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Trotskysme ou anarchisme : les vrais problĂšmes (septembre 1987)
See on Scoop.it - Actualité du marxisme
VoilĂ bien le type de discussions, stĂ©riles Ă notre avis, auxquelles nous ne tenons pas du tout Ă nous livrer. On peut affirmer sans se tromper que tout a Ă©tĂ© dit et Ă©crit, maintes et maintes fois sur les questions soulevĂ©es par ce texte. Dâabord, du vivant de Trotsky, puis dans la pĂ©riode 1940-1960 oĂč se sont produits la plupart des changements dans la situation mondiale qui pouvaient poser problĂšme (pays du glacis de 1945 Ă 1948, Chine 1947-49, Cuba 1960). Depuis, rien de nouveau nâa pu ĂȘtre apportĂ©, en tout cas rien de nouveau par des rĂ©volutionnaires prolĂ©tariens ayant une quelconque expĂ©rience vĂ©cue dâun processus rĂ©volutionnaire rĂ©el (Ă moins quâon ne tienne pour des rĂ©volutionnaires prolĂ©tariens Tito, Mao, Castro, Guevara...
See on lutte-ouvriere.org
Chaque fois que la gauche gouvernementale est passée au pouvoir....
Source: pinaquote.com via Prinkipo on Pinterest
Si Hollande est élu...
Source: pinaquote.com via Prinkipo on Pinterest
Ce qui rĂ©volte un prolĂ©taire conscient dans le racisme ce nâest pas seulement lâaspect barbare de la chose, câest aussi ce qui le rĂ©volte dans la xĂ©nophobie et le nationalisme : quand le racisme et la xĂ©nophobie sĂ©vissent au sein de la classe ouvriĂšre, ils la divisent, ils lâaffaiblissent. Les ouvriers ont beaucoup Ă perdre dans la xĂ©nophobie et le nationalisme : leur solidaritĂ© de classe, leur cohĂ©sion de classe, câest-Ă -dire cela seul qui leur permet de lutter contre le patronat et la bourgeoisie.
Le petit-bourgeois victime de la discrimination raciale, subit tout autant que ses frĂšres de race les humiliations, les vexations, les violences que cela suppose. Mais en outre, ce que le petit-bourgeois victime de cette discrimination a aussi Ă perdre, quâil soit noir en AmĂ©rique du Nord, noir en Afrique du Sud, en Nouvelle-CalĂ©donie ou aux Antilles françaises⊠par exemple, câest sa possibilitĂ© dâascension sociale, la possibilitĂ© de se diffĂ©rencier socialement de sa communautĂ© « raciale ». Et quand les petits-bourgeois des pays colonisĂ©s revendiquent lâindĂ©pendance nationale, câest la possibilitĂ© de se dĂ©solidariser socialement de leurs frĂšres de « race » quâils revendiquent, en leur offrant en retour la solidaritĂ© nationale !
Le choc psychologique personnel qui selon la biographie officielle de Gandhi aurait Ă©tĂ© Ă lâorigine de sa prise de conscience nationale indienne, fut de se voir interdire en Afrique du Sud Ă la fin du siĂšcle dernier, lâaccĂšs aux premiĂšres classes dans les trains, lui, le diplĂŽmĂ© des meilleures universitĂ©s anglaises, lui lâavocat de renom, membre de lâĂ©lite hindoue. Ce nâest pas lâexistence des premiĂšres classes qui le rĂ©voltait, mais le fait que les Hindous nây aient pas accĂšs. Ce nâest pas la discrimination sociale qui rĂ©volte les petits-bourgeois opprimĂ©s, câest la seule discrimination raciale. Et dans ce cas, leur rĂ©volte contre la discrimination raciale est aussi le point de dĂ©part de leur prise de conscience nationale.
VoilĂ pourquoi la petite-bourgeoisie des pays sous-dĂ©veloppĂ©s veut lutter contre le racisme au nom mĂȘme du nationalisme. VoilĂ pourquoi le prolĂ©tariat ne peut pas sĂ©parer sa lutte contre le racisme de son combat contre le nationalisme, de son combat contre lâexploitation.
Et quand par aventure, hĂ©las, le prolĂ©tariat croit pouvoir lutter effectivement contre le racisme au nom mĂȘme de son appartenance nationale, cela signifie simplement quâil troque son identitĂ© de classe pour une identitĂ© nationale. Cela signifie quâil se met politiquement Ă la remorque de la bourgeoisie.
Et ce qui est vrai pour le combat -anti-raciste, antisĂ©grĂ©gationniste dans les pays pauvres, pourrait lâĂȘtre tout aussi bien pour le combat antiraciste dans un pays industriel en crise comme la France.
Le combat prolĂ©tarien contre le racisme nâest pas sĂ©parable du combat contre lâexploitation. Parce que toutes les oppressions, toutes les inĂ©galitĂ©s, toutes les discriminations prennent appui sur lâexploitation et sur lâopposition des classes sociales.
Lutter contre le racisme et la xĂ©nophobie, avec esprit de suite, sans hypocrisie, câest montrer aujourdâhui sa haine des exploiteurs, son refus dâĂȘtre faible et sa volontĂ© de changer le rapport des forces entre le prolĂ©tariat et la bourgeoisie.
Oui, le prolĂ©tariat conscient se doit dâĂȘtre solidaire du combat anti-raciste de SOS racisme, sans pour autant en adopter lâidĂ©ologie.
Car les seuls anti-racistes consĂ©quents ne peuvent ĂȘtre que les internationalistes, ceux qui se dĂ©terminent par rapport aux frontiĂšres de classes, pas par rapport aux frontiĂšres nationales.
LO, avril 1985
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La lutte contre le racisme et le nationalisme, fait partie du combat permanent des rĂ©volutionnaires internationalistes. Câest en fait le mĂȘme combat, et câest la raison pour laquelle les prolĂ©taires conscients ne combattent pas le racisme de la mĂȘme façon ni pour les mĂȘmes raisons que les petits bourgeois dont lâanti-racisme sâarrĂȘte lĂ oĂč commence leur nationalisme.
A proprement parler, le combat anti-raciste de la classe ouvriĂšre ne peut pas se limiter Ă la lutte contre le racisme sous peine de reprĂ©senter un piĂšge. Beaucoup de gens ayant des intĂ©rĂȘts diffĂ©rents peuvent se rencontrer sous la banniĂšre de lâanti-racisme. Et la lutte anti-raciste, conçue comme une simple bataille humanitaire, visant Ă la rĂ©conciliation des hommes entre eux, nâest pas un combat prolĂ©tarien. Ce nâest pas pour rien quâen 1848 Marx avait pris la peine de substituer Ă la vieille devise de la Ligue des communistes « Tous les hommes sont frĂšres », la nouvelle exhortation rĂ©volutionnaire« ProlĂ©taires de tous les pays unissez-vous ! ». Marx prĂ©cisait quâil y avait trop de personnages dans le monde dont il ne dĂ©sirait pas ĂȘtre le frĂšre !
« On a accusĂ© les communistes de vouloir abolir la patrie, la nationalitĂ©. Les ouvriers nâont pas de patrie. On ne peut leur ravir ce quâils nâont pas (âŠ) Abolissez lâexploitation de lâhomme par lâhomme, et vous abolirez lâexploitation dâune nation par une autre nation. Du jour oĂč tombe lâantagonisme des classes Ă lâintĂ©rieur de la nation, tombe Ă©galement lâhostilitĂ© des nations entre elles (âŠ) Que les classes dirigeantes tremblent Ă lâidĂ©e dâune rĂ©volution communiste ! Les prolĂ©taires nây ont Ă perdre que leurs chaĂźnes. Ils ont un monde Ă y gagner. PROLĂTAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS ! »
Le Manifeste Communiste se terminait par ces mots qui, simplement prophĂ©tiques en cette premiĂšre moitiĂ© du 19e siĂšcle, seraient repris quelques dĂ©cennies plus tard par des centaines de milliers dâouvriers organisĂ©s dans les organisations de masse de la social-dĂ©mocratie des diffĂ©rents pays dâEurope, puis par les millions dâouvriers qui dans le monde entier porteraient leurs espoirs vers lâInternationale Communiste rĂ©volutionnaire des annĂ©es 20.
Câest Ă dessein que les intellectuels qui sont aujourdâhui Ă la tĂȘte du mouvement anti-raciste parlent toujours de racisme mais jamais de nationalisme. Le racisme les gĂȘne, pas le nationalisme. Et pourtant, quâest-ce que le racisme, sinon la haine de lâĂ©tranger ? Ces intellectuels savent bien que la notion de race nâest pas scientifique et que le racisme nâest quâun avatar du nationalisme et de la xĂ©nophobie. Seulement, sâils rejettent le racisme, ils admettent le nationalisme. Ce qui revient Ă prĂ©tendre que le racisme nâa pas de support rationnel, mais que le nationalisme en a un. Mais les travailleurs, les gens simples, eux, qui nâont pas la possibilitĂ© dâutiliser des abstractions pour masquer leurs prĂ©jugĂ©s, ne font pas la diffĂ©rence. Comment faut-il dĂ©finir le sentiment du Français qui nâaime pas les Espagnols, et de lâEspagnol qui mĂ©prise les Portugais ? Le sentiment de lâouvrier algĂ©rien qui nâaime pas les Marocains ? Comment qualifier les motivations de ces Français aux noms polonais et italien qui ont cru pouvoir justifier le meurtre dâun Marocain en dĂ©clarant quâils nâaimaient pas les Arabes ? Est-ce du racisme ou de la xĂ©nophobie ?
A quoi correspond le sentiment des immigrĂ©s dâhier ou dâavant-hier qui manifestent du mĂ©pris et de lâhostilitĂ© Ă lâĂ©gard des immigrĂ©s rĂ©cents, sinon Ă cette perversion des opprimĂ©s qui consiste Ă chercher dans leur appartenance nationale lâillusion quâils Ă©chappent au sort des derniers arrivĂ©s ? Et quâest-ce que le nationalisme, sinon une maniĂšre dâenjoliver son propre esclavage en faisant mine de croire que la source de ses malheurs est Ă mettre au compte des esclaves dâĂ cĂŽté ?
OĂč donc, ceux qui prĂ©tendent quâon peut se dĂ©barrasser du racisme tout en Ă©tant nationaliste mettent-ils la frontiĂšre entre le racisme et le nationalisme ? Ils mettent tout bonnement une frontiĂšre de classes entre les deux.
Le racisme, câest le nationalisme sale, le nationalisme cru, sans masque, dĂ©pouillĂ© de toutes ces fadaises prĂ©tendument culturelles auxquelles les pauvres nâont de toute façon pas accĂšs. Le racisme, câest le nationalisme des pauvres. Le nationalisme grossier, inculte et violent des misĂ©rables, le nationalisme de ceux qui nâont pas la ressource de sĂ©parer les actes des idĂ©es, et les prĂ©jugĂ©s de leurs consĂ©quences pratiques.
Le nationalisme honorable, lui, le nationalisme propre, le nationalisme tout court, nâest jamais que la couverture politique de la xĂ©nophobie des gens cultivĂ©s, ou, plus exactement, et pire, la xĂ©nophobie entretenue au sein des classes pauvres par la gent « éclairĂ©e ».
Car tous ceux qui veulent concilier lâantiracisme avec le nationalisme ne contribuent en vĂ©ritĂ© quâĂ agrĂ©menter les prĂ©jugĂ©s nationalistes dâune idĂ©ologie humanitaire. Câest leur façon de dĂ©douaner le nationalisme au nom de lâantiracisme, leur façon « douce » de corrompre le milieu ouvrier en donnant aux prĂ©jugĂ©s nationalistes et xĂ©nophobes lâaurĂ©ole morale de la « tolĂ©rance culturelle ».
Et quelle diffĂ©rence y a-t-il entre le nationalisme agressif dâun Le Pen et le nationalisme Ă©clairĂ© de lâanti-raciste ChevĂšnement qui se contente pour sa part de vouloir faire chanter « quâun sang impur abreuve nos sillons » aux enfants des Ă©coles ? La diffĂ©rence entre le cynisme et lâhypocrisie, entre lâidĂ©ologie des exĂ©cuteurs de basses oeuvres et celle de ceux qui « à leur corps dĂ©fendant » lancent le pays dans les guerres coloniales. La diffĂ©rence entre la mentalitĂ© dâun homme comme Le Pen qui participait aux basses besognes de la rĂ©pression en AlgĂ©rie et la mentalitĂ© dâun lettrĂ© français comme Mitterrand Ă la tĂȘte du ministĂšre de lâIntĂ©rieur ou du ministĂšre de la Justice qui lâavait sous ses ordres. Mitterrand, lâhomme de gouvernement, fit sans frĂ©mir le choix de participer Ă la direction dâune rĂ©pression qui fit des centaines de milliers de morts pour la seule raison quâil considĂ©rait que « LâAlgĂ©rie câest la France ». Le Pen, lui, nâĂ©tait pour lâhomme de gouvernement, quâun mal nĂ©cessaire lorsque la raison dâĂtat lâexigeait. Chez les politiciens bourgeois fussent-ils de gauche, la haine envers les exploitĂ©s et les opprimĂ©s qui se rĂ©voltent est toujours plus implacable que leur aversion pour le racisme et la torture, toujours plus profonde que la crainte que leur inspirent les racistes et les tortionnaires.
LO, 1985
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Le Premier mai, loin dâĂȘtre une « FĂȘte du travail » acceptable pour les patrons, Ă©tait Ă sa crĂ©ation, il y a plus dâun siĂšcle, une journĂ©e de lutte internationale des travailleurs.Â
Elle reste aujourdâhui le moyen dâexprimer sa volontĂ© de changer la sociĂ©tĂ©.Â
Contre le capitalisme, vive la lutte et lâunion internationale des travailleurs !Â
Le cortĂšge de Lutte OuvriĂšre se formera place Denfert-Rochereau, Ă la sortie du RER, Ă 14h30.
Pour que ces idĂ©es continuent dâĂȘtre propagĂ©es nous ne pourrons plus compter sur les mĂ©dias. Si tant est que nous avons pu « compter sur les mĂ©dias » ⊠Nous avons tout de mĂȘme profitĂ© de lâĂ©galitĂ© du temps de parole et cela nous a permis de faire connaitre notre politique Ă un nombre bien plus grand de travailleurs que dans notre activitĂ© quotidienne dans les entreprises et dans les quartiers populaire oĂč nous sommes prĂ©sents.
Mais cette Ă©galitĂ© de temps de parole nâĂ©tait quâune parenthĂšse de la vie politique, et elle a dâailleurs Ă©tĂ© un vĂ©ritable supplice pour de nombreux journalistes, qui auraient tant aimĂ© papoter entre gens du mĂȘme monde et que nous avons manifestement dĂ©rangĂ©. RĂ©sumer lâĂ©lection Ă un duel Sarkozy-Hollande, Ă©ventuellement pimentĂ© dâun challenger aussi radical que⊠Bayrou, leur aurait mieux convenu !
Maintenant que la loi nâoblige plus Ă rien, les journalistes vont nous faire disparaĂźtre au plus vite des Ă©crans radar de tĂ©lĂ© ou de radio. Tous les journalistes qui prĂ©tendent incarner lâopinion publique et qui ne sont en fait que les plumes serviles de lâordre social, chargĂ©s de vĂ©hiculer le conformisme et de formater lâopinion publique dans lâidĂ©e que la sociĂ©tĂ© actuelle est la seule concevable, prendront prĂ©texte de nos 0,5 % pour ne pas nous donner la parole.
Nous allons donc disparaĂźtre des mĂ©dias. Eh bien, ce nâest pas grave : demain comme hier, nous saurons nous donner les moyens militants pour dĂ©fendre nos idĂ©es.
Il faut se saisir de toutes les occasions pour rencontrer les sympathies qui sont nĂ©es dans cette campagne. Nous avons dĂ©couvert de nouveaux amis jusquâen⊠PolynĂ©sie ! Alors oui, nous avons ici et lĂ des soutiens Ă dĂ©couvrir, Ă rapprocher et Ă associer Ă notre activitĂ©. Il faut nous donner les moyens de les rencontrer.
Les Ă©lections lĂ©gislatives nous en donnent lâoccasion puisque nous aurons des candidats dans toutes les circonscriptions du pays. Cela multipliera les occasions de joindre et rĂ©unir ceux qui ont approuvĂ© notre campagne et se sont sentis reprĂ©sentĂ©s. Cette nouvelle campagne dĂ©marre dĂšs maintenant, elle sera courte mais elle sera aussi propice pour tisser de nouveaux liens.
Lâapolitisme ambiant, le faible moral des travailleurs et les illusions Ă©lectoralistes ont conduit Ă faire le succĂšs de « la rĂ©volution citoyenne » et du remix 2012 de la prise de la Bastille ! Mais ce nâest pas Jean-Luc MĂ©lenchon qui sâest rĂ©clamĂ© du communisme, de la perspective dâune sociĂ©tĂ© dĂ©barrassĂ©e du profit, du marchĂ© et de la propriĂ©tĂ© privĂ©e, câest nous !
Nous avons montrĂ© quâil existe bel et bien un courant communiste rĂ©volutionnaire. Il est aujourdâhui minoritaire. Mais ce nâest pas la premiĂšre fois. Sâil nâa pas disparu malgrĂ© la pression du stalinisme, malgrĂ© la pression du rĂ©formisme et de lâĂ©lectoralisme, câest quâil y a toujours eu des hommes et des femmes qui ont su ĂȘtre Ă contre-courant et qui ont tenu envers et contre tout Ă leurs convictions, Ă leur idĂ©al. Câest par vents contraires que lâon juge la fidĂ©litĂ© aux idĂ©es communistes.
Alors aujourdâhui, câest Ă nous dâassurer la transmission des idĂ©es communistes rĂ©volutionnaires et nous pouvons en ĂȘtre fiers.
Et câest plus que jamais nĂ©cessaire car la crise est un formidable accĂ©lĂ©rateur de lâHistoire. Elle ne fait pas quâaggraver les conditions dâexistence des classes populaires, elle remue aussi les consciences. La crise Ă©conomique actuelle amĂšnera un nombre croissant de travailleurs, de jeunes, Ă la conscience que renverser le pouvoir de la bourgeoisie nâest pas une utopie mais une nĂ©cessitĂ©. Eh bien, il faut quâils trouvent des militantes et des militants qui en dĂ©fendent la perspective.
Autant lâon peut constater que la rĂ©volte sâaccumule dans la classe ouvriĂšre, quâil y a une rage impuissante qui couve, autant personne ne peut dire quand elle explosera. Quand surviendront les luttes, comment, nous ne pouvons pas le dire. En revanche ce qui dĂ©pend de nous, câest que nous soyons lĂ et quâil y ait un parti, le plus large possible capable de dĂ©fendre une politique pour ces luttes.
Il faut encore un parti, implantĂ© un peu partout, reconnu par une fraction non nĂ©gligeable des nĂŽtres. Ce parti nâexiste pas encore, il nous faut Ćuvrer dĂšs demain Ă sa construction.
Nous en avons les fondations, nous avons posé les premiÚres briques, il faut continuer ! Pour y parvenir complÚtement, il faudra des luttes qui mobilisent en profondeur les rangs de la classe ouvriÚre, mais nous pouvons avancer dans cette construction.
La campagne Ă©lectorale que nous venons de faire nous donne un point dâappui. Oh ! ce ne sont pas nos rĂ©sultats Ă©lectoraux qui vont nous aider. Mais le score est une chose, la campagne et les idĂ©es que nous avons propagĂ©es en est une autre.
Les rĂ©sultats Ă©lectoraux sâoublient, alors que les idĂ©es vont faire leur chemin. Lâinterdiction des licenciements, lâĂ©chelle mobile des salaires, le contrĂŽle des travailleurs ont beau ĂȘtre balayĂ©s dâun revers de main par la plupart des journalistes â qui nâimagineraient pas eux-mĂȘmes vivre avec moins de 1700 ⏠â, ce sont des mesures Ă©videntes, souhaitĂ©es par tous les travailleurs, parce quâelles rĂ©pondent Ă leurs exigences vitales.
Et câest en cela que oui, nous avons rĂ©ussi cette campagne et quâil faut continuer dâaller de lâavant.

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Au-delĂ du score, camarades, nous pouvons ĂȘtre fiers de cette campagne. Parce que nous avons pu y dĂ©fendre toutes nos idĂ©es et parce que ces idĂ©es ont touchĂ© bien des travailleurs, des pauvres, des chĂŽmeurs.
Nous avons touché, conforté et influencé y compris des électeurs qui ne se sont pas portés sur mon nom. Je le sais, au travers des courriers et des messages de soutien que nous avons reçus. Vous le savez, au travers des discussions que vous avez eues : nous avons attiré de la sympathie et du respect pour notre politique dans les classes populaires, largement au-delà de ceux qui ont voté pour nous.
Ce respect, nous lâavons gagnĂ© parce que nous avons dĂ©fendu nos idĂ©es, parce que nous avons dĂ©fendu sans concession les mesures nĂ©cessaires aux classes populaires, cette interdiction des licenciements dont on nous a dit et rĂ©pĂ©tĂ© quâelle nâĂ©tait pas possible, que câĂ©tait une horreur Ă©conomique, lâaugmentation des salaires et le smic Ă 1 700 ⏠dont on nous a rabĂąchĂ© quâils mettraient toute lâĂ©conomie sur la paille, le contrĂŽle des travailleurs sur les entreprises, quand bien mĂȘme on nous a expliquĂ© quâil Ă©tait sacrilĂšge.
Le respect et la sympathie, nous les avons aussi gagnĂ©s en affirmant nos convictions communistes. Nous avons montrĂ© quâil existe, dans le pays, un courant qui ne se rĂ©signe pas au capitalisme et qui affirme que les travailleurs ne sont pas seulement des victimes et des exploitĂ©s mais quâils peuvent et doivent revendiquer la direction de la sociĂ©tĂ©. Oui, dans cette campagne nous avons levĂ© le drapeau du communisme.
Nous lâavons fait en connaissance de cause : en sachant que ce ne serait pas payant Ă©lectoralement, en sachant que nous serions Ă contre-courant, qualifiĂ©s dâutopistes ou accusĂ©s du pire.
Nous lâavons fait et je crois que nous lâavons rĂ©ussi. Sâil a Ă©tĂ© question du communisme dans cette campagne, si lâon a parlĂ© de lâexpropriation des banquiers, de lâexpropriation des groupes capitalistes, du renversement de la bourgeoisie, câest de notre fait.
Le plus inquiĂ©tant dans les rĂ©sultats est le pourcentage de voix obtenues par Marine Le Pen. Il est lâexpression du renforcement de lâextrĂȘme droite dans lâopinion publique. Cette montĂ©e de lâextrĂȘme droite reprĂ©sente une menace pour les travailleurs.
Malheureusement, lâĂ©lection de Hollande Ă la prĂ©sidence de la RĂ©publique et lâĂ©ventualitĂ© dâun gouvernement socialiste ne protĂšgeront en rien les travailleurs contre cette menace. Car, plus sera grand le mĂ©contentement provoquĂ© par les mesures dâaustĂ©ritĂ© que Hollande sera amenĂ© Ă prendre sous la pression des milieux financiers, plus cela renforcera lâextrĂȘme droite.
Seul le renforcement des forces qui se situent sur le terrain des intĂ©rĂȘts politiques de la classe ouvriĂšre peut constituer un contrepoids au renforcement de lâextrĂȘme droite et lâempĂȘcher de sâarroger le monopole de lâopposition.
Meeting de Paris au Zenith le 15 avril 2012 :Â
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Mali : une situation économique dramatique
« Le premier des combats est contre le chĂŽmage et les licenciements »Â