Le mot «â
nationalisationâ
» des banques, si longtemps tabou, redevient Ă la mode. Le milieu politique nâa pas tardĂ© Ă sâen emparer. Ainsi François Hollandeâ
: «â
Sâil advenait quâil y ait un dĂ©faut de la GrĂšce et que les banques soient amenĂ©es Ă constater des pertes, il y aurait un appel Ă lâĂtat, comme lors de la crise des subprimes. Dans ce scĂ©nario, Ă la diffĂ©rence de 2008, je recommanderais que lâĂtat ne prĂȘte pas aux banques mais prenne une participation Ă leur capital.â
» Le JDD du 11 septembre, qui relate ce propos, rapporte celui de Jean-François CopĂ©, le secrĂ©taire national de lâUMP, pour qui la mĂ©thode est dĂ©passĂ©eâ
: «â
Il existe des techniques sophistiquĂ©es qui permettent dâĂ©viter la nationalisation.â
» Ces deux citations illustrent parfaitement que la seule diffĂ©rence entre un dirigeant politique de gauche et son adversaire de droite rĂ©side dans le choix des mots et des techniques. Ils sont entiĂšrement dâaccord pour faire jouer Ă lâĂtat ce rĂŽle de bĂ©quille pour grand capital qui a Ă©tĂ© le sien dans un passĂ© rĂ©cent. Si lâidĂ©e dâun recours plus massif Ă la participation de lâĂtat au capital des banques se confirme, on peut parier que la gauche sâen emparera en prĂ©sentant les nationalisations comme une solution «â
socialisteâ
» aux dĂ©gĂąts de la crise. Et en cas de victoire de la gauche aux Ă©lections, on pourra compter sur le Parti communiste, sur le Front de gauche et bien dâautres pour tenter de rendre prĂ©sentable aux yeux des classes populaires le recours Ă lâĂtat dans le sauvetage du capital financier. Aussi, face Ă lâanarchie du systĂšme bancaire, aussi bien que face aux divers projets de nationalisation, il faut affirmer que lâintĂ©rĂȘt de la sociĂ©tĂ© est dâexproprier les banquiers sans indemnitĂ© ni rachat et de rĂ©unir les Ă©tablissements financiers aujourdâhui concurrents en une banque unique, contrĂŽlĂ©e par la population. Lire la suite : http://www.union-communiste.org/?FR-archp-show-2011-1-1502-6151-x.html