Le calme mâeffraie ... Â
Le calme c'est la mort, un entrainement, une prĂ©paration Ă ce qui nous attend tous Ă plus ou moins court terme.Â
Enfin, en fait non, je me trompe... ce qui me fait rĂ©ellement peur ce n'est pas tant le calme que l'ennui. parce que j'avoue souvent rĂȘver de moments de calme, loin de la masse des humains.Â
Mais il semble que l'ennui soit un but pour certains de mes congénÚres. Comme si le simple fait de respirer semblait les satisfaire pleinement et que tout autre activité leur semblait superflue, et donc nuisible.
Samedi soir on jouait a Nancy. Le bar était le seul ßlot d'animation d'une longue rue morte, lui et le salon de tatouage qui se trouvait à coté. On est arrivé a 19h. Il faisait nuit, le salon de tatouage à fermé, ses derniers clients sont partis. Et la rue est devenue totalement vide. Un samedi soir. Le genre de rue qui sent le suicide.
Bien sur les voisins ont envoyĂ© la police quand la musique Ă commencĂ©. Bien sur la police a gagnĂ©. Le rapport de force n'a mĂȘme pas vraiment existĂ©, mĂȘme si le patron a cru pouvoir dĂ©fier le bras armĂ© de l'ennui.
Le concert à a eu lieu, le patron à fini au poste, il y réfléchira à 2 fois maintenant avant d'organiser des soirée ou des gens parlent, chantent, crient, boivent, fument, dansent et vivent. On ne veut plus d'eux ici.
Et c'est pareil à Nantes, et c'est pareil a Reims, et c'est pareil à lille, et c'est pareil à Paris, et c'est pareil partout. Comme si la seule chose qui motivait les gens à se lever le matin, à se jeter dans la guerre du quotidien, à affronter le boulot, les transports et les humains, ce serait de passer des soirées tranquilles. Des vies tranquilles. Pouvoir profiter de l'ennui tranquillement.
RomĂ©ro avait vu juste : l'armĂ©e des morts est lĂ , et ils n'ont pas besoin de courir, ils sont dĂ©jĂ partout.Â
Le bar oĂč on a jouĂ© est en sursis, comme beaucoup d'autres, comme nous au fond, il finira bien par par attraper la mort, les zombies qui lui servent de riverain l'y aideront volontiers, jusquâĂ ce qu'un couple de bobos avec des enfants en bas Ăąge le transformeront en loft, ou bien un entrepreneur le transformera en salle d'aquabike. Et tout le monde sera heureux et pourra s'endormir paisiblement, en attendant la fin. L'ennui aura gagnĂ©. Il gagne toujours.
Ăa n'est qu'une question de temps.