Les adblocks progressent en France. Mais la publicité ne change pas ?
De la publicitĂ©, vous aimez en voir sâafficher sur lâĂ©cran de votre ordinateur ou de votre smartphone ? Visiblement, la rĂ©ponse est non. Les Ă©tudes sur lâadoption des bloqueurs ou adblocks se succĂšdent et la conclusion est irrĂ©mĂ©diablement la mĂȘme : elle progresse et lâallergie ne concerne pas les seuls jeunes internautes.
Selon le sondage rĂ©alisĂ© par Ipsos pour le compte de lâindustrie publicitaire (IAB), 36% des Français interrogĂ©s dĂ©clarent utiliser un logiciel pour bloquer la publicitĂ©. Câest 20% de plus quâen janvier. Aucune inflexion donc. Surprenant ? Sans doute pas faute dâune Ă©volution tangible dans les pratiques des sites en matiĂšre dâaffichage publicitaire.
Le pop-up ressuscité sur mobile
Les internautes jugent les publicitĂ©s rĂ©pĂ©titives et encombrantes. Les critiques ne sont pas nouvelles. Rien ne change. Et pourtant un an plus tĂŽt, lâIAB faisait son autocritique : « on sâest plantĂ©s », reconnaissait-elle, promettant un nouveau standard⊠qui se fait attendre.
Les acteurs de la publicitĂ© peinent Ă se rĂ©former malgrĂ© la pression croissante des bloqueurs publicitaires. Un exemple parlant, câest lâexistence sur mobile du format de type pop-up banni des annĂ©es auparavant du desktop car occultant lâĂ©cran.
Difficile pour les publicitaires de nier le dĂ©samour des internautes vis-Ă -vis de ces publicitĂ©s. Elles sont pourtant trĂšs courantes sur smartphone. Les industriels ne semblent pas pressĂ©s de les enterrer. Peut-ĂȘtre car seuls 13% des mobinautes français dĂ©clarer utiliser un adblock sur leur terminal. Cela tient toutefois avant tout Ă lâabsence de ces outils sur Chrome pour Android, le navigateur le plus rĂ©pandu.
Dans une Ă©tude parue en mars, lâinstitut CSA faisait le « constat sĂ©vĂšre dâune expĂ©rience online dĂ©gradĂ©e« , en raison notamment de formats « jugĂ©s de plus en plus intrusifs ». Dans ce contexte, les « internautes se protĂšgent », et dâautres prĂ©voient de le faire.
 Alors oui, lâIAB promettait dâĂ©couter ce mĂ©contentement en prenant des engagements. Une charte de responsabilitĂ© ? Câest un signe, un « premier pas pour rĂ©tablir la confiance ». Toutefois, comme les politiques de confidentialitĂ©, personne ne la lira.
Pour le CSA, cette charte ne sera « efficace » que si elle est « associĂ©e Ă des solutions tangibles et opĂ©rationnelles qui permettent Ă lâinternaute de reprendre le contrĂŽle. » Comment ? En « rĂ©inventant les codes de la publicitĂ© online : « plus personnalisĂ©e », « moins intrusive », « plus qualitative » et en redonnant la possibilitĂ© Ă lâinternaute de choisir son expĂ©rience de surf. »
La dĂ©marche se fait attendre. Et pourtant, comme le soulignait Ipsos en mars, cette rĂ©invention pourrait prendre des formes trĂšs simples. Lâinternaute souhaite ainsi « moins de formats publicitaires sur une seule page », mais aussi une publicitĂ© qui « nâinterfĂšre pas avec la navigation », se fermant aisĂ©ment ou ne qui ne « force pas la vue avant lâaccĂšs Ă un contenu ».
« Un marketing digital qui a fait nâimporte quoi »
Si ces publicitĂ©s ont souvent disparu sur desktop, elles sont en revanche trĂšs courantes sur smartphones. Le mobile, câest le segment en forte croissance pour la publicitĂ©. Le mobile pourrait devenir en 2017 le premier canal de publicitĂ© sur Internet selon ZenithOptimedia. A moins que les mauvaises pratiques ne finissent par lasser comme sur desktop ?
« Les adblockers sont une consĂ©quence, une rĂ©ponse quelque part naturelle, par rapport Ă un marketing digital qui a fait nâimporte quoi : une course Ă la destruction de valeurs, une course aux clics, une course aux mauvais KPIs » dĂ©clare un professionnel interrogĂ© dans une prĂ©cĂ©dente Ă©tude consacrĂ©e Ă lâadblocking.
Cette mĂȘme Ă©tude soulignait dâailleurs les dĂ©rives de la publicitĂ© sur mobile, de plus en plus le terminal dâaccĂšs de rĂ©fĂ©rence Ă Internet. Ces publicitĂ©s sont ainsi qualifiĂ©es de recouvrantes, câest-Ă -dire quâelles masquent le contenu. Les industriels nâont visiblement pas retenu les leçons du desktop et des adblocks sur cet Ă©cran.
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Les adblocks progressent en France. Mais la publicité ne change pas ? was originally published on JDCHASTA SAS












