse alchimie, sans cet appel en lui d'un non-conformisme inhĂ©rent Ă son Ăąme, Ă sa personne, il n'aurait certainement jamais produit "LâĂvangile selon Saint-Matthieuâ, "Ćdipe Roi", "MĂ©dĂ©e", "ThĂ©orĂšme", "Accattone" ou "Les Mille et Unes Nuits"...
Que vivent ou ressuscitent Pasolini, Marx, Freud, Lacan, Catulle, Nietzsche, Cioran, Baudelaire, Giacomo Leopardi, Jean Genet, Anna Akhmatova, Ossip Mandelstam, Saint-Augustin, François d'Assise, SĆur Juana InĂ©s de la Cruz, ThĂ©rĂšse de Lisieux, Jean Chrysostome, le peuple saint de la Torah, les prophĂštes de l'Islam, Lalla Mimouna (Sainte musulmane, cĂ©lĂ©brĂ©e par les juifs marocains), le DalaĂŻ-lama... Et que vous soyez plutĂŽt lapins chocolat blanc ou noir, IcĂŽne Byzantine ou RĂ©surrection par Piero Della Francesca voire les trois, Vive le Christ ressuscitĂ©, Vive le mystĂšre, Vive la poĂ©sie et Vive la Vie !
Joyeuses PĂąques Ă tous,
Philippe Bresson
Image : Piero della Francescaâs Resurrection â NĂ© entre 1412 et 1420 Ă Borgo San Sepolcro en Toscane, P. della Francesca est mort en 1492.

















