"4,000 Prisonniers dans nos Pénitenciers," La Revue Populaire (Montreal). July 1932. Page 10 & 65. --- D'APRES le rapport officiel du Ministre de la Justice, il y avait, au 31 mars 1932, dans les maisons de détention au Canada, prÚs de quatre mille personnes. Exclus du reste du monde, soumis à une discipline trÚs sévÚre, et n'a joutant presque rien, par leur travail, à la production du pays, toute cette population est logée, nourrie et gardée aux frais de tous les contribuables du Dominion. Et il ne faut pas perdre de vue que seuls sont détenus dans les pénitenciers ceux qui doivent subir un emprisonnement d'au moins deux ans.
Ceux qui sont sous le coup d'une condamnation de moins de deux ans purgent leur peine dans les prisons et les maisons de correction de la province oĂč ils ont Ă©tĂ© jugĂ«s. L'annĂ©e fiscale on devrait plutĂŽt dire l'annĂ©e officielle du Gouvernement fĂ©dĂ©ral se termine le 31 mars. Le rapport annuel du Surintendant des pĂ©nitenciers, tel que soumis au Ministre de la Justice, est pour l'annĂ©e finissant le 31 mars 1932. Les chiffres citĂ©s plus has sont donc les plus prĂ©cis qu'il soit possible d'obtenir actuellement.
A la fin de l'année fiscale 1932, il y avait dans les pénitenciers du Canada 3,714 personnes, soit 527 de plus que l'année précédente. La moyenne de la population quotidienne fut de 3,434, distribuée comme suit:
Pénitencier de Kingston, Ontario, Ä Portsmouth, dans la banlieue de Kingston, 856; pénitencier de St-Vincent-de-Paul, prÚs de Montréal, 899, pénitencier de Dorchester, pour les Provinces Maritimes, 401; pénitencier du Manitoba, 419, pénitencier de la Saskatchewan, pour les deux provin ces centrales de l'Ouest, 603; pénitencier de la Colombie Anglaise, 388.
Les statistiques nous montrent d'autres aspects intéressants de la question. On y apprend que la majorité des détenus étaient Canadiens d'origine, soit 2,441, alors que 482 venaient des autres pays britanniques. Les étrangers étaient au nombre de 791, dont 24 des Etats-Unis.
Prés d'un tiers des prisonniers, exactement 1,279, y subissaient le minimum de deux ans et un jour: 828 pour cinq ans; 36 pour vingt à vingt-cinq ans; 17 pour vingt-cinq ans et plus; 162 à vie.
L'ùge des détenus se répartissait comme suit: 484 au-dessous de vingt ans; 1,710 entre vingt et trente ans: 842 entre trente et quarante ans; 437 entre 40 et 50 ans: 173 entre 50 et 60 ans; et 60 au dessus de 60 ans.
Classification par l'état civil: 2,328 célibataires; 1,240 mariés: 139 veufs et 7 divorcés.
La population pénitencerie comprenait en fin 75 negres, 59 Indiens et 81 Mongols; le reste était de race blanche.
Le coĂ»t d'entretien des pĂ©nitenciers va naturellement en augmentant chaque annĂ©e, en raison mĂȘme de l'augmentation de la population. Le rapport mentionnĂ© indique que les pĂ©nitenciers ont coĂ»tĂ© au trĂ©sor fĂ©dĂ©ral la somme de $3,034,438, soit $1.49 par jour pour chaque dĂ©tenu. La subsistance d'un prisonnier Ă St-Vincent-de-Paul est de 13e par jour. Le travail accompli par chaque pensionnaire diminue quelque peu les frais gĂ©nĂ©reux des pĂ©nitenciers.
En plus des dépenses annuelles, il fut fait l'an dernier, pour $839,094 de réparations, améliorations constructions.
Un fonctionnaire du gouvernement fédéral est chargé de la mise en liberté provisoire des prisonniers. Il a juridiction non seulement dans les pénitenciers relevant de l'autorité fédérale, mais aussi dans les prisons et les maisons de correction provinciales. Durant l'année fiscale 1930-31, 913 détenus furent graciés sur parole, dont 415 venant des pénitenciers. Sur le total des libérés provisoires, 29 seulement furent réincarcérés pour non-conformité aux conditions et 37 se rendirent coupables de nouvelles infractions avant leur complÚte libération.
Chaque établissement pénitentiaire a sa propre vie industrielle. Les détenus travaillent dans des ateliers ou sur des fermes; tous contribuent de quelque façon à l'entretien de l'institution. Il y a des cordonniers, des tailleurs, des forgerons, des mécaniciens; d'autres s'occupent des différents travaux sur de vastes fermes admirablement bien entretenues.
Top right: La prison de Bordeaux, dans la banlieue de Montréal,
Bottom left: La prison de Québec, qu'on appelle familiÚrement is "Pension Carbonneau".
Bottom right: Le pénitencier de Kingston, Ontario.









