s02e01 - Vilnius, expansionnisme russe et esprit européen
Courir les rues de Vilnius avec Vytautas Vargalys, le héros halluciné de Vilnius Poker, c'est un peu se perdre dans l'Histoire de la Lituanie. Ce roman phare des années 1980 a été traduit en français cette année, dans les remarquables éditions de Monsieur Toussaint Louverture. Découvrir Vilnius au prisme de ce livre : l'occasion était trop belle pour passer à cÎté.
A Vilnius, il existe un MusĂ©e des Victimes du GĂ©nocide. Une salle est consacrĂ©e aux juifs lituaniens et Ă l'occupation nazie de la DeuxiĂšme guerre mondiale, mais il est en fait essentiellement question des victimes de l'URSS, qui a annexĂ© le pays de 1944 Ă 1990. L'oppression de la population, la rĂ©sistance et les dĂ©portations de ces dĂ©cennies y sont Ă©voquĂ©es. Durant cette pĂ©riode, 200 000 Lituaniens ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s, interrogĂ©s et emprisonnĂ©s ; 132 000 ont Ă©tĂ© dĂ©portĂ©s ; et plus de 21 000 partisans exĂ©cutĂ©s. C'est pour nous l'occasion d'entrer dans le dĂ©cor rĂ©el du roman de RiÄardas Gavelis, car ce musĂ©e s'est installĂ© dans le Palais de la SĂ»retĂ© nationale, autrement dit le quartier gĂ©nĂ©ral du KGB.Â
L'ancien quartier geÌneÌral du KGB devenu le MuseÌe des victimes du GeÌnocide
Au sous-sol, la prison. Rien n'a changĂ© depuis le dĂ©part des Russes. Les murs sont ternes, l'atmosphĂšre froide et humide et les couloirs sans fin. Certaines cellules sont minuscules et d'autres dispositifs laissent peu de doutes sur les mĂ©thodes employĂ©es par les agents du KGB. Au bout d'un couloir, on tombe sur le bureau d'un chef : uniforme, machine Ă Ă©crire, tableau de mise sur Ă©coute. Seuls quelques groupes de touristes, et des cris d'enfants, excitĂ©s ou terrorisĂ©s, nous rappellent que nous sommes dans un musĂ©e. Il y a toujours quelque chose de profondĂ©ment dĂ©rangeant dans ce type de tourisme, un soupçon d'excitation devant l'horreurâŠÂ
Le couloir des prisons dans l'ancien quartier geÌneÌral du KGB
Dans le roman de RiÄardas Gavelis, nous apprenons que cet immeuble a accueilli depuis le 19Ăšme siĂšcle les sombres activitĂ©s politiques de ceux qui ont successivement occupĂ© le pays :Â
âAutrefois, cette maison abritait l'Okhrana des tzars... Puis les services secrets polonais... Et ensuite le siĂšge du NKVD (âŠ) Ensuite ce fut le siĂšge de la Gestapo ; puis celui du NKVD Ă nouveau. Maintenant, c'est le quartier du KGB (...) Vilnius tombera en ruine mais cette maison restera debout Ă jamais.â
Edifiant symbole d'une interminable domination qu'un MusĂ©e tĂąche aujourd'hui de venger. Â
Oubliez cette Europe
Quand il Ă©crit Vilnius Poker, entre 1977 et 1981, RiÄardas Gavelis a de quoi ĂȘtre pessimiste : son pays subit l'occupation soviĂ©tique depuis plus de trente ans. PubliĂ© en 1989, ce roman fleuve fait l'effet d'une bombe : les Lituaniens sont touchĂ©s en plein cĆur par cette ode Ă la libertĂ©, pleine de violence, Ă©voquant avec force les mythes fondateurs de leur pays, au travers des dĂ©lires d'un personnage : Vytautas Vargalys. AprĂšs neuf annĂ©es d'emprisonnement et de torture dans un goulag, Vytautas est libĂ©rĂ© mais âcondamnĂ© Ă ne plus jamais [se] sentir libreâ. Il aura beau Ă©voquĂ© l'activisme politique de son grand-pĂšre et de son pĂšre, il ne dira rien des raisons prĂ©cises de sa dĂ©portation. Il en est ainsi dans les rĂ©gimes totalitaires : tout le monde est suspect, une raison suffisante Ă la surveillance permanente, l'emprisonnement arbitraire et la torture. Bref, de quoi alimenter l'Ă©ternelle mĂ©fiance de Vytautas. Son repos devenu impossible, il dĂ©ambule interminablement dans Vilnius, persuadĂ© qu'Ils le surveillent. Notre hĂ©ros sait-il prĂ©cisĂ©ment qui Ils sont ? Car il ne s'agit pas seulement des Russes, du KGB et de l'occupation d'un territoire. Non, leur plan semble plus vaste, il menace toute l'humanitĂ©, ses rĂȘves et sa libertĂ©.
Vytautas est convaincu que sa ville est maudite :Â
âVilnius, c'est la frontiĂšre oĂč s'affrontent l'expansionnisme russe et l'esprit europĂ©en.â Â
Cependant, en 2015, les jeunes gĂ©nĂ©rations ont eu le temps d'oublier la polĂ©mique qu'avait suscitĂ©e le livre, la Lituanie d'intĂ©grer l'Union europĂ©enne, le Palais de la SĂ»retĂ© nationale de se transformer en musĂ©e. Aujourd'hui, l'avenue Staline qui longeait le bĂątiment est devenue l'avenue Gedimino, du nom de l'ancien Duc de Lituanie.Â
L'avenue GeÌdimino, au premier plan les noms des victimes du reÌgime sovieÌtique
La statue de LĂ©nine, qui trĂŽnait non loin de lĂ , a pour sa part dĂ©mĂ©nagĂ© Ă Druskininkai, une ville du Sud, dans un musĂ©e Ă ciel ouvert rassemblant des statues soviĂ©tiques, un recyclage classique dans les pays de l'ancien bloc de l'Est.Â
Le 20 juillet 2015, deux ensembles de statues reprĂ©sentant les quatre piliers de la sociĂ©tĂ© soviĂ©tique â  militaires, ouvriers, paysans et Ă©tudiants - Ă©taient dĂ©boulonnĂ©s du Pont Vert de Vilnius. Ce fut l'objet de grands dĂ©bats : faut-il assumer son hĂ©ritage historique et artistique, ou par tous les moyens se dĂ©barrasser de l'Empire russe et de son occupation mentale ? Remigijus Ć imaĆĄius, le jeune maire de la ville, a pris cette dĂ©cision dans le contexte de la crise ukrainienne.Â
Le traumatisme d'un pays coincĂ© entre Est et Ouest semble encore vif. Et les Pays Baltes sont persuadĂ©s qu'ils sont les prochains sur la liste de Vladimir Poutine. Bien qu'intĂ©grĂ©e Ă l'OTAN, la Lituanie a mĂȘme dĂ©cidĂ© de rĂ©tablir le service militaire obligatoire pour les cinq prochaines annĂ©es. C'est l'apprentissage par l'expĂ©rience comme l'assĂ©nait un agent du KGB de Vilnius Poker :Â
âL'opposition passive, c'est la politique la plus stupide qui soit. Une politique de mirages ! Oubliez cette Europe une fois pour toutes.Vous a-t-elle beaucoup aidĂ©, en quarante, quand nous vous avons conquis... ?âÂ
Européens de l'Ouest, nous avons du mal à mesurer cette omniprésence. La langue russe reste présente dans la société, notamment à travers plusieurs médias russophones. Cependant la directrice déléguée de l'Institut français de Vilnius nous confie que les plus jeunes ont maintenant tendance à effacer le russe de leur CV : la preuve qu'ils se tournent définitivement vers l'Europe ? Ou une maniÚre d'exorciser tant bien que mal la domination de l'empire voisin ?
Un éternel complexe
Dans ses dĂ©ambulations, il arrive souvent Ă Vytautas Vargalys d'entendre les hurlements du Loup de Fer, mythe fondateur de Vilnius. Au dĂ©but du 14Ăšme siĂšcle, Vilnius n'est qu'une bourgade. GĂ©diminas, Grand-duc de Lituanie, aime s'y rendre pour ses parties de chasse. Un jour, alors qu'il se repose sur les bords de la NĂ©ris, il voit en rĂȘve un loup hurlant. Il tente de l'abattre mais ses flĂšches ne peuvent atteindre ce Loup de Fer. Le grand prĂȘtre paĂŻen est formel : le rĂȘve ordonne d'Ă©riger sur cette place une forteresse et de faire de Vilnius le centre du Grand-duchĂ©.Â
La porte de l'Aurore, entreÌe historique de la ville
La statue eÌquestre du Grand-duc GeÌdiminas
Mais laissons la lĂ©gende de cĂŽtĂ© : GĂ©diminas attire dans cette nouvelle capitale, marchands, artisans, chevaliers et moines. Sous son rĂšgne, le Grand-duchĂ© Ă©largit ses frontiĂšres vers l'Est et vers le Sud, de la Baltique Ă la Mer noire. Voici le doux phantasme dont se berce encore la Lituanie. âElle invoque le rĂȘve lointain du Loup de Ferâ, un Ăąge d'or oĂč le pays n'Ă©tait pas ballottĂ© entre les puissances de l'Est et celles de l'Ouest. Cependant, dĂšs la fin de ce mĂȘme siĂšcle, le Grand-duchĂ© s'allie Ă la Couronne de Pologne pour faire face Ă la menace des chevaliers teutoniques. AprĂšs maintes nĂ©gociations, le grand duc Vytautas doit prendre la tĂȘte du royaume, mais voilĂ qu'une chute de cheval mortelle met un point final Ă cette ascension. De ce ratĂ©, Vytautas - le hĂ©ros de Vilnius Poker porte le mĂȘme nom que ce presque roi â y voit une caractĂ©ristique de l'identitĂ© lituanienne :Â
âNotre Ă©ternel complexe, créé jadis par le duc Vytautas le Grand, qui avait perdu la couronne alors que tout semblait acquis.âÂ
DĂšs lors, on n'en finit pas d'Ă©grainer les dominations sur la Lituanie et sa capitale : l'alliance avec la Pologne dure quatre siĂšcles mais cette derniĂšre a toujours pesĂ© davantage, l'aristocratie locale adoptant sa langue et sa culture. Puis la Russie envahit le pays et le domine Ă partir de 1795. Vient le cruel 20Ăšme siĂšcle, que la Lituanie subit de plein fouet : occupĂ©e par les Allemands durant les deux guerres mondiales puis annexĂ©e par l'URSS. Le pays est indĂ©pendant une vingtaine d'annĂ©es entre les deux guerres, mais Vilnius, elle, reste polonaise, une enclave au milieu de la Lituanie.... , Vytautas Vargalys constate avec amertume :Â
âL'occupation polonaise, l'occupation allemande, et, avant et aprĂšs, le diktat russe : on ne souvient mĂȘme plus quand Vilnius Ă©tait lituanienne.â
Tant de persĂ©cutions ne peuvent ĂȘtre que le rĂ©sultat d'un complot, Vytautas en est persuadĂ©. Il travaille Ă la grande bibliothĂšque nationale pour le compte des Russes, oĂč de nombreux livres sont interdits. C'est parmi ceux-lĂ qu'il mĂšne son enquĂȘte : qui est l'auteur du complot contre les hommes, une machinerie dans laquelle Staline, Hitler et consorts, ne sont que des rouages ? Ses soupçons se portent assez sĂ©rieusement sur Platon :Â
âSi la fourmiliĂšre est le modĂšle de sociĂ©tĂ© le plus stable, alors il faut construire des fourmiliĂšres humaines. Il ne peut ĂȘtre question de l'individu, de la libertĂ©, de l'esprit : tout ceci ne fait que nuire. Leur grand magistrat, Platon, a dĂ©crit un tel Etat.â
Puis de citer d'autres auteurs qui ont tentĂ© de dĂ©fendre la libertĂ© : Camus, tuĂ© dans un accident de voiture, Genet, envoyĂ© en prison, ou Sade, guillotinĂ© et ârĂ©duit Ă un symbole de la perversitĂ© sexuelleâ. Et Nietzsche, âl'homme qui a osĂ© affirmer publiquement que, tĂŽt ou tard, Ils seront vaincusâ, poussĂ© Ă la dĂ©mence et au suicide. Et discrĂ©dit suprĂȘme, son nom est dĂ©sormais associĂ© Ă l'idĂ©ologie nazie. Pour Vytautas, toutes ces morts sont la preuve qu'Ils suppriment, d'une maniĂšre ou d'une autre, ceux qui ont Ă cĆur l'humanitĂ© et la libertĂ©.
L'Ăąme de Vilnius
Au plus fort de son dĂ©lire, la ville se fige, les pigeons et les habitants sont littĂ©ralement pĂ©trifiĂ©s, seul Vytautas  peut Ă©voluer dans les rues, donnant libre cours Ă sa dĂ©mence, comme si la surveillance permanente interdisait, Ă proprement parler tout mouvement. Il collectionne alors les signes qui indiquent qu'Ils se sont emparĂ©es de sa ville. Mornes et sans dĂ©sir, les nouveaux quartiers sont tous semblables. Le centre historique a disparu,Â
« ces coins de la ville, lituaniens ou juifs, qui formaient de petits villages colorĂ©s, ne sont plus. Vilnius a perdu son visage : tous les nouveaux quartiers sont identiques et sans personnalitĂ© ».Â
Dans ses errances, Vytautas rencontre souvent un vieux juif dont il fait le fantĂŽme de sa ville. Un petit homme frĂȘle et pieux qui peut lui raconter toute l'histoire de Vilnius. Une Ăąme qui vient nous rappeler que la ville fut un temps surnommĂ©e âla JĂ©rusalem du Nordâ. Ses ancĂȘtres ont Ă©tĂ© les conseillers des Grands-ducs de Lituanie. En effet, le Grand-duc GĂ©diminas avait invitĂ© de nombreux juifs Ă s'installer Ă Vilnius, la tolĂ©rance religieuse en avait alors assurĂ© le dĂ©veloppement. Au 19Ăšme siĂšcle, la ville a Ă©tĂ© l'un des foyers de la langue yiddish. Et avant la PremiĂšre guerre mondiale, la capitale comptait 100 000 juifs. Dans une effervescence culturelle et artistique, la ville est mĂȘme devenue en 1925 le siĂšge de l'Institut scientifique yiddish. Mais le vieux juif de Vilnius Poker est mort dans le ghetto, pendant la Seconde Guerre mondiale. Les Nazis ont exterminĂ© prĂšs de 90% de la population juive de Lituanie, et Vilnius a ainsi perdu une partie de son Ăąme et de son histoire.
La ville historique
MalgrĂ© ce qu'elle n'est plus, Vytautas chĂ©rit sa ville. Parfois menaçante, il y trouve aussi du rĂ©confort quand il s'y promĂšne aux bras de Lolita. Avec elle, il parcourt la ville durant de longues heures. Vilnius lui est  alors si intime qu'il imagine mĂȘme une carte gĂ©ographique de leurs humeurs. Et par la magie des sentiments amoureux, Lolita et lui n'ont pas besoin de se donner rendez-vous pour savoir se retrouver. Puis les rues leur dictent  leurs conversations, comme une gĂ©ographie rĂ©confortante d'une ville qui enfin, acquiert une humanitĂ© :Â
« Elle improvise, revient cent fois au mĂȘme endroit (aussi bien dans le rĂ©cit que dans la ville) (âŠ) Lorsqu'elle mentionne son mari, nous croisons forcĂ©ment la rue VokieÄiĆł. Le jazz de ses paroles et de ses cheminements ne font qu'un avec moi ; nous vagabondons non seulement dans les rues de la ville, mais aussi dans mes venelles intĂ©rieures. (âŠ) C'est son sujet prĂ©fĂ©rĂ©, nous descendons l'avenue GĂ©diminas, puis la rue TotoriĆł, et nous nous enfonçons de plus en plus dans les entrailles de Vilnius (...) Elle ne parle des choses intimes que dans la rue DidĆŸiosos ».Â
Il faudrait qu'une promenade citadine soit toujours cela : vagabonder d'une humeur Ă une autre, en compagnie de quelqu'un que l'on aime.
Un avenir européen
Aujourd'hui, c'est un autre type de dĂ©cor que prĂ©sente Vilnius. Le centre historique est toujours ce village oĂč une folle architecture a rassemblĂ© au fil des siĂšcles façades Renaissance, Ă©glises baroques et autres constructions gothiques. Une flambante restauration a redonnĂ© aux bĂątiments ces couleurs d'antan ocre, rose, bleu. Mais est-il seulement possible de restaurer l'authenticitĂ© d'un lieu ? Les boutiques de souvenir ont beau vendre des produits locaux, elles sont les mĂȘmes qu'ailleurs. Heureusement, il reste quelques  passages dans les cours intĂ©rieures et des rues sinueuses pour se sauver des foules touristiques.Â
La rue Pilies dans le centre historique
Les nouveaux quartiers au Nord de la NeÌris
Plus loin, sur la rive Nord de la NĂ©ris, dans le quartier de Ć nipiĆĄkÄs, le bĂ©ton soviĂ©tique a disparu Ă la faveur de tours de verre et autres centres d'affaires. Les maisons dĂ©labrĂ©es de Zverina Ă©voquĂ©es dans le roman ont laissĂ© place Ă un quartier calme et rĂ©sidentiel. MĂȘme la NĂ©ris semble s'ĂȘtre dĂ©barrassĂ©e de ses tourbillons. Et la Tour du ChĂąteau, Ă©rigĂ©e par le Grand-duc Gediminas, et dans laquelle Vytautas Vargalys voyait âle phallus symbolique de Vilnius (âŠ) court, obtus et impuissant (âŠ) l'incarnation de l'impuissance de Vilnius (âŠ)â, la voici imprimĂ©e sur cartes postales.Â
Le Tour du Chateau sur la coiine de GeÌdymin
Les nombreuses Ă©glises qui sous l'Ă©poque soviĂ©tique Ă©taient condamnĂ©es ou transformĂ©es en entrepĂŽt ont toutes retrouvĂ© leurs oripeaux religieux. Dans le ciel, les clochers catholiques l'emportent sur les bulbes orthodoxes. Le Palais des Grands-ducs de Lituanie a quant Ă lui ouvert ses portes en 2015 pour accueillir un MusĂ©e national qui dĂ©peint avec fiertĂ©  l'histoire du Grand-duchĂ©. A l'entrĂ©e, un slogan - âLe passĂ© ouvert sur l'avenirâ - rĂ©sonne comme la grande Ă©nigme du pays.Â
La place de la catheÌdrale
L'Union europĂ©enne, les tours de verre et quelques musĂ©es peuvent-ils suffire Ă recomposer une identitĂ© ? Vytautas Vargalys y aurait peut-ĂȘtre vu un indice supplĂ©mentaire, la preuve qu'Ils sont toujours lĂ , exĂ©cutant indĂ©finiment leur plan⊠A moins que ça ne soit lĂ l'Ă©ternel dĂ©fi de la Lituanie, comme RiÄardas Gavelis le dĂ©finissait :  « Nous sommes un peuple europĂ©en â tĂąchons de le rester ».
Vilnius Poker, RiÄardas Gavelis, Monsieur Toussaint Louverture, 2015











