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Les aventures de Benjamin Duronflan, chapitre 1 - Quand Benjamin quitte le Népal
Benjamin Duronflan avait passé deux mois à Katmandou où il avait mis ses talents pédagogiques au service de la francophonie. Les vacances de Noël arrivant, il avait quitté son poste à l'école française pour mettre les voiles vers le sud. Avant de s'engager sur les routes devant le mener à l'immense plaine du Gange, il voulait faire un dernier hommage aux Himalayas en s'arrêtant deux nuits à Bandipur, un village leur faisant fièrement face, au dessus de Dumre Bazaar sur la route de Pokhara.
« Oh, Himalayas, sommets du monde, vous qui faites la fierté du Népal, adieux, adieux, mes amis ! » murmurait notre jeune instituteur, tout en faisant son yoga face au soleil levant. Adepte de spiritualités orientales, il avait profité des jours durant de l'atmosphère spéciale du Népal et de la proximité des Himalayas, la « demeure de Dieux » comme il aimait à le rappeler. Cette même quête spirituelle l'avait ainsi décidé à partir pour Bénarès, la ville de Shiva. Dans son journal du 14 décembre, il avait ainsi écrit :
« Les énergies tantriques de Katmandou ne me suffisent plus, j'ai besoin de plus, de tout ! Je veux la vie et la mort, boire et me noyer dans les eaux sacrés du Gange. Être sannyâsin. Perdre tout désir et toute peur. Amen. »
Ainsi, après son yoga matinal, encore étourdi par l'extatique levé de soleil sur les Annapurnas, Benjamin monta dans un bus pour descendre jusqu'à Dumre. Souriant, toujours aimable, il trouvait le Népal « fantastique » et était triste de quitter ce merveilleux pays. Il regardait le route s'enfoncer dans la brume qui recouvrait la vallée le matin, avec une mélancolie non-dissimulée. « Je suis à la fois triste et joyeux, se disait-il à lui-même, mais bon, le destin guide mes pas. Varanasi, Varanasi... ». A Dumre, sur les coups de neuf heures et après une intense négociation, il prit un bus qu'il paya trois fois le prix normal.
La route suivait une rivière au fond d'une vallée encaissée, avant de bifurquer vers le sud au niveau de Mugling pour en suivre une autre bien plus large, traverser ce que les Népalais appellent les hills, mais qui sont de véritables montagnes et d'arriver dans le Chitwan et ses paysages de jungle. Notre héros était comme hypnotisé, bercé par la route cahoteuse et la musique lancinante et criarde diffusée par les hauts-parleurs du bus. A un moment, un jeune homme monta dans le bus pour chanter des ballades traditionnelles accompagnées d'un instrument qui ressemblait à un violon. Benjamin était ému par ces notes aiguës et grinçantes qu'il imaginait être une chanson d'amour ; il se rappelait aussi de l'exposition sur les musiciens dalits qu'il avait vu au musée de Patan, un mois au par avant. Après, une interminable route en travaux, le bus s'arrêta tout en poussant un soupire de soulagement. Le petit homme moustachu à la peau sombre assis à côté de Benjamin lui dit de descendre, puis lui intima d'aller aux toilettes, de se laver les mains et enfin de manger un dahl bat avec lui. Une expérience vraiment authentique ! Ah ! Le dahl bat du routier, qu'on mange goulûment avec sa main droite. « Yes, more rice ! More dahl ! More veg ! ». Des petits serveur courent de table en table avec leurs sceaux remplis de nourriture pour remplir les assiettes des voyageurs. Organisation optimale pour pouvoir manger un dal bat et être resservi plusieurs fois avant que son bus ne reparte.
Le bus redémarre et finit par quitter définitivement les montagnes pour s'engager sur la longue ligne droite que constitue la route traversant le Népal d'est en ouest. On voit défiler les champs et la jungle, quelques rivières déjà énormes qui drainent les eaux des Himalayas. Le bus se remplit et se vide au gré des différents arrêts, il y a souvent des gens debout qui cachent alors de leur tête le téléviseur. Il diffuse un film indien. Cela commence à être long. Benjamin tente de faire un peu de méditation mais n'y arrive pas à cause de la bande-son du film : « mais pourquoi ils mettent le son si fort, on est pas sourd » peste-t-il intérieurement. Et puis, il est vraiment choqué par le sexisme des films indiens qu'il a souvent regardé dans les bus. Toujours le même scénario : un homme très très fort veut séduire une très belle jeune femme, elle le repousse mais diverses aventures vont permettre à l'homme de prouver sa valeur… « Les femmes sont toujours dans un rôle passif, toujours littéralement à conquérir » remarque-t-il, « c'est vraiment navrant ». C'est long, il sait qu'il doit passer par Butwal, mais, où êtes cette satanée ville, l'a-t-on déjà dépassée ? Vraiment, l'état des routes est archi-pourri, c'est quand même pas croyable ! Et puis, quel danger ! Benjamin ne comptait plus les camions que leur bus croisait, sortis de la chaussée et encastrés dans le talus. Et puis, sapristi, je commence vraiment à avoir mal à la tête… Que c'est long… Enfin ! Au bout de sept heures, le bus s'arrête, tout le monde descend. Il faut ensuite prendre un autre bus (le troisième de la journée) pour aller jusqu'à la frontière : seulement quinze roupies… Tient, les gens font plus « indiens » dans ce bus, les saris des femmes et leurs parures, les vêtements des vieils homme.
Sunauli est la ville-frontière. Le voyageur ne la trouva pas très accueillante :
« Mon dieu, si seulement tu pouvais voir l'état de saleté dans lequel son mes draps. Mille et une tâches de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Hôtel, 500 roupies, juste à côté de l'immigration office. Rabatteurs de partout, gens pas souriants. La ville est sale et sombre. » écrit-il dans son journal.
En effet, une fois descendu du bus, l'aventurier chercha une guest house. Il demanda à un homme dont l'embonpoint et la moustache lui donnaient un air de sagesse s'il avait des chambres. L'homme lui fit signe de le suivre dans un couloir sombre, rongé par l'humidité. Les gros cadenas sur les portes faisaient frissonner Benjamin : on aurait vraiment dit une prison… Bien qu'il trouvait le prix un peu élevé pour la qualité du service, il accepta une triste chambre sans fenêtre. « Pour une nuit, se disait-il, on va pas faire la princesse ! ». Il s'était ensuite aventuré dans la forêt de bureau de change, bien décidé à trouver celui qui lui ferait la plus petite commission pour changer ses roupies népalaises en roupies indiennes, ce qu'il fit. A Sunauli, le plupart des maisons sont des bureaux de change : où l'on change les roupies indiennes en roupies népalaises et vice-versa bien que cela soit interdit. Benjamin passa ensuite la soirée à discuter avec un jeune népalais de 17 ans nommé Bismal. Gentil garçon, se plaignant d'une vie difficile, il aurait voulu être médecin ou premier ministre mais avait dû arrêter les études pour travailler. Il était parti en Inde et au Quatar aussi. Maintenant, il travaillait ici, mais n'aimait pas son boss, avec qui on ne peut parler, toujours triste et en colère… et puis, il est mal payé. Mais un jour ! Un jour, il achètera une terre et construira sa maison. Mais pour cela, il faut de l'argent, et il est très pauvre. Il y a des gens qui ont beaucoup d'argent et d'autres qui n'en ont pas, c'est une loi de la nature. Le garçon s'engagea à réveiller Benjamin à 5h30 le lendemain matin. A trois heures, on frappait à sa porte « Mr. Duronflan, Mr. Duronflan ». Le mister qui ne comprenait pas pourquoi on le réveillait, ronchonna dans son sac de couchage et se rendormit. Quinze minutes plus tard, on le réveilla encore et Benjamin comprit à ce moment-là que celui qui était censé le réveiller n'avait en réalité aucun moyen de connaître l'heure… Ainsi, à chaque heure entre trois et six heures, le garçon réveilla notre dormeur pour savoir l'heure qu'il était dans le but de réveiller celui qu'on venait de réveiller. A cinq heure et demi, après une mauvaise nuit, Benjamin était dans la rue, son backpack sur les épaules. Il passa au bureau de l'immigration où il rencontra deux de ses compatriotes, puis traversa la frontière après avoir du vider l'intégralité de son sac à dos devant le douanier. En effet, ce dernier probablement plus curieux que méfiant observa chacune des affaires du jeune homme avec une attention particulière, demandant à chaque fois qu'on lui explique l'utilisation de chaque objet. Sac de couchage, liseuse, livre sur l'insurrection maoïste, drapeaux de prière, pantalon, écharpe en laine, caleçon, chaussette, médicaments… oui, des médicaments, brosse à dent, ordinateur, chemise, encore une chemise, cadenas, crayons, cahier… Après, une demi-heure de fouilles minutieuses, Benjamin mit le premier pas en Inde !
« Inde, Inde, j'ai tant rêvé te rencontrer. Pays aux milles merveilles, pays ? Que dis-je ? Continent ! Milles couleurs, senteurs, langues aussi ! » s'exclamait-il déjà les bras écartés, au milieu du no man's land. Il était particulièrement excité de pouvoir enfin tester son hindi qu'il travaillait depuis plusieurs semaines dans un manuel acheté dans une librairie de Katmandou. « Mera name Benjamin hai » (mon nom est Benjamin) adressa-t-il au premier homme qu'il vit. Ce dernier lui répondit en anglais « You want to go to Gorakhpur, come on, come on ! A indian price for you, taxi, very comfortable ». Benjamin espérait que parler la langue des locaux lui éviterait d'être la cible des rabatteurs, c'était raté. « Mai bimar nahi hu » murmura-t-il à un vieil monsieur, assis sur le bord de la route. Celui-ci l'observa d'un air interrogateur. Ce touriste venait de lui dire avec un accent bizarre qu'il n'était pas malade, que voulait-il ? Il raconta aussi qu'il s'appelait Benjamin et se mit à compter sur ses doigts en prononçant mal les chiffres au-dessus de cinq. Puis, sans transition, il demanda où était le bus touristique. Comme le vieil homme n'en savait rien et s'en fichait un peu, il lui dit qu'il pensait qu'il n'y en avait pas, que c'était trop tard. Le jeune Français eut soudain un air désespéré, se tordit les mains. « Mais, je ne peux pas prendre ça... » gémissait-il en regardant les « bus locaux », merveilles artisanales des tauliers indiens, réputés aussi lents que bon marché. On lui avait soufflé que ces bus mettaient quinze heures pour aller jusqu'à Varanasi, il fallait donc absolument mettre la main sur le bus touristique venant de Katmandou, quitte à y mettre le prix. Benjamin se sentait un peu paniqué, le Sunauli indien bien que plus calme que son homologue népalais était à peu près aussi accueillant, et si… et si… le bus touristique n'arrivait pas. Et s'il restait bloqué ici ! Dans son angoisse, il demanda à quarante personnes différentes où était le bus touristique. La trente-et-unième lui assura qu'il travaillait pour la compagnie de bus et qu'il attendait le bus qui devait arriver d'une minute à l'autre, et Benjamin passa ces quelques minutes à demander confirmation aux gens autour. Trois minutes plus tard, Benjamin s'était délesté de 900 roupies pour pouvoir s'installer sur les sièges du fond dans un grand bus sur lequel était sérigraphié des photos de Katmandou et de Varanasi. Il faut avouer que le bus était confortable, et immense avec cela. Des sièges mous et de la place pour les jambes. Il ne regrettait pas la perte de ces roupies, ni le prix un peu excessif du trajet. Heureux comme un pape, il profitait du moelleux de son fauteuil quand une heure plus tard, il fut prix d'une forte et relativement subite envie d'uriner. Mais dans le Katmandou-Varanasi Express, les arrêts sont rares. Benjamin observa Gorakhpur tout en se tordant sur son siège, il voulut sortir pour aller se soulager lorsqu'un couple descendit du bus mais le chauffeur lui ordonna de rejoindre sa place. Encore une heure à tenter d'oublier la douleur dans son bas-ventre ! Une pause, une pause, station service avec un bus de pèlerins birmans. La queue aux toilettes, pas grave ! Contourner le bâtiment sur la gauche, quelques pas vers les buissons… Le monde paraît soudain léger ! Quelques chapatis avant de remonter dans le bus. Quelle félicité de pouvoir profiter du paysage sans être torturé par sa vessie ! La vue sur la plaine est monotone, mais d'une beauté certaine. Des champs et des champs à perte de vue, le tout est très très plat et couvert d'une brume légère qui rosit à la tombée du jour. Oui, cela fait déjà six heures que le bus roulait. Oh, voici Varanasi, là, manifestement ce n'est pas un village… mais une minute plus tard, le bus se retrouvait au milieu des mêmes champs, dans la même plaine gangétique. Oh, cette fois-ci, c'est la bonne ! Encore raté… Le film a l'air moins mauvais que les autres par contre… Le beau gosse est alpiniste, il tombe amoureux d'une Russe… La petite fille est élevée par le héros car la mère a disparu, le trauma de la disparition de sa mère l'a laissée muette et en proie à des crises. Ainsi, le père décide un jour de partir en Russie avec sa petiote sur les traces de sa maman. Là-bas, il sauve un enfant des griffes d'un vieux pédophile, puis sa fille se fait enlever par des bonshommes masqués. Trafic d'enfants… Courses poursuites. Boum boum ! Erreur judiciaire : le héros est en prison. Évasion. Il rattrape les trafiquants de petites filles. Bis. Le bus s'arrêta brusquement. Vanarasi.
A journey from Pokhara, Nepal to and through Varanasi, India
Из Непала в Индию
На протяжении моего пути горы стекали в океан, океан растворялся в песках пустыни, пески вырастали и превращались в зеленые холмы. Воздух сменялся с глубоко морозного на маслянистый тропический и затем на сухой жесткий.
В течение странствий я встретилась глазами и сердцами с суровыми снаружи и добрыми внутри жителями высокогорных гималайских поселений; простодушными и открытыми жителям южной Индии; прозорливыми и хитрыми цыганами приграничных пакистанских пустынь; целостными и молчаливыми воинами-сикхами; болтливыми и неотесанными северными кашмирцами. Моя душа наполнилась разнообразными судьбами и жизнями, окрасилась множеством новых оттенков и стала во сто крат больше и шире.
Наше путешествие по Непалу завершилось на самой границе с Индией. Пересечь границу по земле можно через несколько пунктов, в зависимости от географического расположения. Самое распространенное место пересечения - это Сунаули (Sunauli). Естественно, здесь вообще нечем себя занять, кроме непосредственно пересечения границы. Здесь шумно и грязно, по достаточно узкой дороге идет нескончаемый поток грузовиков и габаритного транспорта.
Далее несколько рекомендаций о том, как пересечь границу наиболее быстро и комфортно.
Для того, чтоб попасть в Сунаули, вам необходимо взять билет на автобус до станции Bhairawa, которая находится в четырех километрах от границы. Оставшееся расстояние можно проехать на авто- или велорикше.
Перед тем, как попасть в иммиграционный офис, который расположен непосредственно перед границей, убедитесь в том, что вы поменяли валюту на индийские рупии, потому что, как только вы попадете на другую сторону Сунаули, обменного пункта будет не найти. Со стороны Непала есть несколько точек, где можно обменять деньги.
Иммиграционный офис находится по левую сторону от дороги. В нем вам понадобится предъявить индийскую визу или получить непальскую - в зависимости от вашего направления.
Визу в Непал можно получить сразу на границе, чего нельзя сделать с индийской, для которой необходимо обращаться в посольство. Лучше иметь при себе доллары для непальской визы, 30 дней которой стоят $60.
Пересекать границу можно 24 часа в сутки (автотранспорт может проехать до 10 вечера). Лучше воздержаться от прохождения границы поздно вечером, так как это может быть опасно, особенно с индийской стороны. Есть случаи нападении и грабежа туристов.
После того, как вы получили визу, переходите на индийскую сторону и заходите в иммиграционный офис сразу после границы, также по левой стороне. В нескольких сотнях метров от границы находится автобусная станция, до которой можно прогуляться либо заказать вело- или авторикшу.
С автобусной станции вы можете отправиться на прямом автобусе до Варанаси или же Горакхпура, откуда доступны многие популярные направления.
Nepal to India via land
So, I decided to be adventurous and took the land route from Kathmandu, Nepal to Varanasi, India. I've learned three things.
First, you never should do that again. As cheap as it was and as fun as it was, it's something that you should only do once just for the heck of it and not ever again.
Second, the journey was not as uncomfortable as I thought, just scary as hell. I had to take a 8-hour bus from Kathmandu to Sunauli, then a 10-min jeep ride from Sunauli to the border, then exit Nepal, check into India, then a 3-hour bus ride from Sunauli to Gorakhpur, and then an 8-hour train ride from Gorakhpur to Varanasi. The total trip time was 22 hours.
On my bus from Kathmandu to Sunauli, I saw three accidents: a bus-car head-on collision, a bus-bus collision, and a bus on its side. Being on a bus, you can imagine how scared I was. On my jeep to the border, there were 19 people who shared it with me. I literally felt like as I heading into a war zone; all that missing were some guns and uniforms. And on my train ride to Varanasi, it was uncomfortable as hell!
And lastly, I learned that India never ceases to surprise me, even after spending nearly 6 weeks here. My first arrival in Varanasi was absolutely shocking! A friend (Leah) has previously said that everything in Varanasi is in your face: life, death, prayer, worship, etc. I got the grasp of it once I saw a dead body on the entrance to the train station. Again, you can imagine my surprise to get into Varanasi at 5am, sleep-deprived with rickshaw drivers approaching me, and being in a very grump mood.
However, after the initial shock, I grew very fond of Varanasi. I met three fellow solo travelers: a guy from Australia, a guy from Spain, and a guy from Russia. We went sightseeing yesterday and visited several temples and Sarnath, the place where Buddha attained enlightenment.
I'm supposed to have dinner with two of my friends (Calder and Hutch) from abroad tonight, so looking forward to it!

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