En creux s’esquisse l’homme du futur cybernétique, dont Rappin trouve la meilleure approximation actuelle dans la figure de l’homo sacer du philosophe Giorgio Agamben. Au temps de la Rome antique, ce terme désignait un individu exilé par la société, qui le privait de ses droits et l’excluait de sa loi. Or, toute Loi exige une distance – celle de la représentation -, une limite entre les faits et leur jugement. La fluidification cybernétique abolit justement toute limite de cette sorte au profit d’un état d’urgence permanent. À terme, son utopie est celle d’une société sans lois, une immense voie de fait contre laquelle aucun droit n’est opposable.