POST-SCRIPTUM 780
AGITATION FRITE 2 : NIHILISME DÉCONSTRUCTIVISTE SYMPATHIQUE
Agitation Frite 1, Témoignages de l’underground français est donc sorti chez Lenka lente. Un second volume est en préparation. La forme en est la même : un peu moins d’une quarantaine d’entretiens dont la plupart, cette fois, sont inédits. On en trouvera ici des extraits, régulièrement. Par exemple, eRikm
EXTRAIT…
Tu vis toujours Ă Marseille ?
Oui, mais pour combien de temps encore ? Aucune idée. J'ai pas mal voyagé en France, en Europe et dans le monde ces vingt dernières années, et le fait de revenir à Marseille à chaque fois me convient. Depuis 2007, j'ai essayé de monter divers projets à partir cette ville, mais au final sans grande pérennisation.
Qu’est-ce que je trouve à Marseille ? La lumière ! Pour le reste, je note un désengagement global des politiques de tutelles qui aidaient les musiques expérimentales et concrète au cours des deux dernières décennies. Marseille, depuis qu’elle a été capitale européenne de la culture (sans artistes) navigue tel un acatium à la recherche d'une normalisation populiste. En ce qui me concerne, le seul îlot encore valide est le GMEM.
En matière d'instrument, par quoi commences-tu et dans quel contexte ?
Par la basse, et surtout par la guitare électrique, notamment dans divers proto-groupes mulhousiens, qui deviendront par la suite Daddy Long Legs, nUNTAPUKLE, KG, Trio de Traitres. Avec ces derniers, j’ai enregistré à Brooklyn, au Bunker Sound (le studio de Circle X), avec Mike Pullen comme ingénieur du son. Un vinyle était prévu, mais seule une micro édition en cassette à été faite. Tout cela était empreint d'une forme de nihilisme déconstructiviste sympathique.
J'ai eu la cassette de Trio de Traitres (mais où l'ai-je mise ? sans compter que je crois me souvenir d’un Solo de Salaud), curieusement reçue dans une pochette de LP 30 cm ornée de ciseaux et accompagnée d’un sac en plastique avec rognures d'ongles !!! Cassette commandée à l'époque sur recommandation d'Yves Botz, des Dust Breeders.
C'était Yves, justement, qui nous avait introduits chez Circle X lors d'un voyage à New York en 1993. Fin 1994, je suis parti à Marseille, les autres membres de ces groupes créant Sun Plexus, puis Ich Bin… J'ai donc fait partie de l'aventure Shot Gun Gallery à Strasbourg de 1990 à 1995, lieu non subventionné d’expositions, de performances et de concerts, où sont passés Borbetomagus, Daddy Long Legs, la Cellule d’Intervention Metamkine, KG, Keith Rowe, W.O.O., Dust Breeders, Hervé Bohnert, Polit Buro, Pitch. La Shot Gun Gallery, c'était Sébastien Borgo (fondateur) avec Frédéric Bauer, et les actifs étaient Remy Bux (alias KG), Hervé Bohnert, Emmanuel Holterbach – et bien d'autres encore. C'est là que j'ai enregistré ma deuxième cassette en 1995, L'Art de la fuite rééditée en vinyle chez Sonoris en 2015.
À Marseille j’ai participé à Kill The Thrill, à La Guerre des platines aussi, avec Christian Marclay et Otomo Yoshihide, qui donnera l'année suivante, en 1996, Les Sculpteurs de vinyles, initié par l’A.M.I. de Ferdinand Richard.
Quelles étaient alors tes influences musicales ? L'indus ? Sonic Youth ? Tu m'avais autrefois parlé de Krackhouse...
Mes influences étaient multiples, mais c’était alors surtout le post-punk et la musique industrielle de la fin des années 1970. Et effectivement Krackhouse, Negativeland, FM Einheit (Einstürzende Neubauten), qui vont être importants pour moi dans ce qui suivra.
Et tes influences en matière de préparation des instruments ?
La première influence est une chose nous partageons (entre autres) Jérôme Noetinger et moi : la découverte du delay sur « Bela Lugosi's Dead » de Bauhaus ! Puis Einstürzende Neubauten et Sonic Youth : ce sont toujours les mêmes que l’on cite, ce qui n’est en rien représentatif de la quantité de groupes que j’ai vus à l’époque et qui ont pu être influents d’une manière ou d’une autre.
En ce qui concerne ma période tape / vinyle, j'avançais à l'aveugle, en autodidacte complet : autour de moi, la guitare dominait de toute ses cordes. Je ne connaissais pas la musique concrète, la musique improvisée encore moins, et les seuls concerts de jazz que j'avais entendus étaient pour la plupart..., ..., ...
( Emmanuel Holterbach, par lĂ )









