La baise c'est simple.
Ces derniers temps on parle beaucoup de "bodycount", de la valeur d'une femme, d'acceptation du désir, du non-désir aussi, de consentement, une grosse partie du débat social est tournée vers les relations intimes entre les individus. Tout est politique et l'intimité ne fait pas exception à la règle. Pour ceux et celles qui en douteraient je rappelle qu'une relation sexuelle peut être monnayée donc faire partie de l'économie, les VSS (violences sexistes et sexuelles) sont censées être punies par la loi, et que les relations sexuelles peuvent mener à enfanter donc influencer la population toute entière. Bref, l'intime est politique et on ne fait pas ce qu'on veut, quand on veut, avec qui on veut sous prétexte que ça relève de "notre intimité", et heureusement. Mais ce sont des actes aussi profondément personnel, qui mêlent beaucoup de choses : c'est physique, émotionnel, intellectuel, sentimental, moral, légal, spirituel, expérienciel, et tout ce qui s'en suit.
Vouloir réduire les relations sexuelles à un chiffre, à un contrat, à des généralités, c'est oublier l'individualité de l'expérience elle-même. Parce que même si on peut être deux ou plus, on n'habite qu'un seul corps à la fois, et ce corps contient notre passé, nos rêves, notre vision, nos questionnements. Rien n'est jamais simple quand on parle de l'individu, même si simplifier les choses rassure beaucoup de monde, je pense qu'on sous-estime la puissance du doute : accepter qu'on ne peut pas toujours tout saisir, tout savoir, tout connaître, tout comprendre est très reposant. Comme si la partie qu'on ne voit pas pouvait nous réserver de belles surprises, que le monde n'est pas un tout fermé, que les possibilités sont infinies et qu'on ne marche pas sur un chemin tracé mais sur une infinité de chemins à la fois donc décider d'en abandonner certains pour un temps ou de s'attarder sur d'autres sans pour autant tout perdre. Pour simplifier (puisque ça rassure) : accepter une part de mystère c'est être indulgente envers soi-même. Donc moins de pression pour soi et pour les autres.
Je voulais parler de sekss mais je ne sais pas le faire parce que, pour moi, on ne peut pas détacher l'acte de tout ce qui l'entoure et le nourrit, de tout le reste, rien n'est jamais anodin quand il s'agit de relations physiques : elles sont l'incarnation de notre rapport au monde, à l'autre, à soi, qu'on y attache de l'importance ou pas.












